Offrande de quête en ligne

Quelle que soit l’évolution des conditions d’exercice du culte, le confinement dans lequel nous nous trouvons empêchera nombre d’entre nous de se rendre à des célébrations dans leur église.

Comme durant le printemps, la quête se trouvera très réduite. Nous sommes si nombreux à faire ce petit don hebdomadaire qu’il représente une proportion importante des ressources de notre Église. Le diocèse met votre disposition un moyen électronique pour « remplacer » votre offrande habituelle de quête. Pour apporter votre soutien, rendez-vous sur le lien suivant : https://quete.catholique.fr/?reserved_diocese=AUTUN&reserved_paroisse=Matour-Sts-Apôtres

Merci d’avance de continuer dans cette fidélité.

Homélie du 25 Octobre 2020

Par René AUCOURT

A la lecture de cet évangile, on a envie de dire : on connait par cœur. Le texte est si connu. Mais ne faut-il pas le découvrir à nouveau dans toute sa fraîcheur et sa nouveauté. C’est vrai d’abord que les deux phrases données par Jésus ne sont pas nouvelles. Elles se trouvent dans l’ancien Testament. Il y a d’un côté celle qui concerne l’amour de Dieu et plus loin celle qui concerne l’amour du prochain. Mais Jésus apporte une nouveauté radicale. Il rapproche les deux phrases : et le second lui est semblable… plus que rapprocher, il les met à égalité. Il en fait un seul commandement. Il n’y a plus désormais d’un côté le commandement de l’amour de Dieu et d’un autre celui du prochain. C’est bien le même et unique commandement. L’amour de Dieu et l’amour de l’autre vont ensemble et ne peuvent pas se séparer ni même s’opposer. Derrière la dimension de commandement se profile le visage de Dieu… Il ne s’agit pas d’aimer parce que c’est un ordre. Il s’agit d’entrer et de découvrir le visage de Dieu lui-même.  : un Dieu qui est compatissant disait la première lecture et un Dieu qui est libérateur, rocher, bouclier, sauveur disait le psaume. Ce Dieu là est proche et attentif, tout spécialement aux pauvres et aux petits. Il donne son amour à chacun, sans aucune limite, sans frontière. Ce Dieu nous pouvons l’aimer : je t’aime Seigneur ma force, avons-nous chanté. Ce Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils Jésus. Ce même amour est déposé dans le cœur de tout homme. C’est ce même amour, cet amour qui a sa source en Dieu qui ne peut que rayonner et se donner en aimant les autres. Il ne s’agit pas de répondre à un ordre, il s’agit d’entrer dans un amour qui fait vivre. A l’image et à la suite du Christ Jésus, nous pouvons alors aimer et unifier notre vie dans cet amour.

Bien sûr, nous savons que ce n’est pas facile, pas simple. Il y a des personnes que nous n’arrivons pas à aimer, il y a aussi des situations de tensions, de conflits, de violence. Cet amour est toujours à inventer, à construire dans le cœur même de ce qui fait notre vie comme dans notre société. Notre société traverse des épreuves, des remises en cause et des inquiétudes sur l’avenir et nous les partageons, c’est bien normal. Le Pape François vient de publier une encyclique Fratelli Tutti et le sous-titre est tout un programme « sur la fraternité et l’amitié sociale »… Amitié sociale… une magnifique formule qui dit bien le défi de la fraternité aujourd’hui. C’est vrai qu’il fait un constat plutôt sévère de tous les manquements à l’amour mais il affirme aussi fortement : « 55. J’invite à l’espérance qui « nous parle d’une réalité qui est enracinée au plus profond de l’être humain, indépendamment des circonstances concrètes et des conditionnements historiques dans lesquels il vit. Elle nous parle d’une soif, d’une aspiration, d’un désir de plénitude, de vie réussie, d’une volonté de toucher ce qui est grand, ce qui remplit le cœur et élève l’esprit vers les grandes choses, comme la vérité, la bonté et la beauté, la justice et l’amour. […] L’espérance est audace, elle sait regarder au-delà du confort personnel, des petites sécurités et des compensations qui rétrécissent l’horizon, pour s’ouvrir à de grands idéaux qui rendent la vie plus belle et plus digne ». Marchons dans l’espérance ! »

Homélie du 18 Octobre 2020

Par René AUCOURT

Le texte est connu : chacun aurait pu compléter la fin de cet évangile. Cette phrase a été largement commentée et utilisée. Elle a servi aussi bien pour dire la séparation de l’Eglise et de l’état que pour mettre à sa place la politique. Tout cela est juste, évidemment… mais ne faut-il pas regarder d’un peu plus près…

