Boulanger à Dompierre de retour au pays

Après avoir obtenu son CAP de boulanger puis de pâtissier au CFA de Mercurey, en 1993, puis reconnu à 17 ans, en 1995, « Meilleur apprenti de France », il vient travailler à Cluny où on ne tarde pas à apprécier la qualité de sa production. Trois années de suite, il va remporter le 1er prix de la pièce artistique au Concours régional de Dijon.
En 2008, il est champion de France et en 2009… champion du monde !
Il devient alors formateur itinérant en France et à l’étranger (Japon, Corée du Sud) et assure des activités de conseil, développement et formation en boulangerie.
Et en 2012, il revient à Dompierre et s’installe, avec Isabelle, dans la boulangerie joliment rénovée, en face de l’église.

Qu’aimez-vous, dans votre métier ?

Travailler une matière vivante, qui réagit chaque fois différemment. Nous sommes tributaires, par exemple, du temps. Le pire, pour nous, c’est l’humidité ou la chaleur. Quelle pâte allonsnous obtenir ?
J’aime aussi former de futurs boulangers, apporter mes connaissances, partager mon savoir-faire.
J’apprécie également le rapport à la clientèle, surtout ici, avec l’ouverture du laboratoire sur le magasin, ce qui permet au client de nous voir travailler.

Encourageriez-vous un jeune, aujourd’hui, à entrer dans la profession ?

S’il est vraiment déterminé, s’il est passionné par ce travail, alors je lui dirai de foncer. Mais il faut qu’il sache qu’il ne devra pas compter ses heures et qu’il devra travailler dur. Je commence à 3 heures du matin (à 1 h le week-end) et ne m’arrête qu’à 13 heures.
Je suis parfois surpris de voir le manque de courage, de ténacité et même tout simplement de propreté de certains.
Le plus lourd, pour moi, ce n’est pas le nombre d’heures à effectuer mais la gestion de l’entreprise, tout ce qui relève de l’administratif.
Nous avons du mal à trouver des apprentis et encore plus des ouvriers. Ceux-ci ne tardent pas à arrêter, compte tenu des conditions de travail, peu compatibles avec une vie familiale.

Et si vous aviez un souhait à formuler ?

Je pense qu’il serait temps de limiter la multiplication des grandes surfaces. C’est la disparition assurée, à plus ou moins longue échéance, des petits commerces locaux et des artisans. Nous en avons un exemple, pas très loin d’ici. Je voudrais que chacun ait sa place et soit reconnu et apprécié pour la qualité de sa production

Faire la paix ? Question de méthode…

La paix, la violence dans notre vaste monde, on en parle beaucoup ! Les médias s’en nourrissent avec leurs lots de jugements hâtifs sans trop de discernement, tournés plus vers l’immédiat que le long terme… Le spectateur, lui, regarde… et se sent bien impuissant.
Mais la paix, cela regarde la vie de tous les jours ! Avec ses conflits, des situations difficiles, des mots qui fâchent, en famille, à l’école, dans la rue : faire la paix, ici et maintenant, ce n’est pas facile ; il y faut de la réflexion et de la méthode.
Un exemple? Prenez une bagarre dans la cour de l’école : Pierre et Henri en viennent aux mains, le maître qui préparait son cours dans la classe, voit cela par la fenêtre et se précipite dans la cour.
Premier scénario : le maître énervé réagit brutalement : « Henri, tu vas m’écrire 20 fois : Je ne me bats plus contre Pierre, et toi, Pierre, tu files au fond du préau ». Résultat : les gamins se sentiront mal reconnus, et punis sans justice.
Autre scénario : le maître procède en petites étapes ; il leur demande d’abord de décrire précisément, le « comment » : les faits de la bagarre. Il amène ensuite chacun à exprimer ce qu’ils éprouvent, leurs « sentiments » : peut-être colère chez l’un, jalousie chez l’autre. Et dernière question du maître : pourquoi donc cette bagarre, « quels besoins » mal satisfaits ? Réponses un peu hésitantes : « Il se moque de moi et me traite de tous les noms », dit l’un. « Ce n’est pas vrai, dit l’autre, il veut avoir le dernier mot et me traite de fayot. » Alors souvent, après cet effort de clarification, et chacun ayant exprimé à sa façon que son besoin de reconnaissance n’était pas satisfait, le conflit se réglera mieux. Tant de conflits, en famille, entre voisins, se règlent mal par manque de savoir-faire. Bien des déconvenues et des tristesses seraient évitées si l’on suivait quelques pistes de bon sens, telles celles-ci proposées par de nombreux éducateurs et psychologues*, pour une bonne gestion des conflits.

