Noël, chacun l’attend

L’empereur César Auguste décrète le recensement de l’Empire romain et Joseph, accompagnée de Marie sur le point d’accoucher s’est mis en marche pour rejoindre Bethléem en Judée. C’est au cours de ce voyage que Jésus est né, encore petit enfant, déjà le Messie. C’est pendant ce périple que la Sainte Famille s’est constituée. Aujourd’hui, on fête Noël en famille. On commémore cette naissance sur les routes d’il y a plus de 2000 ans et les familles se mettent en route pour se rassembler.

Ou nous retrouverons-nous ? Chez mamie ? À la maison ? Dans un gîte pour avoir plus de place ? Comment allons-nous voyager ? En voiture ? En train ? En avion ? Que vais-je mettre dans la valise ? Un livre dont je veux partager des passages ? Une vieille photo pour évoquer un bon souvenir ? Un jeu que l’on pourra tester ? Que préparerons-nous ? L’histoire de cette naissance à raconter aux plus petits ? Une recette plébiscitée par les cousins ? L’itinéraire d’une randonnée ?

Noël, chacun l’attend et chacun le prépare dans son coeur avec les souvenirs des Noëls précédents et les promesses des bons moments qui viendront. Quand enfin Noël est là, les horizons de nos familles dispersées se rejoignent pour former, le temps suspendu d’une soirée ou de quelques jours, un cocon rassurant et joyeux et l’on partage nos expériences, nos projets, les nouvelles de ceux qui n’ont pas pu se joindre à nous et surtout le plaisir de se retrouver. Même si le nombre de kilomètres parcourus est nul, Noël est toujours un voyage : vers notre enfance, vers la famille ou les amis rassemblés et aussi, bien sûr, vers ceux qui n’ont pas pu venir ou qui sont seuls et que l’on porte dans nos cœurs.

Cette année encore, je souhaite à tous un bon voyage.

Nathalie RAJOT

Lire le bulletin paroissial complet n °102:  matour_12_2016

Et pourtant la violence diminue

Dans nos conversations, le pessimisme est souvent présent. L’insécurité est l’un des thèmes qui revient souvent. Effectivement, si on se réfère aux titres des journaux, aux émissions de télé, aux discours de certains hommes politiques, la violence serait en augmentation. Pourtant, des études sérieuses prouvent le contraire.

 

 Le professeur à Harvard, Steven Pinker, a cumulé des statistiques sur les génocides, les guerres civiles, les homicides, les violences domestiques : il prouve que la violence n’a cessé de baisser depuis la Préhistoire. Comment expliquer cette contradiction entre nos convictions et la réalité ? Nous sommes beaucoup plus informés que dans le passé, en particulier à propos des événements les plus horribles : guerres, crimes, attentats, scandales. C’est ce qui mobilise notre intérêt, c’est donc ce qu’on nous propose le plus !

 

Nous avons la mémoire courte

Évidemment, les actualités parlent de ce qui se produit, pas de ce qui ne se produit pas ! Elles soulignent aussi moins souvent le positif que le négatif. De plus le même événement tragique revient à la une pendant des jours. Il nous envahit. Nous avons tendance à généraliser et à occulter le reste. Nous oublions aussi les malheurs du passé, même relativement récent. C’était le bon vieux temps. Pourtant, la guerre chez nous, ce n’est pas si ancien!

 

Notre sensibilité a évolué

Il ne s’agit pas de nier l’existence de risques, ni l’horreur de ce que vivent les victimes. Mais on se polarise sur les attentats, alors que les imprudences font beaucoup plus de dégâts. On estime que 1 500 Américains sont morts dans des accidents de voiture après le 11-Septembre 2001, en voulant éviter de prendre l’avion !

La conséquence d’une certaine pacification, c’est que nous sommes devenus de moins en moins tolérants. La moindre incivilité est mal supportée. Nous considérons comme violents des actes qu’on banalisait dans le passé. Par exemple, les bagarres entre les enfants existaient déjà mais soulevaient moins d’indignation qu’aujourd’hui. Souvenons-nous des luttes entre les jeunes de villages ou de hameaux différents, ou après les bals…

 

Être assuré contre tout

Une conséquence positive : On considère maintenant comme criminels des actes qui étaient tolérés et banalisés. On éprouve plus d’empathie vis-à-vis des victimes, qui hésitent moins à porter plainte. Mais le sentiment d’insécurité, de vulnérabilité s’est exacerbé, même quand on vit dans un milieu tranquille ! D’où une demande toujours plus grande de sécurité. On voudrait être assuré contre tout ! Mais nous pouvons aussi cultiver en nous un espace de paix qui nous rendra plus forts.

