La rentrée, l’audace de vivre

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Comme le printemps ou encore le début de l’année civile, la rentrée marque une étape : plus qu’à d’autres périodes, nous sommes face à l’avenir, donc à l’inconnu. Pour en avoir une image à l’avance, nous essayons de prévoir le plus possible. Les hommes ont depuis longtemps cherché à connaître l’avenir en consultant l’horoscope ou des voyantes. Mais il reste l’imprévisible, l’incertitude, le risque.

Christian Bobin nous dit : « C’est donc ça la vie, un livre dont l’encre est toujours fraîche et dont aucun lecteur ne pourra dire ; je l’ai lu. »

En mars 1996, moins de trois semaines avant d’être enlevé à Thibérine, Christian de Chergé écrivait : « Vouloir imaginer l’avenir, c’est faire de l’espérance fiction. Dès que nous pensons l’avenir, nous le pensons comme le passé. Demain sera autre chose. Nous ne pouvons pas l’imaginer. » Cela nous renvoie à notre condition humaine. L’homme n’est pas maître de son destin.

Face à la peur du risque, on pourra préférer continuer une vie difficile mais connue et contrôlée, plutôt que d’oser le changement, avec un espoir d’amélioration.« Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. » Pourtant, si on sait trop d’avance, on se limite, on se prive de l’occasion de progresser, de découvrir, d’improviser.

Gabriel Ringlet nous dit : « Consentir à l’inachevé, c’est un gage de paix, de sérénité. Tâtonner dans le noir, s’égarer peut-être, mais y aller. » Arnaud Desjardins parle de « l’audace de vivre » et Christian Bobin nous assure que « quelque chose vient à tout instant nous secourir. » La foi, l’espérance, c’est lâcher prise, accepter de ne pas savoir, bouleverser nos prévisions, et avancer !

MTD

 

« Il faut pas se mettre dans l’idée qu’on peut plus rien faire »

Elle a déjà eu les honneurs de la presse. Mais Marcelle Loriol accepte encore d’être interviewée pour Le haut Clunisois. Elle le lit régulièrement « pour voir ce qui se passe ». Mais pourquoi cherche-t on à recueillir le témoignage de la patronne de la quincaillerie-droguerie de Tramayes ? C’est qu’à l’âge de 89 ans, elle est toujours aux commandes de son magasin.

Quand on s’étonne de cette performance elle répond : « Si on se met dans l’idée qu’on peut plus faire ça, on peut plus rien faire ! » Elle s’était fixé des dates butoirs, qui ont été autant d’étapes. Maintenant, elle projette de s’arrêter dans un an ou deux, mais qui sait ? « Je continuerais tant que je pourrais ! »

Être encore utile

Bien sûr, « la vie a tellement changé ! » Elle regrette la diminution des ventes. Mais elle est heureuse de raconter qu’une cliente a pu dénicher chez elle ce qu’elle n’avait pu trouver nulle part ailleurs : de l’amidon en grains ! « Tant qu’on peut faire plaisir ! » Elle se réjouit aussi que des gens passent dire bonjour même s’ils n’ont rien à acheter. Cela lui permet d’avoir des contacts et d’apprendre les nouvelles du pays. Elle ne prend pas de vacances. Son magasin n’est pas souvent fermé. Elle fait ses comptes « le dimanche bien tranquille ». Il faut aussi «préparer les commandes, chercher les références, ça fait travailler le cerveau ! » Je m’étonne de sa mémoire (Elle sait tout ce que contiennent son magasin et ses réserves. Elle trouve tout de suite ce que le client demande.) « Quand on vit dans son domaine, les objets sont toujours à leur place. »

Ne pas rester sans rien faire

Les autres occupations ne lui manquent pas : deux jardins, un petit qu’elle bêche encore et un grand, éloigné de la maison. « ça fait prendre l’air, ça fait faire de l’exercice ! » Elle trouve encore le temps de tricoter, de faire des mots fléchés, de lire un quotidien et Pèlerin. Elle s’étonne presque d’être « des fois fatiguée ». Elle regarde aussi les émissions de jeux, les documentaires, sans oublier la retransmission de la messe. Dans le passé, elle a aimé jouer avec le groupe de théâtre de Saint Point, dont elle appréciait l’ambiance. Elle aurait aussi voulu faire partie d’une chorale. « Je chantais tout le temps ! »

Son secret ? Elle dit : « Il faut aimer son métier. » Mais on constate aussi que ses centres d’intérêt sont nombreux et variés. Pas de souci, elle n’est pas à la veille de s’ennuyer !

Marie-Thérèse Denogent

Et pourtant la violence diminue

Dans nos conversations, le pessimisme est souvent présent. L’insécurité est l’un des thèmes qui revient souvent. Effectivement, si on se réfère aux titres des journaux, aux émissions de télé, aux discours de certains hommes politiques, la violence serait en augmentation. Pourtant, des études sérieuses prouvent le contraire.