Se sentir bien avec soi-même et ainsi ne pas avoir peur de l’autre

Mettons déjà des mots précis sur la situation de conflit par une observation objective des faits ; tant de conflits naissent de malentendus !
Sachons reconnaître nos émotions, nos sentiments éprouvés dans le conflit et parvenons à les nommer. Reconnaissons nos propres besoins plus ou moins méconnus et maltraités dans le conflit.
Écoutons l’autre avec conscience et sachons entendre ses propres émotions et besoins, sans interprétation ni jugement.
Ainsi, par ces partages honnêtes, la paix fera mieux son chemin et débouchera peut-être sur un accord mutuel, gagnant-gagnant !

*Lire notamment : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la communication non-violente, de Marshall Rosenberg Éditions La Découverte, 2005

Libérer le futur

Une autre année va débuter. Il n’y a pas vraiment de rupture, de séparation entre deux années civiles, comme il en existe entre deux années scolaires. Mais nos vœux correspondent bien à la perception du passage d’une étape terminée à une autre étape à venir. Quelque chose est fini et autre chose va commencer, qui pourra être différent. C’est une occasion privilégiée de s’interroger sur l’avenir.

Que sera 2014 ? Notre questionnement est fonction de notre âge et de notre état d’esprit : espoir de réussite, d’évolution positive ou crainte d’événements douloureux. Qui sera encore là dans un an ? Ce qui nous a été donné peut nous être repris. C’est l’inconnu. On souhaiterait souvent continuer comme avant, mais tout change, tout se transforme tout le temps. Les événements ne se passent pas souvent comme on les avait prévus, imaginés.
Il nous faut donc en quelque sorte nous attendre à l’inattendu. Nous avons tendance à reproduire ce qui a déjà marché, alors qu’il faudrait accepter de se réveiller, de remettre en cause nos habitudes bien ancrées, de nous changer nous-mêmes.

Des « cadavres dans le placard »

C’est difficile parce que l’année nouvelle nous retrouve semblables à ce que nous étions l’an dernier, avec tout le poids du passé. On ne peut pas faire table rase de ce passé. Il nous a construits. Il n’est pas question de le rejeter ou de l’oublier, mais de faire en sorte que le futur ne soit pas écrasé, enfermé dans les conséquences de nos actes. Les souvenirs douloureux, les échecs, les rancœurs entretiennent nos ruminations, notre colère intérieure. Les ressentiments pèsent lourd. Ce fardeau, ces entraves nous encombrent, nous épuisent, nous empêchent d’investir notre énergie dans le présent. C’est ce qu’on appelle « les cadavres dans le placard », cachés mais bien présents, et encore actifs.
Jean-Paul Kaufmann, otage au Liban déclarait: « L’esprit de vengeance m’est apparu comme une seconde souffrance, il empoisonne l’existence. »

Pour être heureux et en paix, il faut parfois savoir se libérer du poids du passé.
Pour être heureux et en paix, il faut parfois savoir se libérer du
poids du passé.

