Aide aux migrants – Majeurs ou mineurs ? Un passé douloureux, un avenir incertain.

Nathalie est tramayonne. Elle travaille en ce moment dans le cadre de l’association Enfance et jeunesse en Avallonnais, pour les migrants mineurs non accompagnés (qui se présentent seuls, sans leur famille).

Ils se disent mineurs. Il s’agit d’évaluer s’ils le sont réellement. L’avis donné est transmis au procureur de la République. Il sera parfois complété par des examens complémentaires (âge des os par exemple.). De là dépendra une orientation déterminante pour l’avenir.

Ces jeunes viennent surtout du Mali et de la Côte d’Ivoire, quelques-uns d’Afghanistan. Ce sont presque exclusivement des garçons (voyage trop dangereux pour les filles). Une trame d’évaluation permet d’apprécier la cohérence des éléments proposés, pouvant constituer des preuves : les papiers en leur possession, leurs explications (leur histoire, leur mode de vie, leur scolarité, les raisons de leur départ, le trajet pour arriver en France, les obstacles rencontrés).

La présence d’un interprète, issu du même pays, permet dans certains cas d’avoir un meilleur accès à une culture particulière : comment interpréter tel comportement déroutant, comment réagir ?

Des histoires de vie

Nathalie se dit touchée par certaines situations particulièrement difficiles : celle par exemple de ce petit afghan : il refusait, malgré les menaces, d’être enrôlé par les Talibans. Ils sont venus le chercher alors que toute la famille était à table, sauf lui, parti se laver les mains… Tous les autres ont été tués. Il s’est caché jusqu’à la nuit, puis il a rejoint un oncle qui l’a fait passer en France.

Autre exemple : c’est un jeune malien orphelin. Sa tante l’avait récupéré mais n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’école. Il travaillait donc toute la journée dans les champs. Il prenait des cours du soir auprès d’enfants scolarisés. Il avait ainsi acquis un bon bagage.

Essayer de dominer la réalité

Le voyage s’est souvent passé dans des conditions très difficiles. Ils ont été frappés, rançonnés. Ils ont risqué leur vie. Ils gardent des séquelles physiques et psychologiques. Pour ne pas être écrasés par ces situations, ils les racontent parfois comme s’ils avaient participé aux épreuves d’un jeu !

Beaucoup sont motivés pour des études. Certains professeurs, réticents au départ, découvrent leurs capacités, leur courage, leur reconnaissance. C’est un travail très prenant. Nathalie reconnaît qu’elle ne pourra pas « le faire pendant des années ! ».

Marie Thérèse Denogent

Nouvelles d’Haïti : nous relever grâce à vous

Vous nous venez en aide pour aller au secours du peuple haïtien si éprouvé une fois de plus par les dégâts importants de l’ouragan Matthew, comment vous remercier ?

Comme beaucoup d’Haïtiens nos maisons (sept dans la zone sinistrée) sont endommagées ainsi que les écoles, et la ferme qui est indispensable à la vie des populations et des communautés. Les reconstructions indispensables sont en cours d’analyses, d’expertises et les plus urgentes en cours de réalisation provisoire. La ferme a particulièrement subi de grosses pertes : vaches et poulets ont été emportés, ceux qui restent meurent petit à petit, les cultures ont été balayées…Le soleil est revenu, le courage aussi et l’on voit de petits abris de tôles refaire surface en attendant mieux. Les maisons dont les 4 murs étaient en béton sont à peu près restées debout mais les toits se sont envolés et la pluie abondante a détruit les biens à l’intérieur… Petit à petit, les communications sont rétablies : chemin à la place des routes, réseaux téléphoniques et internet. C’est comme cela que nous apprenons et pouvons juger de l’ampleur des dégâts. Notre compte Haïti est donc remis en route ! Son montant est constitué uniquement de dons que nous remettons directement aux religieuses chargées de les distribuer. Pour cette fois, nous souhaitons aider les familles très pauvres auxquelles nos soeurs sont présentes de par leur apostolat, et acheter de la nourriture de base pour pallier la faim qui commence à se faire sentir et ne tardera pas à poser de sérieux problèmes de santé. Les médias ont été présents à cet événement, durant quelques jours, déjà on en parle plus, mais ce peuple a besoin de nous pour garder l’espoir et recommencer à vivre…

Merci donc de votre générosité, nous remettrons 2000 euros très prochainement. Elle comprend la somme de votre don.

Rien ne reste oublié par le Seigneur,

Il saura vous le rendre en grâce et en bénédictions.

Merci, Merci !

Bien à vous.

Bernadette Nourdin
Lettre du 20 janvier 2017

Taizé 2016 : la fraternité humaine, moteur de toute une communauté

Le frère Roger avait imaginé la communauté de Taizé comme une parabole de communion, ferment de réconciliation dans la famille humaine. Les 75 ans de la communauté ont été célébrés en 2015, plusieurs belles commémorations avaient alors honoré la mémoire de son fondateur, 100 ans après sa naissance et 10 ans après sa mort.

Animés par ce même esprit, tous les frères, autour de frère Alois ; prieur de la communauté, veillent depuis à la lumière de l’Évangile, à faire perdurer leur engagement pour la solidarité humaine et ceci de manière très concrète.

