Marchand forain en milieu rural

D’après une enquête menée par la revue Rungis Actualités, les marchés forains en milieu urbain n’ont peut-être jamais été aussi populaires qu’aujourd’hui. Et en milieu rural ? Rencontre avec trois figures familières du marché de Matour : Odile, productrice de fromages, Olivier, producteur de fruits et de légumes et Sébastien, le poissonnier.

Faire le marché, cela veut dire quoi pour vous ?

«?Être dehors, être libre, rencontrer des gens?» répond Sébastien qui fait cinq marchés dans la semaine. «?Connaître un moment de détente par rapport à mon travail habituel à la ferme?» apprécie Odile qui ne vend qu’une fois par semaine.
«?Un jour moins fatigant que les autres?» estime Olivier qui passe le plus clair de son temps à s’occuper de ses terres et de ses serres.

Que trouvez-vous de plus difficile ?

«?Le mauvais temps! Le vent et la pluie en même temps, le froid l’hiver ou la chaleur l’été, surtout quand la marchandise est fragile.?»

Que craignez-vous ?

Pour l’un c’est la peur de voir les marchés disparaître peu à peu. Pour l’autre, au contraire, les marchés sont appelés à se développer davantage, compte-tenu d’une certaine perte de confiance vis- à-vis des grandes surfaces. Et pour la troisième, c’est la crainte de décevoir le client.

Qu’est-ce que vous n’aimez pas ?

Là encore, les réponses sont différentes. L’un va mettre en avant tout ce qui relève de « la paperasse ! » et parfois l’attitude de certains clients. L’autre va spontanément évoquer le mauvais temps. Et la troisième ? Rien du tout! Tout va bien.

Qu’appréciez-vous le plus ?

Unanimité! Le contact avec le client! La bonne entente avec les collègues. Et la convivialité du village qui autorise le tutoiement et la plaisanterie parce qu’on se connaît bien.

Quelles sont les qualités indispensables ?

Il faut aimer les contacts humains, être souriant, patient, savoir écouter et «?prendre beaucoup sur soi?».
Même les jours où cela ne va pas, il ne faut jamais le montrer.? Le plaisir d’acheter des produits frais dont on connaît l’origine et la qualité sanitaire, la volonté de satisfaire le client, l’animation apportée au cœur de nos villages… Que nos amis les marchands-forains se rassurent. Nos marchés ne sont pas prêts de disparaître…

Un territoire, des spécificités

Le n° 87 présentait le début de cet article, sous le titre « Le tour des villages se poursuit », avec une lecture de l’ensemble des treize villages de la paroisse. Et si on entrait plus avant dans le détail et la singularité de chacun d’entre eux ! En ce qui concerne les chefs lieux Matour, Tramayes et aussi Dompierre Les-Ormes, ceux-ci cultivent des thèmes qui leur sont propres mais aussi la promotion volontariste du tourisme sur notre secteur.

Dompierre, son village des meuniers, l’Arboretum de Pezanin et la Galerie Européenne de la forêt et du bois. Matour tire aussi sa réputation de nombreuses animations, rallyes, fête des potiers, soirée des amis du Manoir et nombreuses expositions autour de la Maison des patrimoines. Le collège, la piscine et le camping, le cinéma sont des atouts pré- cieux. Tramayes conforte sa notoriété sur le thème du développement durable. La foire de la Sainte-Catherine parmi d’autres animations reçoit de nombreux visiteurs et le concours des Charolais a la cote. Le développement du pôle de services et d’emplois ainsi que la zone artisanale constitue un potentiel de vie économique appréciable.

© Pascal Chantier
© Pascal Chantier

On peut noter que tous les villages bénéficient de nombreuses animations notamment pour les aînés comme à Germolles où le club vient de renaître, aussi à Saint-Pierre-le-Vieux où le club a beaucoup d’adhérents, Trivy et Saint-Léger-sous-la-Bussière qui par ailleurs héberge un souffleur de verre. Trivy a installé ses nuits musicales qui drainent des passionnés. Saint-Point anime le bord du lac avec ses soirées guinguette l’été dont un premier festival Reggae. Le « Ptit Piment » cabaret, deux sculpteurs sur bois et un matelassier décorateur complètent les propositions artistiques. Trambly soigne ses chalets et sa roseraie tandis que la Chapelle-du-Mont de France souhaite lancer ses randonnées. Des fêtes communes résultant d’un passé lié perdurent comme à Brandon, Montagny-sur-Grosne, et Clermain avec le téléthon ou comme Germolles et Tramayes. Des repas de quartiers font la joie des nouveaux arrivants, cités à Brandon et Saint-Pierre-leVieux. Montagny-sur-Grosne, le plus petit du canton de Matour gagne des habitants et héberge des artistes tombés sous son charme. Saint-Pierrele-Vieux a initié des rencontres sur l’histoire et la généalogie, des marches du patrimoine et une ligne éditoriale.

