Et si on parlait des finances de la paroisse

Le conseil économique vient de présenter le bilan financier 2009. Finances bien gérées puisque 2009 présente un résultat positif*. En voici les grandes lignes.

Près de 90% des recettes provient des quêtes (quêtes paroissiales, baptêmes, mariage et obsèques) ainsi que des casuels* (contributions demandées aux familles à l’occasion d’un baptême, d’un mariage ou d’un décès) ; le reste provenant de l’abonnement au bulletin paroissial, de « profits sur manifestations » (œufs de Pâques, concerts Trivy), d’inscriptions au catéchisme et autres divers.
Près de 23 % des dépenses portent sur notre participation à la curie (diocèse d’Autun), 24 % à des dépenses d’entretien, de maintenance ou de location mobilière (photocopieuse), 12 % au chauffage, eau et électricité, 10 % aux assurances et taxe foncière, 8 % aux amortissements (sono et informatique) ; le reste porte sur les abonnements, frais de publication (Le Haut-Clunisois) et autres.
Ce budget ne fait pas état des résultats de la collecte pour Haïti, intervenue au premier trimestre 2010, qui s’est montée à 2 000 euros remis directement à Suzanne Bridet originaire de Saint-Pierre-le-Vieux, en religion sœur Marguerite-Marie, supérieure de la congrégation Saint-François-d’Assise implantée à Haïti. La recette de l’opération « Bol de riz » du 2 avril 2010 pour soutenir les déboutés du droit d’asile de Tournus a été versée au Secours catholique gestionnaire de l’opération.
Tout paroissien intéressé par ces comptes peut en faire la demande au comptable : Paroisse des saints apôtres, à l’attention de Pierre Levin, place de l’église, 71520 Matour.
Outre ces montants, n’apparaissent pas les « intentions de messes » (19 600 euros) reversées hors budget paroissial au diocèse et au Bénin (paroisse que nous aidons directement à hauteur de 3 000 euros) et qui, complétées par le denier du culte permettent de payer les prêtres diocésains.
Pour mémoire le denier du culte participe à 100 % au paiement des salaires et charges de l’ensemble des prêtres diocésains tous payés, y compris l’évêque, sur une base identique de près de 880 euros brut par mois.
Pour notre paroisse dont le territoire rassemble près de 5 500 habitants, le denier du culte versé par 249 paroissiens s’est élevé à 24 703 euros.
L’insuffisance des vocations est déplorée à juste titre, encore faudrait-il que les paroissiens se mettent en état d’assurer leurs charges par un versement régulier de leur denier du culte, en fonction de leurs moyens.

*Ce résultat positif provient, pour beaucoup, du moment de remplissage des cuves à fuel.

Vive les vacances !

Vive les vacances ! Qui de nous ne l’a pas crié voire chanté lorsque nous étions enfants ! C’est fait, elles sont là et même si nous ne nous envolons pas pour des terres lointaines, ce sera un temps bénéfique, un temps de reconstruction tant physique que moral. De nombreuses occasions de détente toutes simples vont s’offrir à nous et c’est tant mieux ! Nous avons besoin de ces temps de rupture, de ces moments de retrouvailles avec la famille ou les amis. Un temps où l’on fera peut-être de nouvelles connaissances, sous des cieux nouveaux : «Pas trop sûr d’être dans un temps réel en m’avançant vers ce paysage longtemps rêvé. »
Et c’est là, vers ces paysages lointains où l’on rêve de se rendre un jour que je voudrais vous entraîner. Pas besoin de prendre un billet d’avion (trop risqué en ce moment !), juste pousser la porte d’une librairie… et là des horizons merveilleux s’offrent à vous. Des livres de photos splendides de quoi vous faire rêver et voyager. Mais si vous fouillez bien vous découvrirez peut-être, coincé entre deux best-sellers, le roman qui, à coup sûr vous fera voyager, qui vous entraînera vers une destination que vous ne connaissez pas, ou dont vous avez déjà entendu parler, mais, où, vous le savez, vous n’irez jamais : « J’ai toujours pensé que c’étaient les livres qui franchissaient les siècles pour parvenir jusqu’à nous jusqu’à ce que je comprenne que c’est le lecteur qui fait le déplacement. » Alors cherchez bien et vous trouverez sûrement votre destination ! Bonnes vacances !
Si vous n’avez pas d’idées, permettez-moi une suggestion : un long poème sur Haïti. Vous en sortirez en ayant vraiment l’impression d’avoir visité ce pays avec l’auteur Dany Laferrière : L’énigme du retour.
Les citations sont extraites de ce merveilleux roman dans lequel l’auteur nous fait découvrir tout ce qui fait ce pays : la misère, la faim, les paysages éblouissants, mais aussi les nombreux artistes. L’espoir peut-être.

