Idée de lecture « Le Voyant » : Une vie folle racontée par Jérôme Garcin (nrf).

Jérôme Garcin, journaliste connu comme animateur puis producteur dans « Le Masque et la Plume » et directeur adjoint à l’Obs, est connu aussi comme écrivain. Le Voyant, écrit en 2014, a reçu de nombreux prix. Jérôme Garcin y consacre avec enthousiasme la vie de Jacques Lusseyran.

Jacques Lusseyran, né en 1924, est devenu aveugle à 8 ans. Une petite bousculade en classe (ses lunettes mal placées) lui fait perdre les yeux ! Sa mère veut qu’il soit un aveugle parmi les voyants. Pas de plaintes, pas de regrets, il cherche la paix en lui-même et une harmonie avec le monde : « La lumière, je la retrouverai au-dedans de moi ». À 10 ans, il entre en sixième avec sa machine à écrire en braille. De son handicap, il fit un privilège : le « dehors » n’est pour lui qu’une illusion. Avec son ami et aide, Jean Besniée, ils travaillent, lisent beaucoup.

1939, voici la guerre, il a 15 ans. Il regroupe des élèves qui se désignent « Volontaires de la liberté ». Les voici trois cents, ils rejoignent le réseau « Défense de la France » de Philippe Viannay et de Jacqueline Pardon, et entrent en Résistance.

En 43, le voici arrêté sur dénonciation. Après six mois à Fresnes, il est déporté à Buchenwald. Il vit dans un block « poubelle » des infirmes, avec des rations diminuées. Il est épargné aux commandos de travail. Enfermé là-dedans, il pense aux couleurs, il se ferme au monde extérieur. Il apprend la mort de Jean Besniée, et devient presque fou. Un Russe, par son chant, le remet un peu mieux.

Les vies d’un homme livre

Mars 1945, l’armée américaine arrive. Son ami Viannay vient le libérer. Il retrouve Jacqueline Pardon. Elle, le voyant anémié, décide de l’épouser. Un « sacerdoce » qui durera huit ans… Ils veulent faire une reprise de Défense de la France. Échec. Il veut se présenter à l’Ena : non accepté pour les aveugles !

Un non-voyant mal-aimé. Donne quelques conférences à l’Alliance française. Il bouge beaucoup, quitte Jacqueline Pardon, épouse Jacqueline Hospitel, rencontre Georges Saint-Bonnet, une sorte de gourou qui l’influence beaucoup. Le voici maintenant en Amérique.

 Il enseigne au Hollins College en Virginie. Il parle de littérature et de philosophie en homme libre : un homme-livre. On loue ce professeur, et sa culture encyclopédique. Il se noue avec Toni, une étudiante : scandale. Il quitte les États-Unis, part en Grèce, puis s’installe à Aix-en-Provence. Il écrit un roman d’inspiration. Gallimard publie Douce, trop douce Amérique. Une vie folle, trois fois marié, cent fois conquis, infidèle à toutes. En 1971, accident de voiture avec Marie. Elle a 30 ans, et lui 47 ans. Il laisse quatre enfants, une demi-douzaine de livres, des contes, des pièces, une thèse… Un aveugle dont les exploits fascinent les étrangers.

Le Moi était pour lui la seule richesse de ceux qui n’ont rien.

Antoine Buffet

Jésus selon Mahomet

C’est à travers un ouvrage et suite à une série d’émissions de télévision, que l’occasion de revenir sur la place de Jésus dans le Coran nous est offerte. Se rappeler ou découvrir que les chrétiens ne sont pas les seuls à considérer le Christ avec beaucoup de respect, n’est-ce pas intéressant ?

 

Par l’intermédiaire d’une série d’émissions très intéressantes diffusées au mois de décembre 2015 (sur Arte), intitulée « Jésus et l’islam », les auteurs Gérard Mordillat et Jérôme Prieur présentèrent leur ouvrage « Jésus selon Mahomet », paru le 12 novembre 2015 aux éditions du Seuil. Cet ouvrage, est à lire avec intérêt par tout chrétien  cherchant à comprendre notre monde politique et religieux si agité.

 

Jésus dans le Coran
Premier constat : le Coran parle souvent de Jésus, et avec beaucoup de respect : « nous avons accordé des preuves incontestables à Jésus, fils de Marie et nous l’avons fortifié par l’Esprit de sainteté » (sourate II). Mais le Coran dément la crucifixion de Jésus, comme le dit la sourate III : Dieu dit : « ô Jésus, je vais en vérité te rappeler à moi, t’élever vers moi, te délivrer des incrédules, jusqu’au jour de la Résurrection. » Jésus est le seul, dans le Coran, à porter le qualificatif de Messie : « Jésus n’est qu’un serviteur que nous avons comblé de nos faveurs… Il sera l’indice de l’approche de l’heure… » (Sourate XLIII)
Le fils de Marie dans l’Islam
Pour l’islam, Jésus est appelé fils de Marie mais il n’est pas Dieu. Ceux qui disent : « Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie », ils sont impies » (sourate V). Parmi les  chrétiens, les Hébreux proches de leur culture juive, sont les « judéo-chrétiens ». Certains quittant la Palestine iront vers l’Arabie. Les origines de l’islam rôdent ainsi autour de
ces judéo-chrétiens. Mahomet serait-il influencé par ceux-ci ?
La Tradition musulmane fait intervenir Waraqa, un juif nazaréen, un parent de la première femme de Mahomet. Un hadith (paroles attribuées à Mahomet) considéré  authentique précise que cet homme, Waraqa, savait écrire l’hébreu et avait copié la partie de l’évangile que Dieu avait voulu qu’il écrivît.