 

 Le professeur à Harvard, Steven Pinker, a cumulé des statistiques sur les génocides, les guerres civiles, les homicides, les violences domestiques : il prouve que la violence n’a cessé de baisser depuis la Préhistoire. Comment expliquer cette contradiction entre nos convictions et la réalité ? Nous sommes beaucoup plus informés que dans le passé, en particulier à propos des événements les plus horribles : guerres, crimes, attentats, scandales. C’est ce qui mobilise notre intérêt, c’est donc ce qu’on nous propose le plus !

 

Nous avons la mémoire courte

Évidemment, les actualités parlent de ce qui se produit, pas de ce qui ne se produit pas ! Elles soulignent aussi moins souvent le positif que le négatif. De plus le même événement tragique revient à la une pendant des jours. Il nous envahit. Nous avons tendance à généraliser et à occulter le reste. Nous oublions aussi les malheurs du passé, même relativement récent. C’était le bon vieux temps. Pourtant, la guerre chez nous, ce n’est pas si ancien!

 

Notre sensibilité a évolué

Il ne s’agit pas de nier l’existence de risques, ni l’horreur de ce que vivent les victimes. Mais on se polarise sur les attentats, alors que les imprudences font beaucoup plus de dégâts. On estime que 1 500 Américains sont morts dans des accidents de voiture après le 11-Septembre 2001, en voulant éviter de prendre l’avion !

La conséquence d’une certaine pacification, c’est que nous sommes devenus de moins en moins tolérants. La moindre incivilité est mal supportée. Nous considérons comme violents des actes qu’on banalisait dans le passé. Par exemple, les bagarres entre les enfants existaient déjà mais soulevaient moins d’indignation qu’aujourd’hui. Souvenons-nous des luttes entre les jeunes de villages ou de hameaux différents, ou après les bals…

 

Être assuré contre tout

Une conséquence positive : On considère maintenant comme criminels des actes qui étaient tolérés et banalisés. On éprouve plus d’empathie vis-à-vis des victimes, qui hésitent moins à porter plainte. Mais le sentiment d’insécurité, de vulnérabilité s’est exacerbé, même quand on vit dans un milieu tranquille ! D’où une demande toujours plus grande de sécurité. On voudrait être assuré contre tout ! Mais nous pouvons aussi cultiver en nous un espace de paix qui nous rendra plus forts.

Marie Thérèse Denogent

Rentrée : changement et continuité

C’est la rentrée. Le passage est surtout significatif pour les jeunes. Mais les moins jeunes ont eux aussi leurs reprises : travail, activités, engagements associatifs. Après les vacances, il faut s’y remettre. Une page se tourne. En réalité, est-ce toujours un changement? Il y a ceux qui n’ont pas eu de coupure dans l’été, et pour qui c’est la routine. Mais souvent, pour les autres aussi, on redémarre, on recommence, dans la continuité. D’une manière générale, notre perception de l’existence, c’est que c’est en même temps toujours pareil et toujours autre chose. On voudrait évoluer et on est déçu de rester toujours le même. À l’inverse, on aimerait garder, prolonger certains vécus, certains moments de bonheur, mais rien ne dure. Tout est impermanence, disent les bouddhistes. Nous avons besoin de rythmer le temps. Il nous faut des pauses et des redémarrages. Nous avons besoin de changement et de continuité, de repli sur soi et d’ouverture, de sécurité et de risque.

La période de rentrée peut nous donner une énergie nouvelle nécessaire pour se remettre à l’ouvrage, prendre un nouveau départ, reprendre le fil sans trop se laisser gagner par la routine, essayer de progresser grâce à l’expérience, oser l’espérance. Dans notre paroisse aussi, on reprend et on continue.

 

Nous restons fidèles à notre journée de rentrée. Elle aura lieu le dimanche 11 septembre à Saint-Léger.

Notre curé, lui aussi, continuera. Officiellement, notre évêque a décidé de « le reconduire pour trois ans dans sa tâche de curé de la paroisse des saints apôtres en Haut Clunisois. » Nous nous en réjouissons.

Dans le même temps, « le père René Aucourt est nommé modérateur de l’exercice de la charge pastorale pour les trois paroisses suivantes du doyenné du Mâconnais : la paroisse de Cluny Saint-Benoît, la paroisse des Saints Apôtres en Haut Clunisois, et la paroisse Saint-Augustin en Nord Clunisois (Ameugny). »

Le travail du synode se poursuit. C’est bien une nouveauté puisqu’il n’y en avait pas eu dans le diocèse depuis le IVe siècle! « Nous allons pousser des portes, ouvrir de nouvelles voies ».