Être au plus près de ceux qui souffrent

Frère Alois, s’est rendu au Liban et en Syrie début 2016. Il a visité des camps de réfugiés et y a recueilli une famille syrienne qui est aujourd’hui installée à Ameugny. Deux autres familles du Moyen-Orient ont aussi trouvé refuge.

Deux sont chrétiennes, une musulmane. La communauté a également accueilli, tout d’abord un groupe de jeunes venus de Calais, Soudanais, Erythréens et Afghans, tous musulmans suivis par un groupe de 16 mineurs isolés arrivés en novembre. « Il y a toujours eu une grande volonté de la communauté à tenter d’être au plus près de ceux qui souffrent, au plus près de ceux qui sont en difficulté » exprime frère David.

Un été de réflexions et de grande amitié fraternelle

L’été 2016 a été aussi l’occasion, comme chaque année, de recevoir à Taizé plusieurs milliers de jeunes venus du monde entier et d’accueillir de plus en plus d’experts pour débattre de sujets d’actualité. Les jeunes ont chanté ou joué d’un instrument pour mieux faire connaître leur pays. Ainsi, cette fête des nations quotidienne, particulièrement joyeuse et animée, a montré une image d’unité et de grandes amitiés fraternelle.

Le partage et la tolérance ont aussi guidé les interventions de l’association Coexister, mouvement des jeunes de différentes religions et convictions. Une rencontre a été organisée avec Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, et des membres de l’association Lazare qui propose des colocations avec les personnes à la rue.  « Les jeunes ont été sensibles à ces témoignages positifs de réussite. Leur questionnement porte sur ce qu’ils peuvent faire à leur niveau et ce que font les institutions, et notamment l’Europe, par rapport à la pauvreté et l’invisibilité sociale » explique Jérôme Vignon. La prochaine rencontre pour les jeunes de 18 à 35 ans aura lieu du 20 au 27 août 2017 à Taizé.

Martine Magnon

Fête des solidarités à Matour

« Villages solidaires en Haute Grosne »

Depuis trois ans, cette association initie, développe et soutient le développement d’initiatives de proximité permettant de renforcer le lien social, la solidarité et la qualité de vie sur la communauté de communes de Matour et celle de Tramayes.
Et cela, dans quatre domaines : celui de la coopération solidaire et des échanges, celui des ressources et de l’accueil, celui de la famille et celui des actions culturelles et festives.
Cette année encore, vous pourrez participer toute la journée, et bien sûr gratuitement, aux ateliers d’activités manuelles pour adultes ou pour enfants (terre, vannerie, bricolage…), apprécier les diverses animations musicales, « théâtrales » (avec la présence d’un groupe de Paray et celle d’une conteuse) et autre, danser, et partager le repas de midi (même si vous n’avez rien apporté !) et du soir, avec les « soupes d’ailleurs pour gens d’ici » qui avaient été très appréciées l’an passé.
Vous pourrez également profiter de la Gratiferia, foire gratuite (c’est rare, de nos jours !) où l’on apporte (ou non) ce que l’on peut et où l’on prend ce que l’on veut, le tout dans une ambiance chaleureuse et festive.

Bouger à la campagne

La table ronde de la matinée, à laquelle chacun est convié (les enfants auront leurs propres ateliers), sera l’occasion de réfléchir sur une question qui nous concerne tous, celle de la mobilité et des déplacements dans nos campagnes dépourvues de transports collectifs.
Alors, pensez déjà à rechercher dans vos placards ou greniers ce qui pourrait enrichir notre Gratiferia et faire plaisir aux uns et aux autres. Vous pourrez déposer dès à présent vos objets dans les micro-crèches et garderies périscolaires ou les apporter, le vendredi 9 octobre, au Cart de Matour.

« Seul, on va plus vite, mais… ensemble, on va plus loin ! »

Fête des solidarités à Saint-Pierre-Le-Vieux

Le samedi 11 octobre dernier, à Saint-Pierre-le-Vieux, une joyeuse agitation règne à l’intérieur et autour de la salle des fêtes ce matin-là. Deux grands chapiteaux ont été dressés à l’extérieur. Tout doit être prêt pour l’ouverture de la deuxième Fête des solidarités. Et tout sera prêt. Même le soleil est de la partie !

Comme l’an passé à Trambly, chacun sait ce qu’il doit faire pour être le plus efficace possible. Avec l’aide, la veille, d’un groupe d’élèves et de leur professeur du lycée professionnel de Vérosvres, tout sera prêt à temps : la Table ronde qui réunira différents groupements ou associations solidaires, les ateliers pour enfants (bricolage, laine feutrée, jeux divers, contes en présence de l’auteur) ou pour adultes (vannerie, tricot, cuisine…), le coin « troc de plantes et de légumes » et la Gratiferia où chacun « apporte ce qu’il peut, emporte ce qu’il veut ». Mais oui ! Parmi tous les objets, les livres et les vêtements collectés les jours précédents, on peut choisir et emporter tout ce que l’on veut, même si l’on n’a rien pu apporter. Beaucoup de nouveaux venus hésitent : la gratuité, aujourd’hui, déconcerte… On découvre le principe de la Gratiferia avec une certaine surprise, puis un réel plaisir à fouiller parmi tout ce qui est présenté. Aujourd’hui, tout est gratuit, même les crêpes au son du piano mécanique, l’après-midi. Cette année, la « librairie » a du succès. Livres et albums partent vite. Et le repas partagé, qui succède à l’apéro en musique, est bien sympathique avec tous les plats salés ou sucrés apportés par les uns et les autres. Il y aura, dans l’après-midi, en même temps que les ateliers, d’autres groupes de musiciens et un bal folk improvisé. Et la soirée se terminera, dans une ambiance très chaleureuse, par la dégustation des « soupes d’ailleurs pour gens d’ici » de l’atelier cuisine. Mais qui est à l’origine de cette fête ? C’est l’association « Villages solidaires en Haute-Grosne » qui a pour but de développer des solidarités plus actives sur notre territoire. Celle-ci s’est donné pour mission d’initier, de développer et de soutenir la solidarité, la coopération et les échanges entre tous. Qui ne se sentirait pas concerné ? « Tout seul, on va plus vite, mais… ensemble, on va plus loin. »

