C’est quoi ce métier ? Bûcheron

Martial Labrosse est bûcheron installé à son compte depuis mai 2009 sur la commune de Clermain. Rencontre avec un
jeune entrepreneur passionné par le travail en forêt.

L'impressionnant moment de l'abattage. © ciric

Quel est votre parcours ?

J’ai baigné dans le bûcheronnage depuis tout jeune puisque mon grand-père et mon grand-oncle était dans le métier. Après avoir effectué un BEPA et un Bac pro au lycée forestier de Velet, j’ai ensuite travaillé pendant 3 ans ½ en tant qu’ouvrier bûcheron à Pontarlier (Haut-Doubs). J’ai ensuite eu envie de m’installer à mon compte pour être plus autonome. J’ai donc créé une EURL en mai 2009.

En quoi consiste votre métier ?

Mon travail consiste à abattre des arbres et à les façonner à la demande. Le façonnage consiste à couper les arbres à la longueur désirée par le client en fonction du devenir des arbres et des contraintes de transport. Mes clients sont des scieries et des exploitants forestiers. Je travaille dans un rayon de 150 km autour de Clermain c’est-à-dire de la côte roannaise jusqu’au Morvan. Pour cela, je dispose de tronçonneuses, d’un merlin et de coins. Le port d’équipement de sécurité est important notamment le casque car le bruit des tronçonneuses est important (jusqu’à 115 décibels).

Comment s’est passée cette installation ?

Pour s’installer en tant que bûcheron, les démarches administratives sont très longues ; j’ai mis près de 6 mois pour finaliser mon installation entre les banques, les démarches au tribunal du commerce, le passage devant une commission d’installation… Avant de m’installer définitivement, j’ai démarché des clients, j’avais prévu du travail pour les 2 mois suivants. Maintenant, mon entreprise démarre et je dois donc me faire connaître. Quand je travaille une coupe de bois, je me renseigne sur les coupes voisines qui pourraient être à faire prochainement. Pour l’instant, j’ai plusieurs coupes qui sont planifiées ; j’ai même embauché un jeune de la région depuis quelques semaines.

Comment voyez-vous l’avenir de votre profession ?

Il y a de moins en moins d’élèves dans les lycées forestiers. Ce travail est dur physiquement notamment à cause des conditions météo – il est par exemple difficile de travailler les arbres quand ils balancent à cause du vent – les articulations peuvent souffrir des changements de temps. Pour s’installer, il faut être très motivé et avoir de bons contacts et surtout ne pas oublier les règles de sécurité. Pour moi, il est important de ne pas tourner le dos aux autres bûcherons car ce sont des collègues ; il y a du travail pour tous. C’est un métier plaisant pour les personnes qui aiment travailler à l’extérieur !