Enfin, pour notre bulletin, après le 100e numéro, nous voilà repartis, avec le numéro 101, pour une nouvelle centaine…

Marie Thérèse DENOGENT

Lire le bulletin paroissial n° 101 complet (version pdf)

Ce 11 septembre, nous aurons l’occasion de faire connaissance d’un personnage nouveau dans les annuaires diocésains d’antan, un modérateur pour les trois paroisses du Haut-Clunisois: heureusement, son visage est déjà connu de la plupart puisqu’il s’agit de René Aucourt. Il viendra déjeuner et échanger avec nous l’après-midi. D’ici là, tous ceux et celles qui ont le dessin facile peuvent laisser vagabonder leurs talents pour évoquer « un modérateur » !     JPL

Parler de la maladie, c’est lui donner un sens

Nous prenons soin de notre santé, beaucoup plus que dans le passé, d’où le nombre des consultations, et de tous les bilans : radios, scanners, IRM… L’imagerie médicale a fait d’énormes progrès. Elle prend une telle place qu’on pourrait considérer qu’elle remplace la description des symptômes par le malade lui-même. Certains s’identifient d’ailleurs complètement au diagnostic : « Je deviens ce qu’on m’annonce. »

Reprendre à son compte

Mais ce n’est pas parce qu’on a réglé le problème techniquement qu’on a pris en charge toute la complexité de la situation, qu’on a répondu à toutes les questions que se pose le malade, qu’on a envisagé tout ce que représente pour lui la maladie. Ce qui est aussi important, c’est ce qu’il peut en dire pour tout reprendre à son compte, raconter les circonstances, éventuellement réinterpréter à sa manière : dire l’épreuve de la maladie dans ce qu’elle a de singulier, d’unique. Didier Picard (alors président du comité national d’éthique) racontait qu’après avoir parlé une demi-heure sans que lui-même ne dise un mot, une personne lui avait affirmé : « On ne m’a jamais si bien expliqué ma maladie ! »

Une vérité culturelle

Selon certains Africains, il y aurait « les maladies de l’homme noir et les maladies de l’homme blanc. Les microbes des blancs ne tuent pas les noirs ! » Un Sénégalais opéré de l’appendicite, bien que tout à fait conscient d’avoir été sauvé par cette intervention, expliquait qu’il l’a mal supportée parce que, dans son ethnie, il est inimaginable d’ouvrir le ventre !

Il expliquait aussi que la description des symptômes par le malade doit obligatoirement être précédée par le récit de tout ce qui s’est passé avant : intégration dans une histoire familiale et ethnique. D’ailleurs, nous aussi avons souvent besoin de reprendre un récit à ses débuts avant d’en venir au fait :

« Ce matin-là… »

Il y a la vérité scientifique et la vérité d’expérience : décrire les choses à sa manière pour les intérioriser, se les approprier. Un événement prend sens si après-coup on peut le raconter et même le reconstruire. Ainsi, la signification d’une maladie correspond entre autres aux causes éventuelles, physiques, psychologiques ou morales.

Être entendu

D’où l’importance d’interlocuteurs, soignants ou amis, qui sachent écouter, laisser parler longuement, entendre les explications, même farfelues, les interprétations même tendancieuses. Dans certains hôpitaux, des ateliers d’écriture sont proposés aux personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe. On leur permet par la narration écrite de reprendre la main sur ce qu’elles ont vécu passivement, de redevenir acteur.

Marie-Thérèse Denogent

Une chouette association

« Face aux épreuves de la vie, j’ai eu la chance de faire de très belles rencontres qui m’ont amenée à voir les choses différemment et à vivre ma vie autrement. » C’est ainsi que Martine Bonhomme décrit le cheminement qui l’a conduite, après le décès de sa fille, à créer l’Étoile filante 71. Une maladie, du fait de sa rareté, n’a pas pu être décelée à temps et a évolué vers une pathologie trop avancée pour être guérie.
Le but de cette association, née en avril 2015 à Tramayes, est double : elle veut contribuer à la recherche sur les maladies dites orphelines. Elle veut aussi apporter un soutien, un bien-être, une évasion à de jeunes malades hospitalisés. À partir d’un petit noyau de connaissances, un groupe a grandi et continue de s’étendre. Un grand élan de générosité et de solidarité s’est constitué.

De chouettes objets

L’idée, c’est de fabriquer de jolis objets de toutes sortes sur le thème de la chouette, choisie pour emblème, « pour que la vie soit plus chouette. » Les variations sont infinies. Ces réalisations ne sont pas vendues à proprement parler. Il n’y a pas de prix indiqué. On choisit ce qui plaît et on donne ce qu’on veut. C’est une conception particulière de l’échange.

