Homélie du Dimanche 24 Mai

par René AUCOURT

Habituellement, lorsque l’on pense prière, on pense demande faite par l’homme à Dieu, au Christ. C’est s’adresser à Dieu pour lui demander quelque chose. Dans cet Evangile, avec Jésus, tout est renversé, chamboulé… on n’est plus du tout dans la même logique. Jésus dit : « Moi, je prie pour eux… » Voici donc que c’est Jésus lui-même qui prie pour l’homme. C’est lui qui demande quelque chose pour l’homme. Changement radical qui nous oblige à changer.

Prier, c’est donc entrer dans la prière même de Jésus qui prie pour nous. C’est lui qui a l’initiative, c’est lui qui prend soin de nous. Il a fait et il fait tant de choses. Il a accompli l’œuvre du Père, dit-il. Il s’est manifesté, il a donné sa Parole. Il est l’Envoyé du Père. C’est lui qui a donné sa vie pour l’homme. Il est, dit-il, sorti du Père. Il s’est fait proche de tout homme, tellement proche qu’il a pris chacun d’entre nous dans sa prière. Et cette prière peut se définir par les mots de relation, d’intimité. C’est ce que Jésus nous révèle aujourd’hui : « Ceux que tu m’as donné, ils sont à toi et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi. » Il y a donc désormais un lien, indéfectible entre le Père et le Fils et tous ceux qui sont dans le monde. Plus encore, Jésus affirme : « je suis glorifié en eux. » Sa gloire, c’est-à-dire son être profond, le poids de ce qui fait sa vie, n’est pas en l’air, en suspension, ou bien enfermé en lui-même. Il ne faut pas se tromper de gloire. Ce n’est pas la gloriole, ni la réputation, ni la mise en lumière. Sa gloire est faite pour se donner, se partager. Elle rayonne. Elle repose même dans l’homme. Jésus se reconnait dans l’homme. Il reconnait son être profond, sa vie, sa gloire dans l’homme. Comment ne pas en être étonné, comment ne pas entrer dans une immense action de grâce, un immense merci. Nous n’en sommes vraiment pas dignes mais Jésus le Christ prie pour nous et il nous fait partager sa vie, sa gloire. Alors, notre vie toute entière en est transformée et notre regard sur l’homme en est changé.

Ici, dans cet évangile, le mot Esprit Saint n’est pas employé, mais on le devine derrière toutes ces expressions. Cette relation, ce dépôt de la gloire dans l’homme, cette prière … c’est bien le signe de l’Esprit Saint qui est déposé en nous, qui se développe en nous. Dans ces jours, à l’approche de la Pentecôte, où nous nous préparons à recevoir l’Esprit d’une façon renouvelée, nous pouvons entrer dans la prière de Jésus et dire avec lui :

Viens Esprit Saint… Viens en nous, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs, consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur…Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tes fidèles…

Homélie de l’Ascension – jeudi 21 mai

Par René AUCOURT

La fête de l’Ascension marque une étape importante. C’est la fin, la conclusion de l’évangile de Matthieu, c’est donc aussi un temps nouveau qui commence dans un espace nouveau. Matthieu précise que cela se passe en Galilée c’est-à-dire à un carrefour, au cœur d’un brassage de toute l’humanité. C’est sur une montagne. Lorsque Dieu a quelque chose d’essentiel à transmettre, cela se passe habituellement en haut d’une montagne. C’est là que Jésus disparait de nos yeux et s’élève dans les cieux. Il y a donc une rupture, un changement radical. C’est le temps de la foi qui commence.

C’est ce que vivent les disciples : à la fois ils se prosternent et ils ont des doutes. N’est-ce pas aussi notre expérience ? Notre foi est si souvent aussi traversée par des remises en cause, des doutes. Nous sommes vraiment dans le temps de la foi. Après cette précision, nous voyons Jésus qui immédiatement s’approche, se fait proche. Le temps de la foi c’est en même temps le temps de l’absence … Jésus a disparu de nos yeux. Et c’est aussi le temps de la présence : Jésus est proche et en plus il promet qu’il le sera, toujours, jusqu’à la fin des temps.

Ce temps de la foi va avec l’envoi. Avec l’Ascension commence le temps de la mission. Allez, baptisez, apprenez… Une mission qui ne consiste pas à apprendre des formules, des choses, même très belles sur Dieu. Non, mais c’est une mission qui consiste à proposer et à faire entrer dans une relation, qui est celle du Père, Fils et Esprit. C’est bien le sens du baptême. Entrer dans une relation, comme cela nous était rappelé dimanche dernier qui est une relation d’amour et qui rejaillit sur toute la vie de l’homme. C’est cela apprendre à observer ce que Jésus a commandé. Le commandement ne peut être que le commandement de l’amour. La communauté de tous ceux qui entrent dans cette relation s’appelle l’Eglise. Avec l’Ascension commence le temps de l’Eglise.

Temps de la foi, temps de l’absence- présence, temps de la mission, temps de l’Eglise…

Il ne faut donc pas  rester là à regarder le ciel. Jésus nous a montré le chemin, il passe le premier. Il fait confiance à l’homme. Il ne s’évade pas. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. C’est le temps de la liberté et de la responsabilité.

Christ est parti sans nous quitter


Christ est parti
Sans nous quitter :
Le Fils de Dieu est glorifié.
Son absence partout
Nous accompagne.

Il est parti
Dans la nuée :
Qu’attendez-vous les yeux levés ?
Il est proche de nous
Quand il s’éloigne.