 

L’évangile en arabe
Il écrivait l’évangile en arabe. Selon les hadiths on confirme l’importance de Waraqa, mais aussi de Bahîrâ un prêtre nestorien, comme inspirateurs de Mahomet. Mahomet  retrouve l’héritage du passé. Il voit en Jésus le maillon qui peut  le rattacher à la généalogie des prophètes. Il y aura donc Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus qui ouvrent le chemin au prophète de l’Islam.

 

Jusqu’à la fermeture des portes

À la Mecque, Mahomet était mal considéré, même moqué. Il fut banni par son oncle et vint à Médine ce fut l’Hégire. À Médine, Mahomet prit le statut de prophète. À la mort du prophète, Othman fut chargé d’écrire les sourates et imposa la première version canonique du Coran. Ensuite, beaucoup de guerres, de meurtres, de querelles sur le Coran.
Au XIe siècle, les conservateurs musulmans décidèrent la Fermeture des Portes, interrompant définitivement les efforts de réflexion précédents  sur le Coran.
Ainsi, beaucoup des musulmans actuels sont héritiers de cette police théologique qui annule toute investigation.

Comment vivons-nous la Pâque ?

n°96 – juin 2015

Méditons un peu la Passion de Jésus : La trahison de Judas, déçu par ce royaume qui n’apparaît pas, les apôtres qui dorment et puis s’enfuient, le reniement de Pierre, Marc qui se sauve nu… Tous laissent leur maître dans l’isolement le plus complet. Pour eux, ils voient la passion comme un fiasco total. Jésus meurt dans la déréliction.
Et voilà, les apôtres, ces épaves, vont se transformer, se transfigurer en quelques jours, envahis, submergés. Ce sont eux, seuls, qui ont vécu l’impensable, cette présence de Jésus au milieu d’eux… Comment l’imaginer et la dire? Eux, les apôtres, la disent, la proclament. Ils vont mourir en annonçant cette « résurrection », celle de Jésus et la leur… On ne se fait pas tuer pour une imposture.
Et nous, comment la vivons-nous, cette résurrection? Elle s’adresse à ce qui est le plus profond en nous : une impression de présence dans le regard de l’autre, une communauté qui va se révéler fortement certains jours… Notre Pâque !

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L’éducation : une priorité !

Dans notre région, près de 15 % des jeunes de 18 à 24 ans sont sortis de l’école sans diplôme. Ce n’est pas bon. Nombreux aussi sont les cas de violences à l’école: bagarres excessives pendant les récréations, rumeurs, « têtes de turc », harcèlements, etc.

Comment réagir ?

En voici un exemple. Un groupe actif de quatre-vingt cinq associations (dont Atelier de paix du clunisois) s’est regroupé dans une « coordination pour l’éducation à la non-violence et à la paix ». Leurs objectifs sont ainsi de promouvoir une éducation pacifique pour tous les élèves et de proposer une formation pédagogique pour les enseignants et le personnel éducatif. Bonne nouvelle : cet objectif a été pris en compte par la nouvelle loi de Refondation de l’école de la République qui prévoit «?des formations à la prévention et à la résolution non-violente des conflits pour les enseignants et les personnels d’éducation » dans les Écoles supérieures du professorat et l’éducation (ESPE). Dans ce cadre de formation pédagogique des futurs enseignants, un programme a été conçu et proposé par trente-trois de nos associations. Ce texte a été validé par le ministère de l’Éducation. En voici un résumé.

Pour l’éducation de l’enfant

Plusieurs axes sont proposés : développer chez l’enfant la connaissance de soi, l’estime de soi et connaître ses émotions. Développer chez lui l’attention à l’autre, ressenti comme différent. L’amener à exprimer clairement les faits, ses idées, ses émotions et savoir défendre ses droits dans le respect des droits de l’autre. Savoir aussi dire « non ». Capacité à apprendre à réussir ensemble, à coopérer, trouver sa place dans le groupe et savoir s’affirmer.

Pour l’enseignant

Ce projet nécessite une formation orientée sur lui-même et son comportement, notamment :

  • Renforcer la confiance en lui, reconnaître et exprimer ses sentiments et émotions, développer l’empathie.
  • Développer sa capacité d’écoute empathique, tant avec les élèves, ses collègues et les parents.
  • Développer ses capacités à accueillir, gérer ses émotions et celles des autres.
  • Appréhender sereinement les inévitables conflits dans la classe, permettre aux élèves de se construire sur le plan de l’autonomie. Se positionner dans un conflit avec lucidité et assertivité (conscience de soi « claire et non-violente »).
  • Montrer le lien entre les dimensions éducatives et juridiques du règlement intérieur.
  • Face aux conflits, prendre conscience de ses ressentis et ceux des élèves, les différencier pour accéder aux besoins des uns et des autres pour améliorer la gestion quotidienne de la classe.

Un programme important, qu’il va falloir présenter, négocier, adapter dans chaque académie. Un très gros travail!