Utiliser les compétences

Ces objets sont le fruit de talents très divers : dessin, peinture, couture, tricot, origami… Ils peuvent être confectionnés à domicile, mais un atelier fonctionne tous les vendredis à Tramayes. J’y ai rencontré une dizaine de personnes qui s’activent dans une ambiance conviviale, où chacun trouve sa place, quelles que soient ses compé- tences. Certaines bavardent en pliant consciencieusement de petits papiers. Une autre participante, détentrice d’un CAP de couture, se concentre sur son ouvrage. Certaines expliquent qu’elles craignaient de ne rien pouvoir apporter, mais elles ont pris confiance en elles. Il existe d’ailleurs une forme de coopération, le même objet pouvant passer dans plusieurs mains.

Des motivations diverses

La plupart des personnes insistent sur la qualité de la « cause. » « On sait où va aller l’argent. » On me parle d’une « générosité de la personne » plutôt que d’une « générosité pécuniaire » (donner de sa personne plutôt que simplement de l’argent.) Une dame insiste sur la coïncidence entre son désir altruiste et le plaisir de coudre. D’autres mettent l’accent sur les rencontres : « On voit les copines. On découvre des gens différents, qu’on n’aurait pas connus autrement ».
Ces objets seront proposés le 20 décembre au marché de Noël à Tramayes.

Elle aide à mieux appréhender le quotidien : la sophrologue

Après vingt-cinq ans de travail dans le domaine de la finance, Pascale Ballorin prend conscience qu’elle n’est plus en phase avec les valeurs qu’elle repré- sente. Par ailleurs, suite à un problème de santé, elle a recours à la sophrologie et en découvre tous les bienfaits. Elle décide de faire la formation correspondante, au départ dans un but uniquement de développement personnel : trois années à Lyon à l’Institut de sophrologie Rhône-Alpes (Isra). C’est alors qu’elle franchit le pas : vivre autre chose dans le domaine professionnel, faire de la sophrologie son métier.
Cette technique de développement personnel a été inventée dans les années 65-66 par un neuropsychiatre colombien, Alphonso Caycedo. Il s’agit d’une « méthode d’accompagnement pour aider à mieux appréhender le quotidien, basée sur différentes techniques ». Son leitmotiv : Nous ne sommes pas responsables des événements qui nous arrivent, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. C’est à nous de voir si nous pouvons rester maîtres de notre vie ou non.
Nous ne sommes pas obligés de nous laisser entraîner dans le tourbillon : stress, consommation, course à l’enrichissement. Nous pouvons faire preuve d’autonomie et vivre autrement. « Nous sommes surinformés, mais sous-ventilés ».

Passer par le canal du corps

Pascale Ballorin reçoit les personnes individuellement ou en groupe. Il existe sur Tramayes un groupe d’une quinzaine de personnes entre 35 et 80 ans. L’accent est mis sur la respiration, la détente (relâcher les tensions), la visualisation d’images positives en lien avec un objectif à atteindre par chacun.
Une place importante est donnée à la prise de conscience et à la verbalisation du ressenti : apprendre à mettre des mots sur ce qu’on vit, sans oublier surtout ce qui correspond au plaisir, à l’estime de soi. En groupe : écoute de la parole de chacun, respect des différences, absence de jugement, confidentialité, et bienveillance.

Un métier qui fait grandir

Pascale Ballorin a un cabinet à Mâcon. Elle intervient aussi dans les entreprises. Elle donne des conférences. Elle enseigne à l’Isra et dans une école d’infirmières. Elle accompagne des personnes malades.
Elle aime son métier au point de dire qu’elle n’a pas l’impression de travailler: « C’est un métier qui me fait grandir ».
Elle regrette de manquer de temps pour répondre à tous les besoins. Elle a heureusement une bonne résistance physique. C’est un métier qui commence à être connu. Elle espère qu’il sera bientôt reconnu officiellement.
Elle se dit non-croyante mais affirme croire en l’homme.

La visite de l’évêque, vue par quelques paroissiens

Pierre Lapalus

« Il s’est montré désireux de connaître ce qui se vit chez nous. Il est conscient de la diminution de la pratique religieuse, en particulier chez les jeunes. Il est ouvert à d’autres formes d’expression de la foi. »

Alexandra Desroches

« On a appris à le connaître. Ça casse un peu les barrières. Les enfants ont abordé avec aisance des questions existentielles. Il a répondu simplement, sans craindre d’aborder tous les sujets. »

Hélène

« Il a fait preuve d’une grande simplicité, d’une grande humanité, d’une grande compassion. Il désire aller sur le terrain. Il s’intéresse aux réalités de la vie. »

Simone Descombes

« Il est très accessible, il sait s’adapter au milieu dans lequel il se trouve. Il était à l’écoute de nos problèmes sans toutefois y apporter des solutions. Les Matourins l’ont bien apprécié. »

Visite de l'évêque
Visite de l’évêque

Yvette et Marcel Martin

« Il n’est pas compliqué à parler. Il semblait heureux d’être avec les enfants. Il ne s’attendait peut-être pas à ce qu’ils soient peu impressionnés par l’évêque. »

