C’est en route !

Le 12 janvier 2014, l’entreprise Zieger a démarré les travaux de terrassement sur le terrain au Fourneau près de Pari-Gagne. Le 26 janvier, l’entreprise Thimon a démarré ses travaux de fondation et maçonnerie qui devraient durer jusqu’à la fin du mois de février, le relais étant alors pris par les entreprises Charvet et Debienne pour la mise en place de l’ossature bois, la charpente et la couverture.
Pour la suite des travaux, vous pouvez consulter le site de la paroisse : www.saintsapotres.fr qui vous informera au fur et à mesure de leur avancée. Quand sortira le n° 92, en juin, vous aurez déjà pu voir la Maison paroissiale au Fourneau. La charpente est déjà en place fin février. Les photos ne manqueront pas à toutes les étapes de la construction.
Le démarrage de la collecte (fin novembre 20013) est fort encourageant, même si nous étions bien convaincus de votre adhésion au projet. Une quarantaine de personnes ont déjà versé près de 6 000 euros fin janvier. Vous pourrez consulter sur le site la progression de la collecte prévue sur les cinq années à venir.

La charpente est construite en étoile.
La charpente est construite en étoile.

Symboliquement ouverte à tous

On en parle depuis longtemps déjà. Des informations ont été données, mais des personnes continuent à poser des questions sur la future maison paroissiale à Le Fourneau sur la commune de Trambly (voir page 15 de notre précédent numéro). Je suis donc allée rencontrer quelques-uns des acteurs principaux pour obtenir des éclaircissements. Entretien avec Jean-Pierre Leconte, directeur de notre publication et curé de la paroisse.

On aurait pu continuer comme avant?

Jean-Pierre Leconte commence par remonter dans le passé, au moment où les paroisses ont été remodelées, où se sont créées les « grandes paroisses » (treize communes pour la nôtre). On ne s’est pas reposé alors la question du « centre » paroissial. On a gardé le modèle ancien, axé sur le logement du curé. Pour beaucoup de paroisses rurales, cela correspondait à un seul point principal naturel: un gros bourg. Notre cas est différent : répartition entre trois pôles, Tramayes, Matour, Dompierre. C’est Matour qui a joué le rôle jusqu’à présent. Mais la situation actuelle ne pouvait pas durer. « On ne pouvait pas ne rien faire » Il n’était pas possible que la municipalité de Matour continue à assumer seule cette charge, encore moins qu’elle assure une mise aux normes devenue incontournable pour un bâtiment à usage public.

Pourquoi avoir choisi de l’implanter à Le Fourneau?

Il y a donc quelques années que le sujet est évoqué et discuté avec les personnes en responsabilité. On s’est d’emblée orienté vers le centre géographique de la paroisse, Le Fourneau, sur la commune de Trambly : diminuer les déplacements, bien montrer que c’est la maison de tous. Cette dernière raison a aussi amené à éviter le centre d’un village. En plus, c’est un carrefour. Cette maison des chrétiens sera bien visible, repérable, identifiable, symboliquement ouverte, par sa forme hexagonale, sur tous les villages. Une rencontre avec les maires des treize communes a eu lieu. Ils ont été informés – certains l’étaient depuis longtemps -. Ils se sont intéressés et sont très favorables.

Mais qu’en pense l’évêque ?

Il a d’emblée approuvé : « C’est ce qu’il faut pour une paroisse en milieu rural » L’équipe qui est à l’origine du projet a d’ailleurs visité d’autres réalisations et s’en est inspirée : Ameugny, Saint Etienne-des-Ouillères.

Et à quoi servira la salle paroissiale ?

