Saint-Pierre-le-Vieux : un si bon mental

Saint-Pierre-Le-Vieux se situe en frontière du Rhône, en limite basse de la Bourgogne du Sud. Est-ce parce que ce joli village de montagne est des plus excentrés et l’un des plus hauts que celui-ci, doté de forces naturelles, développe un mental aussi précieux? Son âme, que tous soulignent, du plus jeune au plus âgé, semble nourrie aux valeurs de l’enracinement et d’histoire transmise, de solidarité, d’engagement et d’actions vivaces. Cette âme est évoquée aussi bien par les habitants nés à Saint-Pierre que par les nouveaux arrivants qui l’ont d’emblée adoré et ont adopté son état d’esprit.

Saint-Pierre-le-Vieux revendique haut et fort sa ruralité

Il semble ne pas avoir beaucoup bougé et cependant il s’est adapté. «?Rien n’a disparu des hameaux et écarts, trente-quatre lieux-dits habités, s’égrenant au flanc des vallons le long de la vallée, balayés parles cinq vents selon les jours?» peut-on lire dans Le Cahier d’histoire n°?7 sur les hommes et les femmes de Saint-Pierre-le-Vieux 1878-1972, car ce village entretient sa mémoire par la publication de merveilleux moments de vie.
Quinze agriculteurs pour 350 habitants sont là très accrochés à leur terre. 900 ha cultivés et cultivables ; un ratio aussi élevé que Tramayes et Matour ; beaucoup de hors-sol, car il faut essayer de se débrouiller pour cause de guerre des terres !
Des travaux réguliers dans la commune donnent vie au centre Bourg. Poursuivant l’opération « Cœur de village » qui a vu la rénovation des maisons et de la Place, une nouvelle bibliothèque et une nouvelle agence postale communale viennent d’être livrées. Un soin tout particulier est mis sur l’embellissement, l’accessibilité et les économies d’énergie notamment pour l’éclairage public.
Les enfants des écoles sont aujourd’hui en augmentation. Quarante-et-un répartis en cinq classes de maternelle, CE1 et CM1, sont accueillis à l’école. Beaucoup fréquentent la cantine qui propose des menus équilibrés et de saison.
Des nouveaux venus ou des enfants du pays achètent des maisons à rénover ou font construire. «?La greffe prend?» indique Charles Belicard, maire de Saint-Pierre. Un boulanger, un traiteur, un verger bio ainsi que des artisans offrent leurs services.
Les messes ici sont bien chantées grâce à la forte implication de la chorale. La Jac en son temps a éveillé les esprits et a laissé des traces.

Des associations dynamiques

De belles manifestations réputées sont ancrées dans l’agenda du village. Le rallye pédestre, le feu d’artifice et la fête patronale, la fête du boudin, tout cela est l’œuvre des nombreuses et dynamiques associations qui font preuve d’un grand savoir-faire, d’une étonnante solidarité et d’un bénévolat important,

La préparation du boudin
La préparation du boudin

comme l’amicale des anciens élèves (comité des fêtes), les aînés ruraux qui regroupent 86 personnes pour des rencontres et sorties une fois par mois, mais aussi les associations, « Saint Pierre en fleurs », de la chasse, des anciens combattants, des veuves de guerre, de la cantine et les conscrits. Chacun se sent investi dans la vie du village.

La sampierrade, une formidable réussite

Cette journée de rencontres et de retrouvailles en 2011, sur fond d’histoire et de généalogie, a été une inoubliable occasion de réunir 1 200 personnes à Saint-Pierre.
Au-delà de ce formidable événement, il faut retenir la mobilisation impressionnante des habitants pour le travail préparatoire sur deux années. Il y eut de nombreuses conférences et des ateliers ont permis de se retourner et voir le chemin parcouru. Aujourd’hui, les saynètes en patois perdurent, les actes et photos prêts à être publiés et de nouvelles conférences sont en préparation pour 2013 : Agriculture mondiale, agriculture à Saint-Pierre-le-Vieux et alentours : enjeux d’hier (1960-2012) et de demain (2050-2060).
Du passé au futur, chez lui et autour de lui, ce village sait puiser dans ses racines et regarder vers l’avenir pour tracer son sillon et vivre harmonieusement son époque.

