Tramayes, une commune qui aime le développement durable

Tramayes, est le chef-lieu d’un canton partagé entre deux belles vallées que séparent de hautes collines. D’ailleurs le vieux nom de Tramayes , Tranvaculum, signifiait chemin de traverse, c’est-à-dire passant à travers les monts et raccourcissant la voie de Lyon à Autun.

Un peu d’histoire…

Tramayes semble bien être une localité très ancienne et importante de la région. Dans des textes anciens, il est fait allusion d’un palais servant de résidence aux rois de Provence et de Bourgogne dès le IXe siècle. Palais qui serait le château de la Rolle dont ne subsistent maintenant que des bases de murailles, deux petites tours en ruine, et une intéressante cave voûtée. Au XVIe siècle, ce château de la Rolle ne semblant plus répondre aux exigences de la défense et du confort, les Bullion, alors seigneurs de Tramayes, font construire le château actuel en 1598. Cette famille s’illustra, puisque Claude, petit neveu de Mathurin Bullion et fils d’une Lamoignon, fut surintendant des finances en 1632 et garde des sceaux de France. Il créa les premiers Louis d’Or. De l’Église du XIIe siècle, il nous reste un beau clocher roman qui a grande allure avec ses deux étages, dont le supérieur avec de belles baies géminées ornées latéralement. L’église fut agrandie au XIXe siècle avec un chœur « occidenté ».
La commune s’étend sur ses 1800 hectares, dans un paysage au relief assez marqué, dominé par la Mère Boitier du haut de ses 758 mètres et à ses pieds la Madone.
Le bourg se situe sur un col entre les vallées du Valouzin et de la petite Grosne. Comme la plupart des communes rurales, Tramayes a connu une décroissance de sa population mais qui s’inverse maintenant : passant de 2600 habitants vers 1850, descendant à 840 en 1970 mais remontant à 1000 en 2010.

Une économie vivante

La commune comprend une trentaine d’exploitants agricoles, dont les 2/3 en polyculture. Beaucoup se retrouvent à la foire aux bestiaux, lors de la grande fête annuelle de la Sainte Catherine. En raison de son relatif isolement, la commune dispose d’une cinquantaine de commerces et d’artisans, son fer de lance !
Et les services ne sont pas à la traîne : L’école maternelle et l’école primaire accueillent 110 élèves dans leurs cinq classes. La commune compte quatre médecins et l’hôpital Corsin comprend un hébergement de 64 places pour personnes âgées et un centre hospitalier de 34 places.

Beaucoup d’associations

Tramayes en compte 25, toutes dynamiques. Citons le club sportif et ses 150 adhérents, le club Jeunesse et forme (la danse) de même importance, le Club des aînés ou encore l’éveil (la batterie fanfare) avec une mention spéciale à l’association Amitié et loisir qui rend régulièrement visite aux pensionnaires de l’hôpital Corsin. Il faut citer aussi l’exemple du « jardin partagé », qui regroupe des parcelles individuelles et collectives sur lesquelles s’activent jeunes et vieux, personnes en difficulté et bénévoles.

© pierre roux
© pierre roux

Parmi les manifestations que nous présente Nicole Besacier, responsable de l’office du tourisme, retenons, bien entendu, la foire annuelle de la Sainte Catherine qui remonte à… 1556, et se fête le vendredi le plus proche du 25 novembre, avec fête foraine, concours d’animaux et pot au feu géant. Mais il y a aussi la marche amicale laïque avec de nombreux marcheurs sur plusieurs parcours, dont le bénéfice va aux écoles.

