La violence au quotidien

Si on nous parle de violence, nous pensons à ce que les médias nous rapportent tous les jours. Nous oublions ce qui nous concerne pourtant de plus près : notre propre agressivité. Faut-il lui permettre de s’exprimer ? Quelles en sont les causes, les conséquences ? Qu’on soit agresseur ou agressé, comment devenir plus libre à son égard ?

Un dialogue où l’on ne cherche pas à confronter l’autre à ses manques

Un monde sans violence est une utopie. Elle fait partie de la vie. Elle existe dans la nature. Elle s’impose à nous dans la maladie, le mort. Mais dans les relations humaines, elle est alors le fruit d’une volonté délibérée d’attaquer, de faire mal.

La souffrance en arrière-plan

Pourtant les conséquences d’une attitude agressive sont souvent négatives : profondément touchée, la victime va se sentir niée, rejetée, particulièrement si elle est déjà dévalorisée.
Dans les causes apparentes, il y a le besoin de s’affirmer, de s’imposer. Mais si le plaisir de mordre est évident, la souffrance est souvent en arrière-plan, à la base. On peut aussi vouloir agresser celui qui est différent de soi, ou celui qui nous renvoie une image de nous-mêmes que nous ne supportons pas.
Posons-nous la question : Quand nous adressons des reproches à une personne, avons-nous réellement pour but de la faire progresser ou au contraire de la confronter à ses manques et de la rabaisser ?
Et quand nous sommes victimes, comment réagissons-nous ? En subissant sans réagir, en inhibant et ruminant notre colère, ou bien par la défensive : un retour à l’envoyeur qui reprovoque des défenses. Dans les deux cas, que d’énergie gaspillée, qui n’est plus disponible pour autre chose ! (voir les conflits dans les institutions, politiques ou autres).

Une prise de conscience

Nous croyons que nous n’avons le choix qu’entre ces deux solutions. Une autre issue est possible, plus positive et moins coûteuse pour l’agresseur comme pour l’agressé : prendre du recul par rapport à l’attaque subie, être à l’écoute de ce qui se cache ou se révèle chez l’autre comme difficulté ou problème personnel, prendre conscience aussi de ce qui a été atteint en nous. On a peut-être touché juste, là ou ça fait mal. Il n’y a que la vérité qui fâche ?
Face à cet idéal difficile à atteindre, nous avons l’exemple rare de personnes, en prison ou en camp de concentration, qui ont su conserver, malgré les humiliations, liberté et paix intérieures.