Un beau village dans son écrin de nature

La Chapelle du Mont de France est un joli village du Haut-Clunisois, baigné par la petite rivière de La Noue et étageant ses collines jusqu’aux 550 mètres du hameau de Mont. Petit village de 165 habitants largement répartis sur ses 911 hectares et ses nombreux hameaux. Des paysages magnifiques, vallonnés, une nature très protégée, de belles maisons que l’on découvre au détour des chemins…

D’où vient le nom bizarre de ce village ? Ecoutons Gaëtan Lapalus, un véritable enfant du pays. «?Disons, nous dit-il, que le village s’est construit en plusieurs temps : ce fut d’abord au dixième siècle le hameau France. « villa francia » en raison de son peuplement parles Francs, puis le bourg autour d’une chapelle « capella francia », puis au douzième siècle le hameau Mont « mons francia », une sorte d’oppidum dont il subsiste encore la tour disposant d’une vue stratégique sur la vallée.

Le clocher a été restauré avec des tuiles vernissées
Le clocher a été restauré avec des tuiles vernissées


Quant à l’église actuelle, on y admire le chœur et le bas du clocher romans du douzième siècle. La nef et une partie du clocher furent reconstruits au XIXe siècle et, récemment, le clocher fut restauré avec ses belles tuiles vernissées et l’abside reçut un magnifique toit de laves. Comme beaucoup de nos treize villages, La Chapelle avait sa gare. Assez importante sur la ligne Mâcon-Moulins, elle desservait Buffières, Sivignon et Meulin. Cette gare fut fermée en 1955.?»

Un village animé

La Chapelle compte quatre exploitations rurales d’élevage de bovins, l’une pour le lait, les autres pour la viande. L’artisanat est bien présent avec deux bonnes entreprises de charpente et de couverture. Quant aux services, le village a une école Maternelle qui accueille tous les petits des cinq villages de La Noue et aussi une halte-garderie. Merveille de solidarité, que ce RPI de la Noue, créé en 1987, permettant à une petite commune d’ouvrir une école et que cette halte-garderie gérée par le Sivu de la communauté de communes !
Des animations… La Chapelle reste attentive à maintenir une animation dans son village sous l’impulsion de son comité des fêtes, présidé par Jean-François Lapalus. Tous gardent souvenir de la fameuse « fête de la batteuse », animation lancée en 1970. On faisait ainsi revivre la nostalgie des grands moments où tous se rassemblaient autour du battage dans le ronronnement de la machine et les gestes coordonnés de chacun. Mais il fut difficile de maintenir cette grande fête nécessitant une armée de bénévoles et l’on s’est orienté vers d’autres animations : fête annuelle du boudin, soirée pot-au-feu dont le bénéfice est consacré au fleurissement de la commune, concours de belote, repas choucroute… Le projet actuel est de lancer des randonnées. La commune compte en effet des sentiers balisés bien entretenus et les beaux points de vue ne manquent pas. A preuve, les troupes de scouts viennent souvent y installer leur camp.

Des associations actives

Bien sûr, d’autres associations animent le village: le Club 3 compte une quinzaine d’anciens qui se réunissent tous les premiers mardis du mois. La société de chasse fait face à la baisse du petit gibier en fabriquant une « garinnière » et s’efforce de piéger les nuisibles (renards, fouines…). Une Amicale du souvenir permet aux anciens combattants de se retrouver. La bibliothèque de la Noue aime venir raconter des histoires aux tout-petits. Beaucoup connaissent aussi les actions de l’association de la Vallée de la Noue, animée par Jean Grizard, se consacrant à la protection de cette belle vallée contre tout risque de pollution, sonore, visuelle ou autre. Bien d’autres encore, le Sivu et son projet fédérateur, l’ADMR et ses services aux personnes âgées, le Sivos et sa gestion du RPI se consacrent avec efficacité au mieux-être de tous…

Le projet actuel est de lancer des randonnées. La commune compte en effet des sentiers balisés bien entretenus et les beaux points de vue ne manquent pas.

La salle des fêtes a été agrandie et réhabilitée
La salle des fêtes a été agrandie et réhabilitée

Des projets? Ecoutons le maire, Michel Augoyat. « Parlons déjà des réalisations, nous dit-il ! Dans le cadre du projet « cœur de village » nous avons pu moderniser la mairie en la rendant accessible aux handicapés et dans le même temps réaménager l’école maternelle et créer une halte-garderie. Autre chantier qui vient de se terminer: la réhabilitation de notre salle des fêtes avec une extension, une meilleure isolation et la création d’un bel auvent. Elle est de nouveau disponible depuis mai.?»
Autre réhabilitation, privée celle-ci, la restauration du « moulin des bois » que l’on espère bien revoir fonctionner… Ainsi, beaucoup de travaux, de projets, pour cette petite commune qui a su rester bien vivante et, surtout, très belle dans ses paysages variés et harmonieux !