Les pharisiens et leurs disciples n’ont qu’un souhait : coincer Jésus. Ils veulent lui tendre un piège, montrer ses contradictions. La question est un piège qui se referme sur Jésus. A la question, faut-il payer l’impôt oui ou non… Jésus ne pourra pas échapper. S’il répond non, il sera considéré comme un rebelle contre les romains, un leader politique qui va venir libérer le pays de l’occupation romaine et s’il répond oui il sera vu comme un collaborateur des romains et un vendu au pouvoir en place. Jésus n’entre pas dans cette alternative… ni oui, ni non. Il renvoie, comme toujours à la personne elle-même. Il demande de voir une pièce et ils lui en montrent une. Autrement dit, ils sont obligés de se compromettre : ils ont bien une pièce sur eux, dans leur poche. Ils ne peuvent pas échapper. Et plus profondément encore, Jésus renvoie à une affirmation fondamentale qui vient éclairer bien sûr notre propre vie. Il renvoie à l’effigie, l’image. Sur cette pièce, quelle image est gravée, avec quelle inscription. Alors Jésus rappelle que l’homme a fondamentalement en lui une autre effigie, une autre image. Il est créé à l’image de Dieu. Il porte en lui au plus profond l’image de Dieu, on pourrait dire il est tatoué de Dieu. C’est son être profond. Il a en lui l’image des valeurs, de l’être même de Dieu. Il a en lui la bonté, le respect, la justice, la patience… Et on peut relire et reprendre toute l’histoire de la Bible pour y découvrir l’image de Dieu. L’homme est effigie de Dieu. Et pour nous chrétiens, nous croyons que nous en avons reçu le signe, la marque à notre baptême. Nous avons entendu à notre baptême : « tu es maintenant baptisé : le Dieu tout-puissant, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur, t’a libéré du péché et t’as fait renaître de l’eau et de l’Esprit Saint. Désormais, tu fais partie de son peuple, tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. » Voici donc l’effigie, l’image gravée en nous. Jésus nous redit aujourd’hui : qu’as-tu fait de ton effigie ? L’as-tu oubliée ? est-ce que tu lui donnes encore de la place ? laquelle ? Et il nous dit aussi aujourd’hui que cette image est toujours à offrir, à présenter, à partager. En ce dimanche de la mission, nous sommes invités à nous remettre en mission pour que l’effigie de Dieu soit proposée à chacun, à tout homme. Chaque génération est un nouveau continent à évangéliser. Le Seigneur aujourd’hui nous envoie.

Homélie du 13 Septembre

Pardonner ce n’est vraiment pas facile… c’est peut-être ce qu’il y a de plus dur à vivre. Si quelqu’un nous a fait du mal, nous sommes blessés et nous ne pouvons pas oublier, nous ne pouvons pas vivre comme si de rien n’était. Et souvent ces blessures nous rongent, nous rendent tristes et nous empêchent de vivre vraiment. Tous les blessés de la vie sont marqués profondément et souvent pour longtemps. Jésus nous dit aujourd’hui qu’il faut pardonner. On a envie de lui dire : pas possible. C’est au-delà de nos forces.

Jésus nous raconte alors une histoire, une parabole pour bien nous faire comprendre ce qu’il veut dire, son invitation. A travers cette image du maître, nous découvrons, nous devinons le visage de Dieu lui-même. D’abord il reconnait ce que le serviteur lui doit… il ne fait pas comme si c’était rien. Puis il est sensible à la demande : prends patience envers moi. Il est alors saisi de compassion. Dieu est pris au ventre, pris aux tripes. Il n’enferme pas l’autre dans ce qu’il a fait ou ce qu’il doit. Il lui offre un avenir… Le serviteur sinon n’aurait pas eu assez de sa vie pour rendre tout l’argent qu’il devait. Ce maître laisse partir, il rend la liberté. Il offre une autre solution.

C’est exactement cela le pardon. C’est reconnaître la faute bien sûr… et ce n’est pas si simple. Il y a parfois des attitudes qui font tout pour éviter cette reconnaissance du mal, de la blessure. Reconnaître puis offrir à l’autre une autre solution, ne pas l’enfermer pour toujours dans sa faute, offrir un avenir. C’est cela le chemin du pardon. C’est un chemin… il faut du temps et de la patience. Et ce chemin est si difficile, mais il est essentiel pour se libérer soi-même et pour permettre à l’autre d’avancer dans sa vie. Encore une fois, il ne s’agit surement pas d’oublier la blessure… pardonner ce n’est pas oublier. Et il s’agit toujours d’avancer lentement… on peut toujours dire : pour le moment je ne peux pas… mais la porte peut rester entr’ouverte.

Et Jésus nous ouvre encore une autre perspective. Il continue son histoire et il nous montre que ce serviteur pardonné a vite oublié qu’il l’était… on lui devait presque rien… quelques pièces d’argent… et lui reste inflexible et dur. Il a reçu le pardon, il ne l’a pas donné, partagé autour de lui. Jésus nous montre que, fondamentalement, chacun de nous nous sommes pardonnés et c’est ce qui nous permet toujours d’avancer, d’aller plus loin. Lui, le Seigneur nous offre son pardon, en permanence. C’est toujours à nous de le recevoir. Dieu nous voit toujours dans l’avenir. Il ne nous enfermera jamais dans notre passé. L’avenir restera toujours ouvert. Alors si le pardon est trop dur, impossible, nous pouvons toujours commencer par dire : moi, pour le moment, je ne peux pas, mais toi Seigneur fais-le… et moi je vais continuer d’avancer.