Marcel Augoyat

« Je suis très heureux et très fier de lui avoir serré la main. Je lui ai dit que j’avais lu beaucoup de livres de son grand-père, Claude Michelet. »

Une paroissienne

« J’aurais jamais pensé qu’un évêque pourrait me parler comme ça. »

Dieu est humour

Les auteurs de ce recueil d’histoires drôles ayant pour sujet la religion nous expliquent que Dieu est une grande source de joie. Pour preuve, ils évoquent la Parole de Jésus dans l’évangile de Jean: « Que votre joie soit parfaite », et aussi celle de Paul: « Réjouissez-vous dans le Seigneur ». Ils disent que Jésus participait aux fêtes jusqu’à se faire reprocher par ses ennemis d’être un glouton et un ivrogne.

Une autodérision salutaire

Dans La Vie du 15 janvier dernier, Isabelle Francq ose écrire : « Rire de tout, c’est sérieux. L’humour semble devenu une vertu théologale que tous les croyants devraient impérativement cultiver ». Elle constate même que les chrétiens en général tolèrent les dessins d’humour qui remettent en cause leur foi; cela n’ébranle pas leur espérance. La dérision pourrait donc être une manière d’échapper au dogmatisme, de prendre une juste distance avec soi-même et avec les choses, de rester critique. L’humoriste catholique Étienne Moulron, créateur de l’association La maison du rire et de l’humour à Cluny, veut voir dans le mot humour la réunion de l’humain et de l’amour. Quant à Piem, il affirme: « Dieu a le sens de l’humour, ce sont seulement les occasions de sourire qui lui manquent! »

Les histoires contenues dans ce livre sont plutôt gentilles, sans agressivité. En voici quelques exemples, parmi les plus courtes :

Un garçon d’une famille nombreuse, à la question « Qui est votre prochain? » : « Le petit frère qui va naître dans un mois. »

La catéchiste demande ce que veut dire le mot «Amen » à la fin de la prière. Un enfant répond : « C’est comme quand je clique sur: envoyer. »

Samuel, 5 ans, assiste au chemin de croix. On énumère et on suit la première station, deuxième station, troisième station, etc. À la sortie de la célébration, il demande à sa maman: « Dis maman, pourquoi est-ce qu’ils allaient toujours chercher de l’essence ? » (authentique)

Le comble de l’avarice : regarder la messe à la télévision et éteindre le poste pendant la quête.

Du cardinal Suenens : « Vous voulez que l’église soit parfaite? N’y entrez pas. Elle ne le serait plus! »

Un journaliste demande à un jésuite: « C’est vrai que, quand on vous pose une question, vous répondez par une autre question? » ; « Qui vous a dit ça ? »

Un enfant de 3 ans apprend qu’un ami de la famille va être ordonné diacre : « Maman, est-ce qu’on peut aussi être ordonné clown? » (authentique)

Il paraît que l’expression: « Je ne vais pas attendre 107 ans » vint du délai qui a été nécessaire à la construction de Notre-Dame de Paris. Les Parisiens trouvaient que c’était trop long. Au Moyen Âge, ils étaient déjà pressés !

Dieu est humour
Dieu est humour

Une lumière fragile et invincible

L’espérance

Le dictionnaire nous explique que l’espérance est un sentiment de confiance en l’avenir, portant à attendre un bien déterminé. On dit « l’espoir fait vivre » : espoir de guérison, de biens matériels, de gagner au loto… On peut être optimiste ou pessimiste. Ainsi, Lamartine se désespère : « Mon cœur lassé de tout, même de l’espérance… » L’actualité inciterait plutôt à la crainte face à l’avenir. Mais il y a l’espérance chrétienne : « vertu théologale par laquelle on attend de Dieu avec confiance sa grâce en ce monde et la gloire éternelle dans l’autre ». Serait-ce une utopie qui favoriserait la déresponsabilisation ? Alors, le dictionnaire nous précise : Elle ne tend pas à un providentialisme fataliste, et laisse place à la liberté et à la responsabilité.

Une posture face à la vie

L’espérance est plus qu’une croyance, une attente, un espoir que nos aspirations pourront se réaliser. C’est un certain état de conscience, une posture face au sens de la vie : croire qu’au-delà de tout, il y a du bon, du juste, du vrai, un absolu. Elle suppose d’avancer, de s’engager, de prendre des risques. Elle s’exerce sur des réalités difficiles. « La foi n’évite pas l’empoignade avec les démentis à l’espé- rance. Confrontés chaque jour à l’énigme du mal, nous ne pouvons ni la résoudre, ni nous en défaire, et cela suscite parfois en nous des questions sans réponse sur les hommes et sur Dieu. » (Pasteur Michel Bertrand)