Pour plus d’information

Tél. 06 77 30 29 81
villagesolidaires@sfr.fr

Des gens indispensables

Amitié-Loisirs est une association loi 1901, créée en 1982. Selon ses statuts, « elle a pour objet de développer l’animation à l’hôpital Corsin, de créer des liens d’amitié entre les hospitalisés et entre ses membres, par l’organisation de diverses activités… ». Un tract plus récent précise: « une équipe d’amis unis et animés par un esprit de service pour visiter, réconforter les résidents et patients. Aider, écouter, distraire sont leurs seuls objectifs ».

Ce groupe est bien connu sur Tramayes et les alentours, notamment grâce à la presse qui se fait souvent l’écho de ses actions. Ses membres, une vingtaine, interviennent chaque jeudi soit pour des visites individuelles, soit pour des animations ou à l’occasion des anniversaires. Ils agissent en étroite collaboration avec le personnel, en particulier les animatrices.

Le plaisir de faire plaisir

Quand on les interroge sur leurs motivations, les membres déclarent: « Ca va de soi! » Ils parlent de rendre service tout en insistant sur leur satisfaction de faire plaisir : « On voit tellement qu’ils sont contents de nous voir ! » Ces bénévoles valorisent ceux dont ils s’occupent : « Ils sont intéressants, sympas, ils ne se plaignent jamais. »

«?Ils donnent beaucoup de leur temps… Ils n’attendent pas de remerciement. »

Ils sont appréciés

La direction et le personnel ne tarissent pas d’éloges (à la lecture de cet article, la modestie de certains risque d’en prendre un coup!). Ce sont « des gens indispensables. Sans eux, beaucoup de choses ne seraient pas possibles. On peut compter sur eux et avoir confiance. Ils vont dans le même sens que nous… Ils sont agréables, s’entendent bien, sont de bonne humeur et donnent beaucoup de leur temps ! Ils font ça naturellement, discrètement, et n’attendent pas de remerciement. »

On peut qu’en dire du bien

Quant aux résidents interrogés, ils en rajoutent encore : « Heureusement que des gens comme ça existent! Les résidents qui sont allés ailleurs trouvent que c’est mieux ici car il y a une bonne ambiance. Et puis les membres de l’association font bien tout ce qu’ils peuvent. Ils ont du mérite. On peut qu’en dire du bien! »
Certains apprécient plutôt les sorties, d’autres les animations. L’accordéon est plébiscité (à noter qu’un résident joue de cet instrument). Ils insistent sur le fait qu’ils connaissent bien les membres d’Amitié-loisirs, certains même ont connu leurs parents ! Ils apprécient l’ouverture qui leur est offerte : « Sortir, changer de l’ordinaire… On peut causer, à l’hôpital on cause pas beaucoup entre nous. » Quelques personnes participent à titre individuel aux cérémonies religieuses de l’hôpital. Là aussi, c’est l’occasion de rencontres, de partage et d’ouverture sur l’extérieur

Ramez, un Syrien blessé et exilé, à l’image de son peuple

C’est une belle famille, de celle que j’aurais aimé croiser, chez elle, dans d’autres circonstances. C’est la famille de Ramez, 25 ans, qui a été grièvement blessé par un bombardement en 2012. À son arrivée au Liban, ses parents s’adressent à arcenciel qui lui délivre un matelas à eau pour empê- cher la formation des escarres puis un fauteuil roulant et des séances de kiné dans un centre arcenciel.
C’est à cette étape de sa rééducation que nous le rencontrons, lui et les siens. Ils nous racontent cette funeste journée du 8 août 2012. Journée au goût d’enfer au cours de laquelle leur maison s’effondre lors d’un bombardement tuant net un voisin et un de leurs fils. Grièvement blessé, Ramez, doit être amputé, ses proches refusent. Il est alors porté sur les routes de montagne qui séparent le Liban de la Syrie, pour être conduit dans un hôpital au Liban, où il reçoit les premiers soins. Depuis, la famille est installée dans la maison de l’exil. Ramez subit plus de sept opérations et son corps n’est qu’un palimpseste de la violence, comme si la guerre devait s’insérer dans chaque millimètre de sa peau comme un tatouage, indélébile, de l’histoire de son pays.

