À Saint-Pierre-le-Vieux, Jean-François Bara conçoit et fabrique des stylos

Jean-François Bara exprime dans ses moments de loisirs une passion tout juste révélée en feuilletant un magazine de bricolage, celle de la création de stylos.

 Deux matières sont travaillées avec une dextérité minutieuse. La galalithe et le bois font alors émerger le stylo de sa banalité, renforçant esthétique et originalité au service de l’homme et de l’écriture. La galalithe, en bâton, tire son origine d’une protéine du lait ; on l’appelle « pierre de lait ». C’est la première matière plastique de synthèse du XXe siècle qui fit les beaux jours des boutons, des bijoux, des matériels électriques, des manches de couteaux, des touches de piano… C’est à l’aide d’un tour à bois sur lequel il fit son apprentissage en autodidacte que Jean-François travaille avec précision le corps du stylo fait de cette matière très dure, colorée, teintée dans la masse, que sa petite taille rend fragile et qui use les outils. À chaque étape du tournage, il doit inclure une prévision du pouvoir de rétractation de la galalithe. La phase finale consiste à obtenir une brillance parfaite par le polissage manuel et délicat de la galalithe,  donnant un vrai coup d’éclat au stylo à plume ou à bille.

Le bois vient d’Afrique, d’Amérique du Sud…

Il utilise aussi des petites chutes de bois d’Afrique, d’Amérique du Sud pour leurs multiples couleurs. C’est aussi l’occasion d’employer le bois des arbres fruitiers, du frêne ou du lilas. « Malgré la concentration soutenue, malgré les difficultés, j’éprouve un réel plaisir à tourner la matière et à créer. Je n’ai pas le droit à l’erreur, c’est un vrai défi permanent. Au moment du tournage et du ponçage je reconnais parfois les senteurs des bois de différents pays africains dans lesquels j’ai séjourné. Mais je suis toujours dans l’obligation de respecter la matière et de laisser se reposer le bois ou la galalithe pendant une quinzaine de jours, selon la complexité de la forme, avant de passer à l’étape suivante. Si le stylo doit conserver sa base utilitaire, je peaufine néanmoins sa présentation, son élégance au gré de ma volonté de personnalisation. »

Il faut le dire, c’est un objet unique, beau dans sa sobriété, dans ses proportions et qui apporte un confort exceptionnel d’écriture ou de dessin. Le stylo-plume ou à bille de Jean-François Bara est à l’opposé des stylos, certes, d’une commodité pratique mais éphémères et jetables à souhait. Ce petit bijou donne réellement envie d’écrire et s’annonce, pour celui qui va le recevoir de sa part en cadeau, comme le compagnon d’une vie.

Jacques Bonnamour

Brasseur à Saint-Pierre-le-Vieux

 La première gorgée de bière ! Ça commence bien avant la gorge, sur les lèvres déjà cet or mousseux, fraîcheur amplifiée par l’écume, puis lentement sur le palais, bonheur tamisé d’amertume… Comme elle semble longue, la première gorgée ! » (Philippe Delerm, La première gorgée de bière).

 

Saint-Pierre-le-Vieux, hameau de La Place, association « Terre de Possibles » (voir le n° 99 du Haut Clunisois). Manuel, le brasseur, s’affaire dans son atelier. Savez-vous comment on obtient une « blonde » ou une « brune » ? Eh bien voilà. Pour obtenir de la bière, il faut une eau de qualité, du malt (orge germé, séché et concassé), qui va donner à la bière sa couleur, du houblon pour l’amertume, et les arômes et des levures. Plusieurs opérations vont se succéder :le brassage, le houblonnage, la fermentation et la maturation. Lors du brassage, le malt concassé est ajouté à l’eau chaude, avec une montée progressive de la température. L’amidon contenu dans le malt va se transformer en sucre qui deviendra alcool pendant la fermentation. Après filtration, on obtiendra une sorte de « gâteau » de céréales et le moût clair.