Vivre l’instant

L’idéal serait une sérénité non dépendante des circonstances. Mais si nous en faisons parfois l’expérience, cela ne dure pas ! « On n’est l’éternel que le temps d’un instant. » Mais on peut privilégier le présent, vivre sa journée sans vouloir résoudre le problème de toute sa vie. « L’éternité, c’est maintenant. » (A. Comte Sponville) Quant à René Berthier, il écrit deux ans avant sa mort : « Je veux vivre dans l’espérance, un jour, ou six mois, ou plus. » Une petite lumière Péguy nous parle de cette « petite espérance tremblante à tous les vents, anxieuse au moindre souffle… invincible et immortelle, et impossible a éteindre ». Le cardinal Kasper évoque aussi « une lumière que l’on tient dans la main et qui illumine dans la mesure où nous avançons personnellement », plutôt qu’ un « projecteur qui éclaire toute la voie de l’histoire ». Laissons un poète (Jean Yves Leloup) nous en parler encore d’une autre manière :

« Se mettre dans la beauté sans un bruit sans un geste

Puis laisser jaillir la Source tout en creusant le puits

En son temps viendra l’oasis. »

Quand un agriculteur devient écrivain…

Jean Dorin a écrit À flanc de coteaux: il raconte, avec beaucoup de sensibilité et de sens de l’observation, son enfance et sa jeunesse à Saint Pierre le Vieux. Il nous fait entrer dans l’intimité de sa vie de fils d’agriculteurs: les relations familiales, les travaux de la ferme, l’intensité de son amour de la nature. Il est devenu lui-même agriculteur. Je suis allée lui demander pourquoi il s’était lancé dans l’écriture de ce livre, une idée cadeau pour Noël !

Il explique que, s’il y a eu beaucoup d’ouvrages sur la vie à la campagne autrefois, on l’a fait la plupart du temps avec un regard extérieur. C’est rare qu’un agriculteur décrive cette réalité telle qu’il l’a vécue.
Il a donc voulu « écrire une page d’histoire pour laisser des traces, pour que les jeunes puissent connaître le contexte qui a permis de passer d’une agriculture ancestrale à une agriculture de production ». Dans un passé plus lointain, d’une génération à l’autre, il y avait peu de changement. On s’adaptait facilement. Mais ensuite, l’évolution fut très rapide. On était vite dépassé. Les plus âgés pouvaient se sentir dépossédés : ce n’était plus l’expérience qui comptait.

C’était mieux avant ?

Jean se dit heureux que le métier soit mieux considéré, que les paysans soient devenus des chefs d’entreprises. Il avoue que sa description du passé est un peu idyllique. Pourtant, il évoque avec une certaine nostalgie « un temps où on prenait le temps, des hivers où les corps pouvaient se reposer ». Maintenant, il y a plus de contraintes, plus de stress.

Vers l’altruisme

Au-delà de cet aspect purement professionnel, il souhaite aussi montrer comment ce qu’il a vécu dans sa famille et son village, en plus des engagements dans la J.A.C. (Jeunesse Agricole Chrétienne), a amené une évolution personnelle ; une capacité à prendre des responsabilités. Il est devenu maire.
Participer très tôt aux travaux de la ferme, cela allait de soi. On était ainsi habitué à l’effort, à se dépasser. Alors, s’il se réjouit qu’on ait évolué de la notion d’un Dieu juge à la notion d’un Dieu amour, il ne renie pas pour autant les valeurs du passé: « le sens du devoir, ça aide! ».
Il a aussi été influencé par l’exemple de la générosité de ses parents, allant jusqu’à ouvrir leur maison à des familles de réfugiés.

«?Ça fait du bien d’écrire! »

Jean s’est trouvé conforté, rassuré sur ses capacités, étonné lui-même de tout ce qui venait sous sa plume. Il se dit content que beaucoup aient apprécié son livre. Il encourage donc d’autres agriculteurs à faire de même !

Des gens indispensables

Amitié-Loisirs est une association loi 1901, créée en 1982. Selon ses statuts, « elle a pour objet de développer l’animation à l’hôpital Corsin, de créer des liens d’amitié entre les hospitalisés et entre ses membres, par l’organisation de diverses activités… ». Un tract plus récent précise: « une équipe d’amis unis et animés par un esprit de service pour visiter, réconforter les résidents et patients. Aider, écouter, distraire sont leurs seuls objectifs ».

Ce groupe est bien connu sur Tramayes et les alentours, notamment grâce à la presse qui se fait souvent l’écho de ses actions. Ses membres, une vingtaine, interviennent chaque jeudi soit pour des visites individuelles, soit pour des animations ou à l’occasion des anniversaires. Ils agissent en étroite collaboration avec le personnel, en particulier les animatrices.