Le pardon est ce qui nous fait avancer. Nous sommes aimés pour ce que nous sommes. Nous pouvons toujours le partager…

Le Haut Clunisois n°117

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Dans la période d’incertitude que nous vivons, les spécialistes n’hésitent pas à élaborer des scénarios contradictoires.
Ils prennent la parole toujours avec certitude et ils ont bien du mal à dire : nous ne savons pas. L’avenir est par définition toujours incertain. L’inconnu fait partie de notre condition humaine. Mais en même temps
il est entre nos mains. Il sera aussi ce que nous en ferons.

L’avenir se construit aujourd’hui. Heureusement des personnes de plus en plus
nombreuses nous alertent sur l’état de notre planète et nous invitent à agir avec urgence. Il nous faut dès aujourd’hui apprendre à vivre dans une situation sanitaire particulière. La situation économique oblige à inventer des nouvelles formes d’échange, de justice pour que les exclus ne soient pas oubliés. Notre consommation doit aussi évoluer.
Le travail, l’invention, l’imagination ne doivent pas manquer. Pour les chrétiens, l’espérance ne manque jamais. Nous croyons que Dieu est entré dans le temps des hommes avec Jésus. Il est présent, vivant et il marche avec les hommes. Souvent Jésus parle de son Royaume qui à la fois est déjà là, déjà commencé avec sa venue et qui est toujours à venir, pas encore là. L’avenir est toujours à recevoir et à inventer.

René AUCOURT

Le Haut Clunisois n°116

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«…La foi, si elle n’est pas
mise en oeuvre,
EST BEL ET BIEN MORTE »
(JC2,17)

Par la force des choses, pendant le confinement nous avons pris le temps, du temps pour soi ou pour les autres.
Un mot a fait le lien entre nous : « Merci ! ».
Merci entendu, réentendu, crié, pleuré. Merci comme un salaire, une reconnaissance, une récompense.
Merci comme merveille de la nature redécouverte et Miséricorde de tous ceux qui ouvrent leur coeur à la misère des autres.
Merci comme eucharistie, transposition d’un mot grec qui veut dire « rendre grâce ». L’eucharistie ou communion, c’est être ensemble parce qu’il n’y a pas de communion sans les autres.
Merci comme regard de Dieu sur l’homme ou Regard de l’artiste sur sa création.
Merci comme courage des soignants, des malades, des bénévoles et de ceux qui sont allés travailler pendant le confinement. Merci pour ceux, aussi, qui ont su rester chez eux afin de respecter la vie humaine.
Merci comme l’infini amour de Dieu qui compte sur nous.

Martine Loctin

Homélie du Dimanche 24 Mai

par René AUCOURT

Habituellement, lorsque l’on pense prière, on pense demande faite par l’homme à Dieu, au Christ. C’est s’adresser à Dieu pour lui demander quelque chose. Dans cet Evangile, avec Jésus, tout est renversé, chamboulé… on n’est plus du tout dans la même logique. Jésus dit : « Moi, je prie pour eux… » Voici donc que c’est Jésus lui-même qui prie pour l’homme. C’est lui qui demande quelque chose pour l’homme. Changement radical qui nous oblige à changer.

Prier, c’est donc entrer dans la prière même de Jésus qui prie pour nous. C’est lui qui a l’initiative, c’est lui qui prend soin de nous. Il a fait et il fait tant de choses. Il a accompli l’œuvre du Père, dit-il. Il s’est manifesté, il a donné sa Parole. Il est l’Envoyé du Père. C’est lui qui a donné sa vie pour l’homme. Il est, dit-il, sorti du Père. Il s’est fait proche de tout homme, tellement proche qu’il a pris chacun d’entre nous dans sa prière. Et cette prière peut se définir par les mots de relation, d’intimité. C’est ce que Jésus nous révèle aujourd’hui : « Ceux que tu m’as donné, ils sont à toi et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi. » Il y a donc désormais un lien, indéfectible entre le Père et le Fils et tous ceux qui sont dans le monde. Plus encore, Jésus affirme : « je suis glorifié en eux. » Sa gloire, c’est-à-dire son être profond, le poids de ce qui fait sa vie, n’est pas en l’air, en suspension, ou bien enfermé en lui-même. Il ne faut pas se tromper de gloire. Ce n’est pas la gloriole, ni la réputation, ni la mise en lumière. Sa gloire est faite pour se donner, se partager. Elle rayonne. Elle repose même dans l’homme. Jésus se reconnait dans l’homme. Il reconnait son être profond, sa vie, sa gloire dans l’homme. Comment ne pas en être étonné, comment ne pas entrer dans une immense action de grâce, un immense merci. Nous n’en sommes vraiment pas dignes mais Jésus le Christ prie pour nous et il nous fait partager sa vie, sa gloire. Alors, notre vie toute entière en est transformée et notre regard sur l’homme en est changé.