Pardonner

Ce qui peut nous délivrer du passé, c’est le pardon. On le situe souvent uniquement dans le domaine moral ou religieux. On en fait un devoir, une action vertueuse. Mais c’est aussi une manière d’être plus heureux, de retrouver la paix : éliminer ce qui nous entrave, ne pas ressasser, s’ouvrir, faire de la place, libérer le « disque dur », retrouver nos chances d’évolution, de reconstruction.
Pour la personne offensée, pardonner à l’autre gratuitement, c’est difficile : pardonner l’impardonnable, « même quand nulle excuse ne saurait excuser » (Vladimir Jankelevitch). Et pourtant « rien ne peut renaître et vivre si nos poings sont fermés » (Didier Rimaud). « Ouvrir le poing pour retrouver la main » (Jean-Yves Leloup) c’est souvent au-dessus de nos forces. Mais peut-être y a-t-il en nous plus grand que nous auquel nous pouvons faire appel.
Il est important aussi de se pardonner à soi-même. Ce n’est pas forcément plus facile que de pardonner aux autres. Il ne s’agit pas de nier sa culpabilité, mais de ne pas la traîner comme un boulet qui nous ralentit ; se réconcilier avec soi-même, accepter ses limites, ses insuffisances, assumer d’être ce que nous sommes.

Obsèques, heure de vérité…

Au cours de célébrations de funérailles, il m’arrive d’être le témoin de moments de rare vérité. Et plus souvent qu’on ne le pense ! Le texte qui l’illustre ici vient souvent au dernier moment, comme si son auteur éprouvait qu’il ou elle ne pouvait pas se taire davantage. Ce qui se traduit le plus souvent par une phrase du genre « X souhaite dire quelque chose ». Par rapport à soi même ? Par rapport à son entourage familial ? Ou plus largement encore ? Sans doute un peu de tout à la fois. Certes l’assemblée, ce jour-là rassemblée, ne l’entend pas toujours très bien : l’émotion ne se maîtrise pas comme on voudrait, le micro ne fonctionne pas très bien, le texte préparé à la hâte n’est pas facile à relire, que sais-je encore !
Merci à son auteure d’avoir accepté que sa retranscription soit communiquée plus largement par la voie de notre journal, tout en respectant son anonymat. Rien n’a été changé ou réécrit. Peut-être serait-il bon de le lire à haute voix, et ainsi d’éprouver la difficulté de rédiger ce qui est intime et pourtant partagé, ce qui est singulier et qui, paradoxalement, devient universel, ce qui a blessé et s’avère un baume qui réchauffe les raisons de vivre. Si tel ou tel souhaite réagir à la lecture de ce texte, je peux le faire suivre à son auteure. La suite vous appartiendra.

Le pardon

Admonester, maudire, regretter, comprendre, compatir…
Combien de randonnées solitaires débuteront avec rage, combien de vaisselles seront curées les larmes aux yeux…
Et puis, peu à peu, les mâchoires se desserrent, les larmes sèchent, la vie revient. Le deuil fait son chemin…
Si on ne pardonne pas, un jour ou l’autre, on s’épuise.
Le pardon qu’on donne, c’est le pardon qu’on se donne.
Le temps du pardon vient pour qui le cherche, après le passage de la fureur et de la peine,
au moment où il convient de se réconcilier avec soi-même.
Le temps ne fait rien à l’affaire : rien ne peut défaire ce qui a été fait, donner ce qui n’a pas été donné, dire ce qui n’a pas été dit.
Il n’y a aucune possibilité d’annuler les erreurs ou les blessures.
Ainsi, le pardon semble la démarche la plus prometteuse pour qui refuse l’oubli et ne veut pas porter plus loin la rancune.
Il promet l’apaisement personnel et la pacification familiale.
On peut pardonner aux vivants, on peut pardonner aux morts.
On peut le leur faire savoir ou le garder pour soi.
L’important est que la pensée se libère et que la vie revienne.
Le pardon est un don que les générations accordent aux générations.
C’est l’acte de réconciliation avec soi-même qui surgit souvent au coeur de la maturité.
Pour cela, pour chacun d’entre nous, il n’est jamais trop tard.
Le pardon promet la paix à celui qui pardonne et une plus grande liberté à ses propres enfants.
Le pardon qu’on accorde à nos parents est une promesse faite à nos enfants.