Il ne s’agit pas de se substituer à ce qui existe et qui fonctionne bien. Vu la modestie de la surface de cette maison, les grands rassemblements continueront à se faire dans les églises et les salles municipales. Ce sera un instrument à utiliser avec souplesse, selon la disponibilité et les préférences des gens. Il sera, bien sûr, à la disposition des groupes de catéchisme, avec l’équipement correspondant. Ce qui n’empêchera pas certains de fonctionner à la maison. Mais, on a constaté que ce n’est pas toujours facile de recevoir des groupes d’enfants chez soi et qu’un terrain neutre est parfois préférable. Cette maison accueillera ce qui existe déjà à la cure de Matour: secrétariat, comptabilité. Elle accueillera aussi les réunions des différents groupes existants, qui se font à Matour ou ailleurs : équipe d’animation paroissiale, conseil économique, service des malades, équipe de rédaction du bulletin, préparation au mariage, au baptême, préparation des messes et des funérailles… Elle accueillera aussi les autres groupes qui verront le jour.

La pratique religieuse diminue. Nous vieillissons. Des jeunes prendront-ils la relève? Que peut-on présager de l’activité paroissiale dans l’avenir?

De toutes façons, un groupe a besoin de projets. C’est une manière de « déplacer la question » et d’y répondre en partie. On peut donc penser que cette réalisation créera un dynamisme. De plus, Jean-Pierre est témoin de tout ce qui se passe de positif, en particulier au niveau de nombreuses familles fonctionnant souvent en réseaux. Elles se connaissent, se repèrent, et gèrent ensemble la vie de leurs enfants. Les jeunes vivent leur foi autrement. Certains participent à l’aumônerie de leur lycée, ou à des camps à Lourdes. Leur participation à la vie paroissiale dépendra moins de notre capacité d’organisation que de notre capacité de rencontre, d’écoute. Peut-être viendrontils nous parler de ce qu’ils font à une journée de rentrée par exemple, ou sur notre site internet en cours de création. Nous ne sommes pas irremplaçables !

Quelle gestion est prévue pour l’utilisation de la salle?

Une organisation de permanences existe déjà à la cure de Matour. Il faudra l’étoffer. Toute initiative sera bien accueillie et étudiée.

Hello world

Hello world

Un territoire, des spécificités

Le n° 87 présentait le début de cet article, sous le titre « Le tour des villages se poursuit », avec une lecture de l’ensemble des treize villages de la paroisse. Et si on entrait plus avant dans le détail et la singularité de chacun d’entre eux ! En ce qui concerne les chefs lieux Matour, Tramayes et aussi Dompierre Les-Ormes, ceux-ci cultivent des thèmes qui leur sont propres mais aussi la promotion volontariste du tourisme sur notre secteur.

Dompierre, son village des meuniers, l’Arboretum de Pezanin et la Galerie Européenne de la forêt et du bois. Matour tire aussi sa réputation de nombreuses animations, rallyes, fête des potiers, soirée des amis du Manoir et nombreuses expositions autour de la Maison des patrimoines. Le collège, la piscine et le camping, le cinéma sont des atouts pré- cieux. Tramayes conforte sa notoriété sur le thème du développement durable. La foire de la Sainte-Catherine parmi d’autres animations reçoit de nombreux visiteurs et le concours des Charolais a la cote. Le développement du pôle de services et d’emplois ainsi que la zone artisanale constitue un potentiel de vie économique appréciable.

© Pascal Chantier
© Pascal Chantier

On peut noter que tous les villages bénéficient de nombreuses animations notamment pour les aînés comme à Germolles où le club vient de renaître, aussi à Saint-Pierre-le-Vieux où le club a beaucoup d’adhérents, Trivy et Saint-Léger-sous-la-Bussière qui par ailleurs héberge un souffleur de verre. Trivy a installé ses nuits musicales qui drainent des passionnés. Saint-Point anime le bord du lac avec ses soirées guinguette l’été dont un premier festival Reggae. Le « Ptit Piment » cabaret, deux sculpteurs sur bois et un matelassier décorateur complètent les propositions artistiques. Trambly soigne ses chalets et sa roseraie tandis que la Chapelle-du-Mont de France souhaite lancer ses randonnées. Des fêtes communes résultant d’un passé lié perdurent comme à Brandon, Montagny-sur-Grosne, et Clermain avec le téléthon ou comme Germolles et Tramayes. Des repas de quartiers font la joie des nouveaux arrivants, cités à Brandon et Saint-Pierre-leVieux. Montagny-sur-Grosne, le plus petit du canton de Matour gagne des habitants et héberge des artistes tombés sous son charme. Saint-Pierrele-Vieux a initié des rencontres sur l’histoire et la généalogie, des marches du patrimoine et une ligne éditoriale.