Le plaisir de faire plaisir

Quand on les interroge sur leurs motivations, les membres déclarent: « Ca va de soi! » Ils parlent de rendre service tout en insistant sur leur satisfaction de faire plaisir : « On voit tellement qu’ils sont contents de nous voir ! » Ces bénévoles valorisent ceux dont ils s’occupent : « Ils sont intéressants, sympas, ils ne se plaignent jamais. »

«?Ils donnent beaucoup de leur temps… Ils n’attendent pas de remerciement. »

Ils sont appréciés

La direction et le personnel ne tarissent pas d’éloges (à la lecture de cet article, la modestie de certains risque d’en prendre un coup!). Ce sont « des gens indispensables. Sans eux, beaucoup de choses ne seraient pas possibles. On peut compter sur eux et avoir confiance. Ils vont dans le même sens que nous… Ils sont agréables, s’entendent bien, sont de bonne humeur et donnent beaucoup de leur temps ! Ils font ça naturellement, discrètement, et n’attendent pas de remerciement. »

On peut qu’en dire du bien

Quant aux résidents interrogés, ils en rajoutent encore : « Heureusement que des gens comme ça existent! Les résidents qui sont allés ailleurs trouvent que c’est mieux ici car il y a une bonne ambiance. Et puis les membres de l’association font bien tout ce qu’ils peuvent. Ils ont du mérite. On peut qu’en dire du bien! »
Certains apprécient plutôt les sorties, d’autres les animations. L’accordéon est plébiscité (à noter qu’un résident joue de cet instrument). Ils insistent sur le fait qu’ils connaissent bien les membres d’Amitié-loisirs, certains même ont connu leurs parents ! Ils apprécient l’ouverture qui leur est offerte : « Sortir, changer de l’ordinaire… On peut causer, à l’hôpital on cause pas beaucoup entre nous. » Quelques personnes participent à titre individuel aux cérémonies religieuses de l’hôpital. Là aussi, c’est l’occasion de rencontres, de partage et d’ouverture sur l’extérieur

L’ambulancier : un professionnel de la relation

C’est à l’âge de 26 ans que Jean-Paul Jaffre a décidé de s’installer comme ambulancier à Tramayes avec son épouse. Trente et un ans plus tard, il affirme : « Si c’était à refaire, je referais la même chose. » Il dit aller au travail avec plaisir. D’ailleurs, « pour moi, ce n’est pas vraiment un travail ! C’est un beau métier, super intéressant. Il faut aimer les gens, sinon il faut faire autre chose ! »

Depuis un an, il n’intervient plus pour les urgences. Il passe donc de très longs moments avec les personnes qu’il transporte en véhicule sanitaire léger (VSL). Cette situation fait que l’aspect relationnel a une importance particulière : des malades souvent souffrants, inquiets du sort qui va leur être réservé, parfois paniqués à la perspective de pénétrer dans un univers inconnu, voire perçu comme hostile. Les personnes sont donc hypersensibles à l’attitude de l’accompagnant. Un sourire, une plaisanterie, un mot de patois, c’est énorme.

Un confessionnal

Il insiste aussi sur l’empathie nécessaire : être à l’écoute et totalement respectueux de l’attente de l’autre : bavarder ou rester silencieux ; évoquer la maladie ou parler de tout autre chose. On lui dit parfois : « Je n’ai pas vu passer le voyage ! » Il compare son véhicule à un confessionnal : c’est le lieu propice aux confidences, avec le respect du secret professionnel. Il faut aussi accepter une attitude défensive, parfois le déni d’une maladie grave, plus rarement l’agressivité. Certaines journées sont particulièrement dures, mais « le dernier qui passe ne doit pas en subir les conséquences ». Il faut donc rester disponible et c’est le soir en famille qu’on pourra se reposer et éventuellement se défouler. Jean-Paul donne beaucoup de réconfort aux patients. Mais il dit recevoir aussi beaucoup. Il parle d’eux d’une manière positive : « Ils sont tous très attachants. Chaque personne nous apporte quelque chose. »

On se connaît tous

Il est bien placé pour expliquer, rassurer, dédramatiser. Il a une grande pratique des rouages du système : médecins, infirmiers libéraux, milieu hospitalier. Le fait d’être connu et de connaître beaucoup de monde est un atout important : on lui fait confiance. Il dit aussi apprécier de travailler dans notre milieu rural, qu’il qualifie de paisible. Mais il y a le revers de la médaille : il ne peut pas ne pas être affecté par des situations dramatiques concernant des personnes qui lui sont proches. C’est lourd à porter, particulièrement quand il s’agit de jeunes. « C’est anormal, on ne peut pas l’accepter! » Il se sent impuissant face à la détresse. On touche alors aux questions existentielles : quel est le sens de la vie ? « Au bout, il y a la mort. Tout ça pour quoi ?.. »