Journée de rentrée : Saint-Léger à la croisée des chemins

Ce 8 septembre, il fallait être courageux pour décider de s’équiper et faire cette marche de rentrée, en chantant « Grand bonjour et bonne nouvelle… » Mais suivant le vieil adage, « la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin ».
Nombreux sont les courageux partis avec cette conviction. Et si la pluie ne les a pas contrariés, elle était bien présente l’après-midi !
À Saint-Léger une petite équipe attend les premiers marcheurs qui commencent à arriver dès 11h45, venant des treize villages (où presque).
Après des retrouvailles et des embrassades chaleureuses — suivant l’habitude des précédentes rencontres — le moment de réconfort bien attendu et bien apprécié a eu lieu autour du bar dans la salle de Saint-Léger ; où Guy avait préparé un apéritif bien sympathique.
Une bonne quarantaine de personnes, un verre à la main, ont pu discuter : du temps, de l’été, des vacances et de tant d’autres sujets… sans oublier la rentrée ! L’effectif a très vite grossi, avec ceux qui ne peuvent plus faire la marche, mais qui tiennent à partager ce moment d’amitié.

Grand bonjour et bonne nouvelle, nos chemins se sont croisés ! Nous irons aux terres nouvelles vers un monde à inventer.

Les matinaux ont eu une petite faim ; des tables se sont donc formées pour partager le panier de chacun. Moment toujours convivial, où l’on voit circuler de tables en tables les desserts, sans oublier les bouteilles bien sûr ! On a pu remarquer une table de très jeunes de Matour ; c’est rassurant de voir des têtes moins grises !

Les plus jeunes ont participé activement à l’atelier fleurs.
Les plus jeunes ont participé activement à l’atelier fleurs.

Vers 14 heures, il est temps de passer aux ateliers. Les uns se sont réunis autour d’André et de Pierre qui, avec photos à l’appui, ont donné toutes les informations sur la future maison paroissiale. Ce projet, déjà bien avancé, verra bientôt le jour. Puis, Cécile qui a pris les choses en mains pour la création du site Internet de la paroisse, a présenté son projet déjà bien avancé lui aussi !

Clôture de la journée par la messe animée, chantée et décorée comme un jour de fête.
Clôture de la journée par la messe animée, chantée et décorée comme un jour de fête.

Quant aux plus jeunes très inté- ressés par une activité concrète, ils se sont joints à l’atelier fleurs. Tous très motivés, ils ont réalisé une petite composition… qui, ensuite a servi de décoration lors de la messe, mais que chacun a pu emporter après.
Sans réaliser, nous étions déjà à 16 heures, l’heure de la messe, beaucoup de personnes sont arrivées pour terminer ensemble cette bonne journée. La salle communale, pour une fois est devenue chapelle ! Puis chacun est reparti, vers son village sous la pluie, prêt à reprendre ses activités et ses responsabilités, en se disant : c’était une très bonne journée, pleine de joie et d’amitié.

Vivez l’Esprit de Noël !

n°90 – décembre 2013

Notre Noël chrétien est parfois malmené à des fins mercantilistes et nous parlons plus aisément aujourd’hui de l’Esprit de Noël. Difficile de ne pas s’interroger sur l’Esprit de Noël. Non, non, ne le cherchez pas au fond de votre caddie de cadeaux, s’il est une valeur qui ne se marchande pas (encore), c’est l’Esprit de Noël. Mais, qu’est-ce donc cet Esprit ? Esprit de joie, de fête de partage. La veillée de Noël, par ses chants enjoués, ses familles retrouvées autour de la crèche pour fêter la naissance de l’enfant de la promesse, ses repas de fête où le temps semble souvent être suspendu dans un moment de paix et sérénité, là se trouve l’Esprit de Noël. Noël est pour tous, consciemment ou non, signe de joie et d’espérance. Cette plénitude, c’est l’amour qui entoure la naissance du Christ.
Douce nuit, sainte nuit
Dans les cieux, l’astre luit.
Le mystère annoncé s’accomplit.
Cet enfant sur la paille endormi,
C’est l’amour infini, c’est l’amour infini.
Alors gardons à l’esprit que « Noël n’est ni un jour, ni une saison c’est un état d’esprit » (Calvin Coolidge). Alors je vous souhaite des Noël à n’en plus finir !

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