Aide à domicile : privilégier la relation

C’est vraiment par choix d’un métier qui l’attirait que Fatima Bélicard a décidé, il y a un an et demi, de devenir salariée à l’Aide à domicile en milieu rural (ADMR). Elle assure un temps partiel (une centaine d’heures par mois). Il lui faut désormais concilier cette fonction avec deux autres rôles : mère de famille et femme d’exploitant agricole ; une polyvalence qui exige de s’adapter, de respecter un planning précis, tout en s’efforçant d’être bien présente, attentive à chaque tâche et à chaque personne. Elle parle de complémentarité et trouve là un équilibre.

L’enthousiasme avec lequel elle parle de son travail laisse facilement deviner qu’elle s’investit beaucoup et qu’elle est heureuse dans sa profession. On peut penser que cette énergie est communicative et que les personnes âgées en bénéficient (quelques familles aussi). Elles souhaitent être déchargées de travaux trop durs pour elles, mais elles peuvent aussi choisir dans le temps qui leur est imparti, de privilégier le relationnel, ou le loisir : bavarder, offrir le café, en profiter pour aller faire des courses, voir une copine, aller ensemble choisir une nouvelle robe.

Ecouter, compatir, faire évoluer

Tenue par le secret professionnel, une aide à domicile (avant, on disait « aide ménagère ») reçoit les confidences, les plaintes au sujet de la solitude ou de la dépendance difficile à accepter. Elle se laisse toucher par la souffrance tout en essayant de garder la bonne distance. Elle entend parfois des remarques agressives sans se laisser déstabiliser. Elle respecte les habitudes tout en cherchant à amener tout doucement une évolution.

Comprendre, rassurer, se former

Fatima sait par expérience personnelle (elle a bénéficié d’une aide à la naissance de son troisième enfant) qu’on peut appréhender la venue d’une étrangère chez soi, dans ses « petites affaires ». « Faut-il que je fasse mon ménage avant ? » demandait avec un humour malicieux une future bénéficiaire ! Cette intrusion dans la sphère intime sera acceptée à mesure que s’installera la confiance.
Fatima est « du coin ». Elle est connue, située dans une famille, dans un village. Ces repères ont un côté rassurant : elle est de chez nous. Elle nous comprend.
Elle a conscience que le fait d’appartenir à une association constitue un plus : rencontres, échanges avec les bénévoles et les autres salariées. Elle a apprécié de participer à des groupes d’analyse de la pratique professionnelle : elle sait que la formation doit être permanente.