Prêtre de la paroisse aux 13 clochers

Jean Pierre Leconte vient d’être reconduit pour cinq ans par Mgr Rivière, évêque d’Autun, comme curé de la paroisse des Saints-Apôtres en Haut-Clunisois.

Parlez-nous de votre vocation

Je suis l’aîné de trois enfants. Né à Rouen, je suis venu vivre avec ma famille à Mâcon où mon père était ouvrier.
Ma vocation est venue tôt vers 16-17 ans mais mon père a vécu ce choix comme une trahison. Pour lui, bien que respectueux des personnes engagées auprès des plus pauvres, les prêtres vivaient aux crochets de la société. Pour ne pas le heurter, j’ai suivi ma scolarité puis devancé l’appel. Ainsi j’étais plus âgé pour montrer ma détermination à rejoindre le séminaire d’Autun.
Mes parents étaient présents lors de mon ordination à 27 ans en 1963. J’ai été successivement vicaire à Cluny en 1968 puis à l’aumônerie générale des lycées de Chalon-sur-Saône.

« Prenons la vie comme elle est! »

 

A Paris durant trente années

J’ai rejoint l’institut pastoral catéchétique pour apprendre et enseigner. Autonome financièrement, j’ai pu acquérir la maison de mon grand-père maternel à Saint-Point. L’enseignement de la catéchèse à des prêtres de toutes nationalités a beaucoup ouvert mon esprit, j’ai progressé également au contact de figures de l’Église et grâce à la sociologie, pour devenir plus respectueux de la liberté de chacun, selon son choix de vie et ses propres valeurs.

De retour au pays

A l’âge de la retraite, je me suis senti disponible et prêt à m’installer dans ma région et à retrouver le diocèse d’Autun. Les mentalités avaient évolué paisiblement, j’ai trouvé une équipe d’animation pastorale solidaire et dynamique. «?Nous avons à cœur de mettre en valeur ce que font les gens et soignons particulièrement le bulletin paroissial.?»

« Ciné’Matour : l’inattendu »

Connaissez-vous les séances de « l’Inattendu », proposées par « Ciné’Matour », en plus des séances habituelles ? Avez-vous remarqué ces curieuses affichettes noires et rouges… qui n’indiquent pas le titre du film ?! « Faites-nous confiance! » demandent-elles. Mais de quoi s’agit-il?

Animé par une équipe de vingt-cinq bénévoles, avec l’aide technique de la mairie, « Ciné’Matour » est une antenne autonome du foyer rural depuis janvier dernier. Pour 2011, l’équipe veut axer son action sur l’amélioration des prestations du cinéma : amélioration technique, logistique et de l’information avec, entre autre, la création et la gestion d’un site Internet. Les séances traditionnelles restent inchangées (deux séances hebdomadaires, le samedi et le mardi, avec parfois une projection supplémentaire le dimanche après-midi pour les enfants)

Des séances supplémentaires

La nouveauté, c’est l’organisation de séances supplémentaires, celles de « l’Inattendu », une fois tous les deux mois. Pourquoi « l’Inattendu » ? Parce que le titre du film ne sera pas annoncé à l’avance ! Nous souhaitons vous faire découvrir (ou revoir) un cinéma différent: cinéma d’auteur ou non, très connu ou méconnu, d’ici ou de là-bas, susceptible de susciter réflexion, rire, émotion, discussion, avec parfois la présence d’intervenants extérieurs pour animer les débats.
Six séances sont envisagées pour 2011 (mars, juin, juillet, août, octobre, décembre). Celle de juin sera exceptionnelle puisque nous accueillerons un réalisateur très connu…
Pour favoriser la convivialité et prolonger ces moments de rencontre et d’échanges, un bar sera proposé à l’issue de la séance, ainsi que quelques petites choses à grignoter (ces dernières offertes par l’équipe). La première séance a été une réussite. Les derniers spectateurs sont partis à 1h du matin (parce qu’il fallait fermer la salle…) Nous comptons sur vous. Votre présence sera une marque d’intérêt et de soutien.

Faire route ensemble et partager !