La famille respire le calme et on viendrait à penser qu’elle dégage de la sérénité.

Pourtant, ils se racontent posément. La famille respire le calme et on viendrait à penser qu’elle dégage de la sérénité. Je m’enhardis à poser une question sur le ressentiment devant tant de souffrances. Ils sont presque étonnés par ma question et répondent à l’unanimité qu’ils n’ont pas de place pour un tel sentiment, mais qu’ils portent tous un incommensurable espoir, espoir de retour chez soi, espoir que Ramez retrouve son autonomie. Réfugiés et démunis, ils n’ont désormais que leur foi pour croire qu’ils pourront lui assurer les soins dont il a encore besoin. C’est l’histoire particulière d’une famille syrienne et pourtant c’est l’histoire que bien d’autres familles pourraient conter parce qu’il est des moments dans l’histoire des hommes où la tragédie n’est plus qu’une face du quotidien.
En 2013, près de 100 000 services ont été rendus par arcenciel aux réfugiés soit dix fois plus qu’en 2012. Les besoins sont énormes et continuent d’augmenter.

Pour participer: www.arcenciel.org rubrique dons ou par chèque: arcencielfrance Les cours 71520 Brandon
NB: le nom de l’association arcenciel s’écrit toujours sans majuscule et sans espaces

Mokamo, un projet qui devient réalité…

Mokamo est une région de brousse dans la République démocratique du Congo. L’hôpital dessert une population de plus de 60 000 habitants. Depuis l’indépendance du Congo, cet hôpital s’est progressivement dégradé, sans que les Congolais aient les possibilités de continuer à l’entretenir : l’eau de la source n’y arrivait plus et les groupes électrogènes qui produisaient l’électricité nécessaire étaient en panne.
L’hôpital fonctionnait donc, tant bien que mal, sans eau courante, sans électricité, sans hygiène, sans confort. Il arrivait parfois que le médecin opérât à la lueur d’une lampe de poche.
Cette population demandait de l’aide pour réhabiliter leur hôpital…
En Europe, des bénévoles ont été émus par la situation précaire de ces habitants et leur manque de moyens à se faire soigner.
L’année dernière, nous vous annoncions qu’une nouvelle conduite d’eau était placée au départ de la source et que deux pompes étaient installées pour envoyer l’eau jusqu’à l’hôpital.
L’électricité était aussi rétablie grâce aux cellules photovoltaïques posées sur le toit des bâtiments et à l’achat de nouveaux groupes électrogènes. Le tout financé par des activités organisées par les bénévoles et par des dons de différentes associations, dont la Lyonnaise des Eaux.
Mais il reste beaucoup à faire pour aider cette population…
Actuellement, le projet des différents bénévoles est de fournir à cet hôpital des appareils médicaux de première nécessité pour faire les radiographies et des échographies.
Ils ont aussi le souci de former le personnel pour l’emploi de ces appareils mais aussi pour l’entretien de tout le matériel fourni, tant médical que technique (groupes électrogènes, cellules photovoltaïques, onduleurs, pompes à eau…etc.)
Avec les partenaires de Mokamo, les bénévoles poursuivent des actions de développement social au travers de deux coopératives : l’une destinée à produire du biocarburant pour alimenter les groupes électrogènes, l’autre s’adressant aux mamans dans six domaines : alphabétisation, gestion d’une bibliothèque, achat d’un moulin à manioc (leur principale nourriture), emploi de fours solaires, atelier de couture et agrobiologie.
Enfin, pour aider les bénévoles à pérenniser leur action, une congrégation de religieuses africaines s’est réinstallée dans les murs d’un couvent proche de l’hôpital. Parmi ces religieuses, il y a un médecin et plusieurs infirmières. Maintenant, elles sont en mesure de gérer l’hôpital.

Pour en savoir plus sur ce projet, retrouvez-le sur www.projetmokamo.be et sur Facebook.

Le service des malades reçoit des professionnels de la santé

Il y a une dizaine d’années que notre équipe paroissiale du service des malades existe. Nous sommes une quinzaine de personnes venant de sept villages. Nous visitons surtout des personnes âgées. Certaines vivent chez elles. Elles sont encore autonomes ou déjà assistées. D’autres sont en établissement. Nous les voyons à titre personnel, amical, ou bien dans le cadre d’une association – Croix Rouge, ADMR, animation en maison de retraite -, ou encore avec une référence religieuse.

Ce qui nous constitue comme équipe au service des malades, ce sont nos réunions, environ une fois par trimestre. Le but est d’échanger des informations, de confronter nos vécus et de réfléchir sur notre action. Nous avons besoin de ce soutien mutuel pour nous dynamiser, nous relancer dans une mission parfois facile et agréable, parfois difficile et incertaine.

Des témoignages, des encouragements, de l’humour

Pour ne pas nous limiter à nos propres expériences, nous invitons réguliè- rement des personnes extérieures : médecins, infirmiers libéraux ou hospitaliers, directeurs ou cadres d’établissements, aumôniers. Ces professionnels ont un rôle différent du nôtre et nous le font découvrir. Ils sont intéressés par nos interventions qui sont complémentaires des leurs. Ils nous encouragent et nous rassurent parfois si nous doutons de la valeur de notre action. Certains nous ont expliqué que ces échanges les avaient aidés à mieux comprendre leurs propres interventions en les obligeant à s’expliquer. Ces rencontres, bien que sérieuses, sont toujours sympathiques et certains intervenants nous ont montré qu’on peut parler d’une personne avec beaucoup d’empathie et même avec tendresse, mais aussi avec beaucoup d’humour. Rire ensemble est aussi dynamisant et thérapeutique !