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Trivy, un petit village aux talents multiples…

Nous avons rencontré les personnes qui font bouger Trivy.

Ecoutons Gérard Renier, maire de Trivy depuis 2001 : Certes, notre commune est petite, 283 habitants recensés en 2005. Mais, bien située le long de la voie rapide N71, elle accueille volontiers de nouveaux habitants, quarante en plus entre 1999 et 2005. Aussi beaucoup de projets ont été réalisés ces dernières années. Nous avons construit une nouvelle mairie, réhabilité les cinq logements locatifs propriété de la commune, modernisé la cantine de l’école. Et ce n’était pas rien pour une petite commune, même si ce programme fut en partie subventionné ! Autre nouveauté, ajoute le maire : face aux difficultés de la poste à maintenir en activité son bureau de Trivy, nous avons créé une agence postale communale. Je devrais aussi vous parler de l’entretien de nos 52 km de voirie dont, c’est vrai, la moitié à la charge de notre Communauté de communes laquelle a financé aussi l’assainissement collectif de notre bourg et de quelques hameaux. Vous voyez, dit le maire en conclusion, nous ne restons pas les bras ballants !

Le Club3 s’est définitivement relevé…

Lorsqu’en 2007 la présidente démissionna il fallut redonner un nouveau souffle au club des aînés. L’année 2008 fut une année en creux, les adhérents étaient de moins en moins nombreux. Mais dès 2009, le club repartit avec une énergie nouvelle. Mais laissons parler Bernard Seigle-Vatte : Aujourd’hui nous comptons une quarantaine d’adhérents qui se réunissent une fois par mois autour de jeux de cartes, dominos ou autres jeux ; mais aussi l’été la pétanque et des promenades d’une heure environ. Depuis quelque temps nous organisons au club un repas que nous prépare l’un des membres qui est cuisinier, indé- pendamment de notre repas annuel au restaurant. Les bénévoles de la bibliothèque apportent des livres pour ceux qui le désirent. Et bien sûr il y a « la dictée ». Nous recevons la dictée cantonale le 15 février. Et cette année c’est le club de Trivy qui organise l’assemblée cantonale ».
Le club3 a participé très activement au téléthon avec toutes les associations du village. Il y a eu du tir à la carabine (les chasseurs) Le jazz avec monsieur Léchère, des concours de cartes, un lâcher de ballons, un concours de dessin et un repas. Le résultat a été très honorable pour notre petite commune.

Trivy, ce sont les fameuses Nuits musicales…

Les Nuits musicales sont une institution vieille de 15 ans. Jean Léchère, son père fondateur, réunit à la fois, sous une grande modestie souriante, le culot et le sens de l’organisation nécessaires. Ecoutons-le : Pourquoi les nuits musicales ? Tout d’abord, j’ai la passion de la musique, classique et jazz, tout autant. Et je rêvais depuis longtemps d’organiser une animation culturelle à Trivy. La première année, nous avons commencé en invitant une chorale A cœur joie. Puis l’appé- tit est venu, cela grâce à la publicité d’une agence de spectacle trouvée par chance ! Et nous nous sommes lancés « dans la cour des grands » ! Les grands, c’est-à-dire Claude Luter, Eric Luter son fils, Claude Bolling, Fabrice Eulry (que l’on voit ici se démener sur la photo), de grandes chanteuses de gospel, et tant d’autres, qui viennent volontiers et reviennent parfois enchanter trois à quatre fois chaque année un large public de Mâconnais, Chalonnais, voire Lyonnais et… quelques Trivigeots. Bien sûr avec de tels artistes, notre petite église est facilement remplie !

Mais aussi les Talents de la Noue qui s’exposent…

Elle est organisée chaque année, fin mai ou début juin, par l’AIV, le foyer rural qui regroupe les cinq communes de La Noue. L’objectif ? Faire connaître les talents artistiques souvent cachés de ces villages. On accueille en général une quinzaine d’exposants. Les œuvres sont très diverses, bois tournés, broderies, peintures, dessins, céramiques, objets décorés, créations de toutes sortes, poèmes, musique. Visiteurs nombreux et moments de bonne convivialité : un bon objectif, non ?

