Message de soutien

En ce début d’une nouvelle semaine de confinement, je voudrais au nom de toute l’équipe pastorale de nos paroisses vous redire notre soutien et notre prière. Nous vivons le temps pascal qui est un temps de joie. La vie est plus forte que la mort ;  le Christ qui était mort est ressuscité. Hier, Jésus nous le disait : nous sommes heureux de croire : Heureux ceux qui croient. Mais cette foi va toujours avec une distance, un manque… Jésus rajoute : ceux qui croient… sans avoir vu. Il y a aussi dans la foi une certaine absence. C’est vraiment le temps de la confiance. Nous vivons tous cette distance, ce manque particulièrement ces jours-ci. Et si ce temps devenait le lieu même de la foi-confiance, renouvelée… un peu comme une nouvelle naissance pour vraiment « naître d’en haut » et vivre notre baptême : « Dans le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, vivez dès maintenant en enfants du Royaume. »

° Après les diverses annonces, nous sommes dans l’impatience de vivre la fin de ce temps d’épreuve, et nous imaginons « l’après 11 mai ». Dans ce sens-là, beaucoup nous demandent des précisions, des dates… quand pourrons-nous à nouveau participer à une messe et communier ?…est-ce que la première communion ou la profession de foi sont maintenues, les mariages seront célébrés à partir de quelle date et les baptêmes etc… ? Malheureusement, à ce jour 20 avril, nous ne pouvons rien dire, nous n’avons aucune réponse à toutes ces questions, parfaitement légitimes. Evidemment, dès que nous en saurons plus, nous le dirons et le communiquerons largement. Avant d’annuler ou de reporter, nous avons préféré attendre d’en savoir plus. Toutes les hypothèses sont actuellement envisagées et exprimées mais aucune n’a été retenue… Il nous faut donc vivre une grande vertu qui est celle de la patience.

° Dans cette patience, il nous faut raviver notre prière… en famille, à la maison… c’est vrai, toujours dans le manque des relations et des sacrements-don de Dieu. Je rappelle que les prêtres célèbrent en privé, et que chacun et chacune est bien présent.

° Dans cette patience, il nous faut raviver et maintenir les liens que nous pouvons vivre les uns avec les autres

° Dans cette patience, il nous faut raviver nos initiatives pour être proche et vivre la solidarité

Les sites internet de nos paroisses seront toujours alimentés et voudraient être une aide parmi d’autres pour vivre et raviver notre vie de foi.

René Aucourt

Le Père Charles de Foucauld, dans sa célèbre prière, témoigne de cette foi-confiance :Mon Père, Je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,
Pourvu que ta volonté Se fasse en moi, En toutes tes créatures,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur, Parce que je t’aime,
Et que ce m’est un besoin d’amour De me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance
Car tu es mon Père

Homélie du Dimanche 19 Avril

par René AUCOURT

Les disciples sont confinés… les portes sont verrouillées. Ils sont dans la crainte… Cette situation ne vous rappelle rien ?

Mais la phrase continue : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Jésus vient, il fait irruption et il est présent, simplement. Il vient partager la vie, la situation que nous vivons. Il est là, simplement, dans nos maisons, au cœur de nos familles ou dans notre solitude. Et sa présence va toujours avec des mots de paix et un envoi, une mission. Lorsque Jésus fait irruption, il ne vient pas tout casser, il vient dire et apporter des signes et des gestes de paix. La paix vient de Dieu lui-même. Jésus, l’Envoyé du Père, vient partager cette paix. Et immédiatement après, il envoie. Il donne son Esprit et il envoie pour témoigner.

Aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, le Ressuscité vient nous assurer de sa paix. Sa présence active est source de paix, de sérénité. Ce n’est pas une paix qui enlève toutes les épreuves. C’est toujours frappant de voir que le Ressuscité se présente toujours avec ses plaies, ses cicatrices. Il leur montre ses mains et son côté. Il donne sa paix et sa joie qui viennent justement de sa mort et de sa Résurrection. Et recevoir cette paix, c’est en conséquence recevoir une mission, être envoyé. La mission de la paix et de la miséricorde pour tous. Nous y sommes particulièrement invités en ce jour appelé dimanche de la Miséricorde.

