Ressusciter

n°91 – avril 2014

Peut-on parler de la joie de Pâques quand on entend plutôt répéter que tout va mal, quand l’ambiance est au pessimisme, au découragement, à la peur de l’avenir? Dans nos vies, il y a souvent le doute, le manque, la souffrance. La mort des proches et la perspective de notre propre mort? Inévitables, irréversibles !
Et si la mort était une pâque, un passage? La foi nous donne la conviction que ce que nous sommes aux yeux de Dieu ne disparaît pas et vit autrement. Quant à toutes les petites morts de notre quotidien : maladies, échecs, pertes… elles peuvent être suivies de résurrections: ne pas se décourager, se remettre debout, repartir. Nous avons de multiples exemples de personnes touchées par le malheur qui ont réussi à se reconstruire.
Mais plus encore, le passage par une certaine forme de mort paraît incontournable pour aboutir à une transformation, une conversion: mourir à quelque chose pour renaître différent. Mourir pour vivre. Ainsi, le grain de blé doit disparaître pour germer et donner du fruit. La chenille n’existera plus pour devenir papillon. Cela suppose en même temps la confiance et la prise de risque : oser s’engager malgré notre fragilité, notre peur de l’inconnu. Oser vivre. Si nous avançons avec notre petite lueur souvent vacillante, l’espace s’éclairera un peu plus loin. Christian Bobin l’affirme: « Le jour où nous consentons à un peu de bonté est un jour que la mort ne pourra plus arracher au calendrier ».

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