Il est parti
Pour instaurer
En nous l’étroite intimité.

Fixer le rendez-vous
Au ciel de l’âme.

Il est parti
Pour demeurer
Dans le grand corps d’humanité.
Son royaume est pour nous
En héritage.


Il est parti,
Il est monté.
L’Esprit descend nous habiter.
Et le silence en nous
Dit son passage.

CFC (f. Gilles) 2001

A la paroisse des Saints – Apôtres en Haut Clunisois

Message de soutien 13 mai 2020

Bonjour à tous,

Nous avons commencé de vivre progressivement un temps nouveau de déconfinement… nous sommes surement, comme tous les français, partagés entre la joie de pouvoir reprendre une vie sociale et la crainte que ce virus puisse continuer de circuler. C’est dans cet « entre-deux » que l’Evangile de ce jour annonce de la part de Jésus : « je vous donne ma paix » Accueillons-la.

L’EAP-Equipe d’animation- s’est réunie lundi 11 mai et voici quelques points que nous aimerions vous partager :

° Beaucoup de familles ont été touchées par la perte de l’un des leurs. Comme cela a été annoncé, lorsque les messes reprendront, nous pourrons alors prier pour ceux qui nous ont quittés. Ce sera, comme les familles le souhaiteront, soit faire une célébration particulière dans une église, soit participer à une messe du dimanche où nous prierons en particulier pour le défunt.

° Comme nous le demande notre évêque dans sa lettre du 1er mai dernier, il est donc possible maintenant de recevoir le sacrement du pardon… pour cela il suffit de contacter la paroisse ou un prêtre que vous connaissez et un rendez-vous pourra s’organiser.

° Dans cette même lettre, Mgr Benoit Rivière écrit : « Durant cette période, je propose aussi, à titre exceptionnel, que chaque dimanche un père ou une mère de famille puisse, avec la bénédiction du prêtre recevoir l’eucharistie à l’église dans une custode et la porter à la maison afin d’y célébrer une liturgie familiale comportant la communion eucharistique. » Concrètement, il sera possible de recevoir la communion à l’église Notre Dame de Cluny de 9h30 à 10h15, ensuite de l’emporter à la maison, de suivre la messe à la télévision sur France 2 puis de communier. Cela se fera le dimanche 17 mai. Nous rappelons qu’il est toujours possible, comme nous le faisons depuis plusieurs dimanches, de vivre le « jeûne eucharistique », la communion de désir.

° N’oubliez pas d’aller visiter les sites de nos paroisses ainsi que le site diocésain http://autun.catholique.fr/  qui donne régulièrement des nouvelles, des réflexions, des messages comme en ce moment sur le pèlerinage à Lourdes. Le samedi 19 mai, à 9h, notre évêque s’adressera à nous à l’occasion de la messe Chrismale : « J’écouterai avec vous et méditerai un passage de l’Ecriture sainte. Nous réfléchirons, à la lumière de la foi, de quelle manière nous sommes poussés à vivre davantage notre vocation chrétienne actuellement. A 10h, je célébrerai dans la cathédrale cette messe chrismale qui sera retransmise intégralement en direct sur le site internet du diocèse. Les prêtres avec l’ensemble du peuple de Dieu pourront s’unir depuis chez eux à cette célébration. »

 ° Le Bulletin paroissial de Pâques sera distribué dans les jours qui viennent. Merci aux diffuseurs de rendre ce service et les œufs de Pâques seront proposés dès qu’une messe pourra être célébrée publiquement… mais il est possible d’en avoir dès maintenant auprès de Jean Deborde.

° Ce mercredi 13 mai est la fête de Notre Dame de Fatima. Nous pouvons prier Marie comme le Pape François nous y invite : « Contempler ensemble le visage du Christ avec le cœur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve. »

° Ce jeudi 14 mai, le Haut Comité pour la fraternité humaine propose à tous les croyants de différentes traditions religieuses de prier pour l’humanité. Le pape François a apporté son soutien à cette initiative. Il a ainsi souhaité que «les croyants de toutes les religions s’unissent spirituellement en une journée de prière, de jeûne et d’œuvres de miséricorde, pour implorer Dieu d’aider l’humanité à vaincre la pandémie».

Bonne continuation dans la paix promise.                                                       

René Aucourt

Homélie du 10 Mai

Par René AUCOURT

A l’approche du déconfinement, voici que Jésus aujourd’hui nous invite à un voyage, à un chemin. Ce chemin, c’est lui qui l’a pris. Il est venu du Père, il s’est fait l’un d’entre nous. Il va connaître le rejet, la souffrance et la mort et la résurrection. Il va remonter vers le Père mais son chemin ne s’arrête pas là. Il promet : « je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » Autrement dit, nous faisons partie du voyage. Nous sommes invités à participer au même itinéraire que lui a suivi. Nous avons donc une place, une demeure auprès du Père. Il ne s’agit pas d’un chemin sans issue, il ne s’agit pas de perdre nos pas ou d’errer sans but. Jésus devient lui-même le chemin. C’est lui qui marche avec nous, c’est lui qui nous guide, c’est lui qui nous emmène vers la demeure du Père.

Jésus appelle aussi à la foi… « Tu ne crois donc pas… » dit-il à Philippe. La foi-confiance en ce Jésus qui invite à « croire en lui ». Jésus devient alors la vérité, la référence. Non pas une vérité comme des formules ou des réflexions qu’il faut absolument croire, comme une idéologie. Il ne s’agit pas d’idées, de choses à croire. Il s’agit de sa propre personne. Jésus lui-même est la vérité. Toute sa vie est vérité. Il faut donc voir, contempler sa vie.

