Un conte sur l’amitié, la solidarité et la confiance

Un conte : pas seulement. Ce pourrait être une histoire vraie. Pour sauver leurs fils de la barbarie nazie, deux mères les conduisent dans la forêt, abri pour les hommes et source de nourriture.

C’est Adam qui arrive le premier. Il connaît bien la forêt, il a coutume de s’y rendre avec ses parents. Aussi, quand sa mère le quitte, il se met en quête d’un abri: « Ce faisant, il arriva à l’arbre dont la cime était arrondie, regarda autour de lui et dit: Rien n’a changé ici c’est la même forêt. La seule différence, c’est que mes parents ne sont pas avec moi ». Adam avait neuf ans, mais il se trouva heureux que sa mère l’ait sorti du ghetto.
Tout en pensant à ses parents et à son chien, il s’endormit. Au petit matin, il entend des pas, et quelques instants plus tard, aperçoit un garçon de son âge, un peu perdu.
En s’approchant, il découvre qu’il le connaît. Le garçon se présente : « Je m’appelle Thomas ».
Apparemment, tout les sépare. Adam est un habitué de la forêt, Thomas y pénètre pour la première fois. Adam est agile, Thomas n’est pas du tout sportif. Aussi, lorsque le premier décide de se construire un abri dans un arbre, le second panique un peu. Mais tout se passe bien. Et, hors de la vue d’éventuels passants, ils organisent leur vie. Les deux garçons entament des discussions sur leur famille, leur point de vue sur leur vie… Autrefois… Avant la guerre, avant le ghetto ! Thomas, l’intellectuel, apprend à vivre dans la nature, mais pour obéir à son père, tient un journal des événements quotidiens. Adam, lui, apprend à survivre. Mais au bout de quelques jours, ils ont très bien compris que leurs mères ne viendraient pas les récupé- rer. Bientôt, la faim se fait sentir. Les deux amis commencent à chercher de la nourriture. C’est alors qu’ils vont rencontrer une vache qui va leur fournir un repas plus consistant que les fruits de la forêt. Ils découvrent alors Mina. Et le lendemain, ils trouvent du pain et du fromage. Un beau jour, ils constatent de la nourriture au pied de l’arbre; pourtant ils n’ont rien entendu. La réponse d’Adam à tout cela : c’est un mystère. Pour lui le mystère porte un nom: Dieu. « Est-ce que Dieu nous protège ? », demande Thomas. « Parfois j’ai l’impression qu’il plane au-dessus de moi », répond Adam.
Et l’hiver arrive, un hiver comme il y en a souvent dans cette région. La faim, le froid, la découverte de Mina maltraitée par le paysan… Tout cela n’aura pas raison du courage et de l’amitié de ces deux enfants que tout séparait. Une citation célèbre paraît s’imposer à leur sujet : « Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas », Aragon. Ils ont parcouru le même chemin, chacun apprenant de l’autre ce qu’il ne savait pas.