Montagny un comité de fêtes qui contribue à plus de cohésion sociale

Originaire de Mazille, Maryse Tarlet est arrivée à Montagny en 1993. Le comité des fêtes connaissait alors un passage à vide. Maryse participe aux réunions avec un petit noyau tenace désireux de redonner vie à celui-ci, puis est nommée trésorière. Elle en est aujourd’hui la présidente.

Que s’est-il passé, Maryse ?

Au départ, nous avons simplement voulu relancer le comité, avec le village voisin de Brandon. Nous nous sommes toujours très bien entendus. Des jeunes sont venus rejoindre les anciens. Nous avons pu ainsi faire renaître la Randonnée des rois en janvier, le concours de pêche des enfants, la fête de la Saint-Jean à Brandon et proposer, pour la Saint-Fiacre, une exposition de cartes postales et de photographies anciennes et un concours de tartes, belle occasion pour les mamies de rivaliser d’originalité pour obtenir le suffrage des plus jeunes.
La rénovation du four à pain et sa remise en fonction ont beaucoup contribué à cette relance.
Nos débuts ont été modestes. Nous voulions faire quelque chose de simple : manger et discuter ensemble. C’est ce qui se passe par exemple avec le « pique-nique espagnol » en mai où chacun apporte un plat à partager avec les autres.
Une salle a été mise à la disposition des talents locaux pour exposer peintures ou réalisations artisanales. Cette année, une animation sur le thème des métiers d’autrefois a eu lieu à travers le village. Une projection de vieux films des années soixante-dix portant sur les événements et les activités de Brandon fut très appréciée.
L’entretien des chemins de randonnée et la corvée de fagots pour le four à pain sont aussi l’occasion de repas partagés et parfois de découvertes, comme celle de la recette du café du cow-boy…
Nous venons récemment de nous mobiliser autour de David pour lui venir en aide (un beau succès !) avant de nous mobiliser à nouveau pour le Téléthon.

Quel bilan faites-vous du succès de ces initiatives ?

Rien n’aurait pu être fait sans la bonne entente entre les deux villages, la collaboration des différentes associations, l’implication des anciens et la participation des jeunes. On peut vraiment parler de brassage inter-générationnel. Motiver, mobiliser, rassembler, partager, tout cela a contribué à créer ou à renforcer des liens et à être un véritable élément de cohésion du village.

Montagny-sur-Grosne

Montagny : un village qui s’accroît. C’est le plus petit village du canton de Matour : 683 hectares, mais une population qui
s’accroît : 43 habitants en 90, 86 au début 2009, et 89 maintenant avec les 3 naissances enregistrées cette année : plus qu’un doublement en 20 ans. Un bel exemple de dynamisme ! Dans le même temps, la population du canton ne s’accroissait que de 9 % !

Alors, pourquoi ce bond ? Pierre Lardy et Dominique Sauvageot, l’ancien maire et la nouvelle mairesse sont catégoriques : Montagny attire les jeunes car tout en étant proche de la grande route express et de ses liaisons rapides avec les villes, on y reste à l’écart, bien au calme et au vert dans nos vallons et nos forêts. Des jeunes ? Pour certains, ce sont les enfants de ceux qui avaient quitté autrefois le village, leurs exploitations agricoles n’étant plus viables. Le tiers de la population a moins de 18 ans. 21 enfants sont scolarisés, dans le RPI de la Noue pour le primaire, puis dans les collèges de Matour ou Cluny. Grâce aux services intercommunaux, SIVOS et SIVU, les besoins des enfants sont pris en charge, transport et cantine scolaires, garderies, activités de loisirs. Village de la convivialité. C’est un trait dominant du village, que reconnaissent tous ceux que nous avons interrogés. Et ce, grâce à l’accueil de tous ses habitants et au dynamisme de nombreuses associations fonctionnant souvent en partenariat avec Brandon : Comité des fêtes, Club de la belle époque pour personnes « d’âge de raison », Anim’écoles pour soutien aux écoles, Amicale des chasseurs, AIV, etc. On ne compte plus les fêtes et manifestations : cuissons ouvertes et festives au nouveau four à pain (inauguré en 2001), repas du CCAS, randonnées en association avec Brandon, kermesse et manifestations pour les écoles, et, point d’orgue des fêtes montagnonnes : la grande fête de la saint Fiacre qui est aussi la fête du pain, généralement le premier dimanche de septembre (le bon saint accepte alors qu’on décale un peu sa fête, normalement le 30 août). Le thème de cette fête ? On célèbre surtout les activités et métiers d’autrefois : la fabrique du pain, bien sûr, le travail au lavoir, à la baratte, le tricot, la dentelle, et même la fabrique de cordes… Et puis, comme en tout village gaulois, la fête se termine par un grand repas et de la danse.