Témoignages de nos anciens… et de la jeunesse

«?Le hameau, c’était la famille?»

Françine Perret (93 ans) et Marie Lamain (88 ans) : « On vit bien à Saint-Pierre, il y a une bonne entente, une bonne entraide. «?On en a besoin de deux, il en arrive dix?», disait Louis Alloin. Nous avons eu un travail dur de paysan. Le dimanche, c’était messe puis en champ aux chèvres et s’occuper des vaches. Nous aimions les fêtes, comme celle des

On vit bien à Saint-Pierre
On vit bien à Saint-Pierre

rois et celle d’été où les nouveaux mariés de l’année devaient sauter par-dessus le grand feu de la Saint Jean sur la route, le bal dans les bistrots et les veillées aussi, pour défouiller le maïs, tiller le chanvre, casser les noix et raconter des histoires. Nous nous rappelons que seuls les hommes siégeaient au banquet des conscrits. Il y a 17 ans, le maire Jo Briday a été le premier à inventer la fête du boudin afin de recueillir de l’argent pour les fleurs de la commune. Ce fut une riche idée car cette fête existe encore et nous en sommes fières. Nous aimons beaucoup notre village. »

« On est bien à Saint-Pierre »

Antoine B. et Arnaud D. entourent un de leurs amis
Antoine B. et Arnaud D. entourent un de leurs amis

Antoine B. et Arnaud D. (17 ans) : « Nous avons l’âge du boudin. On est bien à Saint-Pierre grâce à la vie associative très dynamique. Nous sommes enracinés ici. Sans doute, nous partirons pour voir et découvrir d’autres choses mais nous reviendrons. Nous apprécions de nous retrouver les fins de semaine au stade de foot et aussi pour aider les adultes à la préparation des fêtes. »

Charpentier-couvreur, un métier qui évolue

Pascal Nugues nous reçoit dans ses nouveaux bâtiments des Prioles à Dompierre. De beaux bâtiments où le bois domine et pour cause : Pascal Nugues se consacre, pour l’essentiel, à la création et à la construction de bâtiments à ossature bois.

L’ossature bois, dit Pascal Nugues, cela fait longtemps que j’y pense. Mais il me fallait du matériel et de l’espace. C’est pour cela qu’en 2010 je me suis installé dans la zone d’intérêt communautaire de Dompierre.
Dans ce grand bâtiment, l’espace principal c’est l’atelier: un ensemble impressionnant de machines qui usinent, rabotent sur quatre faces, découpent tous les éléments des ossatures bois. Tout cela, bien sûr, piloté sur ordinateur en suivant les plans élaborés par le dessinateur. Oui, c’est un gros investissement, reconnaît Pascal, autour d’un million. Alors, il faut que ça tourne !
Mais ça marche. J’ai du travail en masse et j’ai du mal à tenir mes délais. Mon entreprise a grossi. J’emploie maintenant quinze personnes : un dessinateur, un conducteur de machines pour l’atelier, deux équipes pour la restauration de bâtiments anciens, deux équipes qui se consacrant aux bâtiments à ossature bois, et puis Sylvie, mon épouse, qui assure le secrétariat. Quant à moi, je gère tout cela.

Batimentcharpentier
Mes clients ? Ils sont un peu partout. J’en ai au Gabon ou en Guadeloupe et puis un peu sur toute la France. Mais la concurrence est forte. J’ai peu de souci avec mes clients après la vente : ils sont satisfaits. Quant à mes fournisseurs, c’est essentiellement le bois que j’achète, des résineux surtout. Je les cherche, bien sûr, au meilleur prix. Alors, mon gros fournisseur, il est allemand, eh oui! Mais j’achète aussi en France, dans le Jura ou… chez nous pour le douglas.
Mais attention, il y a aussi la réglementation de consommation d’énergie qui s’applique aux constructions nouvelles. Ainsi, toutes les constructions nouvelles, à partir de janvier 2013, devront appliquer la norme RT 2012 qui stipule que la consommation maximale d’un bâtiment neuf ne devra pas dépasser 50 kWh par m² et par an. Ami lecteur, faites donc le calcul pour votre maison : si vous utilisez du fuel, sachez que 1 m3 de fuel fournit 10 000 kWh. Bien entendu, poursuit Pascal, nous sommes très attentifs à tous ces problèmes d’isolation : choix des matériaux, étanchéité, etc.. Tenez, hier, j’étais à Chalon pour un test d’étanchéité sur un bâtiment.
Charpentier-couvreur : voici donc un bel exemple de métier qui évolue, nécessitant énergie, audace et intelligence. Toutes qualités bien en main chez Pascal Nugues !

