Symboliquement ouverte à tous

On en parle depuis longtemps déjà. Des informations ont été données, mais des personnes continuent à poser des questions sur la future maison paroissiale à Le Fourneau sur la commune de Trambly (voir page 15 de notre précédent numéro). Je suis donc allée rencontrer quelques-uns des acteurs principaux pour obtenir des éclaircissements. Entretien avec Jean-Pierre Leconte, directeur de notre publication et curé de la paroisse.

Plan de coupe

On aurait pu continuer comme avant?

Jean-Pierre Leconte commence par remonter dans le passé, au moment où les paroisses ont été remodelées, où se sont créées les « grandes paroisses » (treize communes pour la nôtre). On ne s’est pas reposé alors la question du « centre » paroissial. On a gardé le modèle ancien, axé sur le logement du curé. Pour beaucoup de paroisses rurales, cela correspondait à un seul point principal naturel: un gros bourg. Notre cas est différent : répartition entre trois pôles, Tramayes, Matour, Dompierre. C’est Matour qui a joué le rôle jusqu’à présent. Mais la situation actuelle ne pouvait pas durer. « On ne pouvait pas ne rien faire » Il n’était pas possible que la municipalité de Matour continue à assumer seule cette charge, encore moins qu’elle assure une mise aux normes devenue incontournable pour un bâtiment à usage public.

Pourquoi avoir choisi de l’implanter à Le Fourneau?

Il y a donc quelques années que le sujet est évoqué et discuté avec les personnes en responsabilité. On s’est d’emblée orienté vers le centre géographique de la paroisse, Le Fourneau, sur la commune de Trambly : diminuer les déplacements, bien montrer que c’est la maison de tous. Cette dernière raison a aussi amené à éviter le centre d’un village. En plus, c’est un carrefour. Cette maison des chrétiens sera bien visible, repérable, identifiable, symboliquement ouverte, par sa forme hexagonale, sur tous les villages. Une rencontre avec les maires des treize communes a eu lieu. Ils ont été informés – certains l’étaient depuis longtemps -. Ils se sont intéressés et sont très favorables.

Mais qu’en pense l’évêque ?

Il a d’emblée approuvé : « C’est ce qu’il faut pour une paroisse en milieu rural » L’équipe qui est à l’origine du projet a d’ailleurs visité d’autres réalisations et s’en est inspirée : Ameugny, Saint Etienne-des-Ouillères.

Et à quoi servira la salle paroissiale ?

Il ne s’agit pas de se substituer à ce qui existe et qui fonctionne bien. Vu la modestie de la surface de cette maison, les grands rassemblements continueront à se faire dans les églises et les salles municipales. Ce sera un instrument à utiliser avec souplesse, selon la disponibilité et les préférences des gens. Il sera, bien sûr, à la disposition des groupes de catéchisme, avec l’équipement correspondant. Ce qui n’empêchera pas certains de fonctionner à la maison. Mais, on a constaté que ce n’est pas toujours facile de recevoir des groupes d’enfants chez soi et qu’un terrain neutre est parfois préférable. Cette maison accueillera ce qui existe déjà à la cure de Matour: secrétariat, comptabilité. Elle accueillera aussi les réunions des différents groupes existants, qui se font à Matour ou ailleurs : équipe d’animation paroissiale, conseil économique, service des malades, équipe de rédaction du bulletin, préparation au mariage, au baptême, préparation des messes et des funérailles… Elle accueillera aussi les autres groupes qui verront le jour.

La pratique religieuse diminue. Nous vieillissons. Des jeunes prendront-ils la relève? Que peut-on présager de l’activité paroissiale dans l’avenir?

De toutes façons, un groupe a besoin de projets. C’est une manière de « déplacer la question » et d’y répondre en partie. On peut donc penser que cette réalisation créera un dynamisme. De plus, Jean-Pierre est témoin de tout ce qui se passe de positif, en particulier au niveau de nombreuses familles fonctionnant souvent en réseaux. Elles se connaissent, se repèrent, et gèrent ensemble la vie de leurs enfants. Les jeunes vivent leur foi autrement. Certains participent à l’aumônerie de leur lycée, ou à des camps à Lourdes. Leur participation à la vie paroissiale dépendra moins de notre capacité d’organisation que de notre capacité de rencontre, d’écoute. Peut-être viendrontils nous parler de ce qu’ils font à une journée de rentrée par exemple, ou sur notre site internet en cours de création. Nous ne sommes pas irremplaçables !

Quelle gestion est prévue pour l’utilisation de la salle?

Une organisation de permanences existe déjà à la cure de Matour. Il faudra l’étoffer. Toute initiative sera bien accueillie et étudiée.