C’est notre foi profonde, mais elle ne va jamais de soi. Elle n’est jamais obligatoire. Thomas en est bien le symbole, le modèle. Nous nous retrouvons bien en lui. Nous aimerions tant avoir des preuves, pouvoir toucher du doigt. Mais Jésus dit que nous sommes heureux de croire sans avoir vu. La véritable démarche de foi c’est justement d’entrer dans la confiance, de vivre de cette présence de Paix que le Ressuscité nous apporte. D’ailleurs le texte lui-même ne précise pas si Thomas a touché ou pas, a avancé sa main ou a mis dans le côté de Jésus. Le texte par contre précise. Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Thomas proclame sa foi. Il a bien reçu les mots de Paix, il a bien reconnu cette Présence, il peut entrer dans la foi. Il sera rempli de l’Esprit, il sera envoyé.

Ce temps que nous vivons nous permet de nous remettre dans notre propre démarche de foi… pour proclamer, en lien avec beaucoup d’autres : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

Rendons grâce au Christ ressuscité : à travers le doute de saint Thomas,
il fortifie notre foi et nous proclamons :

Jésus, notre Seigneur et notre Dieu !

Pour la foi que tu as suscitée en l’apôtre Thomas et qui, par une longue chaîne de témoins, est venue jusqu’à nous,
nous te bénissons, – R/


Pour la foule immense de ceux qui ont cru
sans avoir vu ton visage ni touché ton corps,
nous t’acclamons, – R/

Pour la puissance de ta résurrection
qui travaille ce monde de souffrance
et nous inspire de croire à l’impossible,
nous te louons, – R/

Pour ce que nul œil n’a vu, nul homme imaginé, et que tu as destiné à ceux qui t’aiment; pour la vie présente et celle qui vient, nous t’adorons, – R/



Message de soutien

Le beau message de Pâques continue de résonner. La présence du Ressuscité est notre force et notre assurance : « Et il était là au milieu d’eux. » «  Ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. » Au milieu de nos interrogations, nous croyons et nous expérimentons que le Ressuscité se fait proche et qu’il vient marcher avec nous, partager notre vie.

Il nous faut continuer de vivre le confinement pour un temps qui nous parait bien long. Après la découverte, l’étonnement, il nous faut continuer, persévérer. Ce temps pascal peut en être le symbole et une aide spirituelle.

° Nous continuerons cet effort et ces inventions pour nous tenir en lien les uns avec les autres… les petits signes, les simples appels téléphoniques sont toujours aussi précieux.

° Nous continuerons la prière renouvelée… en famille, à la maison. Les prêtres continuent de célébrer la messe, mais bien sûr toujours en privé, en lien avec chacun et chacune d’entre vous.

° Nous continuerons de penser et de prier d’une façon toute particulière pour ceux qui vivent l’épreuve de la maladie et ceux qui nous ont quittés, comme pour ceux qui éprouvent l’angoisse.

° Nous continuerons de penser, de prier et de remercier tous ceux qui continuent de se mettre au service, tout spécialement le personnel soignant et ceux qui nous permettent d’avoir le nécessaire pour vivre.

° Nous continuerons d’alimenter les sites de nos paroisses avec des messages, des homélies, des textes de réflexion etc…N’oubliez pas non plus d’aller voir le site de notre diocèse…

En un mot, nous continuerons de vivre de ce message de Pâques, de cette présence du Ressuscité. Il est toujours à accueillir. Il nous rejoint sur notre route.

René Aucourt

Tu nous rejoins sur notre route


Tu nous rejoins sur notre route,
Jésus-Christ, le voyageur,
Une route désespérée
Quand nous fuyons loin du calvaire
Où notre Dieu semble se taire.
Tu nous rejoins,
Seigneur ressuscité…
Et notre route mène à Pâque !