Volontaire au Maroc dans un centre de migrants

Marilyne Sangouard s’est engagée pour une période de deux ans en volontariat dans un centre de migrants en partenariat avec Caritas. Après bientôt un an passé à Tanger, elle nous livre son témoignage.

Tanger : une ville étape

C’est souvent après un long et douloureux voyage que les migrants d’Afrique Noire arrivent à Tanger comme l’ultime étape avant leur entrée très souvent clandestine en Europe. Face au nombre croissant de migrants venant solliciter le secours de l’Église, la Délégation a ouvert en Novembre 2011, une permanence d’accueil pour ce public. Je suis donc arrivée en pleine construction de ce projet d’attention aux migrants subsahariens.

Un encadrement à inventer

Au fil du temps, des demandes et de notre connaissance de ce milieu, le service s’est professionnalisé. Nous exerçons à ce jour des permanences d’accueil le matin. Amadou, médiateur interculturel sénégalais et moi-même pouvons recevoir vingt personnes par jour. Nous y accueillons des demandes d’urgence (vêtements, nourriture), d’aide financière (logement, soins) mais aussi d’aides de retour au pays, quand les migrants sont fatigués du manque de possibilités qu’offre le Maroc pour eux et devant les difficultés à traverser. Les après-midis aux centres sont ponctués par des visites à domicile et des ateliers de fabrication. Les visites à domicile nous semblent un élément indispensable avant toute aide financière. Elles nous permettent de connaître les réalités de vie des migrants dans les quartiers et de réaliser de la médiation avec leurs propriétaires. Le travail de terrain permet aussi d’éviter les abus de demandes. Le milieu des migrations est un monde de mensonges. Les personnes qui arrivent ici sont prêtes à tout pour pouvoir traverser. Elles voient en l’Europe de réelles opportunités de formation, d’un travail reconnu et payé pour sa juste valeur, d’une vie plus libre et sans conflit. Pour cela, les migrants mentent sur leur identité, leur parcours,…

Une expérience parfois difficile…. mais tellement enrichissante !

Ici, la mission n’est pas facile. La communication avec les Africains, bien que la langue soit commune, est influencée par leur virulent espoir de pouvoir aller « là bas » et par le fait que notre refus – ou notre impossibilité – de les aider, annoncé par une jeune Française, est souvent difficile à entendre sereinement de la part de ces migrants majoritairement de sexe masculin. Travailleur social de formation, j’ai l’impression de devoir tout réapprendre d’autant plus que nous construisons le projet au fil de nos expériences dans ce milieu.
Travailler dans un contexte culturellement aussi varié, en faveur d’un public aux diverses origines et cultures, avec une équipe internationale aux profils très contrastés reste cependant très enrichissant!

La journée de rentrée : la belle surprise d’un public plus jeune

Le temps superbe, propice à la randonnée, a réjoui les trois groupes partis de Dompierre, Matour et Tramayes, en direction de Trambly, pour la rencontre annuelle des treize clochers, en ce dimanche de rentrée paroissiale. Accueilli par l’équipe organisatrice, pour un apéritif d’autant plus réconfortant que le soleil commençait sérieusement à « taper », chacun a trouvé place autour des tables dressées pour partager le pique-nique.