Faire la paix ? Question de méthode…

La paix, la violence dans notre vaste monde, on en parle beaucoup ! Les médias s’en nourrissent avec leurs lots de jugements hâtifs sans trop de discernement, tournés plus vers l’immédiat que le long terme… Le spectateur, lui, regarde… et se sent bien impuissant.
Mais la paix, cela regarde la vie de tous les jours ! Avec ses conflits, des situations difficiles, des mots qui fâchent, en famille, à l’école, dans la rue : faire la paix, ici et maintenant, ce n’est pas facile ; il y faut de la réflexion et de la méthode.
Un exemple? Prenez une bagarre dans la cour de l’école : Pierre et Henri en viennent aux mains, le maître qui préparait son cours dans la classe, voit cela par la fenêtre et se précipite dans la cour.
Premier scénario : le maître énervé réagit brutalement : « Henri, tu vas m’écrire 20 fois : Je ne me bats plus contre Pierre, et toi, Pierre, tu files au fond du préau ». Résultat : les gamins se sentiront mal reconnus, et punis sans justice.
Autre scénario : le maître procède en petites étapes ; il leur demande d’abord de décrire précisément, le « comment » : les faits de la bagarre. Il amène ensuite chacun à exprimer ce qu’ils éprouvent, leurs « sentiments » : peut-être colère chez l’un, jalousie chez l’autre. Et dernière question du maître : pourquoi donc cette bagarre, « quels besoins » mal satisfaits ? Réponses un peu hésitantes : « Il se moque de moi et me traite de tous les noms », dit l’un. « Ce n’est pas vrai, dit l’autre, il veut avoir le dernier mot et me traite de fayot. » Alors souvent, après cet effort de clarification, et chacun ayant exprimé à sa façon que son besoin de reconnaissance n’était pas satisfait, le conflit se réglera mieux. Tant de conflits, en famille, entre voisins, se règlent mal par manque de savoir-faire. Bien des déconvenues et des tristesses seraient évitées si l’on suivait quelques pistes de bon sens, telles celles-ci proposées par de nombreux éducateurs et psychologues*, pour une bonne gestion des conflits.

Se sentir bien avec soi-même et ainsi ne pas avoir peur de l’autre

Mettons déjà des mots précis sur la situation de conflit par une observation objective des faits ; tant de conflits naissent de malentendus !
Sachons reconnaître nos émotions, nos sentiments éprouvés dans le conflit et parvenons à les nommer. Reconnaissons nos propres besoins plus ou moins méconnus et maltraités dans le conflit.
Écoutons l’autre avec conscience et sachons entendre ses propres émotions et besoins, sans interprétation ni jugement.
Ainsi, par ces partages honnêtes, la paix fera mieux son chemin et débouchera peut-être sur un accord mutuel, gagnant-gagnant !

*Lire notamment : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la communication non-violente, de Marshall Rosenberg Éditions La Découverte, 2005

À l’école, le respect de l’autre et la démocratie, c’est possible!

Jean-Pierre, ancien directeur d’école, maintenant à la retraite, est riche d’une expérience de trente années dans notre région : instituteur dans des classes multi-cours du 3e cycle (CE2, CM1, CM2). Une école où la démocratie se vivait concrètement, dans un climat de grande bienveillance.

Il y avait, d’abord, l’élaboration par les élèves d’un règlement intérieur, l’enseignant suscitant la discussion sur un article litigieux. Ce règlement fixe les principes de fonctionnement de la classe, du règlement des conflits, des sanctions, de la réparation. Il pourra être complété voire modifié en cours d’année. Dès le début de l’année, la démocratie se met en place dans la classe : ce qui concerne la vie de cette communauté, doit pouvoir se débattre collectivement en conseil. Première étape : élection du président, du secrétaire et du tré- sorier. Candidatures, élection, majorité absolue ou majorité relative. S’il y avait plusieurs concurrents, le débat était possible. La présidence était tournante, le plus souvent toutes les quatre ou cinq semaines.

La boîte à idée, un outil de participation active

Autre institution : la boîte à idées. Installée en permanence dans la classe et ouverte à tous. Chacun peut y déposer sa fiche quand il veut. Il a le choix entre quatre fiches : réclamation sur un incident, félicitations, projet proposé, question libre. Pas d’anonymat: les fiches non signées sont éliminées. Tous les lundis, conseil de la classe pendant une heure. L’instituteur n’intervient pas durant ce conseil, sauf si on le sollicite ou si la discussion s’éloigne des règles de son fonctionnement. Il sécurise le groupe. Le pré- sident ouvre la boîte à idées et y lit les fiches recueillies. Il donne la parole, à tour de rôle, à tous ceux qui la demandent, tout en surveillant les temps d’expression.

On privilégiait toujours les solutions amiables

S’il s’agit d’une fiche de réclamation, le premier objectif indispensable est d’obtenir l’accord de toutes les parties sur le déroulement des faits. La solution, qui devra se référer au règlement intérieur, pourra être un simple règlement amiable ou une sanction. Elle sera soumise au vote du conseil. S’il y a sanction, elle se fera sous forme d’un retrait de points dans le capital de points de l’élève. Ce capital ne peut être négatif. Tous les lundis, chaque élève reçoit trois nouveaux points. Complexe ce système ? Non, dans les classes multi-cours, l’élève a deux ou trois ans pour bien l’intégrer. Les retombées positives sont nombreuses : la classe, ainsi formée à l’autonomie et au débat en groupe, règle mieux les problèmes délicats : bouc émissaire, violence en récréation, rumeurs. Meilleurs résultats scolaires ? Oui, car les tensions ayant pu se régler, les élèves sont plus disponibles pour l’apprentissage.

Solidarité et fraternité pour tous

n°88 – juin 2013

Le froid de ce printemps peu éveillé est bien à l’image de ce moral en baisse dont les médias nous rebattent les oreilles.
Cependant, qui peut nier que notre monde change? Et que s’épuise la croissance! Car les ressources naturelles de notre planète deviennent plus rares: moins de pétrole, moins de métaux, pollution de l’eau et l’air. Alors, c’est sûr, les pays plus riches devront faire de la place aux pays en développement et apprendre à consommer moins, à se serrer un peu la ceinture… Solidarité et fraternité, ce sera bien la nécessité pour tous. Qu’il y ait du travail pour tous, nous l’espérons bien sûr. Mais aussi que l’on trouve du temps pour autre chose que bosser, consommer et regarder la télé. Voir ses voisins, ça ne coûte pas cher: se rencontrer, échanger des savoirs, inventer du neuf…
Un exemple ? Plusieurs paroisses de la Grosne et de Tramayes à Saint-Gengoux, conscientes de leur éloignement, cherchent à se rapprocher. Tout d’abord, pour s’entraider dans leur travail: préparer des obsèques, voire préparer des baptêmes ou des mariages. Mais aussi, plus largement, inviter les habitants à se connaître mieux, à se rencontrer, notamment autour d’une conférence ou d’un repas. Suivons ce que nous dit le Christ: « Quand vous serez plusieurs réunis à vous connaître mieux, je serai là… »

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Tant d’étrangers sont en situation irrégulière !