En incorporant du houblon (le houblonnage) dans ce moût porté à ébullition, on va extraire les résines amères. Nouvel apport de houblon cette fois-ci  aromatique. Le moût, dont on aura retiré le houblon, sera refroidi rapidement et ensemencé avec des levures, amorçant ainsi le processus de fermentation.Celle-ci va durer une semaine, puis il y aura transfert de cuve pour enlever les levures mortes.

La bière va s’éclaircir pendant une à deux semaines, en cuve et au froid. Lors de la mise en bouteille, on ajoutera du sucre pour activer la fermentation et obtenir le pétillement du liquide.

La bière achèvera sa maturation en bouteille, dans un endroit frais. Il aura fallu six semaines au minimum pour la fabriquer et deux mois encore pour qu’elle puisse être consommée. Manuel Norroy est devenu brasseur, il y a huit ans, et boulanger, deux métiers qui ont en commun le travail de céréales et le processus de fermentation.

Manuel aime ce travail artisanal, concret, varié, qui lui permet d’être indépendant, de travailler des matières premières de qualité, d’obtenir des produits également de qualité (mention « Nature et progrès »), et surtout d’être en harmonie avec ses propres valeurs.

Propos recueillis par Jeanne Besson

Fête des solidarités à Saint-Pierre-Le-Vieux

Le samedi 11 octobre dernier, à Saint-Pierre-le-Vieux, une joyeuse agitation règne à l’intérieur et autour de la salle des fêtes ce matin-là. Deux grands chapiteaux ont été dressés à l’extérieur. Tout doit être prêt pour l’ouverture de la deuxième Fête des solidarités. Et tout sera prêt. Même le soleil est de la partie !

Comme l’an passé à Trambly, chacun sait ce qu’il doit faire pour être le plus efficace possible. Avec l’aide, la veille, d’un groupe d’élèves et de leur professeur du lycée professionnel de Vérosvres, tout sera prêt à temps : la Table ronde qui réunira différents groupements ou associations solidaires, les ateliers pour enfants (bricolage, laine feutrée, jeux divers, contes en présence de l’auteur) ou pour adultes (vannerie, tricot, cuisine…), le coin « troc de plantes et de légumes » et la Gratiferia où chacun « apporte ce qu’il peut, emporte ce qu’il veut ». Mais oui ! Parmi tous les objets, les livres et les vêtements collectés les jours précédents, on peut choisir et emporter tout ce que l’on veut, même si l’on n’a rien pu apporter. Beaucoup de nouveaux venus hésitent : la gratuité, aujourd’hui, déconcerte… On découvre le principe de la Gratiferia avec une certaine surprise, puis un réel plaisir à fouiller parmi tout ce qui est présenté. Aujourd’hui, tout est gratuit, même les crêpes au son du piano mécanique, l’après-midi. Cette année, la « librairie » a du succès. Livres et albums partent vite. Et le repas partagé, qui succède à l’apéro en musique, est bien sympathique avec tous les plats salés ou sucrés apportés par les uns et les autres. Il y aura, dans l’après-midi, en même temps que les ateliers, d’autres groupes de musiciens et un bal folk improvisé. Et la soirée se terminera, dans une ambiance très chaleureuse, par la dégustation des « soupes d’ailleurs pour gens d’ici » de l’atelier cuisine. Mais qui est à l’origine de cette fête ? C’est l’association « Villages solidaires en Haute-Grosne » qui a pour but de développer des solidarités plus actives sur notre territoire. Celle-ci s’est donné pour mission d’initier, de développer et de soutenir la solidarité, la coopération et les échanges entre tous. Qui ne se sentirait pas concerné ? « Tout seul, on va plus vite, mais… ensemble, on va plus loin. »

Pour plus d’information

Tél. 06 77 30 29 81
villagesolidaires@sfr.fr

Quand un agriculteur devient écrivain…

Jean Dorin a écrit À flanc de coteaux: il raconte, avec beaucoup de sensibilité et de sens de l’observation, son enfance et sa jeunesse à Saint Pierre le Vieux. Il nous fait entrer dans l’intimité de sa vie de fils d’agriculteurs: les relations familiales, les travaux de la ferme, l’intensité de son amour de la nature. Il est devenu lui-même agriculteur. Je suis allée lui demander pourquoi il s’était lancé dans l’écriture de ce livre, une idée cadeau pour Noël !