Complémentarités et solidarité

Ce tour d’horizon des villages permet de dégager que tout se tient : la ruralité tient à la présence des éleveurs, de leurs installations, des surfaces qu’ils exploitent, des animaux qui les paissent, des haies entretenues, des treize bourgs et de leurs deux à trois centaines de hameaux disséminés entre vallées et petites montagnes bosselées. En émane un paysage de bocage et forestier plaisant, une toile de fond, qui dans l’inconscient fait rester au pays, y attire les nouveaux-venus, ce que à quoi concourent aussi les liens familiaux, intergénérationnels, mais aussi individuels, associatifs et festifs. Mais les services ne peuvent être partout, ni les commerces, ni les artisanats, tous ont leur budget à réaliser pour vivre. Ainsi, contre une mentalité très actuelle, le chacun pour soi, les treize villages (avec quelques autres d’ailleurs) n’ont qu’une issue, développer leurs complémentarités et leur solidarité en usant au mieux de leurs atouts, ruralité, artisanats, commerces, bassins d’emplois, éduquer et instruire, soigner, s’ouvrir… et soulever le couvercle posé sur l’histoire qui loin de se résumer à des querelles de clochers raconte le passé de leurs liens. Ce qui signifie jouer ensemble, et donc continuer de reconnaître les autres villages que le sien. On peut le faire de différentes façons, chacun saura trouver la sienne. Par exemple, pour les nouveaux venus, emprunter les circuits « balades vertes » et les boucles intercommunales qui relient entre elles toutes les communes afin d’aller les découvrir dans leur patrimoine très diversifié, église, mairie, ponts, lavoirs, four à pain… Tout un symbole de la reconnaissance.

Récits autour d’un territoire et ses hommes…

17830 ha, 5648 habitants, une densité de 31,6 habitants/km², ces trois chiffres donnent les dimensions des treize villages
aux treize clochers formant la paroisse des Saints-Apôtres que nous ont donnés à lire depuis décembre 2009 les treize
numéros de la revue Le haut Clunisois. Paris intra-muros fait 7290 ha de moins, 2,2 millions d’habitants de plus, et la densité est de 20873 habitants. Notre territoire est rural s’il était encore besoin de le démontrer!

Des convergences et des différences… Notre territoire est rural et tous les interviewés affirment leur fierté de cette ruralité, avec un zeste «?d’un peu plus?» dans les villages de moins de 400 habitants où le côtoiement population-agriculteurs va de soi. Le bourg, un peu plus grand que les hameaux, mais le plus souvent modeste, aide aux contacts, et même au bourg, la nature est là, vallonnée, avec son paysage de bocage tout proche, partout visible. On se côtoie, on se salue, on se parle, encore faut-il préserver les occasions qui le permettent. Elles tiennent aux écoles fédérées par les trois RPI de la Noue, des Grosne, des Quatre saisons. A l’entrée et à la sortie des écoles, il y a brassage des parents, et les cars scolaires contribuent à ce que les enfants des villages et des hameaux se connaissent mieux. Les cantines – s’approvisionnant, dans la mesure du possible, auprès des commerçants locaux et parfois en produits bio -, ne sont pas non plus étrangères à tous ces allers et venues qui égaient le bourg trop calme surtout en hiver. Les bibliothèques municipales, là où elles existent, comptent aussi comme lieu de rencontre, et les quelques commerces également. Les associations sont partout nommées pour leurs animations qui entretiennent la vie, ne serait-ce qu’un bourdonnement, et permettent les retrouvailles ainsi que la créativité dans les moments des organisations de leurs manifestations. Il est à remarquer que les habitants sont de plus en plus conscients que toutes les infrastructures, les bâtiments et l’organisation des transports scolaires sont liés à ce quotidien qui fait la vie et l’avenir de nos villages. Tout ceci favorise les rencontres entre les anciens et les nouveaux habitants. Ces compétences appartiennent aux entités communautaires dépassant le cadre de la seule commune que sont les Comcoms (communautés de communes), les SIVOS (syndicat à vocation scolaire), et le SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique) pour les haltes garderies, garderies périscolaires et accueil de loisirs. Si l’on souhaite encore plus de vies au sein même de la communauté villageoise, chacun se réjouit que nos villages n’en soient pas pour autant isolés. Proches de la voie rapide, ils sont reliés à Cluny, à Mâcon, aux autoroutes, au TGV, élargissant ainsi le bassin d’emploi de Pari-Gagné – Matour avec Palmidor (groupe LDC) et la Fonderie. Ces proximités ne sont pas sans avoir pour effet l’installation dans le pays de nouveaux habitants, qu’ils soient salariés, ou artistes et artisans aux métiers parfois originaux. Cette dernière convergence, tous nos villages de moins de 400 habitants, les plus importants, Dompierre, Matour et Tramayes, la font leur, même s’ils sont villages-bourgs, une différence de taille au propre et au figuré d’avec leurs semblables ruraux. L’animation de la rue tient à leurs commerces nombreux, à leur collège, à leurs structures médicales, à leurs offices du tourisme des deux communautés de communes, à leurs possibilités d’hébergements touristiques, et bien sûr au fait qu’ils drainent pour les courses et les services, les habitants des villages alentour.