Ici, dans cet évangile, le mot Esprit Saint n’est pas employé, mais on le devine derrière toutes ces expressions. Cette relation, ce dépôt de la gloire dans l’homme, cette prière … c’est bien le signe de l’Esprit Saint qui est déposé en nous, qui se développe en nous. Dans ces jours, à l’approche de la Pentecôte, où nous nous préparons à recevoir l’Esprit d’une façon renouvelée, nous pouvons entrer dans la prière de Jésus et dire avec lui :

Viens Esprit Saint… Viens en nous, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs, consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur…Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tes fidèles…

Homélie de l’Ascension – jeudi 21 mai

Par René AUCOURT

La fête de l’Ascension marque une étape importante. C’est la fin, la conclusion de l’évangile de Matthieu, c’est donc aussi un temps nouveau qui commence dans un espace nouveau. Matthieu précise que cela se passe en Galilée c’est-à-dire à un carrefour, au cœur d’un brassage de toute l’humanité. C’est sur une montagne. Lorsque Dieu a quelque chose d’essentiel à transmettre, cela se passe habituellement en haut d’une montagne. C’est là que Jésus disparait de nos yeux et s’élève dans les cieux. Il y a donc une rupture, un changement radical. C’est le temps de la foi qui commence.

C’est ce que vivent les disciples : à la fois ils se prosternent et ils ont des doutes. N’est-ce pas aussi notre expérience ? Notre foi est si souvent aussi traversée par des remises en cause, des doutes. Nous sommes vraiment dans le temps de la foi. Après cette précision, nous voyons Jésus qui immédiatement s’approche, se fait proche. Le temps de la foi c’est en même temps le temps de l’absence … Jésus a disparu de nos yeux. Et c’est aussi le temps de la présence : Jésus est proche et en plus il promet qu’il le sera, toujours, jusqu’à la fin des temps.

Ce temps de la foi va avec l’envoi. Avec l’Ascension commence le temps de la mission. Allez, baptisez, apprenez… Une mission qui ne consiste pas à apprendre des formules, des choses, même très belles sur Dieu. Non, mais c’est une mission qui consiste à proposer et à faire entrer dans une relation, qui est celle du Père, Fils et Esprit. C’est bien le sens du baptême. Entrer dans une relation, comme cela nous était rappelé dimanche dernier qui est une relation d’amour et qui rejaillit sur toute la vie de l’homme. C’est cela apprendre à observer ce que Jésus a commandé. Le commandement ne peut être que le commandement de l’amour. La communauté de tous ceux qui entrent dans cette relation s’appelle l’Eglise. Avec l’Ascension commence le temps de l’Eglise.

Temps de la foi, temps de l’absence- présence, temps de la mission, temps de l’Eglise…

Il ne faut donc pas  rester là à regarder le ciel. Jésus nous a montré le chemin, il passe le premier. Il fait confiance à l’homme. Il ne s’évade pas. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. C’est le temps de la liberté et de la responsabilité.

Christ est parti sans nous quitter


Christ est parti
Sans nous quitter :
Le Fils de Dieu est glorifié.
Son absence partout
Nous accompagne.

Il est parti
Dans la nuée :
Qu’attendez-vous les yeux levés ?
Il est proche de nous
Quand il s’éloigne.

Il est parti
Pour instaurer
En nous l’étroite intimité.

Fixer le rendez-vous
Au ciel de l’âme.

Il est parti
Pour demeurer
Dans le grand corps d’humanité.
Son royaume est pour nous
En héritage.


Il est parti,
Il est monté.
L’Esprit descend nous habiter.
Et le silence en nous
Dit son passage.

CFC (f. Gilles) 2001

A la paroisse des Saints – Apôtres en Haut Clunisois

Message de soutien 13 mai 2020

Bonjour à tous,

Nous avons commencé de vivre progressivement un temps nouveau de déconfinement… nous sommes surement, comme tous les français, partagés entre la joie de pouvoir reprendre une vie sociale et la crainte que ce virus puisse continuer de circuler. C’est dans cet « entre-deux » que l’Evangile de ce jour annonce de la part de Jésus : « je vous donne ma paix » Accueillons-la.

L’EAP-Equipe d’animation- s’est réunie lundi 11 mai et voici quelques points que nous aimerions vous partager :

° Beaucoup de familles ont été touchées par la perte de l’un des leurs. Comme cela a été annoncé, lorsque les messes reprendront, nous pourrons alors prier pour ceux qui nous ont quittés. Ce sera, comme les familles le souhaiteront, soit faire une célébration particulière dans une église, soit participer à une messe du dimanche où nous prierons en particulier pour le défunt.

° Comme nous le demande notre évêque dans sa lettre du 1er mai dernier, il est donc possible maintenant de recevoir le sacrement du pardon… pour cela il suffit de contacter la paroisse ou un prêtre que vous connaissez et un rendez-vous pourra s’organiser.

° Dans cette même lettre, Mgr Benoit Rivière écrit : « Durant cette période, je propose aussi, à titre exceptionnel, que chaque dimanche un père ou une mère de famille puisse, avec la bénédiction du prêtre recevoir l’eucharistie à l’église dans une custode et la porter à la maison afin d’y célébrer une liturgie familiale comportant la communion eucharistique. » Concrètement, il sera possible de recevoir la communion à l’église Notre Dame de Cluny de 9h30 à 10h15, ensuite de l’emporter à la maison, de suivre la messe à la télévision sur France 2 puis de communier. Cela se fera le dimanche 17 mai. Nous rappelons qu’il est toujours possible, comme nous le faisons depuis plusieurs dimanches, de vivre le « jeûne eucharistique », la communion de désir.

