L’éducation : une priorité !

Dans notre région, près de 15 % des jeunes de 18 à 24 ans sont sortis de l’école sans diplôme. Ce n’est pas bon. Nombreux aussi sont les cas de violences à l’école: bagarres excessives pendant les récréations, rumeurs, « têtes de turc », harcèlements, etc.

Comment réagir ?

En voici un exemple. Un groupe actif de quatre-vingt cinq associations (dont Atelier de paix du clunisois) s’est regroupé dans une « coordination pour l’éducation à la non-violence et à la paix ». Leurs objectifs sont ainsi de promouvoir une éducation pacifique pour tous les élèves et de proposer une formation pédagogique pour les enseignants et le personnel éducatif. Bonne nouvelle : cet objectif a été pris en compte par la nouvelle loi de Refondation de l’école de la République qui prévoit «?des formations à la prévention et à la résolution non-violente des conflits pour les enseignants et les personnels d’éducation » dans les Écoles supérieures du professorat et l’éducation (ESPE). Dans ce cadre de formation pédagogique des futurs enseignants, un programme a été conçu et proposé par trente-trois de nos associations. Ce texte a été validé par le ministère de l’Éducation. En voici un résumé.

Pour l’éducation de l’enfant

Plusieurs axes sont proposés : développer chez l’enfant la connaissance de soi, l’estime de soi et connaître ses émotions. Développer chez lui l’attention à l’autre, ressenti comme différent. L’amener à exprimer clairement les faits, ses idées, ses émotions et savoir défendre ses droits dans le respect des droits de l’autre. Savoir aussi dire « non ». Capacité à apprendre à réussir ensemble, à coopérer, trouver sa place dans le groupe et savoir s’affirmer.

Pour l’enseignant

Ce projet nécessite une formation orientée sur lui-même et son comportement, notamment :

  • Renforcer la confiance en lui, reconnaître et exprimer ses sentiments et émotions, développer l’empathie.
  • Développer sa capacité d’écoute empathique, tant avec les élèves, ses collègues et les parents.
  • Développer ses capacités à accueillir, gérer ses émotions et celles des autres.
  • Appréhender sereinement les inévitables conflits dans la classe, permettre aux élèves de se construire sur le plan de l’autonomie. Se positionner dans un conflit avec lucidité et assertivité (conscience de soi « claire et non-violente »).
  • Montrer le lien entre les dimensions éducatives et juridiques du règlement intérieur.
  • Face aux conflits, prendre conscience de ses ressentis et ceux des élèves, les différencier pour accéder aux besoins des uns et des autres pour améliorer la gestion quotidienne de la classe.

Un programme important, qu’il va falloir présenter, négocier, adapter dans chaque académie. Un très gros travail!