Alors promet Jésus, c’est la vie toute entière qui en est transformée. Les œuvres deviennent des signes. Elles sont sources de vie puisqu’elles viennent de Dieu le Père et Jésus promet encore plus : « Celui qui croit en lui va faire des œuvres plus grandes encore. » Il va lui-même participer à la vie du Christ, cette vie qu’il promet en abondance.

Ainsi Jésus affirme qu’il est lui-même à la fois chemin, vérité et vie. Il faut bien tenir les trois ensembles. Si on les sépare, on s’installe dans le déséquilibre… chemin, mais pour aller où ? vérité, mais pas comme un bloc idéologique ; vie mais pas comme une vie au fil de l’eau, sans consistance. Jésus est lui-même un chemin qui appelle à la confiance en sa personne que nous reconnaissons comme la vérité et qui appelle à vivre, à mettre en œuvre de cette vie en abondance qu’il promet.

Lui Chemin, Vérité et Vie ajoute également que cette connaissance du Père et du Fils, elle se vit « dès maintenant ». Il ne s’agit pas d’une promesse pour un jour peut-être. Mais dès maintenant, il est possible d’entrer dans cette connaissance intime, cette relation qui vient changer la vie, qui vient répondre à nos questions… non pas comme avec des idées faciles mais par une présence… Jésus ne répond pas par des formules de spécialistes, il dit simplement : je suis… sa personne est la réponse.

C’est le Christ en personne qui vient nous éclairer par sa vérité sur notre chemin de vie.

Homélie du 26 Avril

par René AUCOURT

Ce passage d’Evangile est si beau. Il nous parle au coeur, il nous rejoint. Le texte nous parle de deux compagnons. Un nom nous est connu Cléophas, mais pas l’autre… chacun peut donc devenir ce compagnon de route. L’autre porte notre nom…

Le texte prend une couleur eucharistique. Nous y retrouvons tout le plan de la célébration que nous connaissons bien. La célébration qui est aussi toute notre vie…

Jésus d’abord rejoint les disciples sur leur chemin. Il s’approche, il marche avec eux, il parle avec eux de tout ce qui s’est passé ces derniers temps. Ainsi Jésus se fait proche et vient partager nos préoccupations et nos joies. Souvent nous ne le reconnaissons pas, mais il est bien là. Il accompagne, il écoute, il permet à chacun de bien s’exprimer, de partager ce qui est au plus profond. Et ce temps est long et précieux…

Cela rejoint notre expérience en ce temps de confinement, nous passons beaucoup de temps au téléphone. C’est si précieux d’échanger autour de tout ce qui se passe, de nos inquiétudes, de nos joies, de nos attentes. Ne l’oublions jamais, Jésus est là et il marche avec nous, il prend part à nos conversations…

Puis c’est le temps de la Parole partagée. Jésus lit avec eux les Ecritures… On aurait bien aimé écouter son homélie…Il part de Moïse et de tous les prophètes et il interprète ce qui le concerne. La Parole est partagée, elle est vivante. Elle vient nous éclairer sur la personne même du Christ et en conséquence elle vient éclairer notre propre vie.

Cela rejoint aussi notre expérience aujourd’hui. Beaucoup ont découvert ou redécouvert cette place essentielle de la Parole de Dieu. Ils le vivent, seuls ou en famille ou bien en groupe dans un partage téléphonique… Le Christ ressuscité est vraiment présent dans sa Parole et il est au milieu de nous. Cette Parole est vivante et elle se réalise dans notre aujourd’hui. Jésus entre et reste avec nous chaque fois que nous recevons cette Parole. Et notre cœur en est tout brûlant

Puis c’est le temps de l’eucharistie elle-même. Il prend le pain, il le bénit, il le rompt, il le donne. Alors les yeux s’ouvrent et il disparait. C’est un autre regard, une autre vision qui se met en place. Dans ce partage du pain, Jésus est présent d’une façon toute particulière.

Cela rejoint notre expérience mais en ce moment… en creux et en manque. Beaucoup aimeraient tant pouvoir recevoir la communion. Nous vivons, comme l’a rappelé régulièrement le Pape François, la communion spirituelle. Mais nous attendons, avec de plus en plus d’impatience, de vivre pleinement ce partage du pain. Ce manque fait grandit en nous le désir de l’Eucharistie.

Puis, enfin, c’est le retour. Les compagnons se lèvent et retournent à Jérusalem. Ils sont transformés, ils ne sont plus les mêmes. Ils peuvent annoncer, raconter, témoigner… le Seigneur est ressuscité et il est avec nous. Sa présence est bien réelle. Ils ne sont plus seulement deux sur la route. Ils retrouvent les Onze, les compagnons. Autrement dit, ils retrouvent la communauté, l’Eglise et plus largement toute l’humanité.

Cela rejoint aussi notre expérience. Même si les liens sont très particuliers en ce moment, ils existent réellement. Lorsque nous prions, nous lisons l’Ecriture, nous ne sommes jamais seuls. Nous sommes toujours en lien les uns avec les autres. Nous pouvons nous aider, nous porter. C’est ensemble que nous recevons la présence du Ressuscité et que nous en témoignons pour notre monde.