Complémentarités et solidarité

Ce tour d’horizon des villages permet de dégager que tout se tient : la ruralité tient à la présence des éleveurs, de leurs installations, des surfaces qu’ils exploitent, des animaux qui les paissent, des haies entretenues, des treize bourgs et de leurs deux à trois centaines de hameaux disséminés entre vallées et petites montagnes bosselées. En émane un paysage de bocage et forestier plaisant, une toile de fond, qui dans l’inconscient fait rester au pays, y attire les nouveaux-venus, ce que à quoi concourent aussi les liens familiaux, intergénérationnels, mais aussi individuels, associatifs et festifs. Mais les services ne peuvent être partout, ni les commerces, ni les artisanats, tous ont leur budget à réaliser pour vivre. Ainsi, contre une mentalité très actuelle, le chacun pour soi, les treize villages (avec quelques autres d’ailleurs) n’ont qu’une issue, développer leurs complémentarités et leur solidarité en usant au mieux de leurs atouts, ruralité, artisanats, commerces, bassins d’emplois, éduquer et instruire, soigner, s’ouvrir… et soulever le couvercle posé sur l’histoire qui loin de se résumer à des querelles de clochers raconte le passé de leurs liens. Ce qui signifie jouer ensemble, et donc continuer de reconnaître les autres villages que le sien. On peut le faire de différentes façons, chacun saura trouver la sienne. Par exemple, pour les nouveaux venus, emprunter les circuits « balades vertes » et les boucles intercommunales qui relient entre elles toutes les communes afin d’aller les découvrir dans leur patrimoine très diversifié, église, mairie, ponts, lavoirs, four à pain… Tout un symbole de la reconnaissance.

Réseaux sociaux: new deal de la communication?

Twitter, Facebook & co: une offre variée de mise en relation avec autrui. Mais pourquoi cet engouement?

L  monde tel qu’il était seulement quinze ans auparavant : je me souviens de la file d’attente au lycée, devant la cabine téléphonique de l’internat pour pouvoir appeler ses parents. Le téléphone portable – que les plus jeunes qualifieront dorénavant de « frigidaire », étant donné leur taille et leur faible fonctionnalité -, n’était pas encore démocratisé. Bon, soyons honnêtes, la folie du «?rester connecté avec les copains?» nous guettait déjà. Sitôt rentrés à la maison, on filait souvent vers le téléphone familial pour appeler les copains et se raconter tout ce que l’on n’avait pas eu le temps de se dire pendant une journée d’école…

Qu’est-ce qui a vraiment changé ?

L’échange de mails, de SMS, puis les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…), autant de moyens de se mettre en contact avec le plus grand nombre instantanément. Les plus jeunes ont été séduits instantanément, les plus âgés doutent et certains finissent par se lancer… Mais pourquoi ? Par curiosité ? Au départ, certainement. Par addiction? À terme, fatalement. Retrouver des camarades de classe, des copains de vacances perdus de vue… au début, c’est alléchant et rien de plus facile.

Qui sont mes vrais amis ?

Vous êtes vous demandé si vos amis Facebook étaient vraiment vos amis? Virginie a cuisiné des macarons tout l’après-midi, Jérémy est parti en vacances au Sénégal, Stéphanie est triste: connaître les moments de la vie que chacun souhaite partager, mais dans quel intérêt ? Certainement un petit côté narcissique à l’origine : j’ai vécu un moment inaccoutumé et je souhaite le diffuser au plus grand nombre pour les rendre envieux, avec pourtant un besoin d’appartenance à une communauté. Quand on partage quelque chose sur Facebook, on attend souvent en retour des commentaires ou des « j’aime ».