Le Réseau d’Education Sans Frontières a été créé en 2004 à l’initiative de parents et d’enseignants qui aident et militent pour la régularisation des familles sans-papiers dont les enfants sont scolarisés et parmi eux, des jeunes majeurs sans papiers. Rencontre avec Iain Simpson Smith, un militant convaincu…

L’aide aux étrangers en situation irrégulière, c’est le quotidien de Iain Simpson Smith, militant à la Ligue des Droits de l’homme et membre de RESF. «?Notre réseau de bénévoles, nous dit Iain, qui compte une trentaine de militants actifs et plusieurs centaines de membres dans tout le département, a été constitué en septembre?2006, avec trente-deux organisations membres- associations,syndicats et partis politiques.Il a été mobilisé dès mars?2007 à Cluny lors de l’arrestation brutale, la mise en centre de rétention et l’expulsion d’une Camerounaise vivant dans le clunisois.?»

Accueillir et accompagner les demandeurs d’asile

L’objectif du RESF, comme celui d’autres associations telles que le Secours catholique, la Cimade, la Ligue des Droits de l’Homme, les amis de CADA et tant d’autres, est d’aider ces étrangers qui souvent se débattent pour venir ou rester en France. «?Notre aide, c’est les accueillir, les accompagner dansles démarches administratives, les aider à établir les dossiers, étudier les recours… mais aussi, informer le public, interpeller les responsables publics et manifester pour que leurs droits fondamentaux soient respectés!?»

Des actions publiques pacifiques

Vous avez vu peut-être les samedis au marché à Cluny ces cercles de silence, une belle façon non-violente de protester contre l’injustice. «?Je pourrais, dit Iain, vous citer tant de cas dramatiques dans le département : l’expulsion éclair de Philomène, étudiante malgache, après son assignation à résidence; Naïma, jeune Algérienne menacée d’expulsion, qui a fait une tentative de suicide; Helena, Angolaise déboutée du droit d’asile, qui s’est retrouvée à la rue avec ses deux enfants.?» Mais il y a aussi, heureusement, des dénouements positifs, comme la régularisation, après un long combat mené par son comité de soutien, d’Adil, jeune Marocain né en France mais ayant passé son enfance au Maroc, et à qui l’administration française n’avait pas accordé de titre de séjour lorsqu’il était venu, à l’âge de 16 ans, rejoindre sa famille installée à Mâcon… ou encore le retour et la régularisation d’Ilyes, jeune lycéen à Montceau, dont l’expulsion vers l’Algérie alors qu’il venait d’avoir 18 ans avait scandalisé ses parents, ses collègues de classe, ses professeurs et le député-maire de Montceau. «?C’estbien au nom de ces valeurs que nous exigeons le respect des droits humains et que nous trouvons insuffisantes, par exemple, les mesures proposées dans la récente circulaire Valls?», s’insurge Iain Simpson Smith.

Charpentier-couvreur, un métier qui évolue

Pascal Nugues nous reçoit dans ses nouveaux bâtiments des Prioles à Dompierre. De beaux bâtiments où le bois domine et pour cause : Pascal Nugues se consacre, pour l’essentiel, à la création et à la construction de bâtiments à ossature bois.

L’ossature bois, dit Pascal Nugues, cela fait longtemps que j’y pense. Mais il me fallait du matériel et de l’espace. C’est pour cela qu’en 2010 je me suis installé dans la zone d’intérêt communautaire de Dompierre.
Dans ce grand bâtiment, l’espace principal c’est l’atelier: un ensemble impressionnant de machines qui usinent, rabotent sur quatre faces, découpent tous les éléments des ossatures bois. Tout cela, bien sûr, piloté sur ordinateur en suivant les plans élaborés par le dessinateur. Oui, c’est un gros investissement, reconnaît Pascal, autour d’un million. Alors, il faut que ça tourne !
Mais ça marche. J’ai du travail en masse et j’ai du mal à tenir mes délais. Mon entreprise a grossi. J’emploie maintenant quinze personnes : un dessinateur, un conducteur de machines pour l’atelier, deux équipes pour la restauration de bâtiments anciens, deux équipes qui se consacrant aux bâtiments à ossature bois, et puis Sylvie, mon épouse, qui assure le secrétariat. Quant à moi, je gère tout cela.

Batimentcharpentier
Mes clients ? Ils sont un peu partout. J’en ai au Gabon ou en Guadeloupe et puis un peu sur toute la France. Mais la concurrence est forte. J’ai peu de souci avec mes clients après la vente : ils sont satisfaits. Quant à mes fournisseurs, c’est essentiellement le bois que j’achète, des résineux surtout. Je les cherche, bien sûr, au meilleur prix. Alors, mon gros fournisseur, il est allemand, eh oui! Mais j’achète aussi en France, dans le Jura ou… chez nous pour le douglas.
Mais attention, il y a aussi la réglementation de consommation d’énergie qui s’applique aux constructions nouvelles. Ainsi, toutes les constructions nouvelles, à partir de janvier 2013, devront appliquer la norme RT 2012 qui stipule que la consommation maximale d’un bâtiment neuf ne devra pas dépasser 50 kWh par m² et par an. Ami lecteur, faites donc le calcul pour votre maison : si vous utilisez du fuel, sachez que 1 m3 de fuel fournit 10 000 kWh. Bien entendu, poursuit Pascal, nous sommes très attentifs à tous ces problèmes d’isolation : choix des matériaux, étanchéité, etc.. Tenez, hier, j’étais à Chalon pour un test d’étanchéité sur un bâtiment.
Charpentier-couvreur : voici donc un bel exemple de métier qui évolue, nécessitant énergie, audace et intelligence. Toutes qualités bien en main chez Pascal Nugues !