On pourrait presque résumer ce texte d’Emmaüs autour du mot « présence »… Oui, Jésus est présent dans notre humanité… il marche avec nous, il nous écoute… Oui, Jésus est présent dans sa Parole… il nous parle et vient éclairer notre vie… Oui, Jésus est présent dans son Eucharistie, mais elle ne peut qu’être spirituelle pour le moment… elle nous manque… Oui, Jésus est présent dans son Eglise qui est corps du Christ, lieu du Ressuscité… Vivons et marchons avec la présence du Ressuscité. Il est vivant… tout le texte est construit autour de cette expression.

Message de soutien

En ce début d’une nouvelle semaine de confinement, je voudrais au nom de toute l’équipe pastorale de nos paroisses vous redire notre soutien et notre prière. Nous vivons le temps pascal qui est un temps de joie. La vie est plus forte que la mort ;  le Christ qui était mort est ressuscité. Hier, Jésus nous le disait : nous sommes heureux de croire : Heureux ceux qui croient. Mais cette foi va toujours avec une distance, un manque… Jésus rajoute : ceux qui croient… sans avoir vu. Il y a aussi dans la foi une certaine absence. C’est vraiment le temps de la confiance. Nous vivons tous cette distance, ce manque particulièrement ces jours-ci. Et si ce temps devenait le lieu même de la foi-confiance, renouvelée… un peu comme une nouvelle naissance pour vraiment « naître d’en haut » et vivre notre baptême : « Dans le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, vivez dès maintenant en enfants du Royaume. »

° Après les diverses annonces, nous sommes dans l’impatience de vivre la fin de ce temps d’épreuve, et nous imaginons « l’après 11 mai ». Dans ce sens-là, beaucoup nous demandent des précisions, des dates… quand pourrons-nous à nouveau participer à une messe et communier ?…est-ce que la première communion ou la profession de foi sont maintenues, les mariages seront célébrés à partir de quelle date et les baptêmes etc… ? Malheureusement, à ce jour 20 avril, nous ne pouvons rien dire, nous n’avons aucune réponse à toutes ces questions, parfaitement légitimes. Evidemment, dès que nous en saurons plus, nous le dirons et le communiquerons largement. Avant d’annuler ou de reporter, nous avons préféré attendre d’en savoir plus. Toutes les hypothèses sont actuellement envisagées et exprimées mais aucune n’a été retenue… Il nous faut donc vivre une grande vertu qui est celle de la patience.

° Dans cette patience, il nous faut raviver notre prière… en famille, à la maison… c’est vrai, toujours dans le manque des relations et des sacrements-don de Dieu. Je rappelle que les prêtres célèbrent en privé, et que chacun et chacune est bien présent.

° Dans cette patience, il nous faut raviver et maintenir les liens que nous pouvons vivre les uns avec les autres

° Dans cette patience, il nous faut raviver nos initiatives pour être proche et vivre la solidarité

Les sites internet de nos paroisses seront toujours alimentés et voudraient être une aide parmi d’autres pour vivre et raviver notre vie de foi.

René Aucourt

Le Père Charles de Foucauld, dans sa célèbre prière, témoigne de cette foi-confiance :Mon Père, Je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,
Pourvu que ta volonté Se fasse en moi, En toutes tes créatures,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur, Parce que je t’aime,
Et que ce m’est un besoin d’amour De me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance
Car tu es mon Père

Homélie du Dimanche 19 Avril

par René AUCOURT

Les disciples sont confinés… les portes sont verrouillées. Ils sont dans la crainte… Cette situation ne vous rappelle rien ?

Mais la phrase continue : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Jésus vient, il fait irruption et il est présent, simplement. Il vient partager la vie, la situation que nous vivons. Il est là, simplement, dans nos maisons, au cœur de nos familles ou dans notre solitude. Et sa présence va toujours avec des mots de paix et un envoi, une mission. Lorsque Jésus fait irruption, il ne vient pas tout casser, il vient dire et apporter des signes et des gestes de paix. La paix vient de Dieu lui-même. Jésus, l’Envoyé du Père, vient partager cette paix. Et immédiatement après, il envoie. Il donne son Esprit et il envoie pour témoigner.

Aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, le Ressuscité vient nous assurer de sa paix. Sa présence active est source de paix, de sérénité. Ce n’est pas une paix qui enlève toutes les épreuves. C’est toujours frappant de voir que le Ressuscité se présente toujours avec ses plaies, ses cicatrices. Il leur montre ses mains et son côté. Il donne sa paix et sa joie qui viennent justement de sa mort et de sa Résurrection. Et recevoir cette paix, c’est en conséquence recevoir une mission, être envoyé. La mission de la paix et de la miséricorde pour tous. Nous y sommes particulièrement invités en ce jour appelé dimanche de la Miséricorde.

C’est notre foi profonde, mais elle ne va jamais de soi. Elle n’est jamais obligatoire. Thomas en est bien le symbole, le modèle. Nous nous retrouvons bien en lui. Nous aimerions tant avoir des preuves, pouvoir toucher du doigt. Mais Jésus dit que nous sommes heureux de croire sans avoir vu. La véritable démarche de foi c’est justement d’entrer dans la confiance, de vivre de cette présence de Paix que le Ressuscité nous apporte. D’ailleurs le texte lui-même ne précise pas si Thomas a touché ou pas, a avancé sa main ou a mis dans le côté de Jésus. Le texte par contre précise. Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Thomas proclame sa foi. Il a bien reçu les mots de Paix, il a bien reconnu cette Présence, il peut entrer dans la foi. Il sera rempli de l’Esprit, il sera envoyé.