Tu viens ouvrir les Ecritures
Jésus-Christ, le Serviteur,
L’Écriture réalisée
Depuis Moïse et l’Alliance
Jusqu’à ta mort dans l’innocence.
Tu viens ouvrir,
Seigneur ressuscité…
Et l’Écriture nous dit Pâque !

Tu viens t’asseoir à notre table,
Jésus-Christ, Maître et Seigneur,
Cette table des baptisés,
Où tu invites à l’aventure
Du Corps livré en nourriture,
Tu viens t’asseoir,
Seigneur ressuscité…
Et notre table ouvre sur Pâque !

Tu viens rejoindre encor le monde,
Jésus-Christ, le bon Pasteur,
Notre monde désemparé
Quand il regarde le calvaire
Sans reconnaître ta lumière.
Tu le rejoins,
Seigneur ressuscité…
Pour que ce monde vive Pâque !

                  Maurice Coste

Homélie de Pâques

Homélie par René Aucourt – 12 avril 2020

Dans cet Evangile de saint Matthieu, il est beaucoup question de « crainte »… le mot revient quatre fois et apporte avec lui l’essentiel du message à recevoir aujourd’hui.

D’abord il y a les gardes : eux ils sont dans la crainte et ils vont y rester, ils vont s’y enfermer, ils vont d’une certaine façon rejoindre ce qu’ils étaient censés faire … voici que les gardiens de la mort vont trembler et devenir comme morts.

Et puis il y a, au contraire, le message de l’ange, le message qui vient de Dieu lui-même : « Soyez sans crainte » puis Jésus lui-même, le Ressuscité, va le répéter aux femmes : « Soyez sans crainte. »

Au milieu du texte, les femmes partent annoncer cette nouvelle, mais elles sont « remplies à la fois de crainte et d’une grande joie. » Elles sont entrées dans le chemin de la foi, mais il y a encore un peu de crainte qui reste.

Ne sommes-nous pas, particulièrement cette année, nous aussi comme ces femmes… à la fois remplis de crainte et de joie. La crainte, la peur s’est d’une certaine façon installée dans notre environnement. Il est inutile de détailler… elle est devenue notre ordinaire, notre quotidien. C’est dans ce contexte-là qu’aujourd’hui, comme Marie-Madeleine et l’autre Marie que nous recevons une nouvelle étonnante. Dieu s’est assis sur la pierre tombale, il a même piétiné la mort en Jésus. Le tombeau est vide.  Et il est présent, mais ailleurs, autrement. Il est passé devant, il précède et il invite à aller de l’avant, à aller en Galilée pour le voir. La Galilée c’est le carrefour, le brassage, la vie quoi… C’est là que Jésus est présent et c’est toujours là que Jésus invite à aller… « ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront… »

C’est donc au cœur de ce qui fait notre vie, y compris nos craintes et nos peurs, que Jésus promet sa présence. Croire en Jésus ressuscité, c’est croire en sa présence plus forte que toute mort. Elle nous est parfois difficile à recevoir, à percevoir… nous sommes si souvent comme les femmes à la fois remplis de crainte et de joie. Mais elle est bien là cette présence, à la fois faible comme un rai de lumière et forte comme une pierre roulée. Une présence qui est vie, amour. Une présence qui met en route, qui envoie, qui invite à aller ailleurs, ou plutôt en ces jours où nous n’avons plus la possibilité d’aller ailleurs… une présence qui nous invite à vivre autrement, à changer, à mettre des couleurs à la grisaille de l’ordinaire de notre quotidien.

Au-delà de la crainte, recevons et allons annoncer cette présence du Christ Ressuscité.