Des exemples concrets

Les sujets abordés ont été très nombreux et il est difficile de choisir. En fait, nous en revenons très souvent à la qualité de la relation. Comment être dans une véritable écoute sans jugement ni prise de pouvoir ? Dans une époque où on valorise la jeunesse, où on aime les vieux qui n’en sont pas… comment aider une personne très diminuée à se vivre comme sujet autonome? Un infirmier nous a donné un exemple concret: la toilette. Pour mettre en confiance et respecter l’intimité, on crée des repères en procédant toujours de la même façon.
Comment ne pas mettre en difficulté un malade Alzheimer? Conseils : éviter de lui poser des questions, ne pas lui demander de faire deux choses à la fois. Que répondre quand une personne interroge « A quoi je sers ? » Difficile de ne rien faire quand on a fait partie de la génération travail! Que dire quand on ne peut plus rien, quand il y a une demande d’euthanasie? Comment accompagner un mourant ?
Nous avons participé aussi à des journées de formation. Mais, heureusement, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre !

Tant d’étrangers sont en situation irrégulière !

Le Réseau d’Education Sans Frontières a été créé en 2004 à l’initiative de parents et d’enseignants qui aident et militent pour la régularisation des familles sans-papiers dont les enfants sont scolarisés et parmi eux, des jeunes majeurs sans papiers. Rencontre avec Iain Simpson Smith, un militant convaincu…

L’aide aux étrangers en situation irrégulière, c’est le quotidien de Iain Simpson Smith, militant à la Ligue des Droits de l’homme et membre de RESF. «?Notre réseau de bénévoles, nous dit Iain, qui compte une trentaine de militants actifs et plusieurs centaines de membres dans tout le département, a été constitué en septembre?2006, avec trente-deux organisations membres- associations,syndicats et partis politiques.Il a été mobilisé dès mars?2007 à Cluny lors de l’arrestation brutale, la mise en centre de rétention et l’expulsion d’une Camerounaise vivant dans le clunisois.?»

Accueillir et accompagner les demandeurs d’asile

L’objectif du RESF, comme celui d’autres associations telles que le Secours catholique, la Cimade, la Ligue des Droits de l’Homme, les amis de CADA et tant d’autres, est d’aider ces étrangers qui souvent se débattent pour venir ou rester en France. «?Notre aide, c’est les accueillir, les accompagner dansles démarches administratives, les aider à établir les dossiers, étudier les recours… mais aussi, informer le public, interpeller les responsables publics et manifester pour que leurs droits fondamentaux soient respectés!?»

Des actions publiques pacifiques

Vous avez vu peut-être les samedis au marché à Cluny ces cercles de silence, une belle façon non-violente de protester contre l’injustice. «?Je pourrais, dit Iain, vous citer tant de cas dramatiques dans le département : l’expulsion éclair de Philomène, étudiante malgache, après son assignation à résidence; Naïma, jeune Algérienne menacée d’expulsion, qui a fait une tentative de suicide; Helena, Angolaise déboutée du droit d’asile, qui s’est retrouvée à la rue avec ses deux enfants.?» Mais il y a aussi, heureusement, des dénouements positifs, comme la régularisation, après un long combat mené par son comité de soutien, d’Adil, jeune Marocain né en France mais ayant passé son enfance au Maroc, et à qui l’administration française n’avait pas accordé de titre de séjour lorsqu’il était venu, à l’âge de 16 ans, rejoindre sa famille installée à Mâcon… ou encore le retour et la régularisation d’Ilyes, jeune lycéen à Montceau, dont l’expulsion vers l’Algérie alors qu’il venait d’avoir 18 ans avait scandalisé ses parents, ses collègues de classe, ses professeurs et le député-maire de Montceau. «?C’estbien au nom de ces valeurs que nous exigeons le respect des droits humains et que nous trouvons insuffisantes, par exemple, les mesures proposées dans la récente circulaire Valls?», s’insurge Iain Simpson Smith.

Volontaire au Maroc dans un centre de migrants

Marilyne Sangouard s’est engagée pour une période de deux ans en volontariat dans un centre de migrants en partenariat avec Caritas. Après bientôt un an passé à Tanger, elle nous livre son témoignage.

Tanger : une ville étape

C’est souvent après un long et douloureux voyage que les migrants d’Afrique Noire arrivent à Tanger comme l’ultime étape avant leur entrée très souvent clandestine en Europe. Face au nombre croissant de migrants venant solliciter le secours de l’Église, la Délégation a ouvert en Novembre 2011, une permanence d’accueil pour ce public. Je suis donc arrivée en pleine construction de ce projet d’attention aux migrants subsahariens.