Le sentiment fort d’appartenir à un lieu

Un village qui met en valeur ses richesses. Son patrimoine, tout d’abord : restauration de vieilles demeures, d’un lavoir, d’une fontaine et du four à pain. C’est aussi un village qui sait accueillir ses nombreux artisans et artistes. Facteur et restaurateur de pianos, reconnu et recherché bien au-delà de ses frontières, passionné de cheval, Patrice Sauvegeot apprécie la présence de la forêt, l’espace, le silence, la proximité des grandes voies de communication, l’accueil chaleureux, la facilité à se connaître les uns les autres et le sentiment fort d’appartenir à un lieu. Boulanger pâtissier de formation, Patrick Charvet est devenu « marchand de douceurs » : douceurs de cerise à l’infusion de fleurs d’acacia, de mirabelle à la fleur d’oranger, de framboise au chocolat blanc, gelée de glycine… Patrick fait tout lui-même : élaboration « à l’ancienne », conditionnement, diffusion et vente. Il aime la tranquillité du village et les chemins dans les bois où il puise son énergie. Jean-Pierre Leroy est expert forestier. Il gère des forêts privées, définit les coupes de bois, les plantations et les dégagements et a en charge ce qui relève de la chasse, de la gestion durable et des ventes aux enchères. Attiré à Montagny par la présence d’une très ancienne demeure qu’il a restaurée, il apprécie le calme des lieux et la préservation de leur caractère rural originel.

Des habitants « pas ordinaires »

Originaire de Montagny, Daniel Lardy élève des vaches, achète du lait de chèvre et fabrique des fromages qu’il vend sur place, sur les marchés ou dans des magasins. Il souhaite que le village ne perde pas son âme, son caractère propre, par une urbanisation trop rapide. Qualité de vie, convivialité et engagement de ses habitants caractérisent pour lui Montagny. James Michalopoulos, artiste peintre et sculpteur aux activités multiples, est américain. C’est le hasard et la beauté des paysages qui l’ont conduit dans notre région. Il vit et travaille au château d’Ouilly cinq mois par an et le reste du temps à la Nouvelle-Orléans quand il ne parcourt pas le monde pour ses expositions. Montagny, ses monuments et ses habitants « tous différents, tous sympathiques, tous intéressants » lui plaisent beaucoup. Il regrette de ne pas avoir assez de temps pour participer à la vie du village et souhaite que celui-ci garde son caractère le plus longtemps possible. D’origine américaine, naturalisée française, Marcia Hadjimarkos est une concertiste célèbre, de renommée internationale. Elle est aussi traductrice. Le piano-forte et le clavicorde sont ses instruments de prédilection. Elle a choisi de vivre dans un hameau de Montagny, attirée par la proximité de la nature, la beauté du lieu, la présence furtive des animaux de la forêt et le caractère ancien de l’habitat qu’il faut veiller à conserver. Des projets pour le futur ? « Déjà, poursuivre l’entretien de notre patrimoine, nous dit Dominique Sauvageot, par exemple la peinture intérieure de l’église. » Et puis, il nous faut « repousser les murs » : « Nos espaces publics deviennent trop petits et doivent être rénovés : c’est pourquoi nous allons nous engager dans une opération « coeur de village » aidée par la région. » « Mais notre meilleur projet, dit-elle pour conclure, c’est bien que se fortifie toujours notre communauté vivante et amicale. »

La fontaine restaurée. © le haut clunisois
La fontaine restaurée. © le haut clunisois