Notre monde est-il en crise ?

n°85 – septembre 2012

Non ! Il change, c’est un monde nouveau… Tous : gouvernement, experts, médias, nous annoncent une vie plus difficile, davantage de chômage, d’impôts… Et tous dans le même bateau : c’est une prise de conscience progressive que le monde ne sera plus comme avant.
Alors, n’est-ce pas le bon moment de se poser des questions ? Pour moi, d’abord : qu’est-ce qui me fait courir ? Consommer plus ? Mais que faire de ces déchets qui m’encombrent et de cet air que je pollue ? Ma réussite ? Mais quelle réussite dans ce climat d’incertitude ? Une bonne image de moi ? Mais quelle image ? Relisons donc ce beau psaume 131 : « Seigneur… je n’ai pas pris un chemin de grandeur ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et silence, comme un petit enfant contre sa mère… »
Mais se poser aussi des questions pour les autres, pour notre monde. Jésus ne nous a-t-il pas dit : « Construisez le Royaume de Dieu », ici, maintenant, et pas ailleurs, dans un ciel lointain ? Et avec les autres, Noirs, Jaunes ouBlancs, qu’ils soient chrétiens, bouddhistes, athées ou autres…Soyez le sel de la terre…Pour le sel, pas besoin d’argent ! De l’attention, de l’écoute, du respect, de l’énergie, et y travailler tous ensemble. Ne serait-ce pas une bonne résolution pour ce début d’année ?

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Tramayes, une commune qui aime le développement durable

Tramayes, est le chef-lieu d’un canton partagé entre deux belles vallées que séparent de hautes collines. D’ailleurs le vieux nom de Tramayes , Tranvaculum, signifiait chemin de traverse, c’est-à-dire passant à travers les monts et raccourcissant la voie de Lyon à Autun.

Un peu d’histoire…

Tramayes semble bien être une localité très ancienne et importante de la région. Dans des textes anciens, il est fait allusion d’un palais servant de résidence aux rois de Provence et de Bourgogne dès le IXe siècle. Palais qui serait le château de la Rolle dont ne subsistent maintenant que des bases de murailles, deux petites tours en ruine, et une intéressante cave voûtée. Au XVIe siècle, ce château de la Rolle ne semblant plus répondre aux exigences de la défense et du confort, les Bullion, alors seigneurs de Tramayes, font construire le château actuel en 1598. Cette famille s’illustra, puisque Claude, petit neveu de Mathurin Bullion et fils d’une Lamoignon, fut surintendant des finances en 1632 et garde des sceaux de France. Il créa les premiers Louis d’Or. De l’Église du XIIe siècle, il nous reste un beau clocher roman qui a grande allure avec ses deux étages, dont le supérieur avec de belles baies géminées ornées latéralement. L’église fut agrandie au XIXe siècle avec un chœur « occidenté ».
La commune s’étend sur ses 1800 hectares, dans un paysage au relief assez marqué, dominé par la Mère Boitier du haut de ses 758 mètres et à ses pieds la Madone.
Le bourg se situe sur un col entre les vallées du Valouzin et de la petite Grosne. Comme la plupart des communes rurales, Tramayes a connu une décroissance de sa population mais qui s’inverse maintenant : passant de 2600 habitants vers 1850, descendant à 840 en 1970 mais remontant à 1000 en 2010.

Une économie vivante

La commune comprend une trentaine d’exploitants agricoles, dont les 2/3 en polyculture. Beaucoup se retrouvent à la foire aux bestiaux, lors de la grande fête annuelle de la Sainte Catherine. En raison de son relatif isolement, la commune dispose d’une cinquantaine de commerces et d’artisans, son fer de lance !
Et les services ne sont pas à la traîne : L’école maternelle et l’école primaire accueillent 110 élèves dans leurs cinq classes. La commune compte quatre médecins et l’hôpital Corsin comprend un hébergement de 64 places pour personnes âgées et un centre hospitalier de 34 places.

Beaucoup d’associations

Tramayes en compte 25, toutes dynamiques. Citons le club sportif et ses 150 adhérents, le club Jeunesse et forme (la danse) de même importance, le Club des aînés ou encore l’éveil (la batterie fanfare) avec une mention spéciale à l’association Amitié et loisir qui rend régulièrement visite aux pensionnaires de l’hôpital Corsin. Il faut citer aussi l’exemple du « jardin partagé », qui regroupe des parcelles individuelles et collectives sur lesquelles s’activent jeunes et vieux, personnes en difficulté et bénévoles.

© pierre roux
© pierre roux

Parmi les manifestations que nous présente Nicole Besacier, responsable de l’office du tourisme, retenons, bien entendu, la foire annuelle de la Sainte Catherine qui remonte à… 1556, et se fête le vendredi le plus proche du 25 novembre, avec fête foraine, concours d’animaux et pot au feu géant. Mais il y a aussi la marche amicale laïque avec de nombreux marcheurs sur plusieurs parcours, dont le bénéfice va aux écoles.