Un encadrement à inventer

Au fil du temps, des demandes et de notre connaissance de ce milieu, le service s’est professionnalisé. Nous exerçons à ce jour des permanences d’accueil le matin. Amadou, médiateur interculturel sénégalais et moi-même pouvons recevoir vingt personnes par jour. Nous y accueillons des demandes d’urgence (vêtements, nourriture), d’aide financière (logement, soins) mais aussi d’aides de retour au pays, quand les migrants sont fatigués du manque de possibilités qu’offre le Maroc pour eux et devant les difficultés à traverser. Les après-midis aux centres sont ponctués par des visites à domicile et des ateliers de fabrication. Les visites à domicile nous semblent un élément indispensable avant toute aide financière. Elles nous permettent de connaître les réalités de vie des migrants dans les quartiers et de réaliser de la médiation avec leurs propriétaires. Le travail de terrain permet aussi d’éviter les abus de demandes. Le milieu des migrations est un monde de mensonges. Les personnes qui arrivent ici sont prêtes à tout pour pouvoir traverser. Elles voient en l’Europe de réelles opportunités de formation, d’un travail reconnu et payé pour sa juste valeur, d’une vie plus libre et sans conflit. Pour cela, les migrants mentent sur leur identité, leur parcours,…

Une expérience parfois difficile…. mais tellement enrichissante !

Ici, la mission n’est pas facile. La communication avec les Africains, bien que la langue soit commune, est influencée par leur virulent espoir de pouvoir aller « là bas » et par le fait que notre refus – ou notre impossibilité – de les aider, annoncé par une jeune Française, est souvent difficile à entendre sereinement de la part de ces migrants majoritairement de sexe masculin. Travailleur social de formation, j’ai l’impression de devoir tout réapprendre d’autant plus que nous construisons le projet au fil de nos expériences dans ce milieu.
Travailler dans un contexte culturellement aussi varié, en faveur d’un public aux diverses origines et cultures, avec une équipe internationale aux profils très contrastés reste cependant très enrichissant!

Saint-Point : « Trop cool ! »

Les autres villages décrits dans cette rubrique ont vanté la beauté de leurs paysages. Mais Saint-Point a cette particularité, ce « plus », d’avoir été chanté par un poète : « Entre deux étroites collines, se creuse un oblique vallon. » Je parlerai très peu de Lamartine et du patrimoine architectural, ce qui a été très bien fait par ailleurs. Mais l’église recèle un livre d’or où des expressions reviennent, évoquant aussi bien l’environnement que le lieu lui-même : « écrin de verdure, paysages harmonieux, calme, douceur, sérénité, petit coin de paradis. » Une main d’enfant a même écrit : « Trop cool ! »

Une zone de montagne

Quelles sont les particularités du relief ? Si les touristes les apprécient, les agriculteurs en parlent d’une manière moins élogieuse, en évoquant les pentes abruptes (altitudes situées entre 296 et 746 mètres). Saint-Point est classé zone de montagne. Il existe une douzaine d’exploitations. Plusieurs agriculteurs travaillent à mi-temps à l’extérieur. Les Sanpognards sont à l’origine de la première Cuma (Coopérative d’utilisation du matériel agricole) de la région, créée en 1957. Elle évitait que chacun s’équipe individuellement.
Autre forme de solidarité dans ce secteur : le service d’entraide. Quand un agriculteur était malade ou accidenté, les autres s’organisaient pour le remplacer bénévolement. Cette disponibilité est difficile à l’heure actuelle.

C’est plus la même vie !

Les anciens expriment d’autres regrets en parlant d’un temps où le bourg était actif, gai, convivial. « On entendait rire, on s’interpellait d’un jardin à l’autre ! » Le centre du village est maintenant trop calme, surtout en hiver : beaucoup de résidences secondaires sont vides une partie de l’année. Par contre, les hameaux sont très vivants : beaucoup de jeunes couples et d’enfants. Une douzaine de maisons ont été construites dernièrement. Certains nouveaux habitants ont choisi de s’installer là après un séjour en gîte (ici, un gîte d’étape et un gîte rural). « C’est plus comme avant, on connaît plus les gens ! » Mais il existe un souci d’intégration des nouveaux venus, en particulier de la part de l’amicale qui les invite gratuitement au méchoui. Monsieur Mignot, maire de la commune, explique que la population augmente chaque année : 355 habitants, et même 410 si on procède à un double comptage incluant les résidences secondaires. Beaucoup travaillent à l’extérieur: pas de gros employeurs sur place. La municipalité a le souhait de retrouver des terrains constructibles pour des jeunes voulant rester au pays. On ne trouve actuellement rien à louer. Autre projet : la réorganisation du bâtiment communal, en pensant particulièrement aux vingt-deux enfants de l’école maternelle.

Un village qui a des atouts

L’artisanat est bien présent : plusieurs entreprises dans le secteur de la menuiserie, charpente, couverture, zinguerie, scierie. Un tapissier décorateur. Un maçon.
Un cabinet de sophrologie vient de s’installer. Quant au domaine artistique, il est représenté par un tourneur et sculpteur sur bois reconnu hors de nos frontières.
Le tourisme est particulièrement important, lié bien sûr à l’église, au château, au camping et au lac. Ce dernier est un lieu d’animation en été, et un lieu de promenade toute l’année. « Quand on veut se promener, on va faire un tour au lac ! » Le bar-restaurant est à nouveau ouvert et la guinguette propose son programme d’été.
Autres lieux de rencontre : l’épicerie-café et aussi l’emplacement de jeux où se côtoient mères, grand-mères du village et du camping : occasions d’échanges avec des familles étrangères.