Le tour des villages se poursuit !

Fin 2009, nous avons décidé de mettre en valeur chacun des treize villages de la paroisse, et d’après les échos reçus au fur et à mesure, vous avez apprécié ce choix. Réalisé parles bénévoles qui travaillent à ce bulletin, dans les limites d’une double page qui ont pu paraître parfois un peu trop contraignantes, chacun/e, avec sa personnalité, a contribué à cette série de «?portraits?» de villages à travers les rencontres auxquelles nombre d’entre vous ont participé. Soyez en remerciés! Est-il possible d’aller un peu plus avant et, après la lecture, village par village, de tenter une relecture de l’ensemble ? D’en dégager des perspectives qui,tout en prenant de la distance, donnent encore plus à aimer ce pays où nous vivons ? Un groupe de volontaires a relevé ce défi amical. Bernard Cateland et Martine Magnon en proposent la synthèse. Comme il fallait s’y attendre, le fruit de leur travail, ne pourra pas paraître en une seule parution car nous tenons à garder un équilibre dans les contenus de chaque numéro.Rendez-vous est pris pour la suite et la fin dans le prochain numéro n°?88! En voici d’ores et déjà les têtes de chapitre : «?Des villages et leur spécificité?» et «?Complémentarité et solidarité?».

Volontaire au Maroc dans un centre de migrants

Marilyne Sangouard s’est engagée pour une période de deux ans en volontariat dans un centre de migrants en partenariat avec Caritas. Après bientôt un an passé à Tanger, elle nous livre son témoignage.

Tanger : une ville étape

C’est souvent après un long et douloureux voyage que les migrants d’Afrique Noire arrivent à Tanger comme l’ultime étape avant leur entrée très souvent clandestine en Europe. Face au nombre croissant de migrants venant solliciter le secours de l’Église, la Délégation a ouvert en Novembre 2011, une permanence d’accueil pour ce public. Je suis donc arrivée en pleine construction de ce projet d’attention aux migrants subsahariens.

Un encadrement à inventer

Au fil du temps, des demandes et de notre connaissance de ce milieu, le service s’est professionnalisé. Nous exerçons à ce jour des permanences d’accueil le matin. Amadou, médiateur interculturel sénégalais et moi-même pouvons recevoir vingt personnes par jour. Nous y accueillons des demandes d’urgence (vêtements, nourriture), d’aide financière (logement, soins) mais aussi d’aides de retour au pays, quand les migrants sont fatigués du manque de possibilités qu’offre le Maroc pour eux et devant les difficultés à traverser. Les après-midis aux centres sont ponctués par des visites à domicile et des ateliers de fabrication. Les visites à domicile nous semblent un élément indispensable avant toute aide financière. Elles nous permettent de connaître les réalités de vie des migrants dans les quartiers et de réaliser de la médiation avec leurs propriétaires. Le travail de terrain permet aussi d’éviter les abus de demandes. Le milieu des migrations est un monde de mensonges. Les personnes qui arrivent ici sont prêtes à tout pour pouvoir traverser. Elles voient en l’Europe de réelles opportunités de formation, d’un travail reconnu et payé pour sa juste valeur, d’une vie plus libre et sans conflit. Pour cela, les migrants mentent sur leur identité, leur parcours,…