Un engagement actif dans le développement durable

Pour en savoir plus à ce sujet, nous avons rencontré Michel Maya, maire de Tramayes depuis 1995. Voici donc 16 ans qu’il met sa compétence et son énergie d’ingénieur et d’enseignant à l’Ensam au service de sa commune. C’est à l’occasion des projets d’investissement et de développement de sa commune qu’il a pris l’option du développement durable, qu’on peut définir ainsi : « Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Cela veut dire, en clair, économiser les ressources naturelles (énergie, eau…), limiter au mieux les « effets de serre » et garantir un mieux- être pour les futurs habitants des nouveaux quartiers.
Dans trois domaines, ces principes sont déjà à l’œuvre, nous raconte Michel Maya. Nos chaudières de chauffage communal (école, mairie, hôpital, salles…) devaient être rénovées. Sur les conseils de l’Ademe et de l’ONF, nous nous sommes orientés vers le bois, énergie renouvelable et limitant les effets de serre, énergie pour laquelle nous avons obtenu des subventions. Notre nouvelle chaudière à bois déchiqueté, chauffe à elle seule tous les anciens bâtiments communaux initialement desservis par des anciennes chaudières au fuel et, en définitive, coûte moins cher à l’utilisation. Autre domaine d’application du développement durable, l’utilisation de huit horloges astronomiques pour mieux piloter l’éclairage urbain et la suppression totale de cet éclairage de minuit à 5 heures du matin finalement bien acceptée par la population. Dernier domaine orienté vers le développement durable : notre projet d’éco-quartier des Ecorces. Conçu pour répondre aux besoins d’une population variée, tant en revenus qu’en métiers, ce quartier prévu pour soixante logements, relativement proche des commerces et des services, comprendra une zone d’habitat collectif, une zone d’habitat individuel et une zone artisanale.

© pierre roux
© pierre roux

Faut-il s’étonner que cette énergie développée par une petite commune rurale vers les objectifs d’un développement durable ait été remarquée hors de Tramayes ? Elle lui a valu des reportages télévisés, de nombreux articles dans la presse et l’attribution d’un prix décerné par la Ligue des énergies renouvelables. Bravo !
Alors, comme dit un vieux Tramayon : « J’aime Tramayes et Tramayes le vaut bien ! »

Le Groupe d’Ameugny : des chrétiens en recherche

Depuis plus d’un an, un groupe de chrétiens, laïcs et prêtres, se rencontrent à Ameugny, à la recherche d’une dynamique dans l’Eglise et dans le monde.

Pourquoi Ameugny ?

Dans cette paroisse, les laïcs, depuis de nombreuses années, se sont organisés activement face à la rareté des prêtres, désignant des correspondants dans chacun de leurs seize villages, organisant des rencontres, des maraudes, etc. Ces paroissiens ont alors senti le besoin d’une réflexion approfondie sur leur mission et celle des prêtres dans une Eglise de plus en plus « laïcisée ». Ils ont invité d’autres laïcs et prêtres d’autres paroisses à participer à cette réflexion. Ce sont quelques-unes de ces réflexions que nous voulons citer ici.

Quels thèmes pour ces rencontres ?

Au départ, ce groupe souhaite contribuer, même modestement, à la réflexion de l’Eglise de France sur l’avenir de nos communautés chrétiennes, et ceci, dans le milieu rural qui est le nôtre. Plus précisément, réfléchir aux relations entre prêtres et responsables laïcs au sein des paroisses rurales, face à la diminution des prêtres et au besoin croissant d’initiative d’un grand nombre de laïcs. Comment, entre prêtres et laïcs, harmoniser les tâches, les responsabilités, les pouvoirs ? Le groupe a rappelé les trois missions de tout chrétien exprimées par le dernier Concile Vatican II (Lumen Gentium): « prêtre, prophète et roi ». Pour tout chrétien, « prêtre » signifie sa relation de prière avec Dieu, « prophète » sa responsabilité d’annonce explicite de la Parole, « roi » sa responsabilité de mise en œuvre de la Parole par la solidarité et l’engagement dans la société.

Comment participer à ces responsabilités ?

Dans beaucoup de diocèses l’appartenance des laïcs à un conseil pastoral diocésain est une réponse. Né du concile Vatican II, ces conseils visent à « exprimer la participation de tous les fidèles à la mission de l’Eglise ». Ils sont composés de laïcs et de prêtres. Actuellement ce Conseil n’existe pas dans notre diocèse. Il s’agit, pour chacun, de prendre conscience de la diversité de notre Eglise: ceux qui se réfèrent au concile Vatican II et ceux qui n’en tiennent pas compte. Il s’agit de chercher ensemble une nouvelle dynamique pour nous chrétiens, dans le monde et dans l’Eglise. Le groupe a souhaité présenter à l’évêque l’état de ses réflexions. Cette rencontre a eu lieu en Juillet. Le groupe a fait part de certaines difficultés relationnelles dans certaines paroisses sur les rôles des prêtres et des laïcs qui ont conduit des chrétiens à vouloir se rencontrer. Leur souhait: que se développent des lieux d’écoute et d’échange où mettre en valeur ce que vivent les gens : vie familiale, économique, artistique, politique, développement personnel…
L’évêque, intéressé par la démarche du groupe, déclare qu’il aura besoin de ce groupe pour proposer des thèmes à ses futures visites paroissiales, lorsque le cycle actuel de ses visites sera terminé.

Un beau village dans son écrin de nature

La Chapelle du Mont de France est un joli village du Haut-Clunisois, baigné par la petite rivière de La Noue et étageant ses collines jusqu’aux 550 mètres du hameau de Mont. Petit village de 165 habitants largement répartis sur ses 911 hectares et ses nombreux hameaux. Des paysages magnifiques, vallonnés, une nature très protégée, de belles maisons que l’on découvre au détour des chemins…

D’où vient le nom bizarre de ce village ? Ecoutons Gaëtan Lapalus, un véritable enfant du pays. «?Disons, nous dit-il, que le village s’est construit en plusieurs temps : ce fut d’abord au dixième siècle le hameau France. « villa francia » en raison de son peuplement parles Francs, puis le bourg autour d’une chapelle « capella francia », puis au douzième siècle le hameau Mont « mons francia », une sorte d’oppidum dont il subsiste encore la tour disposant d’une vue stratégique sur la vallée.