Cette année, la présence de nombreux jeunes du catéchisme, accompagnés de leurs parents, a largement contribué à rendre notre réunion encore plus gaie que d’habitude. Comment ont-ils donc vécu cette journée pas comme les autres ? Nous avons interrogé deux jeunes frères, venus avec leur maman, pour la première fois.
«?Nous sommes venus à pied. C’était long ! Heureusement, nous avions de l’eau pour nous rafraîchir! Nous étions bien contents d’être arrivés! Et puis, nous avons retrouvé nos copains. Et nous avons joué ensemble pendant le pique-nique. Après, il y avait des ateliers. Nous avons fait un marque-page avec des mots importants que nous avons trouvés tout seuls comme «?aimer, offrir, câliner, donner…?» Et une affiche avec des mains qui offrent des mots. Des mots importants aussi. J’ai choisi «?paix, famille, espoir, amitié, amour…?» Ensuite, on a composé des bouquets pour l’autel. C’était beau ! On a tout aimé. C’était bien ! L’année prochaine ? On a envie de revenir!Est-ce qu’on pourrait avoir aussi des activités plus physiques ? Un jeu collectif, par exemple, où il faudrait s’entraider, chercher ensemble des indices, ou un relais où on aurait besoin des autres pour y arriver…?»
Après le déjeuner, Denise nous a présenté une série de diapositives d’un voyage qu’elle a fait cette année en Israël, avec un groupe de chrétiens, accompagnés par notre évêque Benoît Rivière. Antoine a fait défiler ces diapos sur grand écran, ce qui nous a permis de les apprécier davantage. Puis, pendant que certains préparaient des compositions florales pour l’autel, aidés par Marinette, d’autres (les plus jeunes) s’empressaient de dessiner pour l’Offertoire. Nous avons ensuite répété les chants de la célébration sous la direction enthousiaste d’André.
À 16 heures, nous étions une petite centaine, rassemblés autour de Jean-Pierre, pour la célébration eucharistique. La Parole, l’offertoire, la communion, prenaient un sens encore plus intense que d’habitude.
Nous sommes repartis vers nos clochers paisiblement, heureux d’avoir pu partager avec d’autres, connus ou inconnus, ce temps fort de la vie de notre paroisse.

Noël nouvelet, Noël chantons icy…

n°86 – décembre 2012

Dévotes gens rendons à Dieu mercy… Les dévots de cette époque c’étaient les bergers… et tous se demandaient: « Que lui donner à l’enfant de Marie ? »
Et là, devinez la réponse de ces gens qui n’ont que leurs moutons et les produits de la terre: « De beaux raisins secs, des œufs et des olives, un peu de miel, un peu de lait caillé »
Qui arrive avec son agneau dernier né, un veau, des poules et des canards… enfin de quoi installer une ferme! Je me souviens, lorsque j’étais enfant, m’être posé la question: mais qu’est-ce que Marie a bien pu faire de tout cela! Heureusement, le chant suivant parlait de bergères qui apportèrent de « quoi emmailloter l’enfant ». Mais la surprise était à son comble lorsque les trois rois faisaient leur apparition: « Or, myrrhe, encens sont les beaux présents qu’ils ont porté à ce divin enfant. »
Vous parlez de beaux présents! Vous imaginez un instant Marie et Joseph, dans leur étable, entourés de tous ces cadeaux invraisemblables! Enfin, l’imagerie populaire a du bon car à 8 ans ou plus, on peut se poser la question : « Et moi qu’est-ce que j’apporte à l’enfant de Marie? »
Mais, il me revient ce conte qui met en scène un baladin, le fou du roi, qui ne possédait que trois objets : son chapeau, une clochette et une plante. Comme les mages, il suit une étoile mystérieuse.
Mais, en chemin, il rencontre trois enfants, l’un est paralysé, le deuxième est aveugle et le troisième muet. A chacun, il laisse l’un des cadeaux prévus pour le roi qui vient de naître, se disant que cela ferait bien plus plaisir à un enfant triste qu’au plus grand roi du monde! Et, lorsqu’il arrive… il n’a plus rien à offrir à l’enfant, ses mains sont vides… Et voilà que Marie veut changer son bébé. Mais à qui le confier pendant qu’elle prépare les langes propres ? Tous les visiteurs ont les mains pleines… Elle se tourne vers le baladin aux mains vides et pose l’enfant dans ses bras !

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