° N’oubliez pas d’aller visiter les sites de nos paroisses ainsi que le site diocésain http://autun.catholique.fr/  qui donne régulièrement des nouvelles, des réflexions, des messages comme en ce moment sur le pèlerinage à Lourdes. Le samedi 19 mai, à 9h, notre évêque s’adressera à nous à l’occasion de la messe Chrismale : « J’écouterai avec vous et méditerai un passage de l’Ecriture sainte. Nous réfléchirons, à la lumière de la foi, de quelle manière nous sommes poussés à vivre davantage notre vocation chrétienne actuellement. A 10h, je célébrerai dans la cathédrale cette messe chrismale qui sera retransmise intégralement en direct sur le site internet du diocèse. Les prêtres avec l’ensemble du peuple de Dieu pourront s’unir depuis chez eux à cette célébration. »

 ° Le Bulletin paroissial de Pâques sera distribué dans les jours qui viennent. Merci aux diffuseurs de rendre ce service et les œufs de Pâques seront proposés dès qu’une messe pourra être célébrée publiquement… mais il est possible d’en avoir dès maintenant auprès de Jean Deborde.

° Ce mercredi 13 mai est la fête de Notre Dame de Fatima. Nous pouvons prier Marie comme le Pape François nous y invite : « Contempler ensemble le visage du Christ avec le cœur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve. »

° Ce jeudi 14 mai, le Haut Comité pour la fraternité humaine propose à tous les croyants de différentes traditions religieuses de prier pour l’humanité. Le pape François a apporté son soutien à cette initiative. Il a ainsi souhaité que «les croyants de toutes les religions s’unissent spirituellement en une journée de prière, de jeûne et d’œuvres de miséricorde, pour implorer Dieu d’aider l’humanité à vaincre la pandémie».

Bonne continuation dans la paix promise.                                                       

René Aucourt

Homélie du 10 Mai

Par René AUCOURT

A l’approche du déconfinement, voici que Jésus aujourd’hui nous invite à un voyage, à un chemin. Ce chemin, c’est lui qui l’a pris. Il est venu du Père, il s’est fait l’un d’entre nous. Il va connaître le rejet, la souffrance et la mort et la résurrection. Il va remonter vers le Père mais son chemin ne s’arrête pas là. Il promet : « je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » Autrement dit, nous faisons partie du voyage. Nous sommes invités à participer au même itinéraire que lui a suivi. Nous avons donc une place, une demeure auprès du Père. Il ne s’agit pas d’un chemin sans issue, il ne s’agit pas de perdre nos pas ou d’errer sans but. Jésus devient lui-même le chemin. C’est lui qui marche avec nous, c’est lui qui nous guide, c’est lui qui nous emmène vers la demeure du Père.

Jésus appelle aussi à la foi… « Tu ne crois donc pas… » dit-il à Philippe. La foi-confiance en ce Jésus qui invite à « croire en lui ». Jésus devient alors la vérité, la référence. Non pas une vérité comme des formules ou des réflexions qu’il faut absolument croire, comme une idéologie. Il ne s’agit pas d’idées, de choses à croire. Il s’agit de sa propre personne. Jésus lui-même est la vérité. Toute sa vie est vérité. Il faut donc voir, contempler sa vie.

Alors promet Jésus, c’est la vie toute entière qui en est transformée. Les œuvres deviennent des signes. Elles sont sources de vie puisqu’elles viennent de Dieu le Père et Jésus promet encore plus : « Celui qui croit en lui va faire des œuvres plus grandes encore. » Il va lui-même participer à la vie du Christ, cette vie qu’il promet en abondance.

Ainsi Jésus affirme qu’il est lui-même à la fois chemin, vérité et vie. Il faut bien tenir les trois ensembles. Si on les sépare, on s’installe dans le déséquilibre… chemin, mais pour aller où ? vérité, mais pas comme un bloc idéologique ; vie mais pas comme une vie au fil de l’eau, sans consistance. Jésus est lui-même un chemin qui appelle à la confiance en sa personne que nous reconnaissons comme la vérité et qui appelle à vivre, à mettre en œuvre de cette vie en abondance qu’il promet.

Lui Chemin, Vérité et Vie ajoute également que cette connaissance du Père et du Fils, elle se vit « dès maintenant ». Il ne s’agit pas d’une promesse pour un jour peut-être. Mais dès maintenant, il est possible d’entrer dans cette connaissance intime, cette relation qui vient changer la vie, qui vient répondre à nos questions… non pas comme avec des idées faciles mais par une présence… Jésus ne répond pas par des formules de spécialistes, il dit simplement : je suis… sa personne est la réponse.

C’est le Christ en personne qui vient nous éclairer par sa vérité sur notre chemin de vie.