Incontournable à Trivy : La bibliothèque

Gisèle, Hélène et Marie, il ne manquait que Pierre pour que l’équipe de bénévoles soit au complet, m’ont accueillie très chaleureusement dans leur superbe bibliothèque. Ce qui frappe en entrant c’est la présentation très professionnelle des documents, la mise en valeur de nombreux nouveaux romans. Mais laissons-les parler de leur passion des livres et des gens. Il s’agit de la bibliothèque intercommunale de la Noue, un relais devant être créé à Brandon. Le fait de gérer quatre communes engendre une somme de travail assez conséquente.
Un travail à plein-temps, avoue Hélène. Car à part les heures d’ouverture officielle, il y a d’abord le travail avec les écoles : prêt de livres et interventions régulières dans les différentes écoles. Car ce qui fonctionne le mieux ici c’est la bibliothèque hors-les-murs.
Le portage à domicile se fait également avec les personnes des Club3. Celui qui répond le mieux à leurs attentes est celui de Clermain. Elles se déplacent également chez des personnes qui ne peuvent pas se rendre à la bibliothèque. Tout ce travail serait facilité si la bibliothèque était informatisée.
Une autre partie de leur travail consiste en animation en direction des enfants (ce qui fonctionne plutôt bien) et des adultes, souvent décevant quant au résultat. Mais vous avez sûrement entendu parler de leurs repas-lectures qui connaissent un grand succès.
Il resterait encore bien des choses à dire sur ce village : courses des lacs, fêtes des pompiers, poètes de Trivy, malheureusement la place est limitée !

Producteur de lait en élevage caprin

Originaire de la Loire, Frédéric Vallensant est arrivé à Germolles il y a quatorze ans. Après avoir grandi dans une ferme puis travaillé comme salarié en Saône-et-Loire (il est dans le métier depuis une vingtaine d’années) il a repris il y a deux ans une exploitation au Thozet en transformant une stabulation de vaches et de chèvres laitières en stabulation à chèvres uniquement.

Comment s’est passée l’année qui a précédé votre installation ?

Ce fut une année de transition. J’ai dû mener plusieurs choses de front : la redécouverte des travaux agricoles, avec l’exploitation des terres (quarante-trois hectares dont cinq de céréales), l’entretien des prairies, l’aide apportée dans l’élevage de vaches et de chèvres qui était encore en place, le travail effectué dans une fromagerie où j’étais employé ainsi que les soins apportés à mon propre troupeau de cent-vingt chèvres.

En quoi consiste votre travail ?

J’ai 250 bêtes qu’il faut traire matin et soir et nourrir trois fois par jour avec du foin et du concentré (soja, maïs et orge). Le lait est collecté tous les trois jours par une coopérative.
La période où le travail est le plus intense s’étale sur deux mois (janvier et février). C’est le moment des « chevrotages » (jusqu’à vingt-deux par jour !) celui que je préfère. Les moments de pleine lune ne sont pas de tout repos ! Puis vient le travail des champs.
Les chevreaux sont allaités pendant deux mois puis sevrés. Une partie d’entre-eux (70%) sera vendue à d’autres élevages ou à un engraisseur. La reproduction pourra être envisagée au bout de 7 à 8 mois. La gestation dure cinq mois. Il n’y a qu’une portée par an, de un à trois ou quatre petits. Les bêtes vont au pré d’avril à octobre.

Que diriez-vous à un jeune tenté de suivre votre voie ?

Pour faire ce métier, il faut d’abord approfondir ses connaissances dans ce domaine, bien se renseigner, ne pas manquer de courage au quotidien et face aux aléas, vouloir vraiment faire cela. Il faut pouvoir aussi compter sur l’aide d’un conjoint compréhensif et qui connaît aussi le milieu de l’élevage.

Et vous ? Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai grandi à la campagne et toujours été en contact avec les bêtes. Je voulais être indépendant, pouvoir gérer mon travail comme je l’entends et être vraiment responsable. Et puis je trouve les chèvres tellement attachantes…

En route vers Assise

C’est d’abord l’histoire d’un chemin, celui de Françoise et Dominique Olislaeger, passionnés de randonnée et très attachés à saint François d’Assise. En 2002, Françoise souhaite marcher jusqu’à Assise, en Italie, puis après en avoir discuté avec des amis, un enthousiasme spontané a été partagé pour cheminer ensemble jusqu’à la ville de Saint-François…

C’est un travail de trois ans qui a permis de réaliser un itinéraire de 1 500 km reliant Vézelay à Saint-François : recherche des cartes topographiques, validation des cartes (car beaucoup de cartes italiennes n’ont pas été mises à jour depuis la seconde guerre mondiale !)… Ce projet, qui était à la base confidentiel, a nécessité un tel travail que la volonté de le partager avec un plus grand nombre est née, l’association Chemins d’Assise est donc créée.