Ce temps que nous vivons nous permet de nous remettre dans notre propre démarche de foi… pour proclamer, en lien avec beaucoup d’autres : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

Rendons grâce au Christ ressuscité : à travers le doute de saint Thomas,
il fortifie notre foi et nous proclamons :

Jésus, notre Seigneur et notre Dieu !

Pour la foi que tu as suscitée en l’apôtre Thomas et qui, par une longue chaîne de témoins, est venue jusqu’à nous,
nous te bénissons, – R/


Pour la foule immense de ceux qui ont cru
sans avoir vu ton visage ni touché ton corps,
nous t’acclamons, – R/

Pour la puissance de ta résurrection
qui travaille ce monde de souffrance
et nous inspire de croire à l’impossible,
nous te louons, – R/

Pour ce que nul œil n’a vu, nul homme imaginé, et que tu as destiné à ceux qui t’aiment; pour la vie présente et celle qui vient, nous t’adorons, – R/



Message de soutien

Le beau message de Pâques continue de résonner. La présence du Ressuscité est notre force et notre assurance : « Et il était là au milieu d’eux. » «  Ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. » Au milieu de nos interrogations, nous croyons et nous expérimentons que le Ressuscité se fait proche et qu’il vient marcher avec nous, partager notre vie.

Il nous faut continuer de vivre le confinement pour un temps qui nous parait bien long. Après la découverte, l’étonnement, il nous faut continuer, persévérer. Ce temps pascal peut en être le symbole et une aide spirituelle.

° Nous continuerons cet effort et ces inventions pour nous tenir en lien les uns avec les autres… les petits signes, les simples appels téléphoniques sont toujours aussi précieux.

° Nous continuerons la prière renouvelée… en famille, à la maison. Les prêtres continuent de célébrer la messe, mais bien sûr toujours en privé, en lien avec chacun et chacune d’entre vous.

° Nous continuerons de penser et de prier d’une façon toute particulière pour ceux qui vivent l’épreuve de la maladie et ceux qui nous ont quittés, comme pour ceux qui éprouvent l’angoisse.

° Nous continuerons de penser, de prier et de remercier tous ceux qui continuent de se mettre au service, tout spécialement le personnel soignant et ceux qui nous permettent d’avoir le nécessaire pour vivre.

° Nous continuerons d’alimenter les sites de nos paroisses avec des messages, des homélies, des textes de réflexion etc…N’oubliez pas non plus d’aller voir le site de notre diocèse…

En un mot, nous continuerons de vivre de ce message de Pâques, de cette présence du Ressuscité. Il est toujours à accueillir. Il nous rejoint sur notre route.

René Aucourt

Tu nous rejoins sur notre route


Tu nous rejoins sur notre route,
Jésus-Christ, le voyageur,
Une route désespérée
Quand nous fuyons loin du calvaire
Où notre Dieu semble se taire.
Tu nous rejoins,
Seigneur ressuscité…
Et notre route mène à Pâque !


Tu viens ouvrir les Ecritures
Jésus-Christ, le Serviteur,
L’Écriture réalisée
Depuis Moïse et l’Alliance
Jusqu’à ta mort dans l’innocence.
Tu viens ouvrir,
Seigneur ressuscité…
Et l’Écriture nous dit Pâque !

Tu viens t’asseoir à notre table,
Jésus-Christ, Maître et Seigneur,
Cette table des baptisés,
Où tu invites à l’aventure
Du Corps livré en nourriture,
Tu viens t’asseoir,
Seigneur ressuscité…
Et notre table ouvre sur Pâque !

Tu viens rejoindre encor le monde,
Jésus-Christ, le bon Pasteur,
Notre monde désemparé
Quand il regarde le calvaire
Sans reconnaître ta lumière.
Tu le rejoins,
Seigneur ressuscité…
Pour que ce monde vive Pâque !

                  Maurice Coste

Homélie de Pâques

Homélie par René Aucourt – 12 avril 2020

Dans cet Evangile de saint Matthieu, il est beaucoup question de « crainte »… le mot revient quatre fois et apporte avec lui l’essentiel du message à recevoir aujourd’hui.

D’abord il y a les gardes : eux ils sont dans la crainte et ils vont y rester, ils vont s’y enfermer, ils vont d’une certaine façon rejoindre ce qu’ils étaient censés faire … voici que les gardiens de la mort vont trembler et devenir comme morts.

Et puis il y a, au contraire, le message de l’ange, le message qui vient de Dieu lui-même : « Soyez sans crainte » puis Jésus lui-même, le Ressuscité, va le répéter aux femmes : « Soyez sans crainte. »

Au milieu du texte, les femmes partent annoncer cette nouvelle, mais elles sont « remplies à la fois de crainte et d’une grande joie. » Elles sont entrées dans le chemin de la foi, mais il y a encore un peu de crainte qui reste.