Homélie du 26 Avril

par René AUCOURT

Ce passage d’Evangile est si beau. Il nous parle au coeur, il nous rejoint. Le texte nous parle de deux compagnons. Un nom nous est connu Cléophas, mais pas l’autre… chacun peut donc devenir ce compagnon de route. L’autre porte notre nom…

Le texte prend une couleur eucharistique. Nous y retrouvons tout le plan de la célébration que nous connaissons bien. La célébration qui est aussi toute notre vie…

Jésus d’abord rejoint les disciples sur leur chemin. Il s’approche, il marche avec eux, il parle avec eux de tout ce qui s’est passé ces derniers temps. Ainsi Jésus se fait proche et vient partager nos préoccupations et nos joies. Souvent nous ne le reconnaissons pas, mais il est bien là. Il accompagne, il écoute, il permet à chacun de bien s’exprimer, de partager ce qui est au plus profond. Et ce temps est long et précieux…

Cela rejoint notre expérience en ce temps de confinement, nous passons beaucoup de temps au téléphone. C’est si précieux d’échanger autour de tout ce qui se passe, de nos inquiétudes, de nos joies, de nos attentes. Ne l’oublions jamais, Jésus est là et il marche avec nous, il prend part à nos conversations…

Puis c’est le temps de la Parole partagée. Jésus lit avec eux les Ecritures… On aurait bien aimé écouter son homélie…Il part de Moïse et de tous les prophètes et il interprète ce qui le concerne. La Parole est partagée, elle est vivante. Elle vient nous éclairer sur la personne même du Christ et en conséquence elle vient éclairer notre propre vie.

Cela rejoint aussi notre expérience aujourd’hui. Beaucoup ont découvert ou redécouvert cette place essentielle de la Parole de Dieu. Ils le vivent, seuls ou en famille ou bien en groupe dans un partage téléphonique… Le Christ ressuscité est vraiment présent dans sa Parole et il est au milieu de nous. Cette Parole est vivante et elle se réalise dans notre aujourd’hui. Jésus entre et reste avec nous chaque fois que nous recevons cette Parole. Et notre cœur en est tout brûlant

Puis c’est le temps de l’eucharistie elle-même. Il prend le pain, il le bénit, il le rompt, il le donne. Alors les yeux s’ouvrent et il disparait. C’est un autre regard, une autre vision qui se met en place. Dans ce partage du pain, Jésus est présent d’une façon toute particulière.

Cela rejoint notre expérience mais en ce moment… en creux et en manque. Beaucoup aimeraient tant pouvoir recevoir la communion. Nous vivons, comme l’a rappelé régulièrement le Pape François, la communion spirituelle. Mais nous attendons, avec de plus en plus d’impatience, de vivre pleinement ce partage du pain. Ce manque fait grandit en nous le désir de l’Eucharistie.

Puis, enfin, c’est le retour. Les compagnons se lèvent et retournent à Jérusalem. Ils sont transformés, ils ne sont plus les mêmes. Ils peuvent annoncer, raconter, témoigner… le Seigneur est ressuscité et il est avec nous. Sa présence est bien réelle. Ils ne sont plus seulement deux sur la route. Ils retrouvent les Onze, les compagnons. Autrement dit, ils retrouvent la communauté, l’Eglise et plus largement toute l’humanité.

Cela rejoint aussi notre expérience. Même si les liens sont très particuliers en ce moment, ils existent réellement. Lorsque nous prions, nous lisons l’Ecriture, nous ne sommes jamais seuls. Nous sommes toujours en lien les uns avec les autres. Nous pouvons nous aider, nous porter. C’est ensemble que nous recevons la présence du Ressuscité et que nous en témoignons pour notre monde.

On pourrait presque résumer ce texte d’Emmaüs autour du mot « présence »… Oui, Jésus est présent dans notre humanité… il marche avec nous, il nous écoute… Oui, Jésus est présent dans sa Parole… il nous parle et vient éclairer notre vie… Oui, Jésus est présent dans son Eucharistie, mais elle ne peut qu’être spirituelle pour le moment… elle nous manque… Oui, Jésus est présent dans son Eglise qui est corps du Christ, lieu du Ressuscité… Vivons et marchons avec la présence du Ressuscité. Il est vivant… tout le texte est construit autour de cette expression.

Message de soutien

En ce début d’une nouvelle semaine de confinement, je voudrais au nom de toute l’équipe pastorale de nos paroisses vous redire notre soutien et notre prière. Nous vivons le temps pascal qui est un temps de joie. La vie est plus forte que la mort ;  le Christ qui était mort est ressuscité. Hier, Jésus nous le disait : nous sommes heureux de croire : Heureux ceux qui croient. Mais cette foi va toujours avec une distance, un manque… Jésus rajoute : ceux qui croient… sans avoir vu. Il y a aussi dans la foi une certaine absence. C’est vraiment le temps de la confiance. Nous vivons tous cette distance, ce manque particulièrement ces jours-ci. Et si ce temps devenait le lieu même de la foi-confiance, renouvelée… un peu comme une nouvelle naissance pour vraiment « naître d’en haut » et vivre notre baptême : « Dans le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ, vivez dès maintenant en enfants du Royaume. »

° Après les diverses annonces, nous sommes dans l’impatience de vivre la fin de ce temps d’épreuve, et nous imaginons « l’après 11 mai ». Dans ce sens-là, beaucoup nous demandent des précisions, des dates… quand pourrons-nous à nouveau participer à une messe et communier ?…est-ce que la première communion ou la profession de foi sont maintenues, les mariages seront célébrés à partir de quelle date et les baptêmes etc… ? Malheureusement, à ce jour 20 avril, nous ne pouvons rien dire, nous n’avons aucune réponse à toutes ces questions, parfaitement légitimes. Evidemment, dès que nous en saurons plus, nous le dirons et le communiquerons largement. Avant d’annuler ou de reporter, nous avons préféré attendre d’en savoir plus. Toutes les hypothèses sont actuellement envisagées et exprimées mais aucune n’a été retenue… Il nous faut donc vivre une grande vertu qui est celle de la patience.