Un topoguide mis à jour régulièrement pour s’orienter…

Un topoguide de l’itinéraire reliant Vézelay à Assise est téléchargeable sur Internet moyennant une cotisation à l’association. Les mises à jour de ce topoguide sont effectuées régulièrement suite aux remontées des marcheurs (problèmes de balisage, de logement…). De nouveaux hébergements sont également régulièrement ajoutés. Une des étapes de ce chemin passe par notre paroisse (étape Cluny – Tramayes).

… et un guide spirituel pour mieux se découvrir

Un guide spirituel Chemin d’intériorité sortira en mars 2010 pour accompagner les pèlerins qui veulent vivre cette expérience dans cet esprit. Chaque chapitre décrit les expériences vécues par les marcheurs au cours d’un pèlerinage : les rencontres, la persévérance, l’émerveillement, la solitude… Des textes, des poèmes et des chants permettent donc d’accompagner les pèlerins en décrivant comment saint François a vécu ces différentes expériences et comment chaque pèlerin peut les vivre à son tour.

Un chemin de rencontres dans l’esprit de saint François

Françoise et Dominique ont vécu de nombreuses rencontres sur le chemin de Saint-François. Un jour, ils rencontrent deux jeunes femmes du nord de la France qui rejoignent la Toscane à pied pour voir les peintures de Giotto. Françoise et Dominique leur parlent du chemin d’Assise. Elles suivent donc cet itinéraire et apprennent à découvrir saint François en chemin. À leur retour, elles enverront une carte de remerciement à Françoise et Dominique pour leur faire partager ce qu’elles ont vécu. Vivre au contact de la nature, avec la simplicité et le dépouillement que nécessite le chemin parcouru à pied, voilà l’esprit même de saint François.

Un site internet pour faire découvrir le chemin

De nombreuses personnes découvrent le chemin d’Assise via le site Internet : http://chemins.assise.free.fr. Le site comptabilise 15 000 visites en 2009 ! Beaucoup d’anciens « jacquaires » cherchent un chemin « moins fréquenté, plus nature, plus simple » où tout n’est pas organisé d’avance. La fraternisation universelle et l’harmonie avec la nature, tel est l’esprit de saint François d’Assise.

La violence au quotidien

Si on nous parle de violence, nous pensons à ce que les médias nous rapportent tous les jours. Nous oublions ce qui nous concerne pourtant de plus près : notre propre agressivité. Faut-il lui permettre de s’exprimer ? Quelles en sont les causes, les conséquences ? Qu’on soit agresseur ou agressé, comment devenir plus libre à son égard ?

Un monde sans violence est une utopie. Elle fait partie de la vie. Elle existe dans la nature. Elle s’impose à nous dans la maladie, le mort. Mais dans les relations humaines, elle est alors le fruit d’une volonté délibérée d’attaquer, de faire mal.

La souffrance en arrière-plan

Pourtant les conséquences d’une attitude agressive sont souvent négatives : profondément touchée, la victime va se sentir niée, rejetée, particulièrement si elle est déjà dévalorisée.
Dans les causes apparentes, il y a le besoin de s’affirmer, de s’imposer. Mais si le plaisir de mordre est évident, la souffrance est souvent en arrière-plan, à la base. On peut aussi vouloir agresser celui qui est différent de soi, ou celui qui nous renvoie une image de nous-mêmes que nous ne supportons pas.
Posons-nous la question : Quand nous adressons des reproches à une personne, avons-nous réellement pour but de la faire progresser ou au contraire de la confronter à ses manques et de la rabaisser ?
Et quand nous sommes victimes, comment réagissons-nous ? En subissant sans réagir, en inhibant et ruminant notre colère, ou bien par la défensive : un retour à l’envoyeur qui reprovoque des défenses. Dans les deux cas, que d’énergie gaspillée, qui n’est plus disponible pour autre chose ! (voir les conflits dans les institutions, politiques ou autres).

Une prise de conscience

Nous croyons que nous n’avons le choix qu’entre ces deux solutions. Une autre issue est possible, plus positive et moins coûteuse pour l’agresseur comme pour l’agressé : prendre du recul par rapport à l’attaque subie, être à l’écoute de ce qui se cache ou se révèle chez l’autre comme difficulté ou problème personnel, prendre conscience aussi de ce qui a été atteint en nous. On a peut-être touché juste, là ou ça fait mal. Il n’y a que la vérité qui fâche ?
Face à cet idéal difficile à atteindre, nous avons l’exemple rare de personnes, en prison ou en camp de concentration, qui ont su conserver, malgré les humiliations, liberté et paix intérieures.