«  Venues chercher leurs souvenirs au fond de ce tombeau Marie-Madeleine et l’autre Marie, y trouvent leur avenir. Ce n’est qu’à partir du moment où les femmes auront accepté de quitter ce tombeau de leur passé, quand elles se seront arrachées à ce tombeau vide, vide comme la peur, qu’effectivement elles verront Jésus. « Il vous précède en Galilée… » C’est la terre qui est devant nous, la terre en avant… Jésus n’aura jamais fini de « Re-ssusciter »… »

Jean Debruynne

Homélie du Vendredi Saint

Homélie par René Aucourt – 10 avril 2020

Aujourd’hui, nous suivons le Christ Jésus, le Serviteur. Comme l’annonçait le prophète Isaïe : «  C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. »

Nous le suivons dans son arrestation, son procès injuste, sa condamnation, son rejet, son agonie et sa mort. Nous le suivons jusqu’au moment où il dit : « Tout est accompli. », jusqu’au moment où il remet l’esprit, en inclinant la tête. Nous le suivons et nous le voyons vivre toute cette Passion justement par passion, autrement dit par amour. Il ne recherche pas la souffrance pour elle-même. Mais tout ce qu’il vit, tout ce qu’il porte, tout ce dont il est chargé, c’est dans l’amour qu’il porte. Il donne sa vie par amour. C’est bien pour cela que nous pouvons, que nous osons, dire qu’il porte aussi toutes les souffrances et les douleurs de notre monde. C’est pour cela que nous pouvons lui remettre, lui confier tant et tant de visages, de situations… les nôtres, ceux qui nous sont proches, comme ceux qui loin, ceux qui connaissent l’épreuve de la maladie ou du deuil. La liste est longue. Notre prière se fait universelle. Nous suivons le Christ Jésus, le Serviteur. Et la fin de l’Evangile de la Passion en saint Jean déjà une lueur timide se laisse deviner. C’est le temps de la préparation de la Pâque. Et il y a cette belle phrase : « A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne… c’est là qu’ils déposèrent Jésus. » Un jardin… la création a commencé dans un jardin. Voici donc qu’une création nouvelle est annoncée. Un jardin est plein de promesse. Avec le Christ Jésus, le Serviteur, voici qu’une graine est déposée dans le jardin de nos vies…

Ne descends pas dans le jardin,
Oh ! Jésus,
Ne descends pas dans le jardin
Avant le jour !
Si je ne descends pas dans le jardin
En pleine nuit,
Qui donc vous mènera vers les soleils
Du Paradis ?
Je descendrai dans le jardin
En pleine nuit.

Ne laisse pas lier Tes mains,
Oh ! Jésus,
Ne laisse pas lier Tes mains
Sans dire un mot !
Si je ne laisse pas lier mes mains
Comme un voleur,
Qui donc pourra détruire les prisons
Dont vous souffrez ?
Je laisserai lier mes mains
Comme un voleur.

Ne T’étends pas sur cette Croix,
Oh ! Jésus,
Ne T’étends pas sur cette Croix
Jusqu’à mourir !
Si je ne m’étends pas sur cette Croix
Comme un Oiseau,
Qui donc vous gardera contre l’Enfer

Où vous alliez ?
Je m’étendrai sur cette Croix
Comme un oiseau.

Ne laisse pas percer ton Cœur,
Oh ! Jésus,
Ne laisse pas percer ton Cœur
Par Tes bourreaux !
Si je ne laisse pas percer mon cœur
Comme un fruit mûr,
Qui donc vous baignera de sang et d’eau
Pour vous guérir ?
Je laisserai percer mon cœur
Comme un fruit mûr.

Ne descends pas dans le tombeau,
Oh ! Jésus,
Ne descends-pas dans le tombeau
Qu’ils ont creusé !
Si je ne descends pas dans le tombeau
Comme un froment,
Qui donc fera lever de vos cercueils
Vos corps sans vie ?
Je descendrai dans le tombeau
Pour y dormir. »

Didier Rimaud


Homélie du Jeudi Saint

Homélie par René Aucourt – Jeudi Saint – 9 avril 2020

«  Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? » voici la question que Jésus pose à ses disciples tout de suite après leur avoir lavé les pieds. N’est-ce pas aussi la même question que Jésus nous pose aujourd’hui …

