Le chien, un héros comme les autres pour l’académicien Rufin

On a beaucoup plus entendu parler du responsable et fondateur de Médecins sans frontière (MSF) que de l’auteur de Rouge Brésil, même si c’est sans aucun doute son roman le plus connu. Il a également écrit Les causes perdues et Katiba. Ces deux romans à lire absolument, même si le premier date de 1999, le second, plus récent, est lui de 2010. Vient de paraître son dernier opus, Le Collier rouge.

Dans chacune de ses œuvres, Jean-Christophe Ruffin utilise ses connaissances des pays et, bien sûr, des problèmes humanitaires qui sont sa pré- occupation première.
Dernièrement, il a un peu changé de cap, par exemple avec Immortelle randonnée où il retrace son chemin de Compostelle et Le grand cœur, autobiographique.
Le connaissant, on pouvait presque parier sur le sujet de son dernier roman. Les événements commémoratifs qui font la une et la feront pendant les quatre années à venir ne pouvaient le laisser indifférent.
Mais c’est une surprenante histoire que nous raconte Jean-Christophe Ruffin ! Peut-être une histoire d’amour, tout simplement. Nous sommes au mois d’août 1919, une chaleur écrasante semble arrêter la vie de cette petite ville du Berry. Sur la place Michelet un chien hurle à la mort : « Il jappait méthodiquement, une fois toutes les trois secondes à peu près, d’une voix grave qui rendait fou. » On pourrait presque dire qu’il est le personnage central de ce récit. Il se tient face à la prison où son maître est détenu.
Morlac est le seul prisonnier, c’est un paysan de la région. Il a été mobilisé en 1915 et a reçu la légion d’honneur. « Il a vraiment fallu que ce soit un acte d’une bravoure exceptionnelle », lui fait remarquer le juge militaire chargé d’instruire cette affaire. Le juge militaire Lantier du Grez semble, depuis le début, décidé à acquitter Morlac. La guerre n’a-t-elle pas fait assez de morts !

il va raconter sa guerre dans les Balkans avec Guillaume, le chien. C’est le nom que lui avaient donné les copains de tranchées

Et puis lui aussi il pense à sa famille et à sa vie future en dehors de l’armée. Au fil des interrogatoires et de ses questions aux uns et aux autres, il fait la connaissance de Valentine, et de l’enfant. Curieuse, cette Valentine qui, malgré sa robe de toile grossière, n’a pas l’air d’une fermière. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est amoureuse de Jacques Morlac et malgré sa rudesse, elle est reconnaissante envers ce militaire (elle, l’anarchiste !) de vouloir tellement le sauver. Y arrivera-t-il ? Car au fond le seul qui s’y oppose, c’est l’accusé lui-même.
Enfin il va la raconter sa guerre dans les Balkans avec Guillaume, le chien. C’est le nom que lui avaient donné les copains de tranchées. Il va raconter l’assaut qui lui a valu la légion d’honneur et aussi la prison !
La fidélité, l’amour et l’obsession d’un juge suffiront-ils à sauver un homme du peloton d’exécution ?