Marie Thérèse Denogent

Terreur de Jeunesse, de David Vallat: le parcours d’un repenti

Tout en sincérité et simplicité, David Vallat  nous raconte son parcours au travers de son livre Terreur de jeunesse. Ancien terroriste repenti, il décrit comment un jeune  de banlieue, français d’origine, va peu à peu se radicaliser au point  d’être incarcéré pour son implication dans les attentats de 1995. Comment sombre-ton dans le terrorisme ? Comment peut-on faire machine arrière et entamer le processus de déradicalisation ?

 

Une recherche de repère

Jeune de banlieue, les petits larcins sont monnaie courante. La religion ne fait pas partie de la culture familiale, mais David Vallat s’interroge: « dans le quartier […]  la plupart de mes copains sont arabes d’origine. Et donc musulmans. Leurs parents, issus de la première génération pratiquent une foi tranquille et discrète ». « Des repas, un sens de l’accueil, du partage » l’amèneront à se convertir à l’islam à l’âge de 15 ans. Mais, en parallèle, cela ne l’empêche pas de s’enfoncer petit à petit dans la délinquance.

 

Des mauvaises rencontres et de mauvais choix

A la prière, des courants intégristes voient le jour : «  vous avez un islam d’endormis » adressent certains aux plus anciens. Nous sommes en 1991. Des recrutements s’organisent pour aller combattre auprès  des musulmans en Bosnie. David Vallat commence à s’interroger… Il s’engage alors dans l’armée chez les chasseurs alpins où il trouve une autorité  mais  se perfectionne aussi au maniement des armes.

La Bosnie, puis un séjour en camp d’entraînement en Afghanistan l’entraîne sur la mauvaise pente. A son retour d’Afghanistan, David Vallat se trouve enrôler dans les réseaux du GIA et sera un rouage de l’organisation des attentats de 1995 en France. « Dans le passé, la jeunesse enragée pouvait se tourner vers l’extrême droite ou l’extrême gauche  […] Sur le marché  des idéologies subversives, que reste-t-il en 1995 ? Un islam radical prêt à mettre la main sur une frange entière de la jeunesse française ? […]La terreur est au bout de l’impasse ».

 

Une déradicalisation possible

Son emprisonnement  pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour son implication dans les réseaux du GIA, la lecture et diverses  rencontres lui permettront d’avoir un nouveau regard sur sa religion. « Mon esprit commençait à prendre du recul, à douter des réelles motivations de mon combat. ». Incarcération, lecture et heureuses rencontres lui permettront ainsi d’entamer le processus de déradicalisation. David Vallat n’a pas renié sa foi musulmane. « Seule ma lecture du Coran a changé. »

Cécile CHUZEVILLE

Vivre l’unité dans la diversité: un tissu qui s’élabore

Vivre l’unité dans la diversité et la diversité dans l’oeuvre commune

Un tissu qui s’élabore

La communauté est comme un tissu qui s’élabore,

Un tissu dont je ne sais pas ce qu’il sera

Mais qui, autour de nous peu à peu,

Se tisse sans modèle ni dessin savant.

 

Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur…

Bleu profond ? Rouge éclatant ?

Ou bien le fil de lin gris.

Cette troisième couleur, au dire des tisserands,

est la plus importante.

Le gris neutre de tous les jours,

celui qui fait chanter le bleu profond

et le rouge éclatant ; celui qui est porteur d’harmonie.

 

N’avoir que ma propre couleur, et de cela me réjouir,

pour qu’elle apporte la joie et non la rivalité,

comme si, moi bleu,

j’étais l’ennemi du vert, comme si j’étais,

moi, ton adversaire.

 

Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer

avec nous dans l’ouvrage ?

 

Irai-je, les précédant, leur faire place,

pour qu’ils viennent librement,

de leurs propres couleurs se mêler au dessin ?

Il y a une place pour tous.

 

Et chaque fil vient apporter une continuité

non seulement ceux qui, à l’origine du travail,

ont été tendus d’un support à l’autre du métier,

mais chaque fil.

 

Un fil vient à se rompre : aussitôt le travail s’arrête,

et les mains patientes de tous les tisserands

s’appliquent à le renouer.

Chaque fil, même le plus lumineux, peut disparaître,

tissé sous les autres.

Il est cependant là, non loin,

même si notre oeil ne le perçoit plus…

 

Maintenant, c’est au tour du mien

d’être lancé à travers la chaîne.

Quand son trait aura cessé d’être visible,

alors toute l’harmonie apparaîtra,

harmonie de ma nuance mêlée

à toutes les autres qui l’accompagnent

jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

 

Je ne sais ce qu’il adviendra de ce tissu.

Le saurai-je jamais ?

 

Un tisserand finlandais

Journée de rentrée du 11 septembre 2016 : Un anniversaire et une reprise tambour battant

Plaisir de se retrouver, plaisir de le célébrer, plaisir d’ouvrir un nouveau bail pour 3 ans : le père Leconte, curé de la paroisse, était pasteur heureux. Il témoigne.