Il est à nos côtés

« Le troisième jour est ressuscité des morts » dit le Credo (symbole des apôtres), « Christ est ressuscité ! » proclame Paul à qui veut l’entendre. Un pré- sent plus qu’un passé, un présent qui suppose un avenir – sinon à quoi bon l’annoncer ? – et surtout de l’annoncer comme une bonne nouvelle !
Parmi toutes les façons d’entendre cette bonne nouvelle, en voici une. Jésus a désormais complètement changé de statut ! Il a quitté définitivement les habits d’une religion particulière, celle de ses ancêtres et de son peuple de naissance. Il n’est pas davantage le fondateur d’une religion nouvelle vouée au culte de ses fidèles (toujours tentés de se l’accaparer et de le ranger au musée de leurs trésors).
Il est ce voyageur infatigable et inclassable de l’humanité ; ici voyageur attendu à qui on aimera ouvrir la porte, là vagabond qui n’a pas droit à plus d’honneurs que tous les autres sans domicile fixe de la terre.
Le voici pèlerin de nos pèlerinages en quête de fraternité universelle, autrement dit de fraternité vécue sous le signe de l’universalité. Le Ressuscité est ce vivant toujours accessible, toujours disponible à la rencontre se laissant aller à marcher à nos côtés dans le silence ou dans la parole, et nous invitant à faire de même.
Comme ça ! Tout simplement !

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C’est quoi ce métier ? Bûcheron

Martial Labrosse est bûcheron installé à son compte depuis mai 2009 sur la commune de Clermain. Rencontre avec un
jeune entrepreneur passionné par le travail en forêt.

Quel est votre parcours ?

J’ai baigné dans le bûcheronnage depuis tout jeune puisque mon grand-père et mon grand-oncle était dans le métier. Après avoir effectué un BEPA et un Bac pro au lycée forestier de Velet, j’ai ensuite travaillé pendant 3 ans ½ en tant qu’ouvrier bûcheron à Pontarlier (Haut-Doubs). J’ai ensuite eu envie de m’installer à mon compte pour être plus autonome. J’ai donc créé une EURL en mai 2009.

En quoi consiste votre métier ?

Mon travail consiste à abattre des arbres et à les façonner à la demande. Le façonnage consiste à couper les arbres à la longueur désirée par le client en fonction du devenir des arbres et des contraintes de transport. Mes clients sont des scieries et des exploitants forestiers. Je travaille dans un rayon de 150 km autour de Clermain c’est-à-dire de la côte roannaise jusqu’au Morvan. Pour cela, je dispose de tronçonneuses, d’un merlin et de coins. Le port d’équipement de sécurité est important notamment le casque car le bruit des tronçonneuses est important (jusqu’à 115 décibels).

Comment s’est passée cette installation ?

Pour s’installer en tant que bûcheron, les démarches administratives sont très longues ; j’ai mis près de 6 mois pour finaliser mon installation entre les banques, les démarches au tribunal du commerce, le passage devant une commission d’installation… Avant de m’installer définitivement, j’ai démarché des clients, j’avais prévu du travail pour les 2 mois suivants. Maintenant, mon entreprise démarre et je dois donc me faire connaître. Quand je travaille une coupe de bois, je me renseigne sur les coupes voisines qui pourraient être à faire prochainement. Pour l’instant, j’ai plusieurs coupes qui sont planifiées ; j’ai même embauché un jeune de la région depuis quelques semaines.

Comment voyez-vous l’avenir de votre profession ?

Il y a de moins en moins d’élèves dans les lycées forestiers. Ce travail est dur physiquement notamment à cause des conditions météo – il est par exemple difficile de travailler les arbres quand ils balancent à cause du vent – les articulations peuvent souffrir des changements de temps. Pour s’installer, il faut être très motivé et avoir de bons contacts et surtout ne pas oublier les règles de sécurité. Pour moi, il est important de ne pas tourner le dos aux autres bûcherons car ce sont des collègues ; il y a du travail pour tous. C’est un métier plaisant pour les personnes qui aiment travailler à l’extérieur !