Ressusciter

n°91 – avril 2014

Peut-on parler de la joie de Pâques quand on entend plutôt répéter que tout va mal, quand l’ambiance est au pessimisme, au découragement, à la peur de l’avenir? Dans nos vies, il y a souvent le doute, le manque, la souffrance. La mort des proches et la perspective de notre propre mort? Inévitables, irréversibles !
Et si la mort était une pâque, un passage? La foi nous donne la conviction que ce que nous sommes aux yeux de Dieu ne disparaît pas et vit autrement. Quant à toutes les petites morts de notre quotidien : maladies, échecs, pertes… elles peuvent être suivies de résurrections: ne pas se décourager, se remettre debout, repartir. Nous avons de multiples exemples de personnes touchées par le malheur qui ont réussi à se reconstruire.
Mais plus encore, le passage par une certaine forme de mort paraît incontournable pour aboutir à une transformation, une conversion: mourir à quelque chose pour renaître différent. Mourir pour vivre. Ainsi, le grain de blé doit disparaître pour germer et donner du fruit. La chenille n’existera plus pour devenir papillon. Cela suppose en même temps la confiance et la prise de risque : oser s’engager malgré notre fragilité, notre peur de l’inconnu. Oser vivre. Si nous avançons avec notre petite lueur souvent vacillante, l’espace s’éclairera un peu plus loin. Christian Bobin l’affirme: « Le jour où nous consentons à un peu de bonté est un jour que la mort ne pourra plus arracher au calendrier ».

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Libérer le futur

Une autre année va débuter. Il n’y a pas vraiment de rupture, de séparation entre deux années civiles, comme il en existe entre deux années scolaires. Mais nos vœux correspondent bien à la perception du passage d’une étape terminée à une autre étape à venir. Quelque chose est fini et autre chose va commencer, qui pourra être différent. C’est une occasion privilégiée de s’interroger sur l’avenir.

Que sera 2014 ? Notre questionnement est fonction de notre âge et de notre état d’esprit : espoir de réussite, d’évolution positive ou crainte d’événements douloureux. Qui sera encore là dans un an ? Ce qui nous a été donné peut nous être repris. C’est l’inconnu. On souhaiterait souvent continuer comme avant, mais tout change, tout se transforme tout le temps. Les événements ne se passent pas souvent comme on les avait prévus, imaginés.
Il nous faut donc en quelque sorte nous attendre à l’inattendu. Nous avons tendance à reproduire ce qui a déjà marché, alors qu’il faudrait accepter de se réveiller, de remettre en cause nos habitudes bien ancrées, de nous changer nous-mêmes.

Des « cadavres dans le placard »

C’est difficile parce que l’année nouvelle nous retrouve semblables à ce que nous étions l’an dernier, avec tout le poids du passé. On ne peut pas faire table rase de ce passé. Il nous a construits. Il n’est pas question de le rejeter ou de l’oublier, mais de faire en sorte que le futur ne soit pas écrasé, enfermé dans les conséquences de nos actes. Les souvenirs douloureux, les échecs, les rancœurs entretiennent nos ruminations, notre colère intérieure. Les ressentiments pèsent lourd. Ce fardeau, ces entraves nous encombrent, nous épuisent, nous empêchent d’investir notre énergie dans le présent. C’est ce qu’on appelle « les cadavres dans le placard », cachés mais bien présents, et encore actifs.
Jean-Paul Kaufmann, otage au Liban déclarait: « L’esprit de vengeance m’est apparu comme une seconde souffrance, il empoisonne l’existence. »

Pour être heureux et en paix, il faut parfois savoir se libérer du poids du passé.
Pour être heureux et en paix, il faut parfois savoir se libérer du
poids du passé.

Pardonner

Ce qui peut nous délivrer du passé, c’est le pardon. On le situe souvent uniquement dans le domaine moral ou religieux. On en fait un devoir, une action vertueuse. Mais c’est aussi une manière d’être plus heureux, de retrouver la paix : éliminer ce qui nous entrave, ne pas ressasser, s’ouvrir, faire de la place, libérer le « disque dur », retrouver nos chances d’évolution, de reconstruction.
Pour la personne offensée, pardonner à l’autre gratuitement, c’est difficile : pardonner l’impardonnable, « même quand nulle excuse ne saurait excuser » (Vladimir Jankelevitch). Et pourtant « rien ne peut renaître et vivre si nos poings sont fermés » (Didier Rimaud). « Ouvrir le poing pour retrouver la main » (Jean-Yves Leloup) c’est souvent au-dessus de nos forces. Mais peut-être y a-t-il en nous plus grand que nous auquel nous pouvons faire appel.
Il est important aussi de se pardonner à soi-même. Ce n’est pas forcément plus facile que de pardonner aux autres. Il ne s’agit pas de nier sa culpabilité, mais de ne pas la traîner comme un boulet qui nous ralentit ; se réconcilier avec soi-même, accepter ses limites, ses insuffisances, assumer d’être ce que nous sommes.