Faire la paix ? Question de méthode…

Trop de conflits, en famille, entre voisins, se règlent mal par manque de savoir-faire.

La paix, la violence dans notre vaste monde, on en parle beaucoup ! Les médias s’en nourrissent avec leurs lots de jugements hâtifs sans trop de discernement, tournés plus vers l’immédiat que le long terme… Le spectateur, lui, regarde… et se sent bien impuissant.
Mais la paix, cela regarde la vie de tous les jours ! Avec ses conflits, des situations difficiles, des mots qui fâchent, en famille, à l’école, dans la rue : faire la paix, ici et maintenant, ce n’est pas facile ; il y faut de la réflexion et de la méthode.
Un exemple? Prenez une bagarre dans la cour de l’école : Pierre et Henri en viennent aux mains, le maître qui préparait son cours dans la classe, voit cela par la fenêtre et se précipite dans la cour.
Premier scénario : le maître énervé réagit brutalement : « Henri, tu vas m’écrire 20 fois : Je ne me bats plus contre Pierre, et toi, Pierre, tu files au fond du préau ». Résultat : les gamins se sentiront mal reconnus, et punis sans justice.
Autre scénario : le maître procède en petites étapes ; il leur demande d’abord de décrire précisément, le « comment » : les faits de la bagarre. Il amène ensuite chacun à exprimer ce qu’ils éprouvent, leurs « sentiments » : peut-être colère chez l’un, jalousie chez l’autre. Et dernière question du maître : pourquoi donc cette bagarre, « quels besoins » mal satisfaits ? Réponses un peu hésitantes : « Il se moque de moi et me traite de tous les noms », dit l’un. « Ce n’est pas vrai, dit l’autre, il veut avoir le dernier mot et me traite de fayot. » Alors souvent, après cet effort de clarification, et chacun ayant exprimé à sa façon que son besoin de reconnaissance n’était pas satisfait, le conflit se réglera mieux. Tant de conflits, en famille, entre voisins, se règlent mal par manque de savoir-faire. Bien des déconvenues et des tristesses seraient évitées si l’on suivait quelques pistes de bon sens, telles celles-ci proposées par de nombreux éducateurs et psychologues*, pour une bonne gestion des conflits.

Se sentir bien avec soi-même et ainsi ne pas avoir peur de l’autre

Mettons déjà des mots précis sur la situation de conflit par une observation objective des faits ; tant de conflits naissent de malentendus !
Sachons reconnaître nos émotions, nos sentiments éprouvés dans le conflit et parvenons à les nommer. Reconnaissons nos propres besoins plus ou moins méconnus et maltraités dans le conflit.
Écoutons l’autre avec conscience et sachons entendre ses propres émotions et besoins, sans interprétation ni jugement.
Ainsi, par ces partages honnêtes, la paix fera mieux son chemin et débouchera peut-être sur un accord mutuel, gagnant-gagnant !

*Lire notamment : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la communication non-violente, de Marshall Rosenberg Éditions La Découverte, 2005