Il explique que, s’il y a eu beaucoup d’ouvrages sur la vie à la campagne autrefois, on l’a fait la plupart du temps avec un regard extérieur. C’est rare qu’un agriculteur décrive cette réalité telle qu’il l’a vécue.
Il a donc voulu « écrire une page d’histoire pour laisser des traces, pour que les jeunes puissent connaître le contexte qui a permis de passer d’une agriculture ancestrale à une agriculture de production ». Dans un passé plus lointain, d’une génération à l’autre, il y avait peu de changement. On s’adaptait facilement. Mais ensuite, l’évolution fut très rapide. On était vite dépassé. Les plus âgés pouvaient se sentir dépossédés : ce n’était plus l’expérience qui comptait.

C’était mieux avant ?

Jean se dit heureux que le métier soit mieux considéré, que les paysans soient devenus des chefs d’entreprises. Il avoue que sa description du passé est un peu idyllique. Pourtant, il évoque avec une certaine nostalgie « un temps où on prenait le temps, des hivers où les corps pouvaient se reposer ». Maintenant, il y a plus de contraintes, plus de stress.

Vers l’altruisme

Au-delà de cet aspect purement professionnel, il souhaite aussi montrer comment ce qu’il a vécu dans sa famille et son village, en plus des engagements dans la J.A.C. (Jeunesse Agricole Chrétienne), a amené une évolution personnelle ; une capacité à prendre des responsabilités. Il est devenu maire.
Participer très tôt aux travaux de la ferme, cela allait de soi. On était ainsi habitué à l’effort, à se dépasser. Alors, s’il se réjouit qu’on ait évolué de la notion d’un Dieu juge à la notion d’un Dieu amour, il ne renie pas pour autant les valeurs du passé: « le sens du devoir, ça aide! ».
Il a aussi été influencé par l’exemple de la générosité de ses parents, allant jusqu’à ouvrir leur maison à des familles de réfugiés.

«?Ça fait du bien d’écrire! »

Jean s’est trouvé conforté, rassuré sur ses capacités, étonné lui-même de tout ce qui venait sous sa plume. Il se dit content que beaucoup aient apprécié son livre. Il encourage donc d’autres agriculteurs à faire de même !

Saint-Pierre-le-Vieux : un si bon mental

Saint-Pierre-Le-Vieux se situe en frontière du Rhône, en limite basse de la Bourgogne du Sud. Est-ce parce que ce joli village de montagne est des plus excentrés et l’un des plus hauts que celui-ci, doté de forces naturelles, développe un mental aussi précieux? Son âme, que tous soulignent, du plus jeune au plus âgé, semble nourrie aux valeurs de l’enracinement et d’histoire transmise, de solidarité, d’engagement et d’actions vivaces. Cette âme est évoquée aussi bien par les habitants nés à Saint-Pierre que par les nouveaux arrivants qui l’ont d’emblée adoré et ont adopté son état d’esprit.

Saint-Pierre-le-Vieux revendique haut et fort sa ruralité

Il semble ne pas avoir beaucoup bougé et cependant il s’est adapté. «?Rien n’a disparu des hameaux et écarts, trente-quatre lieux-dits habités, s’égrenant au flanc des vallons le long de la vallée, balayés parles cinq vents selon les jours?» peut-on lire dans Le Cahier d’histoire n°?7 sur les hommes et les femmes de Saint-Pierre-le-Vieux 1878-1972, car ce village entretient sa mémoire par la publication de merveilleux moments de vie.
Quinze agriculteurs pour 350 habitants sont là très accrochés à leur terre. 900 ha cultivés et cultivables ; un ratio aussi élevé que Tramayes et Matour ; beaucoup de hors-sol, car il faut essayer de se débrouiller pour cause de guerre des terres !
Des travaux réguliers dans la commune donnent vie au centre Bourg. Poursuivant l’opération « Cœur de village » qui a vu la rénovation des maisons et de la Place, une nouvelle bibliothèque et une nouvelle agence postale communale viennent d’être livrées. Un soin tout particulier est mis sur l’embellissement, l’accessibilité et les économies d’énergie notamment pour l’éclairage public.
Les enfants des écoles sont aujourd’hui en augmentation. Quarante-et-un répartis en cinq classes de maternelle, CE1 et CM1, sont accueillis à l’école. Beaucoup fréquentent la cantine qui propose des menus équilibrés et de saison.
Des nouveaux venus ou des enfants du pays achètent des maisons à rénover ou font construire. «?La greffe prend?» indique Charles Belicard, maire de Saint-Pierre. Un boulanger, un traiteur, un verger bio ainsi que des artisans offrent leurs services.
Les messes ici sont bien chantées grâce à la forte implication de la chorale. La Jac en son temps a éveillé les esprits et a laissé des traces.