Une expérience parfois difficile…. mais tellement enrichissante !

Ici, la mission n’est pas facile. La communication avec les Africains, bien que la langue soit commune, est influencée par leur virulent espoir de pouvoir aller « là bas » et par le fait que notre refus – ou notre impossibilité – de les aider, annoncé par une jeune Française, est souvent difficile à entendre sereinement de la part de ces migrants majoritairement de sexe masculin. Travailleur social de formation, j’ai l’impression de devoir tout réapprendre d’autant plus que nous construisons le projet au fil de nos expériences dans ce milieu.
Travailler dans un contexte culturellement aussi varié, en faveur d’un public aux diverses origines et cultures, avec une équipe internationale aux profils très contrastés reste cependant très enrichissant!

La journée de rentrée : la belle surprise d’un public plus jeune

Le temps superbe, propice à la randonnée, a réjoui les trois groupes partis de Dompierre, Matour et Tramayes, en direction de Trambly, pour la rencontre annuelle des treize clochers, en ce dimanche de rentrée paroissiale. Accueilli par l’équipe organisatrice, pour un apéritif d’autant plus réconfortant que le soleil commençait sérieusement à « taper », chacun a trouvé place autour des tables dressées pour partager le pique-nique.

Cette année, la présence de nombreux jeunes du catéchisme, accompagnés de leurs parents, a largement contribué à rendre notre réunion encore plus gaie que d’habitude. Comment ont-ils donc vécu cette journée pas comme les autres ? Nous avons interrogé deux jeunes frères, venus avec leur maman, pour la première fois.
«?Nous sommes venus à pied. C’était long ! Heureusement, nous avions de l’eau pour nous rafraîchir! Nous étions bien contents d’être arrivés! Et puis, nous avons retrouvé nos copains. Et nous avons joué ensemble pendant le pique-nique. Après, il y avait des ateliers. Nous avons fait un marque-page avec des mots importants que nous avons trouvés tout seuls comme «?aimer, offrir, câliner, donner…?» Et une affiche avec des mains qui offrent des mots. Des mots importants aussi. J’ai choisi «?paix, famille, espoir, amitié, amour…?» Ensuite, on a composé des bouquets pour l’autel. C’était beau ! On a tout aimé. C’était bien ! L’année prochaine ? On a envie de revenir!Est-ce qu’on pourrait avoir aussi des activités plus physiques ? Un jeu collectif, par exemple, où il faudrait s’entraider, chercher ensemble des indices, ou un relais où on aurait besoin des autres pour y arriver…?»
Après le déjeuner, Denise nous a présenté une série de diapositives d’un voyage qu’elle a fait cette année en Israël, avec un groupe de chrétiens, accompagnés par notre évêque Benoît Rivière. Antoine a fait défiler ces diapos sur grand écran, ce qui nous a permis de les apprécier davantage. Puis, pendant que certains préparaient des compositions florales pour l’autel, aidés par Marinette, d’autres (les plus jeunes) s’empressaient de dessiner pour l’Offertoire. Nous avons ensuite répété les chants de la célébration sous la direction enthousiaste d’André.
À 16 heures, nous étions une petite centaine, rassemblés autour de Jean-Pierre, pour la célébration eucharistique. La Parole, l’offertoire, la communion, prenaient un sens encore plus intense que d’habitude.
Nous sommes repartis vers nos clochers paisiblement, heureux d’avoir pu partager avec d’autres, connus ou inconnus, ce temps fort de la vie de notre paroisse.