Ne sommes-nous pas, particulièrement cette année, nous aussi comme ces femmes… à la fois remplis de crainte et de joie. La crainte, la peur s’est d’une certaine façon installée dans notre environnement. Il est inutile de détailler… elle est devenue notre ordinaire, notre quotidien. C’est dans ce contexte-là qu’aujourd’hui, comme Marie-Madeleine et l’autre Marie que nous recevons une nouvelle étonnante. Dieu s’est assis sur la pierre tombale, il a même piétiné la mort en Jésus. Le tombeau est vide.  Et il est présent, mais ailleurs, autrement. Il est passé devant, il précède et il invite à aller de l’avant, à aller en Galilée pour le voir. La Galilée c’est le carrefour, le brassage, la vie quoi… C’est là que Jésus est présent et c’est toujours là que Jésus invite à aller… « ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront… »

C’est donc au cœur de ce qui fait notre vie, y compris nos craintes et nos peurs, que Jésus promet sa présence. Croire en Jésus ressuscité, c’est croire en sa présence plus forte que toute mort. Elle nous est parfois difficile à recevoir, à percevoir… nous sommes si souvent comme les femmes à la fois remplis de crainte et de joie. Mais elle est bien là cette présence, à la fois faible comme un rai de lumière et forte comme une pierre roulée. Une présence qui est vie, amour. Une présence qui met en route, qui envoie, qui invite à aller ailleurs, ou plutôt en ces jours où nous n’avons plus la possibilité d’aller ailleurs… une présence qui nous invite à vivre autrement, à changer, à mettre des couleurs à la grisaille de l’ordinaire de notre quotidien.

Au-delà de la crainte, recevons et allons annoncer cette présence du Christ Ressuscité.

«  Venues chercher leurs souvenirs au fond de ce tombeau Marie-Madeleine et l’autre Marie, y trouvent leur avenir. Ce n’est qu’à partir du moment où les femmes auront accepté de quitter ce tombeau de leur passé, quand elles se seront arrachées à ce tombeau vide, vide comme la peur, qu’effectivement elles verront Jésus. « Il vous précède en Galilée… » C’est la terre qui est devant nous, la terre en avant… Jésus n’aura jamais fini de « Re-ssusciter »… »

Jean Debruynne

Homélie du Vendredi Saint

Homélie par René Aucourt – 10 avril 2020

Aujourd’hui, nous suivons le Christ Jésus, le Serviteur. Comme l’annonçait le prophète Isaïe : «  C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. »

Nous le suivons dans son arrestation, son procès injuste, sa condamnation, son rejet, son agonie et sa mort. Nous le suivons jusqu’au moment où il dit : « Tout est accompli. », jusqu’au moment où il remet l’esprit, en inclinant la tête. Nous le suivons et nous le voyons vivre toute cette Passion justement par passion, autrement dit par amour. Il ne recherche pas la souffrance pour elle-même. Mais tout ce qu’il vit, tout ce qu’il porte, tout ce dont il est chargé, c’est dans l’amour qu’il porte. Il donne sa vie par amour. C’est bien pour cela que nous pouvons, que nous osons, dire qu’il porte aussi toutes les souffrances et les douleurs de notre monde. C’est pour cela que nous pouvons lui remettre, lui confier tant et tant de visages, de situations… les nôtres, ceux qui nous sont proches, comme ceux qui loin, ceux qui connaissent l’épreuve de la maladie ou du deuil. La liste est longue. Notre prière se fait universelle. Nous suivons le Christ Jésus, le Serviteur. Et la fin de l’Evangile de la Passion en saint Jean déjà une lueur timide se laisse deviner. C’est le temps de la préparation de la Pâque. Et il y a cette belle phrase : « A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne… c’est là qu’ils déposèrent Jésus. » Un jardin… la création a commencé dans un jardin. Voici donc qu’une création nouvelle est annoncée. Un jardin est plein de promesse. Avec le Christ Jésus, le Serviteur, voici qu’une graine est déposée dans le jardin de nos vies…

Ne descends pas dans le jardin,
Oh ! Jésus,
Ne descends pas dans le jardin
Avant le jour !
Si je ne descends pas dans le jardin
En pleine nuit,
Qui donc vous mènera vers les soleils
Du Paradis ?
Je descendrai dans le jardin
En pleine nuit.

Ne laisse pas lier Tes mains,
Oh ! Jésus,
Ne laisse pas lier Tes mains
Sans dire un mot !
Si je ne laisse pas lier mes mains
Comme un voleur,
Qui donc pourra détruire les prisons
Dont vous souffrez ?
Je laisserai lier mes mains
Comme un voleur.

Ne T’étends pas sur cette Croix,
Oh ! Jésus,
Ne T’étends pas sur cette Croix
Jusqu’à mourir !
Si je ne m’étends pas sur cette Croix
Comme un Oiseau,
Qui donc vous gardera contre l’Enfer

Où vous alliez ?
Je m’étendrai sur cette Croix
Comme un oiseau.

Ne laisse pas percer ton Cœur,
Oh ! Jésus,
Ne laisse pas percer ton Cœur
Par Tes bourreaux !
Si je ne laisse pas percer mon cœur
Comme un fruit mûr,
Qui donc vous baignera de sang et d’eau
Pour vous guérir ?
Je laisserai percer mon cœur
Comme un fruit mûr.

Ne descends pas dans le tombeau,
Oh ! Jésus,
Ne descends-pas dans le tombeau
Qu’ils ont creusé !
Si je ne descends pas dans le tombeau
Comme un froment,
Qui donc fera lever de vos cercueils
Vos corps sans vie ?
Je descendrai dans le tombeau
Pour y dormir. »

Didier Rimaud


Homélie du Jeudi Saint

Homélie par René Aucourt – Jeudi Saint – 9 avril 2020

«  Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? » voici la question que Jésus pose à ses disciples tout de suite après leur avoir lavé les pieds. N’est-ce pas aussi la même question que Jésus nous pose aujourd’hui …

La réponse est déjà un peu dans la question. Faire pour vous… Il s’agit d’une action concrète, d’un acte, pas d’une belle parole ou d’une belle intention. C’est bien réel, bien concret. C’est aussi « pour vous ». Il y a des destinataires, des bénéficiaires. Cet acte concret est un signe. Il s’agit du service de l’homme. De façon tout à fait solennelle, Jésus vient laver les pieds des disciples. Il prend la place habituellement réservée au serviteur, voire à l’esclave. Il se met à genoux devant l’homme, il prend le tablier de service. Il lave et il essuie les pieds sales marqués par la poussière et les cailloux du chemin. Il accueille et redonne une dignité, une place à la personne blessée. Ainsi, Dieu en Jésus se met au service de l’homme. Il s’abaisse jusqu’à se mettre à genoux devant l’homme.