Des associations dynamiques

De belles manifestations réputées sont ancrées dans l’agenda du village. Le rallye pédestre, le feu d’artifice et la fête patronale, la fête du boudin, tout cela est l’œuvre des nombreuses et dynamiques associations qui font preuve d’un grand savoir-faire, d’une étonnante solidarité et d’un bénévolat important,

La préparation du boudin
La préparation du boudin

comme l’amicale des anciens élèves (comité des fêtes), les aînés ruraux qui regroupent 86 personnes pour des rencontres et sorties une fois par mois, mais aussi les associations, « Saint Pierre en fleurs », de la chasse, des anciens combattants, des veuves de guerre, de la cantine et les conscrits. Chacun se sent investi dans la vie du village.

La sampierrade, une formidable réussite

Cette journée de rencontres et de retrouvailles en 2011, sur fond d’histoire et de généalogie, a été une inoubliable occasion de réunir 1 200 personnes à Saint-Pierre.
Au-delà de ce formidable événement, il faut retenir la mobilisation impressionnante des habitants pour le travail préparatoire sur deux années. Il y eut de nombreuses conférences et des ateliers ont permis de se retourner et voir le chemin parcouru. Aujourd’hui, les saynètes en patois perdurent, les actes et photos prêts à être publiés et de nouvelles conférences sont en préparation pour 2013 : Agriculture mondiale, agriculture à Saint-Pierre-le-Vieux et alentours : enjeux d’hier (1960-2012) et de demain (2050-2060).
Du passé au futur, chez lui et autour de lui, ce village sait puiser dans ses racines et regarder vers l’avenir pour tracer son sillon et vivre harmonieusement son époque.

Témoignages de nos anciens… et de la jeunesse

«?Le hameau, c’était la famille?»

Françine Perret (93 ans) et Marie Lamain (88 ans) : « On vit bien à Saint-Pierre, il y a une bonne entente, une bonne entraide. «?On en a besoin de deux, il en arrive dix?», disait Louis Alloin. Nous avons eu un travail dur de paysan. Le dimanche, c’était messe puis en champ aux chèvres et s’occuper des vaches. Nous aimions les fêtes, comme celle des

On vit bien à Saint-Pierre
On vit bien à Saint-Pierre

rois et celle d’été où les nouveaux mariés de l’année devaient sauter par-dessus le grand feu de la Saint Jean sur la route, le bal dans les bistrots et les veillées aussi, pour défouiller le maïs, tiller le chanvre, casser les noix et raconter des histoires. Nous nous rappelons que seuls les hommes siégeaient au banquet des conscrits. Il y a 17 ans, le maire Jo Briday a été le premier à inventer la fête du boudin afin de recueillir de l’argent pour les fleurs de la commune. Ce fut une riche idée car cette fête existe encore et nous en sommes fières. Nous aimons beaucoup notre village. »

« On est bien à Saint-Pierre »

Antoine B. et Arnaud D. entourent un de leurs amis
Antoine B. et Arnaud D. entourent un de leurs amis

Antoine B. et Arnaud D. (17 ans) : « Nous avons l’âge du boudin. On est bien à Saint-Pierre grâce à la vie associative très dynamique. Nous sommes enracinés ici. Sans doute, nous partirons pour voir et découvrir d’autres choses mais nous reviendrons. Nous apprécions de nous retrouver les fins de semaine au stade de foot et aussi pour aider les adultes à la préparation des fêtes. »

La fierté des Sampiarri

L’article du Journal de Saône-et-Loire du 2 août, signé d’Isabelle Philibert, ouvre l’appétit de la rencontre avec Bernard: « cette journée n’aurait pas pu avoir lieu sans l’opiniâtreté de B. Cateland, le concepteur, et de la solide équipe qu’il avait réunie autour de lui pour donner forme à son projet ». « Opiniâtreté souriante », car partagée avec Anne, tient à corriger, plusieurs fois au cours de l’entretien, le principal intéressé.