Le clocher a été restauré avec des tuiles vernissées
Le clocher a été restauré avec des tuiles vernissées


Quant à l’église actuelle, on y admire le chœur et le bas du clocher romans du douzième siècle. La nef et une partie du clocher furent reconstruits au XIXe siècle et, récemment, le clocher fut restauré avec ses belles tuiles vernissées et l’abside reçut un magnifique toit de laves. Comme beaucoup de nos treize villages, La Chapelle avait sa gare. Assez importante sur la ligne Mâcon-Moulins, elle desservait Buffières, Sivignon et Meulin. Cette gare fut fermée en 1955.?»

Un village animé

La Chapelle compte quatre exploitations rurales d’élevage de bovins, l’une pour le lait, les autres pour la viande. L’artisanat est bien présent avec deux bonnes entreprises de charpente et de couverture. Quant aux services, le village a une école Maternelle qui accueille tous les petits des cinq villages de La Noue et aussi une halte-garderie. Merveille de solidarité, que ce RPI de la Noue, créé en 1987, permettant à une petite commune d’ouvrir une école et que cette halte-garderie gérée par le Sivu de la communauté de communes !
Des animations… La Chapelle reste attentive à maintenir une animation dans son village sous l’impulsion de son comité des fêtes, présidé par Jean-François Lapalus. Tous gardent souvenir de la fameuse « fête de la batteuse », animation lancée en 1970. On faisait ainsi revivre la nostalgie des grands moments où tous se rassemblaient autour du battage dans le ronronnement de la machine et les gestes coordonnés de chacun. Mais il fut difficile de maintenir cette grande fête nécessitant une armée de bénévoles et l’on s’est orienté vers d’autres animations : fête annuelle du boudin, soirée pot-au-feu dont le bénéfice est consacré au fleurissement de la commune, concours de belote, repas choucroute… Le projet actuel est de lancer des randonnées. La commune compte en effet des sentiers balisés bien entretenus et les beaux points de vue ne manquent pas. A preuve, les troupes de scouts viennent souvent y installer leur camp.

Des associations actives

Bien sûr, d’autres associations animent le village: le Club 3 compte une quinzaine d’anciens qui se réunissent tous les premiers mardis du mois. La société de chasse fait face à la baisse du petit gibier en fabriquant une « garinnière » et s’efforce de piéger les nuisibles (renards, fouines…). Une Amicale du souvenir permet aux anciens combattants de se retrouver. La bibliothèque de la Noue aime venir raconter des histoires aux tout-petits. Beaucoup connaissent aussi les actions de l’association de la Vallée de la Noue, animée par Jean Grizard, se consacrant à la protection de cette belle vallée contre tout risque de pollution, sonore, visuelle ou autre. Bien d’autres encore, le Sivu et son projet fédérateur, l’ADMR et ses services aux personnes âgées, le Sivos et sa gestion du RPI se consacrent avec efficacité au mieux-être de tous…

Le projet actuel est de lancer des randonnées. La commune compte en effet des sentiers balisés bien entretenus et les beaux points de vue ne manquent pas.

La salle des fêtes a été agrandie et réhabilitée
La salle des fêtes a été agrandie et réhabilitée

Des projets? Ecoutons le maire, Michel Augoyat. « Parlons déjà des réalisations, nous dit-il ! Dans le cadre du projet « cœur de village » nous avons pu moderniser la mairie en la rendant accessible aux handicapés et dans le même temps réaménager l’école maternelle et créer une halte-garderie. Autre chantier qui vient de se terminer: la réhabilitation de notre salle des fêtes avec une extension, une meilleure isolation et la création d’un bel auvent. Elle est de nouveau disponible depuis mai.?»
Autre réhabilitation, privée celle-ci, la restauration du « moulin des bois » que l’on espère bien revoir fonctionner… Ainsi, beaucoup de travaux, de projets, pour cette petite commune qui a su rester bien vivante et, surtout, très belle dans ses paysages variés et harmonieux !

L’esprit de paix, une colombe qui nous veut du bien !

n°79 – mars 2011

La violence est en nous, oui, bien sûr… mais l’amour aussi : c’est notre foi et notre espérance ! L’esprit de paix ? Respect absolu de l’autre, quel qu’il soit, proche ou différent. Parti pris de bienveillance.
Ma grand-mère le disait à sa façon : entre les poires (qui acceptent tout…) et les mufles (trop sûrs d’eux et méprisants…), je préfère les poires !
Ce besoin d’aller vers l’autre ? A 1 ou 2 ans, oui, tendre les bras, c’est naturel. Mais souvent, les critiques, les moqueries, ou encore quelques mauvaises notes ou observations dures à l’école, peuvent repousser ce besoin vers le fond. Je vais construire mes défenses, adopter des comportements sociaux acceptables, me faire un personnage, c’est-à-dire cacher mon « ombre », ce vrai « moi » fragile. L’esprit de paix, n’est-ce pas permettre à chacun de révéler ce moi fragile, ces sentiments qu’on lui a souvent appris à cacher, ces besoins profonds parfois méconnus. Un exemple (petit mais fréquent) ? Marie, 6 ans, pleure parce que Paul, 8 ans, lui a cassé un jouet. Réaction possible de la mère : « Pleure pas, Marie, c’est pas grave… ». Résultat : Marie continue à pleurer et va se recroqueviller dans un coin. Autre réaction possible : « Je pense que tu es triste, Marie, raconte-moi… » Marie, se sentant reconnue, exprimera plus facilement sa tristesse et pourra se réconcilier avec Paul.
Cette aptitude à se mettre à la place de l’autre, appelons-la « empathie ». Une solide base pour l’esprit de paix. Non ?