Et Jésus nous explique : « vous m’appelez Maître et Seigneur et vous avez raison. » Jésus ne nie pas qu’il est Dieu, Fils de Dieu. Il est bien le Maître et le Seigneur. Il est bien le Tout-Puissant. Mais il ne faut pas se tromper : sa Toute-Puissance est telle qu’il s’abaisse. L’amour seul explique cette apparente contradiction. C’est par la toute-puissance de son amour qu’il donne sa vie, qu’il fait tout « pour nous ». C’est lorsqu’il se laisse conduire à la mort qu’il montre la perfection de son amour. Un amour qui ne pourra être que source de vie, plus forte que toute mort, que toute domination.

Alors Jésus invite à faire « vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Ce chemin du service et de la vie donnée devient un grand programme pour nous. Le service n’est pas un devoir à faire, une humiliation mal placée, c’est une source de vie et de bonheur à la suite du Christ lui-même. Donner une place à l’autre, s’ouvrir à celui qui est tout proche, être attentif à celui qui peine… autant d’occasions pour vivre comme le Maître et Seigneur.

Dans cet aujourd’hui que nous vivons, les inventions du service sont nombreuses. Comment ne pas penser à tous ceux qui sont applaudis chaque soir ? à tous ceux qui sont à notre service…Mais la vie en famille comme en solitude peut devenir le lieu du service, toujours à inventer…

En ce Jeudi Saint, nous vivons la « mémoire de la Cène du Seigneur. » Cette année, nous vivons l’eucharistie… sans pouvoir la célébrer réellement. Peut-être sommes-nous invités à être particulièrement attentifs à cet Evangile. Jean ne raconte pas l’institution de l’Eucharistie. Il met en avant le signe du lavement des pieds. L’Eucharistie, c’est le service, c’est la vie donnée du Christ pour chacun. A nous de le recevoir, à nous de le contempler, à nous de le vivre… à la suite de Celui qui « nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut. » (Méliton de Sardes)

Message de soutien

En ce lundi de cette Semaine Sainte, l’Évangile commence par ces mots : « Six jours avant la Pâque… » Nous y sommes. Et déjà le texte nous parle de repas dans l’amitié avec la présence du Seigneur, de mort et d’ensevelissement et de « réveillé d’entre les morts »… Tout ce que nous sommes invités à vivre tout au long de cette semaine est déjà présent. L’Évangile précise «  la maison fut remplie de l’odeur du parfum », un parfum très pur et de grande valeur. Oui, c’est l’Eglise toute entière qui est remplie du parfum du Christ, Seigneur, lui qui est venu donner sa vie, qui est mort et ressuscité.

Nous vivons cette Semaine Sainte d’une façon toute particulière cette année. C’est dans notre propre maison que ce « parfum très pur » rayonne… mais il est aussi présent dans les lieux d’épreuve, de maladie ou d’inquiétude. Il passe toutes les frontières.

° Nous continuons d’être témoins de très nombreuses initiatives qui se prennent dans nos paroisses. Elles ne sont pas forcément connues, elles ont parfois du mal à se communiquer. Mais elles disent bien la vitalité de la foi et de l’espérance de chacun. Ici les appels entre membres d’une même équipe, d’un même groupe permettent de se soutenir. Ailleurs, les enfants du KT font des dessins pour les EHPAD, ou les jeunes de l’aumônerie se sont donné un rendez-vous Whatsapp. Ici une rencontre en visioconférence, ici une rencontre téléphonique pour un partage autour de l’évangile du jour, ailleurs des appels téléphoniques réguliers permettent de prendre des nouvelles de ses voisins ou des amis. Sans oublier tout ce qui se vit en famille avec des gestes ou des temps de prière. Il nous faudra partager plus tard cette grande richesse et cette inventivité.

° Nous ne pourrons pas nous retrouver pour vivre les différentes célébrations de cette Semaine, mais chacun est bien présent. Les prêtres célèbrent, chez eux, en privé, mais ils savent qu’ils sont unis à toute l’Eglise.

° Rappelons que notre évêque a donné quelques repères pour vivre cette Semaine : on peut les retrouver sur le site http://autun.catholique.fr/.

° Nous continuerons d’alimenter régulièrement les sites des paroisses avec des textes, des prières ou des aides pour vivre ces Jours Saints.

° Et les œufs ? Traditionnellement, les paroisses vendent des œufs en chocolat dans le temps de Pâques, au profit des paroisses. Ils sont appréciés et attendus. Nous les avons bien reçus, ils sont prêts mais vous comprenez bien que nous ne pouvons rien faire pour le moment… Ils sont donc au frais. Nous les vendrons lorsque les temps seront meilleurs et les œufs seront toujours… bons,  même en dehors du temps de Pâques.