L’équipe fera son bilan en automne, et pourra le fêter! Quelques chiffres suffiraient à impressionner: plus de 1 000 visiteurs, 150 bénévoles au service de l’entreprise, plus de 1 100 repas servis… Ce serait passer à côté de ce qui s’est vécu: la qualité des ateliers avec ses supports visuels pour la généalogie ou la galerie d’exposition de photos souvenirs et de ce qui se partageait alors, la disponibilité des hôtes de l’expo des objets anciens, la compétence des guides des six visites qui les rend aptes à poursuivre, la générosité des acteurs des saynètes en patois, la disponibilité des intervenants conférenciers, tous témoins de travaux antérieurement partagés (notre bulletin s’est déjà fait l’écho du travail des Cahiers d’Histoire de Saint-Pierre).

Fédérer les savoir-faire

Bref on le comprend, pour que l’entreprise réussisse, il est essentiel que le concept d’origine trouve peu à peu audience, de plus en plus largement, en s’appuyant toujours sur le trio associatif de départ. Tout repose de fait sur les capacités des personnes capables de fédérer le savoir-faire des uns et des autres. Il n’en manque pas à Saint-Pierre qui ont déjà fait leurs preuves. Et il s’en est manifesté beaucoup d’autres. « J’ai été subjugué par les capacités des gens susceptibles de mettre leur savoir-faire au service de ce projet », s’émerveille Bernard. Encore faut-il ce travail de patience pour lever la crainte des difficultés. Ainsi des objets anciens dont il fallait faire comprendre qu’ils reviendraient à ceux qui les mettaient à la disposition du regard de tous. Et désormais sans doute beaucoup plus présentables chez soi! Ainsi des liens entre les anciens habitants de SaintPierre et ces 50 % qui ont en commun d’avoir moins de 30 ans de présence au village.
Tous ont pu découvrir qu’ils avaient un rôle important pour la réussite d’un projet qui, au départ, pouvait paraître ambitieux et qui, au final, ressort comme un lieu où tant de manières de vivre sa fierté de Sampiarri ont trouvé moyen de s’exprimer et de se faire reconnaître.

Saint-Léger sous la Bussière, un village « facile à vivre »

Cette commune se situe au confluent des trois Grosne. Son sol est constitué, en partie, de très vieilles roches volcaniques comme celui du Haut-Beaujolais. Son origine est très ancienne, la première mention date de 979, sous le nom de Saint Léodguin. La Belouze était alors nommée Labelosia.

L’histoire de Saint Léger est en grande partie liée aux puissants seigneurs de la Bussière, qualifiés par le père Fargeton de « grands chercheurs de noises ! »
On racontait à la veillée une histoire qui mettait en scène le curé de Saint Léger, convoqué et réprimandé par le seigneur, qui lui reprochait de « propager parmi le peuple des idées un peu trop révolutionnaires ». Le curé répétait dans ses sermons que tous les hommes étaient égaux devant Dieu !

Un village qui a évolué

Il ne reste presque rien du château, même si on parle encore du « donjon » et la vie des Sandzirons est à l’heure actuelle plutôt paisible ! Les nouveaux habitants disent que leur intégration s’est faite facilement.
A la fin du XIXe siècle, la commune a bénéficié des largesses d’un mécène : Jules Plassard. On lui doit entre autres le groupe scolaire, la mairie, l’église (l’ancienne était trop petite, mais le clocher roman a été conservé). Elle a été rénovée il y a une vingtaine d’années grâce à la mobilisation d’un grand nombre d’habitants (organisation de brocantes).
La population s’accroît tout doucement: 266 habitants au dernier recensement (mais 776 en 1836). Quelques naissances ont lieu chaque année. Des jeunes restent ou reviennent au pays.