La réponse est déjà un peu dans la question. Faire pour vous… Il s’agit d’une action concrète, d’un acte, pas d’une belle parole ou d’une belle intention. C’est bien réel, bien concret. C’est aussi « pour vous ». Il y a des destinataires, des bénéficiaires. Cet acte concret est un signe. Il s’agit du service de l’homme. De façon tout à fait solennelle, Jésus vient laver les pieds des disciples. Il prend la place habituellement réservée au serviteur, voire à l’esclave. Il se met à genoux devant l’homme, il prend le tablier de service. Il lave et il essuie les pieds sales marqués par la poussière et les cailloux du chemin. Il accueille et redonne une dignité, une place à la personne blessée. Ainsi, Dieu en Jésus se met au service de l’homme. Il s’abaisse jusqu’à se mettre à genoux devant l’homme.

Et Jésus nous explique : « vous m’appelez Maître et Seigneur et vous avez raison. » Jésus ne nie pas qu’il est Dieu, Fils de Dieu. Il est bien le Maître et le Seigneur. Il est bien le Tout-Puissant. Mais il ne faut pas se tromper : sa Toute-Puissance est telle qu’il s’abaisse. L’amour seul explique cette apparente contradiction. C’est par la toute-puissance de son amour qu’il donne sa vie, qu’il fait tout « pour nous ». C’est lorsqu’il se laisse conduire à la mort qu’il montre la perfection de son amour. Un amour qui ne pourra être que source de vie, plus forte que toute mort, que toute domination.

Alors Jésus invite à faire « vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Ce chemin du service et de la vie donnée devient un grand programme pour nous. Le service n’est pas un devoir à faire, une humiliation mal placée, c’est une source de vie et de bonheur à la suite du Christ lui-même. Donner une place à l’autre, s’ouvrir à celui qui est tout proche, être attentif à celui qui peine… autant d’occasions pour vivre comme le Maître et Seigneur.

Dans cet aujourd’hui que nous vivons, les inventions du service sont nombreuses. Comment ne pas penser à tous ceux qui sont applaudis chaque soir ? à tous ceux qui sont à notre service…Mais la vie en famille comme en solitude peut devenir le lieu du service, toujours à inventer…

En ce Jeudi Saint, nous vivons la « mémoire de la Cène du Seigneur. » Cette année, nous vivons l’eucharistie… sans pouvoir la célébrer réellement. Peut-être sommes-nous invités à être particulièrement attentifs à cet Evangile. Jean ne raconte pas l’institution de l’Eucharistie. Il met en avant le signe du lavement des pieds. L’Eucharistie, c’est le service, c’est la vie donnée du Christ pour chacun. A nous de le recevoir, à nous de le contempler, à nous de le vivre… à la suite de Celui qui « nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut. » (Méliton de Sardes)

Message de soutien

En ce lundi de cette Semaine Sainte, l’Évangile commence par ces mots : « Six jours avant la Pâque… » Nous y sommes. Et déjà le texte nous parle de repas dans l’amitié avec la présence du Seigneur, de mort et d’ensevelissement et de « réveillé d’entre les morts »… Tout ce que nous sommes invités à vivre tout au long de cette semaine est déjà présent. L’Évangile précise «  la maison fut remplie de l’odeur du parfum », un parfum très pur et de grande valeur. Oui, c’est l’Eglise toute entière qui est remplie du parfum du Christ, Seigneur, lui qui est venu donner sa vie, qui est mort et ressuscité.

Nous vivons cette Semaine Sainte d’une façon toute particulière cette année. C’est dans notre propre maison que ce « parfum très pur » rayonne… mais il est aussi présent dans les lieux d’épreuve, de maladie ou d’inquiétude. Il passe toutes les frontières.