René Aucourt

«  Dieu, le Père de toute miséricorde, nous a donné dans la passion de son Fils la plus belle preuve de son amour : qu’il nous aide maintenant à découvrir, à son service et celui de nos frères, jusqu’où va le don de sa grâce… Après l’avoir suivi dans les épreuves, puissions-nous entrer avec lui dans sa gloire de ressuscité. »

Homélie du 5 avril 2020 Dimanche des Rameaux et de la Passion

Souvent ce dimanche est résumé par les mots de « Rameaux » mais la formulation exacte et complète est « Dimanche des Rameaux et de la Passion ». Deux « évènements » sont ainsi fêtés et vécus dans la liturgie.
D’un côté les Rameaux, c’est-à-dire « l’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem. » Jésus est ainsi reconnu et acclamé comme le Messie, comme celui qui est attendu, celui qui vient au nom du Seigneur pour sauver, pour apporter la vie, la paix, la joie, la force… Jésus est le vrai Messie, il entre solennellement à Jérusalem. Voici que Dieu fait son entrée solennelle au milieu de son peuple, il est reconnu et acclamé. Tout de suite après, commence la lecture de la Passion, celle de Saint Matthieu cette année. Ce Jésus, ce Messie, acclamé et reconnu va être arrêté, jugé, accusé faussement, condamné et maudit. Les voix vont cette fois se lever pour dire «A mort». Il va être mis à mort comme un condamné à mort de droit commun. Mais, à la fin, dans la bouche des grands prêtres et des pharisiens des mots étonnants commencent de sortir… le mot de résurrection est prononcé.


Nous vivons ces deux évènements d’une façon toute particulière cette année. Ils prennent une dimension bien réelle. Notre actualité est marquée par l’inquiétude, la peur, et la dure réalité de la mort nous entoure… la longue liste des chiffres donnés chaque soir en est le signe. Jésus est venu au milieu de nous pour vivre notre humanité jusque dans le tragique de la mort. Il a même crié d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Jésus vient aujourd’hui encore partager nos épreuves, nos craintes, nos peurs, nos cris et nos deuils. Mais nous osons croire aussi fortement que Jésus a été plus fort que la mort, il a vaincu la mort. Il est vivant et ressuscité. Et cela n’est pas une belle idée pour nous endormir, ou faire passer le temps un peu plus vite.

Non, nous croyons qu’il est vivant, c’est-à-dire présent. Une présence qui est source d’espérance, une présence comme la lumière que l’on aperçoit dans la maison du voisin lorsque la nuit tombe.

Oui, une présence qui vient apporter chaleur, réconfort. Une présence qui vient
promettre un monde nouveau. Oui ce Royaume promis est commencé. Jésus est vraiment ce Messie que nous attendons. « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosanna au plus haut des cieux. Acclamons-le et accueillons-le
aujourd’hui !

Prière d’intercession contre le Coronavirus

Dieu, notre Père, tu es là au cœur de nos vies.

Dans ta bonté, tu nous as créés hommes et femmes.

Dans ta Sagesse, tu nous maintiens en vie et nous guides.

Dans ton Amour, tu es toujours avec nous.

« Grandes et merveilleuses sont tes œuvres » (Ap. 15,3 ).

Face aux dangers de la pandémie du Coronavirus,  à gui irons-nous, Seigneur dieu de l’univers ?

Dans le désert, ton peuple menacé par les serpents, a crié vers toi.

Tu l’as épargné de la mort en inspirant la bonne action à Moïse ton serviteur.

« Grandes et merveilleuse sont tes œuvres ». (Ap. 15,3 ).

Tu as envoyé ton Fils Jésus-Christ sauver les malades et les pécheurs ;

Aux lépreux, il a dit : « Je le veux, sois purifié » (Mc 1, 41) ;

Au paralytique il a dit : « Lève-toi et marche » (Lc 5, 23) ;

Au démon il a dit : « Sors de cet homme, esprit impur » (Mc 5, 8) ;

A Marthe, la sœur de Lazare, il a dit : « Je suis la résurrection et la vie »

« Grandes et merveilleuse sont tes œuvres ». (Ap. 15,3 ).

Par l’Esprit Saint, haleine de vie et Paraclet,

Accueille nos frères et sœurs défunts dans ton royaume,

Guéris les personnes malades à travers le monde ;

Inspire et protège ceux qui les soignent ;

Préserve-nous de toute négligence  et de toute contamination.

Garde-nous sous ta constante protection.

Par l’intercession de la Vierge Marie, répand sur nous ta bénédiction de discernement et de protection, de guérison et de paix.

Amen.

Le Père Elysée n'a pas pu rentré en France. Il est confiné dans son
pays. Il nous a fait parvenir cette prière écrite par la conférence des
évêques de Centre Afrique pour qu'elle soit aussi notre prière.
Père Elysée

Le Père Elysée n’a pas pu rentré en France. Il est confiné dans son pays. Il nous a fait parvenir cette prière écrite par la conférence des évêques de Centre Afrique pour qu’elle soit aussi notre prière.

Et pour les oeufs ?

Traditionnellement, les paroisses vendent des œufs en chocolat dans le temps de Pâques, au profit des paroisses. Ils sont appréciés et attendus. Nous les avons bien reçus, ils sont prêts mais vous comprenez
bien que nous ne pouvons rien faire pour le moment… Ils sont donc au frais. Nous les vendrons lorsque les temps seront meilleurs et les œufs seront toujours… bons, même en dehors du temps de Pâques.