Un Notre Père pour notre temps

Toi le Père de tous ceux qui luttent
Pour faire éclater l’amour, la solidarité, la justice,
Que ton nom soit sanctifié
Pour tous ceux qui travaillent jour et nuit
Afin de sortir leurs frères de l’ignorance,
De la maladie, de l’exploitation et de la persécution.
Pour tous ceux qui donnent un peu de leur temps
Pour changer leurs conditions de travail,
Sur le quartier, au bureau, à l’école.
Que ton règne vienne et qu’il vienne pour tous !
Que ta volonté soit faite.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Ce pain trop rare, confisqué par une minorité,
Insuffisant pour les trois quarts de l’humanité,
Le pain du travail pour tous,
Le pain d’une vraie formation,
Le pain d’une vraie vie aussi.
Et pardonne-nous, Seigneur,
Tous ces cris que nous n’entendons pas,
Tous ces sourires que nous ne voyons pas,
Toutes ces injustices contre lesquelles nous ne faisons rien.
Ne nous laisse pas succomber à la tentation
De baisser les bras,
De fermer la porte sur nos petits bonheurs.
Ne nous laisse pas succomber à la tentation de croire
Que la violence, le racisme et l’intolérance vont triompher.

Mais délivre-nous du mal qui, au fond de nous-mêmes
Nous invite à vivre notre vie, en la gardant pour nous,
Quand toi tu nous invites à la donner.
Donne-nous cet enthousiasme
Qui engendre un monde meilleur.
Amen

Edwin et Paco nous écrivent depuis les Hauts Plateaux Andins, au Pérou

Edwin à Sicuani 26 mars 2012,

J’ai attendu pas mal de temps avant de vous partager ce qui m’arrive. Pardon de ne pas vous avoir écrit plus tôt. Depuis octobre, je suis sans travail. Ceci a occasionné de l’instabilité familiale. J’ai attendu que s’accomplisse la promesse d’un nouvel emploi au diocèse mais rien depuis 5 mois !
Notre Noël familial fut très triste. Et nous n’avons pas fêté les 15 ans de Mishell en janvier.
Pendant plusieurs semaines, nous avons eu quelques soucis de santé […] le bon, le positif, c’est que je ressens l’union familiale et la profondeur de nos prières. Cette situation nous a maintenus tous très unis. […] C’est clair que la perte de mon emploi n’était pas prévue !
Mishell a réussi sa quatrième année de secondaire ; ce qui nous réjouit c’est qu’après une année d’adaptation diffi cile, elle a progressé chaque année dans ses résultats. Lulu va très bien, elle s’adapte bien et passe en troisième primaire. Norma est toujours au collège à dix minutes de Sicuani et aide à la pastorale paroissiale.

Edwin Colque

Paco à Pitumarca le 28 février 2012,

Je suis toujours en train de crapahuter dans ces montagnes andines, visitant les communautés rurales et essayant de desservir le mieux possible ces deux grandes paroisses : Pitumarca et Checacupe. Tout se passe bien. Mais malheureusement, nous avons toujours le même évêque qui aurait dû partir il y a 3 ans et que Rome maintient en poste. C’est un véritable désastre : il n’est jamais là, toujours en train de se promener… La pastorale est le dernier de ses soucis et il ne cherche pas à pourvoir ses paroisses.
J’espérais avant mon départ voir arriver un nouvel évêque… mais rien à l’horizon. Heureusement, il y a encore une bonne équipe de prêtres qui maintiennent le cap.
Mon retour en France est prévu pour le 20 avril.
La situation est toujours dominée par les conflits entre les entreprises minières et les communautés rurales. Le gouvernement veut l’or et l’argent, les ruraux veulent l’eau. C’est un peu le pot de fer contre le pot de terre. C’est vrai que les mines sont un apport financier considérable pour le Pérou mais l’argent est bien mal réparti.
Je continue de travailler mon livre qui a besoin d’être étoffé pour la France car un lecteur Français aura besoin de quelques explications supplémentaires. J’espère qu’il sortira en France en 2012.
Ces derniers temps j’ai quelques petits problèmes de santé qui j’espère ne prendront pas trop d’importance. C’est vrai qu’à 77 ans l’altitude commence à bien se faire ressentir.
Peut-être aurons-nous l’occasion de nous revoir à mon retour.