Un engagement actif dans le développement durable

Pour en savoir plus à ce sujet, nous avons rencontré Michel Maya, maire de Tramayes depuis 1995. Voici donc 16 ans qu’il met sa compétence et son énergie d’ingénieur et d’enseignant à l’Ensam au service de sa commune. C’est à l’occasion des projets d’investissement et de développement de sa commune qu’il a pris l’option du développement durable, qu’on peut définir ainsi : « Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Cela veut dire, en clair, économiser les ressources naturelles (énergie, eau…), limiter au mieux les « effets de serre » et garantir un mieux- être pour les futurs habitants des nouveaux quartiers.
Dans trois domaines, ces principes sont déjà à l’œuvre, nous raconte Michel Maya. Nos chaudières de chauffage communal (école, mairie, hôpital, salles…) devaient être rénovées. Sur les conseils de l’Ademe et de l’ONF, nous nous sommes orientés vers le bois, énergie renouvelable et limitant les effets de serre, énergie pour laquelle nous avons obtenu des subventions. Notre nouvelle chaudière à bois déchiqueté, chauffe à elle seule tous les anciens bâtiments communaux initialement desservis par des anciennes chaudières au fuel et, en définitive, coûte moins cher à l’utilisation. Autre domaine d’application du développement durable, l’utilisation de huit horloges astronomiques pour mieux piloter l’éclairage urbain et la suppression totale de cet éclairage de minuit à 5 heures du matin finalement bien acceptée par la population. Dernier domaine orienté vers le développement durable : notre projet d’éco-quartier des Ecorces. Conçu pour répondre aux besoins d’une population variée, tant en revenus qu’en métiers, ce quartier prévu pour soixante logements, relativement proche des commerces et des services, comprendra une zone d’habitat collectif, une zone d’habitat individuel et une zone artisanale.

© pierre roux
© pierre roux

Faut-il s’étonner que cette énergie développée par une petite commune rurale vers les objectifs d’un développement durable ait été remarquée hors de Tramayes ? Elle lui a valu des reportages télévisés, de nombreux articles dans la presse et l’attribution d’un prix décerné par la Ligue des énergies renouvelables. Bravo !
Alors, comme dit un vieux Tramayon : « J’aime Tramayes et Tramayes le vaut bien ! »

Photographe de plateau

Pascal Chantier est arrivé à Matour il y a trois ans, avec Marie, son épouse, la pharmacienne du village et leurs trois jeunes enfants. Pascal est photographe. Grâce à lui, vous pouvez garder un très joli souvenir d’événements familiaux (mariages, baptêmes, réunions de famille…), de manifestations diverses (Conscrits, fêtes de village, épreuves sportives…) ou de visages d’êtres aimés. Il est aussi projectionniste bénévole et animateur du cinéma de Matour. Sans lui, nous n’aurions jamais eu la chance de rencontrer dans notre village des réalisateurs célèbres venus présenter leur dernier film.

Quel est votre rôle sur un tournage ?

Je travaille d’abord pour la promotion du film, puis sur sa mémoire. Je dois trouver « l’image » qui caractérise le film et qui donnera envie de le produire dans un premier temps, puis d’aller le voir ensuite. Je fais une première sélection parmi toutes les photos prises. Après accord du producteur, du metteur en scène et des comédiens, l’attaché(e) de presse contactera les médias. Sur 3 ou 4000 photos réalisées, 50 seront retenues. Au final, il n’en restera que 10 ou 20… C’est pour cela que l’on voit souvent les mêmes photos partout.
Je ne suis pas présent pendant toute la durée du film. Je travaille en fonction des séquences les plus caractéristiques et dois cibler les vedettes.
Je réalise également des photos documentaires du tournage.

Comment êtes-vous arrivé là ?

Par passion du cinéma. J’ai d’abord été préparateur en pharmacie tout en écrivant sur le cinéma. J’ai été journaliste et me suis occupé d’un site Internet (celui du festival de Deauville). Je me suis formé « sur le tas », en sachant saisir les opportunités et… en travaillant beaucoup ! J’avais « un regard » qui m’a incité à me lancer.

Quelles sont les qualités requises ?