Lire le bulletin (PDF)

Dompierre-les-Ormes : un village rural à vocation touristique

Dompierre-les-Ormes, c’est un village de 870 habitants s’étendant sur 3023 hectares, à mi-chemin entre Cluny et Charolles. L’habitat y est largement dispersé : quelque trente hameaux ou simples écarts. Le paysage y est harmonieux, fait d’équilibre entre prés, bois, collines douces. De jolis ruisseaux alimentent les nombreux étangs dont celui de La Vernée.

Dompierre, village rural, compte encore vingt exploitants agricoles de bovins dont quatre dédiés à la production mixte de lait et de viande, et les autres uniquement à la viande.

Que nous dit l’histoire ?

Au château d’Audour, dont le nom est peut-être dérivé du celtique « duros » (forteresse), furent retrouvées des traces d’habitat ancien : sépulture néolithique, haches de grès poli. Mais, comme souvent dans cette région, les premiers témoignages écrits ne remontent qu’au Xe siècle : en 951, première mention de Domus Petrus qui deviendra Dompierre au XVIe siècle. Autre date repérée : en 1470 les troupes de Louis XI rasent la place-forte d’Audour sanctionnant ainsi sa fidélité à Charles le Téméraire. En 1794, autre signe de résistance locale, Jacques Plassard, curé « non-jureur » est incarcéré à Charolles et, à la même époque, quelques Dompierroises s’en prennent aux soldats révolutionnaires venus brû- ler des objets de culte. En 1965, date importante : la fusion réussie des deux communes de Dompierre et Meulin. Cité comme « Mediolanensis » en 909, ce bourg de Meulin, était autrefois important, étendant ses dépendances jusqu’à Buffières et Sivignon.

L’économie ?

Dompierre a bénéficié de deux gares, la plus ancienne partagée avec Trivy, sur le trajet Mâcon-Moulins, la principale sur le trajet Chalon-sur-Saône-Roanne. Cette deuxième gare, ouverte en 1889 eut une vie courte puisque fermée 54 ans plus tard, mais elle permit un développement économique appréciable notamment par le commerce de bestiaux de toutes sortes. Mais l’activité économique se poursuit autrement : une zone industrielle, gérée par la communauté de communes se développe en bordure de la RN 79. Dompierre compte aussi une quinzaine d’entreprises artisanales dont près de la moitié établies sur la zone des Chassigneux, en bordure de la route de La Clayette.

Les services ?

Les écoles, maternelles et primaires, de Dompierre et de Montmelard se sont regroupées en RPI : cent vingtsix élèves, cinq enseignants. Un projet de regroupement et de réaménagement de toutes les classes en un seul bâtiment est actuellement en cours d’étude à la mairie. Autre service important, le relais Mille-Pattes, haltegarderie des enfants, créée en 2004 et gérée par le SIVU enfance-jeunesse. Lieu d’accueil pour les jeunes enfants, mais aussi lieu de rencontre pour les assistantes maternelles comme pour les parents. Des activités diverses sont également proposées aux enfants, ainsi, en 2010, une semaine à la montagne dans le Jura, mais aussi des cours de danse, de théâtre ou d’anglais sont proposés par un Foyer rural très actif (240 membres, nombreuses activités pour les adultes). À signaler aussi la bibliothèque, qui vient de s’installer dans de beaux locaux réhabilités près de la mairie (ouvertures mardi 10h- 11h30 et 16 h 30-17 h 30, mercredi 16-17, samedi 10-11h30). Donnons aussi un grand coup de chapeau aux pompiers : une équipe importante de 24 personnes, intervenant en 1er appel sur Dompierre, Trivy et La Chapelle, donc fréquemment sur la RN 79, et qui consacre 48 h par personne à la formation ! Bien sûr, il ne faut pas oublier les services aux personnes âgées comme l’ADMR, le SSAD. Bravo à tous ceux qui s’y dévouent! On ne peut, malheureusement décrire toutes les activités des 18 associations de Dompierre : amicales diverses, sociétés de chasse, associations sportives, FNACA et bien d’autres. Leurs activités s’étendent souvent aux villages environnants.

« Dompierre, village rural à vocation touristique »

En voici quelques exemples. L’Arboretum de Pezanin : Créé en 1903 par la famille de Vilmorin, il s’étend sur 26 hectares autour d’un bel étang. Son créateur y acclimata avec bonheur 450 espèces d’arbres du monde entier. Entrée libre toute l’année.
La galerie européenne de la forêt et du bois. C’est un équipement du conseil général de Saône-et-Loire. Le bâtiment est beau : tout en bois, très original. Initialement dédiée à la filière bois, la galerie étend son champ d’action

© thierry chassepoux
© thierry chassepoux

à la filière « habitat durable ». Le visiteur y trouve toutes réponses à ses questions : sur l’arbre, le bois, ses usages artistiques, artisanaux ou industriels. Ouverture : toute l’année, du mardi au dimanche de 14 h à 18 h, billet adulte : 4 euros.
Le village des Meuniers assure l’hébergement de touristes. Il offre un camping avec 126 emplacements, des mobile-homes et des Chalets loisirs.

Le village des meuniers
Le village des meuniers

Mais on ne peut terminer cet aperçu rapide sans mentionner l’Amicale des Dompierre de France : 23 villages de France qui se retrouvent d’année en année avec plaisir (1).
Comment conclure cette revue, trop sèche et malheureusement limitée, sans citer cette déclaration optimiste de Guillaume et Katrien, jeune couple récemment installé à Dompierre avec leurs deux enfants : « Ayant été citadins pendant une dizaine d’années, nous avons ressenti le besoin, après la naissance de nos deux enfants, d’un retour à la vie en milieu rural.Le fait de participer à la vie du village de Dompierre, de par nos métiers, nos enfants et nos activités, nous procure une certaine satisfaction, à comparer à l’anonymat des grandes villes. Accueillis chaleureusement par la communauté chrétienne… c’est avec plein de projets en tête que nous envisageons notre avenir à Dompierre. »
Une bonne conclusion !