 

L’assemblée avait soigneusement prévu de fêter mes 80 printemps et de partager le gâteau d’anniversaire à l’issue de la messe. Une fois de plus, j’éprouve qu’être curé, c’est d’abord recevoir la confiance d’une « communauté » de paroissiens. Pour dire les choses comme m’y a incité mon travail de sociologue : ce n’est pas parce qu’il y a un bon curé qu’il y a une bonne paroisse, c’est parce qu’il y a des paroissiens ouverts et accueillants qu’il y a un curé qui accueille à bras ouverts.

Les théologiens donnent un nom savant pour dire la chose : la réception. Ainsi, un concile n’est pas œcuménique parce que le pape le décide, il l’est par la façon dont les églises locales et régionales ainsi que les différentes confessions qui portent le nom d’église le reçoivent et le font leur. Heureux de vérifier ainsi que l’identité de tout un chacun n’est pas derrière soi, mais qu’elle se tisse au gré des rencontres, y compris les plus inattendues. Dans le contexte d’élections à venir pour notre pays, je serai de ceux pour qui vieillir reste un temps d’étonnements, de découvertes. Est-ce la chance de mon âge, mais j’ai la conviction qu’il n’est jamais trop tard d’apprendre, humour aidant, ce que j’appellerais faute de mieux, l’art de la bienveillance. Et si ce n’est pas mon tempérament, je pense m’améliorer. Et je crois aux surprises de l’Esprit Saint. Alors si vous aussi, ça vous tente…

Merci à René Aucourt, le curé voisin de Cluny, qui avait pris le temps de dire, de façon claire et chaleureuse, comment il vivait la proposition faite par l’évêque de devenir le modérateur des trois paroisses du Val de Grosne. Nous avons devant nous trois années pour donner chair et consistance à ce travail de modérateur.

 

Jean-Pierre Leconte

Un nouveau venu dans le journal paroissial « Le haut Clunisois » !

Tout le monde, à Matour, connaît Jacques Bonnamour. Fils et petit-fils de marbrier, ce n’est pourtant pas la taille de la pierre qui l’a attiré mais l’Éducation nationale. Et une fois ses études universitaires terminées, ce n’est pas comme professeur d’Histoire que Jacques s’est retrouvé au collège mais comme intendant. C’est, aujourd’hui, un jeune retraité très actif.

 Pourquoi ce choix professionnel, Jacques ?

Après avoir, pendant trois ans, assuré maints remplacements en Saône-et-Loire, dans la Nièvre et en Côte-d’Or, l’instabilité de ma situation m’a incité à m’inscrire au concours d’intendant, que j’ai préparé tout en enseignant. J’ai ensuite été nommé définitivement en Saône-et-Loire. J’ai choisi cette voie non seulement parce que j’avais déjà fait des études de droit, mais surtout pour la diversité des actions à conduire et l’importance des relations humaines dans ce métier. J’ai beaucoup aimé suggérer des idées, mener à bien des projets – même si ce n’était pas mon rôle principal – en vue d’améliorer les conditions de travail et la vie au collège des élèves et du personnel.

 

Qu’auriez-vous pu faire d’autre ?

Assurer la direction d’une maison de retraite ! Il y a des besoins énormes dans ce domaine, surtout relationnels. Maintenir le lien inter-générationnel est essentiel. Nous avons toujours quelque chose à apprendre de nos aînés.

 

Qu’aimez-vous faire au quotidien ?

Lire, faire des recherches en Histoire et voyager ! Je suis allé dans toute l’Europe, en Israël, au Maroc, au Mexique, en Thaïlande, en Chine… Le fait d’appartenir pendant vingt ans à un groupe folklorique du Tournugeois m’a permis d’avoir beaucoup d’échanges avec l’étranger et de mieux comprendre, à travers ceux qui ne la connaissaient

pas, la notion de liberté. Je souhaiterais également faire perdurer la tradition orale et retranscrire les propos recueillis. Je voudrais, entre autre, travailler sur les traditions religieuses locales d’autrefois.

 

Vous êtes à l’origine du Comité pour la commémoration de la guerre de 14/18 à Matour et vous en êtes la cheville ouvrière. Conférences, lectures, chants, expositions diverses, projet de spectacle… Pourquoi un tel engagement ?

Pendant toute mon enfance, j’ai entendu ma grand-mère, qui vivait avec nous, parler de la guerre. Dans toutes les pièces, des objets rappelaient celle-ci. À 8 ans, j’ai été très impressionné par la visite de sites militaires dans la Meuse. J’ai voulu rendre un hommage à tous ceux qui s’étaient battus pour la France. Merci, Jacques, et bienvenue dans le bulletin du haut Clunisois.

 

Propos recueillis par Jeanne Besson