Volontaire au Maroc dans un centre de migrants

Marilyne Sangouard s’est engagée pour une période de deux ans en volontariat dans un centre de migrants en partenariat avec Caritas. Après bientôt un an passé à Tanger, elle nous livre son témoignage.

Travaux en atelier pour les migrants

Tanger : une ville étape

C’est souvent après un long et douloureux voyage que les migrants d’Afrique Noire arrivent à Tanger comme l’ultime étape avant leur entrée très souvent clandestine en Europe. Face au nombre croissant de migrants venant solliciter le secours de l’Église, la Délégation a ouvert en Novembre 2011, une permanence d’accueil pour ce public. Je suis donc arrivée en pleine construction de ce projet d’attention aux migrants subsahariens.

Un encadrement à inventer

Au fil du temps, des demandes et de notre connaissance de ce milieu, le service s’est professionnalisé. Nous exerçons à ce jour des permanences d’accueil le matin. Amadou, médiateur interculturel sénégalais et moi-même pouvons recevoir vingt personnes par jour. Nous y accueillons des demandes d’urgence (vêtements, nourriture), d’aide financière (logement, soins) mais aussi d’aides de retour au pays, quand les migrants sont fatigués du manque de possibilités qu’offre le Maroc pour eux et devant les difficultés à traverser. Les après-midis aux centres sont ponctués par des visites à domicile et des ateliers de fabrication. Les visites à domicile nous semblent un élément indispensable avant toute aide financière. Elles nous permettent de connaître les réalités de vie des migrants dans les quartiers et de réaliser de la médiation avec leurs propriétaires. Le travail de terrain permet aussi d’éviter les abus de demandes. Le milieu des migrations est un monde de mensonges. Les personnes qui arrivent ici sont prêtes à tout pour pouvoir traverser. Elles voient en l’Europe de réelles opportunités de formation, d’un travail reconnu et payé pour sa juste valeur, d’une vie plus libre et sans conflit. Pour cela, les migrants mentent sur leur identité, leur parcours,…

Une expérience parfois difficile…. mais tellement enrichissante !

Ici, la mission n’est pas facile. La communication avec les Africains, bien que la langue soit commune, est influencée par leur virulent espoir de pouvoir aller « là bas » et par le fait que notre refus – ou notre impossibilité – de les aider, annoncé par une jeune Française, est souvent difficile à entendre sereinement de la part de ces migrants majoritairement de sexe masculin. Travailleur social de formation, j’ai l’impression de devoir tout réapprendre d’autant plus que nous construisons le projet au fil de nos expériences dans ce milieu.
Travailler dans un contexte culturellement aussi varié, en faveur d’un public aux diverses origines et cultures, avec une équipe internationale aux profils très contrastés reste cependant très enrichissant!