° Dans cette patience, il nous faut raviver notre prière… en famille, à la maison… c’est vrai, toujours dans le manque des relations et des sacrements-don de Dieu. Je rappelle que les prêtres célèbrent en privé, et que chacun et chacune est bien présent.

° Dans cette patience, il nous faut raviver et maintenir les liens que nous pouvons vivre les uns avec les autres

° Dans cette patience, il nous faut raviver nos initiatives pour être proche et vivre la solidarité

Les sites internet de nos paroisses seront toujours alimentés et voudraient être une aide parmi d’autres pour vivre et raviver notre vie de foi.

René Aucourt

Le Père Charles de Foucauld, dans sa célèbre prière, témoigne de cette foi-confiance :Mon Père, Je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,
Pourvu que ta volonté Se fasse en moi, En toutes tes créatures,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur, Parce que je t’aime,
Et que ce m’est un besoin d’amour De me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance
Car tu es mon Père

Homélie du Dimanche 19 Avril

par René AUCOURT

Les disciples sont confinés… les portes sont verrouillées. Ils sont dans la crainte… Cette situation ne vous rappelle rien ?

Mais la phrase continue : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous. » Jésus vient, il fait irruption et il est présent, simplement. Il vient partager la vie, la situation que nous vivons. Il est là, simplement, dans nos maisons, au cœur de nos familles ou dans notre solitude. Et sa présence va toujours avec des mots de paix et un envoi, une mission. Lorsque Jésus fait irruption, il ne vient pas tout casser, il vient dire et apporter des signes et des gestes de paix. La paix vient de Dieu lui-même. Jésus, l’Envoyé du Père, vient partager cette paix. Et immédiatement après, il envoie. Il donne son Esprit et il envoie pour témoigner.

Aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, le Ressuscité vient nous assurer de sa paix. Sa présence active est source de paix, de sérénité. Ce n’est pas une paix qui enlève toutes les épreuves. C’est toujours frappant de voir que le Ressuscité se présente toujours avec ses plaies, ses cicatrices. Il leur montre ses mains et son côté. Il donne sa paix et sa joie qui viennent justement de sa mort et de sa Résurrection. Et recevoir cette paix, c’est en conséquence recevoir une mission, être envoyé. La mission de la paix et de la miséricorde pour tous. Nous y sommes particulièrement invités en ce jour appelé dimanche de la Miséricorde.

C’est notre foi profonde, mais elle ne va jamais de soi. Elle n’est jamais obligatoire. Thomas en est bien le symbole, le modèle. Nous nous retrouvons bien en lui. Nous aimerions tant avoir des preuves, pouvoir toucher du doigt. Mais Jésus dit que nous sommes heureux de croire sans avoir vu. La véritable démarche de foi c’est justement d’entrer dans la confiance, de vivre de cette présence de Paix que le Ressuscité nous apporte. D’ailleurs le texte lui-même ne précise pas si Thomas a touché ou pas, a avancé sa main ou a mis dans le côté de Jésus. Le texte par contre précise. Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Thomas proclame sa foi. Il a bien reçu les mots de Paix, il a bien reconnu cette Présence, il peut entrer dans la foi. Il sera rempli de l’Esprit, il sera envoyé.

Ce temps que nous vivons nous permet de nous remettre dans notre propre démarche de foi… pour proclamer, en lien avec beaucoup d’autres : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

Rendons grâce au Christ ressuscité : à travers le doute de saint Thomas,
il fortifie notre foi et nous proclamons :

Jésus, notre Seigneur et notre Dieu !

Pour la foi que tu as suscitée en l’apôtre Thomas et qui, par une longue chaîne de témoins, est venue jusqu’à nous,
nous te bénissons, – R/


Pour la foule immense de ceux qui ont cru
sans avoir vu ton visage ni touché ton corps,
nous t’acclamons, – R/

Pour la puissance de ta résurrection
qui travaille ce monde de souffrance
et nous inspire de croire à l’impossible,
nous te louons, – R/

Pour ce que nul œil n’a vu, nul homme imaginé, et que tu as destiné à ceux qui t’aiment; pour la vie présente et celle qui vient, nous t’adorons, – R/



Message de soutien

Le beau message de Pâques continue de résonner. La présence du Ressuscité est notre force et notre assurance : « Et il était là au milieu d’eux. » «  Ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. » Au milieu de nos interrogations, nous croyons et nous expérimentons que le Ressuscité se fait proche et qu’il vient marcher avec nous, partager notre vie.

Il nous faut continuer de vivre le confinement pour un temps qui nous parait bien long. Après la découverte, l’étonnement, il nous faut continuer, persévérer. Ce temps pascal peut en être le symbole et une aide spirituelle.

° Nous continuerons cet effort et ces inventions pour nous tenir en lien les uns avec les autres… les petits signes, les simples appels téléphoniques sont toujours aussi précieux.

° Nous continuerons la prière renouvelée… en famille, à la maison. Les prêtres continuent de célébrer la messe, mais bien sûr toujours en privé, en lien avec chacun et chacune d’entre vous.

