Taizé : une année particulière pour que vive l’héritage

De 1940 à 2015… En août 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, frère Roger arriva dans le village de Taizé. À tout juste 25 ans, il posait les fondations d’une communauté qu’il imaginait comme une parabole de communion, ferment de réconciliation dans la famille humaine. Il est mort le 16 août 2005, à l’âge de 90 ans, tué par une déséquilibrée pendant la prière du soir de la communauté. Aujourd’hui, la communauté se compose d’une centaine de frères, catholiques et de diverses origines protestantes de près de trente pays. En vue de 2015, frère Aloïs, son successeur, a suggéré un chemin de trois ans pour renouveler, à la lumière de l’Évangile, l’engagement indéfectible pour la solidarité humaine.

Le 12 mai, jour où frère Roger aurait eu 100 ans

Des veillées ont eu lieu dans toute la région et à Taizé, dans un élan intergénérationnel, mais en toute simplicité, entre rencontres et ateliers. Son héritage a été porté tout au long de la journée en une commémoration qui ne se veut pas du passé. Les membres de la communauté, tout en restant fidèles au message de leur fondateur, s’attachent aujourd’hui à traduire la solidarité en actes. « Anticiper la réconciliation entre chrétiens » et « provoquer un échange des dons » sont les valeurs sources de Taizé dans une vision d’unité et d’œcuménisme. « Les nombreux jeunes que nous voyons sont plus inquiets de leur vie et cherchent à lui donner du sens. Nous devons être des hommes d’écoute et offrir un climat de confiance en puisant dans les sources de la foi », indique frère Alois. « Les pèlerinages de confiance sur la terre aux quatre coins du monde montrent des attitudes plus solidaires envers les plus démunis, plus simples et plus fraternelles, comme l’action des petites fraternités provisoires ».

Un été de célébrations

Comme chaque année, les rencontres internationales rassemblent des milliers de jeunes. Tous les frères vivant en fraternités sur les différents continents rentreront à Taizé en même temps et toute la communauté sera réunie pendant quelques jours. Du 9 au 16 août, le grand « Rassemblement pour une nouvelle solidarité » a vu de nombreux forums avec des témoins engagés dans les questions sociales, migratoires ou environnementales, fête des peuples avec chants, ateliers d’art de wanagi Tacanku – La voie céleste, un nouveau lieu. Une prière d’action de grâce le dimanche 16 août a rassemblé en outre une centaine de responsables d’Églises et des représentants d’autres religions. Le 4 octobre, le diocèse conclura cette belle année. Sept mille personnes sont attendues à la grande table familiale de Taizé. Mgr Rivière ouvrira le synode diocésain.