Montagny-sur-Grosne

Montagny : un village qui s’accroît. C’est le plus petit village du canton de Matour : 683 hectares, mais une population qui
s’accroît : 43 habitants en 90, 86 au début 2009, et 89 maintenant avec les 3 naissances enregistrées cette année : plus qu’un doublement en 20 ans. Un bel exemple de dynamisme ! Dans le même temps, la population du canton ne s’accroissait que de 9 % !

Alors, pourquoi ce bond ? Pierre Lardy et Dominique Sauvageot, l’ancien maire et la nouvelle mairesse sont catégoriques : Montagny attire les jeunes car tout en étant proche de la grande route express et de ses liaisons rapides avec les villes, on y reste à l’écart, bien au calme et au vert dans nos vallons et nos forêts. Des jeunes ? Pour certains, ce sont les enfants de ceux qui avaient quitté autrefois le village, leurs exploitations agricoles n’étant plus viables. Le tiers de la population a moins de 18 ans. 21 enfants sont scolarisés, dans le RPI de la Noue pour le primaire, puis dans les collèges de Matour ou Cluny. Grâce aux services intercommunaux, SIVOS et SIVU, les besoins des enfants sont pris en charge, transport et cantine scolaires, garderies, activités de loisirs. Village de la convivialité. C’est un trait dominant du village, que reconnaissent tous ceux que nous avons interrogés. Et ce, grâce à l’accueil de tous ses habitants et au dynamisme de nombreuses associations fonctionnant souvent en partenariat avec Brandon : Comité des fêtes, Club de la belle époque pour personnes « d’âge de raison », Anim’écoles pour soutien aux écoles, Amicale des chasseurs, AIV, etc. On ne compte plus les fêtes et manifestations : cuissons ouvertes et festives au nouveau four à pain (inauguré en 2001), repas du CCAS, randonnées en association avec Brandon, kermesse et manifestations pour les écoles, et, point d’orgue des fêtes montagnonnes : la grande fête de la saint Fiacre qui est aussi la fête du pain, généralement le premier dimanche de septembre (le bon saint accepte alors qu’on décale un peu sa fête, normalement le 30 août). Le thème de cette fête ? On célèbre surtout les activités et métiers d’autrefois : la fabrique du pain, bien sûr, le travail au lavoir, à la baratte, le tricot, la dentelle, et même la fabrique de cordes… Et puis, comme en tout village gaulois, la fête se termine par un grand repas et de la danse.

Le sentiment fort d’appartenir à un lieu

Un village qui met en valeur ses richesses. Son patrimoine, tout d’abord : restauration de vieilles demeures, d’un lavoir, d’une fontaine et du four à pain. C’est aussi un village qui sait accueillir ses nombreux artisans et artistes. Facteur et restaurateur de pianos, reconnu et recherché bien au-delà de ses frontières, passionné de cheval, Patrice Sauvegeot apprécie la présence de la forêt, l’espace, le silence, la proximité des grandes voies de communication, l’accueil chaleureux, la facilité à se connaître les uns les autres et le sentiment fort d’appartenir à un lieu. Boulanger pâtissier de formation, Patrick Charvet est devenu « marchand de douceurs » : douceurs de cerise à l’infusion de fleurs d’acacia, de mirabelle à la fleur d’oranger, de framboise au chocolat blanc, gelée de glycine… Patrick fait tout lui-même : élaboration « à l’ancienne », conditionnement, diffusion et vente. Il aime la tranquillité du village et les chemins dans les bois où il puise son énergie. Jean-Pierre Leroy est expert forestier. Il gère des forêts privées, définit les coupes de bois, les plantations et les dégagements et a en charge ce qui relève de la chasse, de la gestion durable et des ventes aux enchères. Attiré à Montagny par la présence d’une très ancienne demeure qu’il a restaurée, il apprécie le calme des lieux et la préservation de leur caractère rural originel.

Des habitants « pas ordinaires »