° Nous continuerons de penser et de prier d’une façon toute particulière pour ceux qui vivent l’épreuve de la maladie et ceux qui nous ont quittés, comme pour ceux qui éprouvent l’angoisse.

° Nous continuerons de penser, de prier et de remercier tous ceux qui continuent de se mettre au service, tout spécialement le personnel soignant et ceux qui nous permettent d’avoir le nécessaire pour vivre.

° Nous continuerons d’alimenter les sites de nos paroisses avec des messages, des homélies, des textes de réflexion etc…N’oubliez pas non plus d’aller voir le site de notre diocèse…

En un mot, nous continuerons de vivre de ce message de Pâques, de cette présence du Ressuscité. Il est toujours à accueillir. Il nous rejoint sur notre route.

René Aucourt

Tu nous rejoins sur notre route


Tu nous rejoins sur notre route,
Jésus-Christ, le voyageur,
Une route désespérée
Quand nous fuyons loin du calvaire
Où notre Dieu semble se taire.
Tu nous rejoins,
Seigneur ressuscité…
Et notre route mène à Pâque !


Tu viens ouvrir les Ecritures
Jésus-Christ, le Serviteur,
L’Écriture réalisée
Depuis Moïse et l’Alliance
Jusqu’à ta mort dans l’innocence.
Tu viens ouvrir,
Seigneur ressuscité…
Et l’Écriture nous dit Pâque !

Tu viens t’asseoir à notre table,
Jésus-Christ, Maître et Seigneur,
Cette table des baptisés,
Où tu invites à l’aventure
Du Corps livré en nourriture,
Tu viens t’asseoir,
Seigneur ressuscité…
Et notre table ouvre sur Pâque !

Tu viens rejoindre encor le monde,
Jésus-Christ, le bon Pasteur,
Notre monde désemparé
Quand il regarde le calvaire
Sans reconnaître ta lumière.
Tu le rejoins,
Seigneur ressuscité…
Pour que ce monde vive Pâque !

                  Maurice Coste

Homélie de Pâques

Homélie par René Aucourt – 12 avril 2020

Dans cet Evangile de saint Matthieu, il est beaucoup question de « crainte »… le mot revient quatre fois et apporte avec lui l’essentiel du message à recevoir aujourd’hui.

D’abord il y a les gardes : eux ils sont dans la crainte et ils vont y rester, ils vont s’y enfermer, ils vont d’une certaine façon rejoindre ce qu’ils étaient censés faire … voici que les gardiens de la mort vont trembler et devenir comme morts.

Et puis il y a, au contraire, le message de l’ange, le message qui vient de Dieu lui-même : « Soyez sans crainte » puis Jésus lui-même, le Ressuscité, va le répéter aux femmes : « Soyez sans crainte. »

Au milieu du texte, les femmes partent annoncer cette nouvelle, mais elles sont « remplies à la fois de crainte et d’une grande joie. » Elles sont entrées dans le chemin de la foi, mais il y a encore un peu de crainte qui reste.

Ne sommes-nous pas, particulièrement cette année, nous aussi comme ces femmes… à la fois remplis de crainte et de joie. La crainte, la peur s’est d’une certaine façon installée dans notre environnement. Il est inutile de détailler… elle est devenue notre ordinaire, notre quotidien. C’est dans ce contexte-là qu’aujourd’hui, comme Marie-Madeleine et l’autre Marie que nous recevons une nouvelle étonnante. Dieu s’est assis sur la pierre tombale, il a même piétiné la mort en Jésus. Le tombeau est vide.  Et il est présent, mais ailleurs, autrement. Il est passé devant, il précède et il invite à aller de l’avant, à aller en Galilée pour le voir. La Galilée c’est le carrefour, le brassage, la vie quoi… C’est là que Jésus est présent et c’est toujours là que Jésus invite à aller… « ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront… »

C’est donc au cœur de ce qui fait notre vie, y compris nos craintes et nos peurs, que Jésus promet sa présence. Croire en Jésus ressuscité, c’est croire en sa présence plus forte que toute mort. Elle nous est parfois difficile à recevoir, à percevoir… nous sommes si souvent comme les femmes à la fois remplis de crainte et de joie. Mais elle est bien là cette présence, à la fois faible comme un rai de lumière et forte comme une pierre roulée. Une présence qui est vie, amour. Une présence qui met en route, qui envoie, qui invite à aller ailleurs, ou plutôt en ces jours où nous n’avons plus la possibilité d’aller ailleurs… une présence qui nous invite à vivre autrement, à changer, à mettre des couleurs à la grisaille de l’ordinaire de notre quotidien.

Au-delà de la crainte, recevons et allons annoncer cette présence du Christ Ressuscité.

«  Venues chercher leurs souvenirs au fond de ce tombeau Marie-Madeleine et l’autre Marie, y trouvent leur avenir. Ce n’est qu’à partir du moment où les femmes auront accepté de quitter ce tombeau de leur passé, quand elles se seront arrachées à ce tombeau vide, vide comme la peur, qu’effectivement elles verront Jésus. « Il vous précède en Galilée… » C’est la terre qui est devant nous, la terre en avant… Jésus n’aura jamais fini de « Re-ssusciter »… »

Jean Debruynne