Des associations actives

Un méchoui à préparer, c’est du boulot !
Un méchoui à préparer, c’est du boulot !

L’Amicale est très ancienne. Elle n’oublie pas son passé, (les anciens élèves) et continue à aider financièrement l’école. En plus du méchoui, elle organise la fête patronale. Les Amis du lac chapeautent la section pêche : trois concours par an. La Société de chasse compte plus d’une vingtaine d’adhé- rents. Les Compagnons du chêne de Jocelyn font du théâtre depuis 1990. Ils ont commencé avec des scènes historiques et des histoires locales (scénarios écrits par eux-mêmes). Ils ont évolué vers le théâtre de boulevard. Beaucoup de travail et d’énergie de la part de tous, jeunes et vieux, de tous milieux sociaux. Et comment ne pas évoquer certains artistes inoubliables ?… Les compagnons prétendent que le ciel est toujours avec eux : parfois menaçant, jamais déchaîné !
Nouveau à Saint-Point, le Petit piment propose un espace de rencontre et d’échange avec le public. Le Comité local de Lacim (Les amis d’un coin de l’Inde et du monde) regroupe vingt-huit adhérents, dont certains habitants des villages voisins. Cette association aide les pays du Sud à réaliser des projets de développement. Saint-Point est jumelé avec un village du Mali. Les dons des adhérents servant intégralement aux projets, les frais de fonctionnement sont couverts par des activités bénévoles : repas, brocante.

1995 quelques compagnons acteurs. Que de souvenirs !
1995 quelques compagnons acteurs. Que de souvenirs !

Alors, Saint-Point, un petit coin de paradis ? On m’a dit: « Je ne comprends pas que tout le monde ne veuille pas habiter ici ! » « En arrivant ici, j’ai été surpris de trouver des gens si agréables, gentils, adorables !… » Si on m’a fait remarquer qu’au-delà de l’image idyllique d’une campagne préservée, la précarité peut aussi exister chez nous, on m’a aussi beaucoup parlé d’ouverture, d’échanges, de convivialité, d’entraide, de solidarité.

Enfin… l’eau coule au robinet de l’hôpital de Mokamo

Il y a bientôt deux ans, un repas était organisé à Tramayes, dans le but de récolter des fonds, pour soutenir un grand projet humanitaire en République Démocratique du Congo. Ce projet consistait à aider une population de 60 000 habitants, vivant dans la brousse, à réhabiliter leur hôpital presque à l’abandon depuis 1972.

Le but de la quête de Tramayes était d’amener l’eau et l’électricité à l’hôpital de Mokamo. Imaginez, une salle d’opération sans électricité. L’eau, les femmes et les enfants allaient la chercher à la source, située à 900 mètres et la transportaient dans des bidons sur leur tête. Des bénévoles sont allés sur place pour rencontrer les gens et analyser les besoins. Ils se sont occupés de l’acheminement du matériel nécessaire et ont aidé au montage de celui-ci. Ils ont récolté les fonds nécessaires en Europe, en organisant des repas, des marches, des spectacles… en faisant appel à des organisations
Enfin, en 2011, l’électricité a été rétablie à l’hôpital grâce à des cellules photovoltaïques et à deux groupes électrogènes qui assurent les demandes plus importantes  (stérilisation des instruments, échographie…). Et, depuis mars 2012, l’eau coule au robinet de l’hôpital de Mokamo. Vous pouvez imaginer la joie de nos amis de Mokamo qui, pour la plupart, voyaient, pour la première fois de leur vie, de l’eau sortir d’un robinet…

Nous élargissons notre champ d’actions

Mais le travail des bénévoles n’est pas terminé. Très vite, ils ont compris que toute la population de cette région avait besoin de soutien. A présent, notre groupe s’oriente vers plusieurs projets. Des objectifs de formations médicales : des membres de notre groupe, médecins et infirmières travaillent avec leurs homologues congolais, pour les soutenir et les former. Des objectifs de développement communautaire : à la demande des mamans de Mokamo, un foyer social a été créé : alphabétisation, bibliothèque, horticulture, couture… Des objectifs de formations techniques : les missions techniques seront clairement orientées vers la formation des responsables et du personnel, l’utilisation adéquate des outils, l’entretien du matériel et la prévention des pannes.
Ce beau projet aboutit grâce à des bénévoles qui donnent de leur temps, grâce à toutes les personnes qui ont été sensibilisées par la situation précaire de cette population.
La population de Tramayes et des environs a quelque peu participé à la réalisation de l’adduction d’eau puisque l’argent récolté par le repas a servi à acheter une des pompes placée à la source. Les hommes, les femmes et les enfants de Mokamo sont très sensibles à toute cette fraternité et remercient chaleureusement tous ceux qui ont participé à ce projet.