Originaire de Montagny, Daniel Lardy élève des vaches, achète du lait de chèvre et fabrique des fromages qu’il vend sur place, sur les marchés ou dans des magasins. Il souhaite que le village ne perde pas son âme, son caractère propre, par une urbanisation trop rapide. Qualité de vie, convivialité et engagement de ses habitants caractérisent pour lui Montagny. James Michalopoulos, artiste peintre et sculpteur aux activités multiples, est américain. C’est le hasard et la beauté des paysages qui l’ont conduit dans notre région. Il vit et travaille au château d’Ouilly cinq mois par an et le reste du temps à la Nouvelle-Orléans quand il ne parcourt pas le monde pour ses expositions. Montagny, ses monuments et ses habitants « tous différents, tous sympathiques, tous intéressants » lui plaisent beaucoup. Il regrette de ne pas avoir assez de temps pour participer à la vie du village et souhaite que celui-ci garde son caractère le plus longtemps possible. D’origine américaine, naturalisée française, Marcia Hadjimarkos est une concertiste célèbre, de renommée internationale. Elle est aussi traductrice. Le piano-forte et le clavicorde sont ses instruments de prédilection. Elle a choisi de vivre dans un hameau de Montagny, attirée par la proximité de la nature, la beauté du lieu, la présence furtive des animaux de la forêt et le caractère ancien de l’habitat qu’il faut veiller à conserver. Des projets pour le futur ? « Déjà, poursuivre l’entretien de notre patrimoine, nous dit Dominique Sauvageot, par exemple la peinture intérieure de l’église. » Et puis, il nous faut « repousser les murs » : « Nos espaces publics deviennent trop petits et doivent être rénovés : c’est pourquoi nous allons nous engager dans une opération « coeur de village » aidée par la région. » « Mais notre meilleur projet, dit-elle pour conclure, c’est bien que se fortifie toujours notre communauté vivante et amicale. »

La fontaine restaurée. © le haut clunisois
La fontaine restaurée. © le haut clunisois

Bonne nouvelle, nos chemins se sont croisés !

Partis à pied de Matour, Dompierre, Clermain, Trambly, Brandon, Tramayes, Saint-Pierre, nous avons convergé vers Saint-Léger pour notre journée de rentrée traditionnelle. Le thème: « espérance, fragilité, différence ». Après les vacances, nous avons besoin de ce moment de rencontres, de réflexion, de joie partagée pour nous donner un nouvel élan.

Le soleil est présent, les groupes arrivent peu à peu pour l’apéritif en plein air. Marcher ensemble fatigue un peu mais dynamise aussi. Les barrières, les inhibitions tombent quand on fait un effort en commun. Les échanges sont nombreux. Les autochtones rencontrent les vacanciers qui disent leur plaisir d’être accueillis, « intégrés » dit l’un d’entre eux.
On rentre dans la salle communale agrandie, rénovée, bien sonorisée. L’ambiance est particulièrement animée et joyeuse pendant le repas. Les parts de gâteaux se multiplient au moment du café.

Respecter la liberté de conscience

Après un moment de détente, c’est le moment de la conférence. Mais André Guimet, le conférencier, est absent. Jean-Pierre Leconte nous invite à « ne pas s’affoler », s’adapter au changement. Il traite le sujet prévu: « les difficultés au sein de l’Eglise ». Un éclairage historique nous aide à mieux nous situer par rapport aux différentes « affaires » qui ont remué l’opinion.
Le Syllabus publié en 1864 par Pie IX reste une référence pour les intégristes. Il dénonce les erreurs du monde moderne et affirme que l’homme ne doit pas être libre « d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison ». Vatican II, au contraire, insiste sur le « caractère volontaire et rationnel de l’acte de foi personnel ». Il dit la grandeur de « l’intelligence humaine capable d’atteindre la vérité ». Il permet donc « une liberté de recherche et d’adhésion à Dieu ».
Cette affirmation du respect de la liberté de conscience et nouvelle, étonnante : ne pas imposer au nom de la loi divine.

Dieu parle à notre espérance

Après cet exposé, nous avons besoin de bouger et de nous exprimer: dessiner, ou chanter avec André, ou réaliser des compositions florales avec Marinette. Ces bouquets servent à habiller notre « table du jour » : l’autel. De nombreux autres participants nous ont rejoints.
La célébration eucharistique peut commencer. A travers l’évangile, les chants, les textes choisis, « Dieu parle à notre espérance ». Il nous est demandé de dépasser nos fragilités, notre peur de l’inconnu (« mais qui peut dire où vont nos vies ») pour prendre le risque d’avancer au large en « espérant contre toute espérance ». Jésus nous engage sur un chemin de liberté pour vivre notre foi jusqu’au bout dans une vie toute entière engagée.
« Nous arrivons de notre histoire, de nos racines et de nos chemins » « Notre avenir est en mémoire, mais le présent est entre nos mains ».