La patience, l’humilité. Il faut savoir se taire. Il faut aussi savoir remercier.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

De vivre de ma passion ! D’avoir le bonheur d’être sur un plateau de tournage ! De rencontrer des réalisateurs ou des comédiens inoubliables. D’avoir une totale liberté. Si mes photos plaisent, c’est justement parce que je suis libre. Le plus difficile, c’est de vivre plusieurs semaines loin de ma famille.

Le plus essentiel pour vous ?

Savoir trouver dans la personne ce qu’elle est vraiment. L’important, c’est de chercher la vie, de capter l’énergie. Et de savoir la retransmettre.

Une rentrée littéraire foisonnante : plus de six cents livres…

J’ai essayé d’opérer pour vous un choix minimum, entre coup de cœur et découverte littéraire.

Rouge argile de Virginie Ollagnier

Une merveille d’écriture, de sentiments jamais exagérés, de vérité des personnages. Un retour aux sources dans un pays abandonné des années plutôt, pour un mariage brillant, mais qui laisse un goût amer d’échec et de frustration. Rosa nous plonge avec bonheur dans ce Maroc, qu’elle aime, (terre d’enfance) mais dans lequel elle se sent une usurpatrice. Cependant la mort de son « deuxième père » l’oblige à prendre des décisions. Tout abandonner ici, ou en France…

Du domaine des murmures de Carole Martinez

Du plus profond du XIIe siècle les murmures terribles remontent jusqu’à nous. La violence des hommes, seigneurs brutaux et maîtres incontestés du monde… la violence de ces mariages imposés, ce que va refuser l’héroïne, Esclarmonde, et pour cela décider de vivre recluse pour se consacrer à Dieu et au silence… mais est-ce bien cela qu’elle va découvrir ?

Des vies d’oiseaux, de Véronique Ovaldé

Après la disparition de sa fille, Paloma, Vida est persuadée qu’elle a voulu fuir son père et sa trop grande richesse… Mais elle comprend que c’est aussi elle, sa mère, qu’elle a fuie. Appelé pour « cambriolage dans la somptueuse villa des Izarra » le lieutenant Taïbo comprend qu’il ne s’agit en rien d’un cambriolage, puisque rien n’a été volé. Un groupe de jeunes, dont Paloma, squatte les maisons luxueuses de Villanueva pendant l’absence des propriétaires. Ce livre est un roman sur l’identité, plus ou moins refoulée, mais qu’il faut absolument assumer pour éprouver sa liberté d’exister.

Le Turquetto de Metin Arditi

Un livre qui parle d’art, Le Titien et son jeune élève, mais aussi et surtout d’intolérance. Le jeune Elie ne peut s’adonner à sa passion, le dessin et la peinture, pour l’unique raison qu’il est juif ! Condamné à changer d’identité pour être admis à travailler avec l’un des plus grands peintres de l’époque…

On parle beaucoup de :

Jayne Mansfield 1967, de Simon Liberati

On en dit grand bien ainsi que de son auteur atypique.

Ne pas oublier :

L’équation africaine de Yasmina Khadra

Autour d’un phénomène dramatique et inquiétant, les prises d’otages en Somalie, l’auteur construit un roman où se mêle suspens, aventure et histoire d’amour.

Si vous voulez vous détendre, lisez :

Les autos tamponneuses de Stéphane Hoffmann

Je ne peux pas refermer ce très petit catalogue sans vous offrir une perle à déguster chaque jour, cela vous prendra sans doute l’hiver. « Le temps d’une vie est le temps d’un sourire de nouveau-né : c’est bref et ça ne s’éteint plus. »

Un assassin blanc comme neige de Christian Bobin

N’oubliez pas non plus que notre région est riche en spectacles ; n’hésitez pas à consulter les programmes de Barouf. Des plaquettes annonçant les spectacles sont généralement disponibles dans vos bibliothèques.

Des milliards de chemins

Même si nous ne nous sommes pas vraiment arrêtés cet été, nous avons besoin chaque année de cette journée de relance : un rassemblement qui concrétise notre communauté, au centre de cette fédération de treize villages.