Lancer un pavé dans la mare

Avec Twitter, c’est le côté : avoir la dernière information tout de suite, qu’elle soit validée ou non d’ailleurs. Les hommes politiques sont friands de ce réseau : on lance un commentaire et on voit comment la population réagit… «?Ce qui est compliqué, c’est que c’est en train de changer des choses, mais beaucoup moins en rupture qu’on l’imagine…Il est probable que les générations qui sont nées avec ces formes de réseaux vont avoir des pratiques de communication et de mise en scène de soi qui sont plus naturelles, plus immédiates. ça ne veut pas dire qu’elles vont faire tout et n’importe quoi », explique le sociologue Dominique Cardon.
Inutile donc de diaboliser les réseaux sociaux ni de les aduler. Comme pour toute relation, il faut simplement savoir ce que l’on y cherche et ce que l’on veut en faire. C

Le service des malades reçoit des professionnels de la santé

Il y a une dizaine d’années que notre équipe paroissiale du service des malades existe. Nous sommes une quinzaine de personnes venant de sept villages. Nous visitons surtout des personnes âgées. Certaines vivent chez elles. Elles sont encore autonomes ou déjà assistées. D’autres sont en établissement. Nous les voyons à titre personnel, amical, ou bien dans le cadre d’une association – Croix Rouge, ADMR, animation en maison de retraite -, ou encore avec une référence religieuse.

Ce qui nous constitue comme équipe au service des malades, ce sont nos réunions, environ une fois par trimestre. Le but est d’échanger des informations, de confronter nos vécus et de réfléchir sur notre action. Nous avons besoin de ce soutien mutuel pour nous dynamiser, nous relancer dans une mission parfois facile et agréable, parfois difficile et incertaine.

Des témoignages, des encouragements, de l’humour

Pour ne pas nous limiter à nos propres expériences, nous invitons réguliè- rement des personnes extérieures : médecins, infirmiers libéraux ou hospitaliers, directeurs ou cadres d’établissements, aumôniers. Ces professionnels ont un rôle différent du nôtre et nous le font découvrir. Ils sont intéressés par nos interventions qui sont complémentaires des leurs. Ils nous encouragent et nous rassurent parfois si nous doutons de la valeur de notre action. Certains nous ont expliqué que ces échanges les avaient aidés à mieux comprendre leurs propres interventions en les obligeant à s’expliquer. Ces rencontres, bien que sérieuses, sont toujours sympathiques et certains intervenants nous ont montré qu’on peut parler d’une personne avec beaucoup d’empathie et même avec tendresse, mais aussi avec beaucoup d’humour. Rire ensemble est aussi dynamisant et thérapeutique !

Des exemples concrets

Les sujets abordés ont été très nombreux et il est difficile de choisir. En fait, nous en revenons très souvent à la qualité de la relation. Comment être dans une véritable écoute sans jugement ni prise de pouvoir ? Dans une époque où on valorise la jeunesse, où on aime les vieux qui n’en sont pas… comment aider une personne très diminuée à se vivre comme sujet autonome? Un infirmier nous a donné un exemple concret: la toilette. Pour mettre en confiance et respecter l’intimité, on crée des repères en procédant toujours de la même façon.
Comment ne pas mettre en difficulté un malade Alzheimer? Conseils : éviter de lui poser des questions, ne pas lui demander de faire deux choses à la fois. Que répondre quand une personne interroge « A quoi je sers ? » Difficile de ne rien faire quand on a fait partie de la génération travail! Que dire quand on ne peut plus rien, quand il y a une demande d’euthanasie? Comment accompagner un mourant ?
Nous avons participé aussi à des journées de formation. Mais, heureusement, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre !

Solidarité et fraternité pour tous

n°88 – juin 2013

Le froid de ce printemps peu éveillé est bien à l’image de ce moral en baisse dont les médias nous rebattent les oreilles.
Cependant, qui peut nier que notre monde change? Et que s’épuise la croissance! Car les ressources naturelles de notre planète deviennent plus rares: moins de pétrole, moins de métaux, pollution de l’eau et l’air. Alors, c’est sûr, les pays plus riches devront faire de la place aux pays en développement et apprendre à consommer moins, à se serrer un peu la ceinture… Solidarité et fraternité, ce sera bien la nécessité pour tous. Qu’il y ait du travail pour tous, nous l’espérons bien sûr. Mais aussi que l’on trouve du temps pour autre chose que bosser, consommer et regarder la télé. Voir ses voisins, ça ne coûte pas cher: se rencontrer, échanger des savoirs, inventer du neuf…
Un exemple ? Plusieurs paroisses de la Grosne et de Tramayes à Saint-Gengoux, conscientes de leur éloignement, cherchent à se rapprocher. Tout d’abord, pour s’entraider dans leur travail: préparer des obsèques, voire préparer des baptêmes ou des mariages. Mais aussi, plus largement, inviter les habitants à se connaître mieux, à se rencontrer, notamment autour d’une conférence ou d’un repas. Suivons ce que nous dit le Christ: « Quand vous serez plusieurs réunis à vous connaître mieux, je serai là… »

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