Retrouvez notre projet sur www.projetmokamo.be

Edwin et Paco nous écrivent depuis les Hauts Plateaux Andins, au Pérou

Edwin à Sicuani 26 mars 2012,

J’ai attendu pas mal de temps avant de vous partager ce qui m’arrive. Pardon de ne pas vous avoir écrit plus tôt. Depuis octobre, je suis sans travail. Ceci a occasionné de l’instabilité familiale. J’ai attendu que s’accomplisse la promesse d’un nouvel emploi au diocèse mais rien depuis 5 mois !
Notre Noël familial fut très triste. Et nous n’avons pas fêté les 15 ans de Mishell en janvier.
Pendant plusieurs semaines, nous avons eu quelques soucis de santé […] le bon, le positif, c’est que je ressens l’union familiale et la profondeur de nos prières. Cette situation nous a maintenus tous très unis. […] C’est clair que la perte de mon emploi n’était pas prévue !
Mishell a réussi sa quatrième année de secondaire ; ce qui nous réjouit c’est qu’après une année d’adaptation diffi cile, elle a progressé chaque année dans ses résultats. Lulu va très bien, elle s’adapte bien et passe en troisième primaire. Norma est toujours au collège à dix minutes de Sicuani et aide à la pastorale paroissiale.

Edwin Colque

Paco à Pitumarca le 28 février 2012,

Je suis toujours en train de crapahuter dans ces montagnes andines, visitant les communautés rurales et essayant de desservir le mieux possible ces deux grandes paroisses : Pitumarca et Checacupe. Tout se passe bien. Mais malheureusement, nous avons toujours le même évêque qui aurait dû partir il y a 3 ans et que Rome maintient en poste. C’est un véritable désastre : il n’est jamais là, toujours en train de se promener… La pastorale est le dernier de ses soucis et il ne cherche pas à pourvoir ses paroisses.
J’espérais avant mon départ voir arriver un nouvel évêque… mais rien à l’horizon. Heureusement, il y a encore une bonne équipe de prêtres qui maintiennent le cap.
Mon retour en France est prévu pour le 20 avril.
La situation est toujours dominée par les conflits entre les entreprises minières et les communautés rurales. Le gouvernement veut l’or et l’argent, les ruraux veulent l’eau. C’est un peu le pot de fer contre le pot de terre. C’est vrai que les mines sont un apport financier considérable pour le Pérou mais l’argent est bien mal réparti.
Je continue de travailler mon livre qui a besoin d’être étoffé pour la France car un lecteur Français aura besoin de quelques explications supplémentaires. J’espère qu’il sortira en France en 2012.
Ces derniers temps j’ai quelques petits problèmes de santé qui j’espère ne prendront pas trop d’importance. C’est vrai qu’à 77 ans l’altitude commence à bien se faire ressentir.
Peut-être aurons-nous l’occasion de nous revoir à mon retour.

François Dalteroche (dit Paco)

Jusqu’à la mort, accompagner la vie

Nous savons que nous sommes mortels. C’est une certitude absolue. La limite à notre vœu d’infinitude. Souvent, nous préférons l’oublier. Mais les soignants, comme les familles, sont obligatoirement confrontés à la fin de la vie. Pour les aider, et pour accompagner les malades, se sont mis en place, depuis une vingtaine d’années, ce qu’on appelle les soins palliatifs.

Les soins palliatifs sont pratiqués par des équipes médicales pluridisciplinaires, aidées par des bénévoles. Elles interviennent à l’hôpital, ou bien elles se déplacent à domicile. En Bourgogne, il existe 115 lits de soins palliatifs, répartis dans 47 établissements et 12 équipes mobiles. Leur rôle ? « Ce qu’il reste à faire quand il n’y a plus rien à faire. » En fait, il s’agit bien d’une continuité dans des soins actifs, mais qui n’ont pas, la plupart du temps, pour but de guérir. La loi Léonetti (2005) donne beaucoup d’importance à la volonté du malade. Elle permet de refuser l’acharnement thérapeutique, d’interrompre des traitements jugés inutiles, ou ayant pour seul but de prolonger artificiellement la vie.

Etre vivant jusqu’au bout

Il s’agit essentiellement de soulager, par tous les moyens, la souffrance physique et psychologique. De plus, ce temps qui reste, qui est un temps de vraie vie, il est très précieux. Il peut être vécu intensément, permettre de faire le point, de continuer encore dans le sens d’une évolution personnelle. Parole d’un malade en phase terminale : « J’apprends ce qu’est la vie, de jour en jour. » Cela n’est pas possible si la personne est très souffrante ou se sent abandonnée. Elle doit être entendue et comprise quand elle dit désirer mourir. Mais l’expérience prouve que les demandes d’euthanasie correspondent souvent à un appel à l’aide et sont fortement réduites après que tout a été mis en œuvre pour que le malade trouve encore l’envie de vivre, de désirer, d’imaginer et d’attendre le lendemain.

Mourir dans la dignité

Mourir dans la dignité suppose que l’entourage reconnaisse jusqu’au bout cette dignité, au-delà de l’apparence physique ou de la déchéance psychologique. Pour cela, l’attitude et le regard de l’accompagnant sont essentiels : une qualité de présence discrète, d’accueil, d’écoute, d’ouverture gratuite sans jugement, dans le respect des croyances ou des incroyances de chacun. Marie de Hennezel, engagée dans l’accompagnement des mourants, dit que cette pratique l’a changée ellemême positivement: une invitation à approfondir les relations, à changer la hiérarchie des valeurs, à apprécier le bonheur de vivre le moment présent, dans la pleine conscience