° Nous continuons d’être témoins de très nombreuses initiatives qui se prennent dans nos paroisses. Elles ne sont pas forcément connues, elles ont parfois du mal à se communiquer. Mais elles disent bien la vitalité de la foi et de l’espérance de chacun. Ici les appels entre membres d’une même équipe, d’un même groupe permettent de se soutenir. Ailleurs, les enfants du KT font des dessins pour les EHPAD, ou les jeunes de l’aumônerie se sont donné un rendez-vous Whatsapp. Ici une rencontre en visioconférence, ici une rencontre téléphonique pour un partage autour de l’évangile du jour, ailleurs des appels téléphoniques réguliers permettent de prendre des nouvelles de ses voisins ou des amis. Sans oublier tout ce qui se vit en famille avec des gestes ou des temps de prière. Il nous faudra partager plus tard cette grande richesse et cette inventivité.

° Nous ne pourrons pas nous retrouver pour vivre les différentes célébrations de cette Semaine, mais chacun est bien présent. Les prêtres célèbrent, chez eux, en privé, mais ils savent qu’ils sont unis à toute l’Eglise.

° Rappelons que notre évêque a donné quelques repères pour vivre cette Semaine : on peut les retrouver sur le site http://autun.catholique.fr/.

° Nous continuerons d’alimenter régulièrement les sites des paroisses avec des textes, des prières ou des aides pour vivre ces Jours Saints.

° Et les œufs ? Traditionnellement, les paroisses vendent des œufs en chocolat dans le temps de Pâques, au profit des paroisses. Ils sont appréciés et attendus. Nous les avons bien reçus, ils sont prêts mais vous comprenez bien que nous ne pouvons rien faire pour le moment… Ils sont donc au frais. Nous les vendrons lorsque les temps seront meilleurs et les œufs seront toujours… bons,  même en dehors du temps de Pâques.

René Aucourt

«  Dieu, le Père de toute miséricorde, nous a donné dans la passion de son Fils la plus belle preuve de son amour : qu’il nous aide maintenant à découvrir, à son service et celui de nos frères, jusqu’où va le don de sa grâce… Après l’avoir suivi dans les épreuves, puissions-nous entrer avec lui dans sa gloire de ressuscité. »

Homélie du 5 avril 2020 Dimanche des Rameaux et de la Passion

Souvent ce dimanche est résumé par les mots de « Rameaux » mais la formulation exacte et complète est « Dimanche des Rameaux et de la Passion ». Deux « évènements » sont ainsi fêtés et vécus dans la liturgie.
D’un côté les Rameaux, c’est-à-dire « l’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem. » Jésus est ainsi reconnu et acclamé comme le Messie, comme celui qui est attendu, celui qui vient au nom du Seigneur pour sauver, pour apporter la vie, la paix, la joie, la force… Jésus est le vrai Messie, il entre solennellement à Jérusalem. Voici que Dieu fait son entrée solennelle au milieu de son peuple, il est reconnu et acclamé. Tout de suite après, commence la lecture de la Passion, celle de Saint Matthieu cette année. Ce Jésus, ce Messie, acclamé et reconnu va être arrêté, jugé, accusé faussement, condamné et maudit. Les voix vont cette fois se lever pour dire «A mort». Il va être mis à mort comme un condamné à mort de droit commun. Mais, à la fin, dans la bouche des grands prêtres et des pharisiens des mots étonnants commencent de sortir… le mot de résurrection est prononcé.


Nous vivons ces deux évènements d’une façon toute particulière cette année. Ils prennent une dimension bien réelle. Notre actualité est marquée par l’inquiétude, la peur, et la dure réalité de la mort nous entoure… la longue liste des chiffres donnés chaque soir en est le signe. Jésus est venu au milieu de nous pour vivre notre humanité jusque dans le tragique de la mort. Il a même crié d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Jésus vient aujourd’hui encore partager nos épreuves, nos craintes, nos peurs, nos cris et nos deuils. Mais nous osons croire aussi fortement que Jésus a été plus fort que la mort, il a vaincu la mort. Il est vivant et ressuscité. Et cela n’est pas une belle idée pour nous endormir, ou faire passer le temps un peu plus vite.

Non, nous croyons qu’il est vivant, c’est-à-dire présent. Une présence qui est source d’espérance, une présence comme la lumière que l’on aperçoit dans la maison du voisin lorsque la nuit tombe.