Gardons les bonnes habitudes : le matin, ceux qui le peuvent marchent pour rejoindre le point de rendez-vous : Trambly. La météo et sa vigilance orange nous menaçaient de leurs foudres. Mais nous avons bravé les prévisions pessimistes et nous avons eu raison.
Cette année, pas de thème particulier à méditer. La plupart des marcheurs disent avoir discuté « au ras des pâquerettes, on n’a été ni religieux, ni philosophe, ni spirituel ! » Simplement, « on était bien, c’était super sympathique » Pourtant, un petit groupe s’est montré très appliqué : il a fait des haltes spirituelles au cours desquelles les participants ont réfléchi sur le Notre Père. Le repas voit l’habituelle surabondance de gâteaux en tout genre. Une participante me dit l’importance pour elle de ce partage, le plaisir qu’elle en éprouve. « Toutes les messes devraient commencer comme ça ! »

Le sujet du jour

C’est l’heure d’aborder le projet de construction d’une maison paroissiale. Jean Pierre Leconte nous fait part des réflexions et du travail d’élaboration issus de la rencontre entre équipe d’animation pastorale et conseil économique. Il s’agit d’anticiper l’avenir : raréfaction des prêtres, nécessité pour les chrétiens de se prendre en charge, reconnaissance de l’existence chez les jeunes d’une certaine foi, bien qu’ils ne la vivent pas de la même manière que nous. L’intérêt de cette maison de tous les paroissiens est multiple et se précisera avec le temps.
Répartis en six groupes, nous avons pu poser nos questions : Pourquoi ? Pour quoi faire ? Pour qui ? Quel coût ?… Un écrit détaillé donnera plus tard toutes les informations sur le sujet.

Célébrer notre diversité

C’est l’heure de la messe et du plaisir de chanter des milliards de chemins mais un seul pour chacun.
Avec Jean-Pierre qui accepte de « continuer le service », nous célébrons tout ce qui est en projet pour cette année. Il nous aide à comprendre un Évangile difficile. Loin de la leçon de morale, ce texte ne nous demande pas de penser Dieu à notre mesure, mais au contraire de nous inspirer de son comportement : pardonner 70 fois 7 fois, c’est- à-dire à l’infini, même à nos ennemis.
On termine en chantant :
La maison aux couleurs de la paix
Frêle demeure avec ses murs d’humanité
Belle demeure où la Parole doit fleurir.

Noël

n°82 – Décembre 2011

Qu’attendons-nous de ce prochain Noël ? Pour elle, pour lui, pour eux, pour moi… J’en connais un, facétieux, qui n’hésiterait pas à me répondre, le sourire en coin : des cadeaux ! Le sourire est malin, un rien provocateur : je sais bien que ce n’est pas la réponse que tu espérais !
Alors d’accord pour les cadeaux ! Lesquels et pourquoi ? Pour être comme les autres à la mode du jour ? Et même mieux qu’eux pour pouvoir frimer ?
J’en connais aussi une qui dans un soupir me dira : vous savez bien ce que j’aimerais, pouvoir vivre un Noël avec mes enfants et mes petits-enfants, surtout que ce sera peut-être le dernier pour moi, à mon âge ; seulement voilà, ils m’ont fait comprendre que cette année, ce ne sera pas possible ; pas plus que l’an dernier d’ailleurs. Juste une plainte ; même pas l’ombre d’un reproche tellement elle a été habituée dans la vie à ne pas faire valoir ses propres désirs et insatisfactions.
Le cadeau d’une visite inattendue, d’un sourire et d’une attention rien que pour elle. Finalement, un cadeau de crise économique qui ne grèverait aucun budget en mal de fin de mois difficile.
Je profite de l’occasion qui m’est ainsi offerte de dire merci à tant de cadeaux que célébrations et rencontres m’ont permis de vivre avec vous. Ils sont bien au chaud de la crèche des amitiés ! Bon Noël !

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