En ce soir de Noël

n°74 – décembre 2009

Souvenez-vous, il y a 40 ans un groupe d’enfants, Les Poppys, bouleversait le monde des adultes avec ce chant:
« C’est l’histoire d’une trêve que j’avais demandée
C’est l’histoire d’un soleil que j’avais espéré
C’est l’histoire d’un amour que je croyais vivant
C’est l’histoire d’un beau jour que moi petit enfant
Je voulais très heureux pour toute la planète
Je voulais, j’espérais que la paix règne en maître
En ce soir de Noël
Et aujourd’hui le monde a-t-il changé ?
Noël sera-t-il pour nous la fête de l’amour?
Quand nous nous mettrons à genoux pour prier pourrons-nous oublier que « non, rien n’a changé ». »
Je suis un peu nostalgique ce soir, et je me dis qu’au moment où nous venons de commémorer la chute du Mur de Berlin combien de murs restent encore debout de par le monde.
Combien d’enfants fêteront Noël à l’ombre de l’un de ces murs de la honte.
C’est pourquoi je ne résiste pas à l’envie de vous livrer la fin de l’un de mes textes préférés de Raymond Devos :
« Je hais les murs
Qu’ils soient en dur qu’ils soient en mou !
Je hais les haies qui nous emmurent.
Je hais les murs qui sont en nous ! »

Alors bonne chute de murs et joyeux Noël!

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Quoi de neuf à LACIM ?

Une rencontre avec JC MASERA, responsable du comité de LACIM (Les Amis d’un Coin de l’Inde et du Monde) à Saint Point nous a permis de mieux connaître les projets soutenus par l’association et son mode de fonctionnement.

Tout d’abord, quelle est l’origine de l’association LACIM ?

En 1964, une famille de Croizet-sur-Gand près de Roanne perd son plus jeune fils, Louis, dans un accident de la route. En 1966, répondant à un appel de l’Inde « Avec des puits, plus de famine… », elle envoie l’argent de l’assurance pour creuser un puits à Valapady. Un mouvement de solidarité s’organise alors vers l’Inde. C’est la naissance de l’association LACIM : Les Amis d’un Coin de l’Inde et du Monde.
Basée sur les principes d’amitié et du partage, cette association a pour objectif de tisser des liens de solidarité avec des communautés des pays du Sud en les aidant à réaliser des projets permettant d’améliorer leurs conditions de vie sur les plans économique, social et éducatif. Ces actions se mettent en place sous forme de jumelages.

Comment fonctionne le Comité de Saint Point ?

Sous l’impulsion de notre regrettée Hélène QUELIN, un comité LACIM s’est formé à Saint Point-Tramayes et compte dorénavant une trentaine d’adhérents. Les adhérents apportent une contribution annuelle pour soutenir les projets d’une communauté et entretiennent une correspondance avec les communautés soutenues.
Des apports ponctuels sont également effectués ; par exemple, cette année, les lycéens  de la Prat’s à Cluny ont réalisé une « opération bol de riz » et ont reversé les fonds recueillis au comité LACIM de Saint Point. Cette initiative  a été d’autant plus appréciée par les membres de l’association qu’elle émanait de jeunes intéressés par un projet de solidarité.

Quels sont les projets actuellement soutenus ?

Deux jumelages sont actuellement soutenus par le comité de Saint Point :

  • Le premier se situe au village de Keessara en Inde. L’association vient en aide aux étudiants les plus défavorisés du collège pour le financement de leurs études (logement, fournitures,…). Afin de leur permettre de s’autofinancer à l’avenir, LACIM a soutenu la mise en place d’une petite ferme laitière gérée par le collège. Les bénéfices de cette exploitation laitière devraient à terme couvrir cet autofinancement tout en participant au développement économique de la région.
  • Le second se situe à Koulikoroni, dans la région de Bamako, au sud du Mali. L’activité de ce village est essentiellement agricole (céréales, maraîchage). LACIM intervient dans 3 domaines au sein de ce village :
    • Mise en place d’un moulin à mil pour le traitement des récoltes céréalières, prêts permettant aux agriculteurs de s’équiper en matériels agricoles ou en bétail. Un projet d’agriculture durable est en cours : aménagement des terres arables pour limiter l’érosion, compostage pour accroître le rendement ;
    • Des aides permettent de rémunérer des instituteurs pour favoriser la scolarisation des enfants des 2 sexes. En 2008, le comité a participé au financement de la construction d’une école « en dur » au sein du village ce qui permettra à l’école de bénéficier du statut d’établissement public (et des aides de l’Etat associées) ;
    • L’alphabétisation des femmes a permis d’améliorer les conditions sanitaires et sociales des familles. Les femmes peuvent dorénavant gérer des micro-crédits leur permettant d’ouvrir des petits commerces par exemple.

Cette association est résolument tournée vers la solidarité et le partage en développant durablement les communautés soutenues.

Renseignements : JC MASERA (Saint Point)