Oui, une présence qui vient apporter chaleur, réconfort. Une présence qui vient
promettre un monde nouveau. Oui ce Royaume promis est commencé. Jésus est vraiment ce Messie que nous attendons. « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosanna au plus haut des cieux. Acclamons-le et accueillons-le
aujourd’hui !

Prière d’intercession contre le Coronavirus

Dieu, notre Père, tu es là au cœur de nos vies.

Dans ta bonté, tu nous as créés hommes et femmes.

Dans ta Sagesse, tu nous maintiens en vie et nous guides.

Dans ton Amour, tu es toujours avec nous.

« Grandes et merveilleuses sont tes œuvres » (Ap. 15,3 ).

Face aux dangers de la pandémie du Coronavirus,  à gui irons-nous, Seigneur dieu de l’univers ?

Dans le désert, ton peuple menacé par les serpents, a crié vers toi.

Tu l’as épargné de la mort en inspirant la bonne action à Moïse ton serviteur.

« Grandes et merveilleuse sont tes œuvres ». (Ap. 15,3 ).

Tu as envoyé ton Fils Jésus-Christ sauver les malades et les pécheurs ;

Aux lépreux, il a dit : « Je le veux, sois purifié » (Mc 1, 41) ;

Au paralytique il a dit : « Lève-toi et marche » (Lc 5, 23) ;

Au démon il a dit : « Sors de cet homme, esprit impur » (Mc 5, 8) ;

A Marthe, la sœur de Lazare, il a dit : « Je suis la résurrection et la vie »

« Grandes et merveilleuse sont tes œuvres ». (Ap. 15,3 ).

Par l’Esprit Saint, haleine de vie et Paraclet,

Accueille nos frères et sœurs défunts dans ton royaume,

Guéris les personnes malades à travers le monde ;

Inspire et protège ceux qui les soignent ;

Préserve-nous de toute négligence  et de toute contamination.

Garde-nous sous ta constante protection.

Par l’intercession de la Vierge Marie, répand sur nous ta bénédiction de discernement et de protection, de guérison et de paix.

Amen.

Le Père Elysée n'a pas pu rentré en France. Il est confiné dans son
pays. Il nous a fait parvenir cette prière écrite par la conférence des
évêques de Centre Afrique pour qu'elle soit aussi notre prière.
Père Elysée

Le Père Elysée n’a pas pu rentré en France. Il est confiné dans son pays. Il nous a fait parvenir cette prière écrite par la conférence des évêques de Centre Afrique pour qu’elle soit aussi notre prière.

Et pour les oeufs ?

Traditionnellement, les paroisses vendent des œufs en chocolat dans le temps de Pâques, au profit des paroisses. Ils sont appréciés et attendus. Nous les avons bien reçus, ils sont prêts mais vous comprenez
bien que nous ne pouvons rien faire pour le moment… Ils sont donc au frais. Nous les vendrons lorsque les temps seront meilleurs et les œufs seront toujours… bons, même en dehors du temps de Pâques.

Le Haut clunisois n°115

Lire le Haut Clunisois n°115 – Mars 2020 en intégralité

Le mot liberté est sur le fronton de nos mairies. Il exprime bien notre souhait profond de pouvoir gérer notre vie. Il ne s’agit pas seulement de pouvoir faire ce que l’on veut, mais il s’agit d’assumer sa responsabilité, de pouvoir prendre des décisions et les assumer. La liberté est donc toujours à construire, à inventer. Elle n’est jamais acquise et elle est si souvent menacée. L’orgueil, la soif du pouvoir, l’argent sont autant de tentations toujours prêtes à fonctionner.