François Dalteroche (dit Paco)

« Ciné’Matour : l’inattendu »

Connaissez-vous les séances de « l’Inattendu », proposées par « Ciné’Matour », en plus des séances habituelles ? Avez-vous remarqué ces curieuses affichettes noires et rouges… qui n’indiquent pas le titre du film ?! « Faites-nous confiance! » demandent-elles. Mais de quoi s’agit-il?

Animé par une équipe de vingt-cinq bénévoles, avec l’aide technique de la mairie, « Ciné’Matour » est une antenne autonome du foyer rural depuis janvier dernier. Pour 2011, l’équipe veut axer son action sur l’amélioration des prestations du cinéma : amélioration technique, logistique et de l’information avec, entre autre, la création et la gestion d’un site Internet. Les séances traditionnelles restent inchangées (deux séances hebdomadaires, le samedi et le mardi, avec parfois une projection supplémentaire le dimanche après-midi pour les enfants)

Des séances supplémentaires

La nouveauté, c’est l’organisation de séances supplémentaires, celles de « l’Inattendu », une fois tous les deux mois. Pourquoi « l’Inattendu » ? Parce que le titre du film ne sera pas annoncé à l’avance ! Nous souhaitons vous faire découvrir (ou revoir) un cinéma différent: cinéma d’auteur ou non, très connu ou méconnu, d’ici ou de là-bas, susceptible de susciter réflexion, rire, émotion, discussion, avec parfois la présence d’intervenants extérieurs pour animer les débats.
Six séances sont envisagées pour 2011 (mars, juin, juillet, août, octobre, décembre). Celle de juin sera exceptionnelle puisque nous accueillerons un réalisateur très connu…
Pour favoriser la convivialité et prolonger ces moments de rencontre et d’échanges, un bar sera proposé à l’issue de la séance, ainsi que quelques petites choses à grignoter (ces dernières offertes par l’équipe). La première séance a été une réussite. Les derniers spectateurs sont partis à 1h du matin (parce qu’il fallait fermer la salle…) Nous comptons sur vous. Votre présence sera une marque d’intérêt et de soutien.

Des nouvelles du Pérou et de Radio Santa Cruz

Depuis près de dix ans, plusieurs personnes de notre paroisse soutiennent une radio implantée dans le sud andin au Pérou.
Ce soutien nous a permis de nouer des liens privilégiés avec Edwin Colque, le responsable de cette radio qui est très investi dans la vie du diocèse ainsi qu’avec François Dalteroche – alias Paco – prêtre français qui a partagé la vie de ce diocèse andin pendant de nombreuses années. Quelques nouvelles en direct de Sicuani au Pérou…

De nouveaux groupes armés ont réussi à se réactiver et s’emparent maintenant des organisations syndicales et des universités. Ils se présentent aux élections comme candidats et la population en a peur.
D’autre part, des groupes de très grande corruption ont réussi à se constituer en bandes organisées et à se présenter comme candidats ; certains ont ainsi gagné des mairies en manipulant la population (en distribuant boissons, cadeaux et aliments aux paysans qui les soutiennent).
Il manque des partis politiques solides avec une idéologie, une doctrine, un programme de gouvernance Il y aurait l’APRA (de l’actuel président mais fortement remis en question) ; les autres partis n’ont pas de propositions suffisamment larges pour pouvoir s’unir en vue de ces élections.

Se former pour résister

Dans ce contexte, des moyens de communication qui ont un seul patron ont été pris d’assaut par les personnes provenant de ce type d’organisations.
Heureusement à Radio Santa Cruz, on peut réussir à diriger collectivement et réfléchir à la lumière de l’Évangile. La formation est pour le moment notre priorité et vos apports nous servent dans ce sens. En ce moment, quatorze personnes sont en formation régulière, six femmes et huit hommes. […]
Notre matériel est un ensemble d’appareils assemblés, aussi cela nous génère des difficultés […]. Nous pensons chercher avec l’aide d’un quelconque gros prêteur les 22,000 $ que coûte un transmetteur original, ceci en pensant à l’avenir.
Lors du défilé de l’anniversaire de la radio, il s’est vécu quelque chose de très beau qui nous a unis les uns aux autres comme une fraternité familiale, de communauté chrétienne entre tous les participants.