La solidarité internationale c’est partager, se connaître, se respecter mutuellement, mais c’est surtout s’ouvrir au-delà de « chez nous », au-delà de nos frontières. C’est un échange de peuple à peuple. Quelques nouvelles à partager :

Haïti – 1 an après le séisme

L’action de carême du bol de riz, a rassemblé quatre-vingts personnes au hameau des Ormes à Dompierre. Beaucoup étaient venus en sachant qu’ils y rencontreraient des représentantes de la congrégation des sœurs de Saint François d’Assise présentes à Haïti et qui ont tenu à rendre compte de l’usage fait des dons que nous avions envoyés par leur intermédiaire.
Sœur Bernadette Nourdin, accompagnée de leurs hôtes de Verosvres et de quatre Haïtiennes dont trois sont en fin de formation à Lyon, nous a fait une présentation de la réalité haïtienne quelques semaines après le séisme du 12 janvier 2010. Elle a su éviter les images déjà diffusées par la télé, pour nous montrer comment, au milieu des ruines, le peuple haïtien reprend vie et espoir et quels choix (toujours de proximité) elles vivent en faisant ce qui leur est possible avec le peuple haïtien. Images qui ont fait mouche sur les conditions de vie de sœurs qui, comme les autres, savent ce qu’il en est de vivre sous le regard des autres et de passer des nuits entières à ne plus pouvoir dormir, l’art de faire la fête avec les enfants et de prier avec la confiance qui déroute tant les occidentaux. Nous y reviendrons.

Jean-Pierre Leconte

Des difficultés au Pérou

Paco nous fait part de différentes difficultés de la radio Santa Cruz (problème organisationnel et financier) et nous informe sur la situation du Pérou : « A la Radio Sicuani, Edwin a de gros problèmes avec le personnel mais il n’en est pas la cause. L’évêque, sur le point de partir, ne veut pas se mouiller! Oui, nous n’avons pas encore de nouvel évêque : les tensions sont très fortes au plus haut niveau. Le nonce ne veut pas d’Opus Dei et le cardinal de Lima (traditionaliste) veut imposer son candidat! C’est triste que les nominations d’évêques se fassent dans les antichambres du Vatican et que le peuple de Dieu n’ait rien à dire. Heureusement qu’ici il y a quelques bons curés et des laïcs de valeur qui maintiennent un certain dynamisme et ouverture. J’espère qu’avant mon départ (15 mai) je connaîtrai le nouvel évêque car j’aurai bien des choses à lui dire. Ici, nous sommes en pleine campagne électorale – pour les présidentielles – qui auront lieu le 10 avril et en juin pour le deuxième tour ».

François Dalteroche (dit Paco)

Un portrait du curé

n°80 – Juin 2011

Les lecteurs du Journal du Dimanche du 6 mars 2011 ont eu la surprise de découvrir un portrait du curé de la paroisse aux 13 clochers. Moi aussi d’une certaine façon ! J’avais accepté la demande de Martine Magnon et m’étais livré à ses questions aussi librement que possible. Le contenu et l’agencement de l’article lui appartiennent complètement, et la date de parution est à l’initiative de la direction du journal.
Parmi les échos reçus presqu’aussitôt des premiers lecteurs, je retiens celui-ci : « merci de nous faire connaître votre parcours. Au fond, vous êtes comme nous, votre chemin n’a pas toujours été facile, mais ça nous encourage à vivre le nôtre ». Moi, j’ai surtout été admiratif du travail de la journaliste. De plus d’une heure de notes écrites (sans magnétophone), réussir en quelques lignes à aller à l’essentiel: chapeau!
J’ai eu souvent l’occasion dans ma vie de formateur de mettre en valeur le travail des journalistes. Martine me donne l’occasion de le faire encore une fois. Souvent les personnes interviewées râlent de ne pas voir exprimé ce qu’elles souhaitaient. C’est méconnaître les conditions dans lesquelles ils/elles travaillent. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’interroger les insatisfaits : quand il est arrivé que vous ayez été satisfaits, avez-vous su le dire aux journalistes et à leur direction ?

Je compte sur vous pour ne pas encourager à mon endroit le culte de la personnalité, j’aimerais mieux ne pas tomber dans ce travers-là!

Je sais que mes parents qui aimaient tant ouvrir la porte de la maison (La Cadole comme l’a baptisée mon grand-père maternel, le père Lévêque sic !) auraient aimé pouvoir lire ce portrait et l’inscrire dans le livre d’or sur lequel ma mère veillait comme sur la prunelle de ses yeux, elle qui était toute fière d’y montrer des signatures de visiteurs des cinq continents ! Je compte sur vous pour ne pas encourager à mon endroit le culte de la personnalité, sachez que c’est une des choses qui m’agace le plus dans notre vie sociale, y compris dans l’Église. J’aimerais mieux ne pas tomber dans ce travers-là !

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