Il n’est évidemment pas question de supprimer le pouvoir ou l’argent, mais il s’agit de toujours bien les remettre à leur juste place. Jésus aussi a connu ces tentations qui sont tout à fait humaines. Elles nous sont présentées de façon imagée dans l’Évangile. Le diable vient lui proposer de régner sur des villes, une autre fois de mettre Dieu au défi, ou encore d’exercer son pouvoir que pour l’esbroufe comme par exemple transformer des pierres en pains… À chaque fois, Jésus ne se laisse pas prendre au piège. Il a choisi une toute autre attitude qui est celle du service. Il est venu pour servir l’homme. Jésus est libre. Une expression le définit bien: « Jésus, passant au milieu d’eux, allait son chemin… » Au cœur même de notre situation humaine, la liberté est toujours à inventer. Allons notre chemin…

Message de Noël – Le Haut clunisois n°114

Le Haut clunisois n°114

Beaucoup de souhaits s’expriment à l’occasion de la fête de Noël. La bonté est de mise. Chacun dit son désir de voir un monde meilleur, rempli de gestes généreux. « Passez de belles fêtes de Noël. » tel est le désir de chacun. Il ne s’agit pas que de mots vite envolés dans les tempêtes de neige.
Ils disent bien le désir profond de tout homme : que vienne vraiment un monde de beauté, de lumière, de paix, de bonheur. Ce désir, ce rêve un peu fou habite le cœur de Dieu depuis toujours. Il veut profondément le bonheur de l’homme. Alors il va dire des mots, une parole qui fait du bien. Il va donner son Fils Jésus qui est lui-même sa Parole. Ce Fils est venu dissiper les ténèbres, ouvrir les yeux à la lumière, apporter une grande joie. Jésus va se donner tout entier pour cela. Il va vivre de l’intérieur tout ce qui fait l’existence humaine, jusqu’à mourir sur une croix. Par sa résurrection, il va complètement inaugurer un monde nouveau, un monde toujours à rece-
voir et à construire. Dieu en Jésus va dire du bien et sa bénédiction ne s’arrête jamais. Elle est même toujours à recevoir, à prolonger et à inventer pour aujourd’hui. Il nous prend comme messagers. À Noël, Dieu, notre Dieu, nous bénit !

René AUCOURT

Lire le Haut Clunisois n°114 en intégralité

L’Adieu À HASAN ZAÏN AL DEAN

À la demande de son épouse, Delal, c’est bien à l’Église de Tramayes et selon ses volontés exprimées peu avant sa mort qu’Hasan a été accompagné vendredi 8 mars.
Fuyant la guerre en Syrie, Hasan, sa femme et ses quatre enfants sont arrivés en France en septembre 2016, accueillis par les collectifs de «Villages solidaires » et « Accueil migrants » particulièrement actifs. Cérémonie d’adieu et non obsèques religieuses. En effet, appartenant à la communauté yésidie, la famille avait demandé de « passer par l’Église », avant l’inhumation d’Hasan au cimetière de Tramayes.
C’est ainsi que la paroisse a offert à Hasan, en guise d’accueil, les rites de la lumière et de l’encens. Ces rites, signe d’espérance et pratiqués lors des obsèques chrétiennes, alternaient avec les témoignages de ceux qui l’avaient bien connu depuis son arrivée en France.
Notre église, archi-comble et grande ouverte à « l’étranger », faisait ainsi signe en écho au refrain du chant de Taizé repris par tous lors de la prière universelle : « Ubi Caritas et Amor, Deus ibi est ».
Qui que nous soyons, et d’où que nous venions, croyants ou non, c’était bien au nom de la fraternité humaine que nous étions tous là, grâce à Hasan, présent parmi nous tous, ici et maintenant.
Parole recueillie, entre autres, en cheminant vers le cimetière d’une personne se déclarant « non croyante » : « il n’y a que dans nos églises de campagne que pour de tels évènements on peut trouver du sacré ; lequel n’est pas le monopole des seuls chrétiens » Sacralisation du lieu, sans aucun doute, mais aussi et surtout de nous tous unis dans le deuil
en nous tenant par la main.
Voici comment de cet « Adieu à l’Étranger » qui était devenu nôtre,
notre église peut et doit toujours rester ouverte à tous, bien au-delà
de la seule communauté paroissiale.

Pierre LEVIN et Jean DEBORDE

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