«Merci Paco»

Le 26 juin, nous avons eu une belle réunion-déjeuner avec Monseigneur Paco, les amis du Sud-Andin, les frères prêtres de diverses paroisses et l’équipe sociale du diocèse de Sicuani.
Sur le mur, on pouvait lire : « Merci Paco pour ta vie et pour ton service du Sud-Andin » Ce furent des moments de joie d’être ensemble dans le partage mais aussi de tristesse de voir partir une fois encore un homme qui est témoin d’intégrité, qui vit sa vocation de service comme prêtre et comme pasteur.
Nous avons demandé qu’il revienne bientôt, de manière libre comme il est lui, parce que nous avons besoin de sa solidité, de sa sagesse, de ses conseils et de sa bénédiction. Si Dieu le permet !

 

 

Noël 2010

n°78 – décembre 2010

On fête depuis 2000 ans la naissance de Jésus ; auprès de lui sa mère Marie, Joseph son époux, un âne, un bœuf le réchauffant de leur souffle. Humilité absolue de cette naissance. Trente-trois ans plus tard le terme de cette vie : un supplice réservé aux esclaves : la crucifixion. Votée par acclamation par une foule manipulée par les prêtres. Ils reprochent à Jésus des propos jugés blasphématoires. Ponce Pilate, a des soucis avec la résistance, les affaires religieuses ne l’intéressent pas. Une « vie gâchée » si la Résurrection et, trente ans plus tard, Luc, Marc, Jean et Mathieu n’apportaient la bonne nouvelle de l’Évangile. La parabole du Samaritain avait déclenché la colère des prêtres. Ceux-ci avaient une religion à part et les Juifs les considéraient comme hérétiques. Or Jésus choisit volontairement un hérétique pour stigmatiser l’indifférence à autrui d’un prêtre, et d’un lévite. Le prochain, la solidarité doivent être notre souci.
Recherchons si nous n’avons pas un pardon à donner ou à demander. Prenons la décision d’agir dans ce sens en obtenant des réconciliations que l’on jugeait impossibles. Si chacun en ce jour-là prend cette décision, nous contribuerons à changer le monde dans le bon sens. Dieu nous pardonnera dans la mesure où nous aiderons notre prochain et où nous saurons pardonner. La fête de Noël aura tout son sens.

En ce soir de Noël

n°74 – décembre 2009

Souvenez-vous, il y a 40 ans un groupe d’enfants, Les Poppys, bouleversait le monde des adultes avec ce chant:
« C’est l’histoire d’une trêve que j’avais demandée
C’est l’histoire d’un soleil que j’avais espéré
C’est l’histoire d’un amour que je croyais vivant
C’est l’histoire d’un beau jour que moi petit enfant
Je voulais très heureux pour toute la planète
Je voulais, j’espérais que la paix règne en maître
En ce soir de Noël
Et aujourd’hui le monde a-t-il changé ?
Noël sera-t-il pour nous la fête de l’amour?
Quand nous nous mettrons à genoux pour prier pourrons-nous oublier que « non, rien n’a changé ». »
Je suis un peu nostalgique ce soir, et je me dis qu’au moment où nous venons de commémorer la chute du Mur de Berlin combien de murs restent encore debout de par le monde.
Combien d’enfants fêteront Noël à l’ombre de l’un de ces murs de la honte.
C’est pourquoi je ne résiste pas à l’envie de vous livrer la fin de l’un de mes textes préférés de Raymond Devos :
« Je hais les murs
Qu’ils soient en dur qu’ils soient en mou !
Je hais les haies qui nous emmurent.
Je hais les murs qui sont en nous ! »

Alors bonne chute de murs et joyeux Noël!

Lire le bulletin (PDF)