Des réalisations récentes

Pierre Lapalus, le maire, est satisfait de l’opération « Cœur de village » : acquisition et réhabilitation d’une maison, création d’un parking avec sécurisation pour l’école, installation de jeux multisports. La salle communale a été agrandie et réaménagée, et l’école refaite à neuf avec une salle multi activités et un accès pour handicapés.
Saint-Léger fait partie du RPI des Grosne. La classe maternelle accueille une vingtaine d’enfants. Grâce à une association de parents et aux prestations d’une cantinière, ils bénéficient tous de repas équilibrés à base de produits locaux.

Saint-Léger travaille

Relativement à d’autres communes du secteur, la population agricole est nombreuse: une vingtaine d’exploitants sur quatorze exploitations. Il s’agit essentiellement d’élevage. La Cuma, dont le siège est à Saint-Léger, est un exemple de la capacité des agriculteurs à s’entendre et à s’entraider (voir bulletin numéro 69, septembre 2008).
Saint-Léger a la particularité d’avoir connu, dès avant la Révolution, une industrie : une papeterie. Par la suite, c’est le travail du bois qui s’est imposé : une usine de bois de brosses et de casiers d’imprimerie a fonctionné jusqu’en 1994. Actuellement, on compte un menuisier, un ébéniste, un charpentier et une entreprise de menuiserie qui emploie 13 personnes et qui est gérée par la famille Laffay. Cet « atelier relais » polyvalent est équipé de machines numériques : fabrication et pose, chantiers de rénovation (voir bulletin de décembre 2000). Nous avons aussi un plombier.

La sécurité est assurée

La commune est heureuse de possé- der un CPI. Gaby Thomas, chef de ce Centre de première intervention nous explique qu’on en retrouve déjà la trace en 1928. Il est composé de 12 pompiers, bientôt 13: un jeune va les rejoindre, après avoir fait les JSP (formation des jeunes sapeurs pompiers). Il est arrivé que leur présence, même fortuite, sauve des vies, ils sont reconnus et appréciés, Gaby parle d’une population disciplinée : peu d’accidents, pas d’appels intempestifs.

Une initiation au secours aux personnes
Une initiation au secours aux personnes

Et nous avons, nous aussi, une activité artistique ! Au hameau de la Chanalle, Dominique Marcadé travaille le verre soufflé. Il fabrique surtout des pièces à la commande (pour l’opéra comique par exemple).
Parole d’une Sandzironne d’adoption: « Saint-Léger est facile à vivre. On s’entend bien, les gens sont solidaires. On se débrouille, on trouve toujours des solutions. »

Un lieu convivial

La Belouze abrite le seul commerce de la commune : « Chez Poun ». C’est un bar-restaurant, dépôt de pain et de journaux. Toutes les générations s’y côtoient. La plupart des clients se connaissent, on vient à telle heure sachant qu’on rencontrera untel.

Des associations actives

Le club des aînés a fêté ses vingt ans d’existence en 2008. Maurice Passot en est le président. Les 23 adhérents sont très assidus aux réunions. Parmi eux, il y a aussi des « vieux relativement jeunes ! » Les activités sont classiques, mais pour la troisième fois, le club organisera un loto, occasion de réaliser une activité en commun. On constate aussi une ouverture vers l’extérieur : se connaître, se mélanger, découvrir aussi des actions de solidarité.
Le comité des fêtes (une quinzaine de bénévoles) organise des repas, un bal, un feu d’artifice, un loto. Céline Rivière, sa présidente, pense qu’il est important de proposer ces occasions de loisirs et de convivialité. L’organisation se fait souvent avec la collaboration du comité de Saint-Pierre.
« Saint-Léger sport-auto » (course rallye) organise aussi des manifestations : repas, expositions.
Le Cias offre repas et colis aux aînés. Une quinzaine de personnes participent au fleurissement. Et n’oublions pas la société de chasse, autre occasion de rencontre et de collaboration.

Un voyage des aînés avec les clubs des villages voisins
Un voyage des aînés avec les clubs des villages voisins